Coronavirus vs. Black Friday

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C’est la semaine de Thanksgiving, LA fête emblématique des Etats-Unis, qui aura lieu jeudi. Cela signifie, pour les marchés financiers, que Wall Street sera fermée jeudi et n’ouvrira que pour une demi-séance vendredi, avec des effectifs souvent ultra-clairsemés. Ce fameux vendredi qui suit Thanksgiving est l’occasion pour les Américains de faire leurs premières courses de Noël. Il a été baptisé depuis plus un demi-siècle « Black Friday », l’occasion pour les enseignes de rivaliser de promotions pour attirer les consommateurs. La mode a traversé l’océan avec l’essor de la vente en ligne. Désormais, nul occidental ne peut y échapper, à moins de s’être retiré du monde.

Pourquoi est-ce important pour les investisseurs ? Les ventes du Black Friday sont pistées par une nuée de cabinets spécialisés, qui en ont fait un indicateur de la tendance de consommation de la fin de l’année. Les marchés boursiers apprécient les dépenses élevées, signe que les ménages ont confiance et que les entreprises vont en profiter. Cette année, l’épargne des consommateurs atteint des niveaux records et la seule véritable ombre au tableau est à chercher du côté des pénuries. Paradoxalement, cela pourrait doper les achats prématurés et donc profiter au « Black Friday ». Ou plutôt aux « Black Fridays » au pluriel, puisque la période de promotions est déjà XXL, aux Etats-Unis comme en Europe.

Illustration via ce dialogue dominical avec numéro 2 qui montre la puissance de l’événement (et les navrantes compétences de négociateur de votre serviteur) : 

  • Papa, je voudrais un calendrier de l’Avent.
  • Mais euh, ma chérie, tu as 14 ans, les calendriers de l’Avent c’est quand on croit au père-noël, tentais-je sans conviction de clore la conversation.
  • Mais non, pas du tout, c’est pour tout le monde. Même les adultes. Tu crois qu’un enfant de 5 ans veut un calendrier avec du maquillage et des produits de beauté ?« .
  • Bon OK, je vais réfléchir.
  • « Ah non Papa, il faut le prendre tout de suite, c’est en promo pour le Black Friday« .
  • Euh non, le Black Friday c’est vendredi prochain, c’est pour ça que ça s’appelle comme ça, ajoutais-je en étant bien conscient que j’allais me faire ramasser.
  • « Mais noooon, c’est le Black Friday depuis la semaine dernière déjà. Allleeez s’il te plaîîîît. Ils vont être en rupture après« .

Résultat des courses, j’ai acheté ce truc plein de plastique et d’échantillons jetables à ma fille, la championne de la récup et de la protection des animaux, censée faire partie de la génération qui va sauver le monde. Et je me prépare déjà à la réaction de numéro un, presque 17 ans, qui ne va pas tarder à débouler en disant « t’as acheté un calendrier de l’Avent à ma sœur ? J’en voudrais un aussi !« . J’espère au moins que ce sera avec des chocolats. La société de consommation a encore de beaux jours devant elle. En tout cas chez moi.

Mais avant Thanksgiving, les marchés actions vont devoir composer avec quelques vents contraires. A commencer par le regain de vigueur du coronavirus en Europe donc, qui a entraîné une cascade de conséquences financières. Les rendements obligataires ont reculé au motif que les anticipations inflationnistes se sont réduites et que les banques centrales pourraient avoir à revoir leurs calendriers de réduction de soutien. Les entreprises de l’économie distancielle ont repris du poil de la bête. Le dollar continue à briller et le pétrole est en berne. Il faut aussi noter que le retour de l’épidémie sur le devant de la scène provoque des heurts de plus en plus nombreux entre des autorités qui doivent serrer la vis et des populations qui font une overdose de restrictions. Des tensions visibles aux Pays-Bas, en Allemagne et en France. Dans un tout autre registre, la Russie continue à entretenir un climat de crise à la frontière ukrainienne en massant des troupes, selon les rapports des services secrets américains. A surveiller même si les marchés n’ont pas l’air de s’en préoccuper pour l’instant.

Vendredi, les indices ont terminé en baisse à cause de la dégradation des statistiques pandémiques en Europe. Ils sont dans de meilleures dispositions ce matin, même si la volatilité est montée d’un cran. Toute restriction à la poursuite de la croissance économique est, c’est logique, un signal négatif pour les perspectives des entreprises. Cette semaine, les indicateurs d’activités PMI de novembre seront scrutés de près mardi, ainsi que l’inflation PCE aux Etats-Unis, attendue mercredi.

Le CAC40 gagne 0,16% à 7123 points à l’ouverture.

Les temps forts économiques du jour

Il n’y aura pas d’indicateurs majeurs aujourd’hui.

La paire euro / dollar évolue peu à 1,12738 USD. L’or a perdu de l’altitude pour revenir autour de 1850 USD l’once. Le pétrole, après sa forte chute de fin de semaine dernière, rebondit timidement à 78,82 USD le Brent et 75,91 USD le WTI. Les rendements obligataires rechutent lourdement, à 1,56% pour le 10 ans américain et à -0,35% pour le Bund allemand sur la même échéance. L’OAT française repasse à 0. Le bitcoin chute sous les 58 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • AXA : Deutsche Bank relève son objectif de cours de 27,50 à 29 EUR.
  • FirstGroup : Jefferies reste à conserver avec un objectif relevé de 65 à 90 GBp.
  • Geberit : Kepler Cheuvreux passe de conserver à alléger en visant 645 CHF.
  • Hugo Boss : Deutsche Bank passe de conserver à acheter en visant 67 EUR.
  • ID Logistics : Berenberg reste à conserver avec un objectif relevé de 320 à 330 EUR.
  • L’Oréal : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 435 EUR.
  • National Express : Jefferies reste acheteur avec un objectif réduit de 320 à 300 GBp.
  • Nordex : Jefferies reste à l’achat avec un objectif abaissé de 25 à 20 EUR.
  • Oncopeptides : ABG passe de conserver à vendre en visant 7 DKK.
  • Scandic Hotels : Berenberg passe de vendre à conserver en visant 35 SEK.
  • Siemens Healthineers : Jefferies reste à conserver avec un objectif relevé de 53 à 62 EUR.
  • Stagecoach : Jefferies reste à l’achat avec un objectif relevé de 90 à 110 GBp.
  • Subsea 7 : Berenberg reste à l’achat avec un objectif réduit de 80 à 77 NOK.
  • Tele2 : Berenberg reste à conserver avec un objectif relevé de 120 à 126 SEK.
  • The Go-Ahead : Jefferies reste acheteur avec un objectif réduit de 1300 à 1160 GBp.
  • Vallourec : Kepler Cheuvreux passe de conserver à acheter en visant 11 EUR.
  • Verbund : Kepler Cheuvreux passe de conserver à acheter en visant 95 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • KKR propose de racheter Telecom Italia à 0,505 EUR l’action (11 Md€ au total). Vivendi (1er actionnaire du groupe italien) n’a pas l’air prêt à soutenir le projet. Le Français dément toutefois discuter avec CVC d’une autre proposition.
  • Dassault dément vouloir céder Le Figaro à Vincent Bolloré, après une rumeur issue de Médiapart.
  • Airbus a vendu quatre A350F (fret) à CMA CGM.
  • Technip Energies s’associe à Svante pour développer des projets de capture de carbone en Europe et au Moyen-Orient.
  • Ipsen signe un partenariat avec l’Université Queen’s de Belfast, pour accéder aux droits sur un programme prometteur de recherche sur un inhibiteur de la FLIP en phase préclinique, soutenu par Wellcome.
  • Hoffmann Green Cement lance une augmentation de capital de 25 M€ à 21,43 EUR l’action, avec délai de priorité aux actionnaires existants. Les objectifs de rentabilité sont décalés de deux ans.
  • LNA Santé renforce son capital en associant actionnaires historiques, nouveaux entrants et salariés.
  • Medesis Pharma peut démarre sa phase II au Brésil avec NanoManganese.
  • Noxxon présente des données de phase I/II avec NOX-A12.
  • GenSight Biologics organise un webcast avec un leader d’opinion sur les résultats des patients traités bilatéralement avec Lumevoq.
  • Groupe Berkem lance son introduction en bourse sur Euronext Growth à Paris.

Dans le monde

Annonces importantes (et autres)

  • Ericsson va racheter Vonage à 21 USD l’action, soit une valeur d’entreprise de 6,2 Mds$.
  • EQT et la famille Struengmann (BioNTech) envisagent de racheter Sandoz à Novartis, selon le Handelsblatt.
  • Bloomberg croit savoir que Monster Beverage examine une opération avec Constellation Brands.
  • Ire Colm Kelleher va remplacer Axel Weber à la tête d’UBS Group.
  • Alexander Wynaendts va prendre la présidence de la Deutsche Bank.
  • Le régulateur britannique de la concurrence examine le rachat d’Air Europa par International Consolidated Airlines.
  • Ford et Rivian ne développeront pas de voiture électrique ensemble.
  • Le patron d’Activision Blizzard prêt à passer la main s’il n’arrive pas à régler rapidement les problèmes de harcèlement dans ses équipes.
  • Raytheon, Lockheed Martin et Northrop Grumman vont développer des missiles pour aider les Etats-Unis à mieux se défendre contre des attaques hypersoniques.
  • Hellman & Friedman veut racheter AthenaHealth, selon le Wall Street Journal.
  • Enel et Intesa favoris pour le rachat de Mooney.
  • Sika renforce ses capacités en Chine.
  • Telenor et CP Group vont fusionner leurs unités de télécommunications thaïlandaises.
  • Début boursiers compliqués pour l’indien Paytm.
  • Principales publications de résultats : Prosus, Zoom Vidéo, Agilent, Julius Bär, Trigano

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