« Avec le digital, le développement des GFI ne va aller qu’en s’accélérant »

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Interview de Pierre-Alexandre Rousselot, Chief Executive Officer, KeeSystem SA

Par Jérôme Sicard

Au-delà des dossiers LSFIN-LEFin le digital est le chantier incontournable des gérants indépendants dans la mesure où il impacte toute leur chaîne de valeur. Dans les nouveaux environnements qui apparaissent, le Portfolio Management System devient de plus en plus la tour de contrôle de toutes les fonctions qui composent cette chaîne de valeur. Explications de Pierre-Alexandre Rousselot.

Avec tous les changements qui s’opèrent aujourd’hui, comment les gérants doivent ils aborder aujourd’hui le dimensionnement de leur outil informatique?
Il faut qu’ils l’abordent de façon très pragmatique en chefs d’entreprise qu’ils sont. Le dimensionnement de leur outil informatique doit répondre à une logique de bon gestionnaire au sens où il doit être adapté d’une part à leurs besoins et d’autre part à la manière dont ils sont capables de l’exploiter. Ils doivent se sentir à l’aise, et si ce n’est pas le cas, ils doivent réfléchir à des alternatives. Au départ, il est vraiment important de bien paramétrer l’outil et pour cela il faut parfaitement définir les besoins, selon les profils et les attentes des clients. Il y a un juste équilibre à trouver, ce qui demande beaucoup de travail en amont à réaliser pour éviter de sous-dimensionner ou de surdimensionner.

Quelle place doit occuper le PMS dans ce setup?
Ces dernières années, les PMS ont pris pour les gérants une dimension beaucoup plus importante car de multiples fonctions s’y rattachent. C’est le cas par exemple de la compliance, du CRM ou encore de gestion de documents. Dans la structure d’un gérant, le PMS fait aujourd’hui quasiment office de porte-avions. C’est une plateforme capable d’accueillir différents plug-ins et d’assurer entre eux une communication très fluide.

Le PMS a de plus en plus tendance aujourd’hui à charpenter la structure que le gérant anime.  Il la stabilise et il lui apporte de la cohérence pour que le gérant puisse ensuite déployer ses actions marketing ou commerciales, entre autres… Chez KeeSystem, c’est vraiment l’un des aspects de notre travail qui nous enthousiasme le plus.

Quelles sont les règles fondamentales à respecter dans le choix et l’intégration d’un PMS ?
Encore et toujours du pragmatisme, car le choix et l’installation d’un PMS n’ont rien d’anodin que ce soit en termes de coûts à supporter ou de ressources à déployer dans le temps. Le choix d’un PMS, c’est d’abord le choix de l’éditeur qui le propose. Il faut que donc le gérant se sente en confiance avec lui et qu’il puisse envisager une relation fondée dans un esprit de partenariat. Les aspects fonctionnels du PMS sont importants mais il n’en demeure pas moins que le gérant doit s’assurer des équipes et des méthodes que son prestataire lui propose. Il est impératif que l’un et l’autre soient sur le même longueur d’onde.

Faute de responsable IT en interne, comment les gérants peuvent-ils se faire accompagner dans la reconfiguration de leur environnement IT ?
En ce qui nous concerne, nous remplissons de plus en plus un rôle de Chief Technology Officer externalisé pour les gérants que nous équipons. C’est ce qui nous passionne le plus. Nous avons développé une expertise qui échappe aux gérants indépendants. Nous arrivons généralement avec un regard neuf et nous pouvons aider nos clients à redéfinir certains process ou certaines méthodes. Nous allons chercher à optimiser ou à fluidifier différentes fonctions.

Le PMS ne se suffit plus aujourd’hui. Il fait partie d’un ensemble plus large. L’un des plus importants aspects de notre travail est donc de développer et de mettre en œuvre très concrètement les différentes solutions qui seront intégrées à ce PMS.

Dans le passage au digital, quelles sont les fonctions clés méritant un « rafraichissement » ?
C’est une question qu’il faudra me poser dans cinq ou dix ans. Dans l’immédiat, il n’y a pas vraiment de rafraîchissement qui tienne puisqu’il s’agit aujourd’hui de digitaliser toutes les fonctions. Nous n’en sommes qu’au commencement. Et il est clair que la digitalisation va avoir un impact très important sur le métier de gérant et la façon dont il est pratiqué. Dans l’immédiat, je comprends que les GFI puissent s’inquiéter de la phase d’apprentissage que cela implique mais, à terme, leur développement ne va aller qu’en s’accélérant. Le digital, pour les gérants, c’est une très belle carte à jouer.

Associé fondateur de KeeSystem, Pierre-Alexandre Rousselot en assume les fonctions de directeur général, plus particulièrement responsable de la stratégie globale et du développement commercial. Après des études en informatique, il s’est spécialisé dans le développement de logiciels appliqués à la gestion d’actifs. C’est ainsi qu’il a pu créer KeeSystem avec Frédéric Gérault et développer KeeSense, solution globale qui permet aux gérants de fortune, aux family offices et aux banques privées de gérer l’ensemble des fonctions stratégiques d’une société de gestion. KeeSystem est aujourd’hui présente à Genève, à Monaco et au Luxembourg.

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