De nouvelles configurations pour les GFI

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Par Baptiste Leynaud, Directeur Associé et responsable de l’Advisory, Silex

Pour se préparer aux nouvelles voies qui s’ouvrent devant eux, les gérants indépendants vont devoir s’approprier de nouveaux outils et s’ouvrir à des partenaires capables d’élargir leur champ de compétences.  C’est l’une des principales évolutions que Baptiste Leynaud de Silex, voit pour la profession de GFI.

Le métier de gérant de fortune indépendant s’est métamorphosé.  La disparition du secret bancaire, l’ouverture de la concurrence européenne ainsi que les nouvelles réglementations LSFIN et LEFIN sont en train de bouleverser le cadre de travail d’une profession qui doit se mettre au goût du jour.
L’industrie des GFI semble profiter du transfert générationnel pour développer une nouvelle culture plus moderne où le temps du gérant « one-man show » affairé sur toutes les facettes du métier est révolu. Le nouvel écosystème exige désormais un travail qui relève d’une organisation collective avec des profils plus spécialisés et de nouveaux outils digitaux.
Parallèlement à ce changement de paradigme, les marchés financiers ne cessent de se complexifier et requièrent une expertise nettement plus développée.

Les outils digitaux sont au cœur de l’institutionnalisation des processus d’allocation d’actifs

Le régulateur impose que la structure des mandats soit désormais plus clairement définie et en  adéquation avec la « suitability » du client. Les PMS et les outils technologiques quantitatifs de construction de portefeuille deviennent un prérequis pour rendre efficient les processus opérationnels et améliorer la qualité de la gestion pour une meilleure performance ajustée du risque.

L’équipe d’expertise financière : vecteur de pricing power

Les outils digitaux sont une révolution, mais il faut un pilote dans l’avion ! Les spécialistes en gestion deviennent indispensables et aucune machine ne peut les remplacer. La base est évidemment l’expertise d’asset allocation qui s’appuie sur une analyse et des convictions macro-économiques.
Mais cette dernière, à elle seule, ne suffit plus toujours pour maintenir un bon pricing power. Beaucoup de sociétés de gestion développent, soit en interne, soit via des partenariats, des expertises complémentaires pour se différencier. Les briques élémentaires sont l’advisory pour le picking (actions ou obligations) ou encore la sélection de produits (fonds et produits structurés). Certains vont plus loin et s’équipent de briques complémentaires comme l’immobilier et les private assets.

La tendance aux portefeuilles modèles et à la gestion centralisée

Historiquement liée aux établissements bancaires, la logique de gestion centralisée commence à s’imposer peu à peu chez les gestionnaires indépendants. Cette tendance va se poursuivre car elle simplifie l’organisation de la gestion. La gestion centralisée est efficiente d’un point de vue coût, ce qui est bienvenu dans un contexte de marges sous pression, et elle permet de bien répondre aux nouvelles contraintes règlementaires… Beaucoup de gestionnaires ont de plus en plus recours aux Actively Managed Certificates afin de centraliser leurs gestions. La gestion intégralement sur-mesure a encore de beaux jours devant elle mais son coût de revient de plus en plus élevé requiert un AUM minimum pour être rentable.

La recherche de partenaires

Il en résulte un fort développement des activités de conseil et de la mise en place de partenariats. Dans un monde ou la taille devient critique, la course à la croissance est en marche. Qu’elle se fasse de manière organique, par intégration de gestionnaires ou par croissance externe, les GFI veulent se montrer attractifs, avec une offre de gestion complète. Cette nouvelle génération souhaite souvent compléter ses propres expertises afin de s’armer et se différencier en mettant en place des partenariats qui couvrent tous les domaines : technologiques, investissement, distribution… C’est ainsi qu’ils entendent créer de la valeur ajoutée, pour eux mais surtout pour les clients.

Baptiste Leynaud a rejoint Silex en 2017, une société spécialisée dans la gestion d’actif et les produits d’investissement pour une clientèle de gestionnaires de fortune indépendants et de clients institutionnels. Il en est aujourd’hui directeur associé et responsable du pôle Advisory.Baptiste a travaillé précédemment chez Exane où il occupait la fonction de Head of Sales à Genève. Il a débuté sa carrière en 2006 chez Commerzbank à Londres. Il est diplômé d’un master obtenu à l’ESCP Business School de Paris.

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