«En interne, Tareno a déjà achevé le processus de relève»

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Inverview de David Nordmann, Relationship Manager, Tareno

Par Elsa Floret

Avec une quarantaine d’employés et 2,9 milliards de francs suisses d’actifs sous gestion, Tareno figure parmi les grands gestionnaires de fortune indépendants de Suisse. Face aux défis majeurs liés à la NextGen, Tareno, créé en 2000, basé à Bâle, Zurich et Luxembourg, a fait le pari de la jeune génération. Sa CEO a moins de 40 ans, et ses trois derniers membres du conseil d’administration, dont David Nordmann, ont tous moins de 45 ans.

Quelle est la stratégie de Tareno concernant la Next Generation ?
Les gestionnaires de fortune en Suisse sont confrontés à deux défis majeurs : les directeurs généraux – pour la plupart les fondateurs – sont à l’âge de la retraite ou presque et les clients sont dans des tranches d’âge similaires. Il est nécessaire, d’une part, de trouver un successeur sans provoquer de grands bouleversements pour les clients. D’autre part, les actifs de la clientèle fortunée seront hérités tôt ou tard. Il n’est pas inscrit dans le marbre que les héritiers conserveront le même gestionnaire de fortune. Nous observons que pour convaincre les héritiers de faire confiance au bon professionnel, il est judicieux que le gestionnaire soit issu de la même génération.
En interne, Tareno a déjà achevé le processus de relève. Josef Bollag, CEO et copropriétaire de longue date de Tareno, a cédé son poste de CEO à Sybille Wyss l’année dernière et a rejoint Tareno en tant que président du conseil d’administration. Depuis le début de cette année, Sybille Wyss est également associée de Tareno, aux côtés de Josef Bollag et Daniel Unger.

Quels sont les défis auxquels les investisseurs – et notamment les plus jeunes – sont actuellement confrontés ?
Après de nombreuses années de tendances déflationnistes, l’inflation est de retour. Pour de nombreux investisseurs, notamment les plus jeunes, il s’agit d’une situation nouvelle et peu familière. En outre, il existe toute une série de facteurs géopolitiques qui déstabilisent temporairement les marchés.

Tareno a-t-il des clients privés russes ?
Non.

Sur quoi Tareno se concentre-t-il ?
En premier lieu, Tareno veut se développer organiquement avec ses relationship managers, qu’ils soient existants ou potentiels. Tareno souhaite aussi travailler avec des gérants de fortune externes, qui ne peuvent pas se permettre ou ne veulent pas être réglementés en tant que société. Il s’agit en fait de sociétés qui n’ont pas demandé de licence FINMA ou qui doivent réfléchir à leur succession, dans un contexte où les exigences réglementaires deviennent plus strictes.
La première option pour elles consisterait à externaliser certains services avec Tareno, comme par exemple, la gestion de portefeuille. La deuxième option serait d’intégrer l’entreprise à Tareno.

Lorsque vous engagez des relationship managers qui quittent les banques dépositaires pour Tareno, comment gérez-vous les relations avec ces banques ?
Nous sommes à la fois clients et concurrents des banques dépositaires. Nous observons qu’elles font beaucoup de rétention. Il est cependant important que les deux parties comprennent qu’in fine, il s’agit du client et de ses besoins.

En termes d’acquisition de clients, Tareno a principalement connu une croissance organique. Quels profils de gérants de fortune externe recherchez-vous ?
Le point le plus important pour une bonne adéquation entre deux entités est le niveau commun d’implication personnelle des protagonistes. C’est la base pour envisager une éventuelle coopération, car cela apporte confiance et fiabilité. Par ailleurs, il est très important que les gérants de fortune externe comprennent qu’il est impossible de conserver la configuration existante. Une mise à niveau dans les domaines réglementaire, organisationnel et technologique est indispensable pour continuer à conseiller les clients individuellement à l’avenir.

Suite à une première expérience d’acquisition en 2017, Tareno est-il toujours actif ?
Oui, nous sommes actifs, mais nous ne sommes pas une plateforme. Nous essayons d’approcher de manière proactive les gérants sélectionnés.

Vous êtes membre de l’ASWM. Quels projets avez-vous actuellement avec les autres membres ?
Au sein de l’ASWM, nous essayons généralement de nous renforcer mutuellement dans le secteur. Cela signifie que nous partageons nos connaissances dans les domaines de la conformité, des investissements et des opérations. Nous voulons également mieux positionner la branche des grands gestionnaires de fortune indépendants suisses, qui gèrent après tout plus de 100 milliards de francs suisses d’actifs de clients. Nous voulons mieux faire connaître à la société le fonctionnement de notre modèle d’entreprise et les avantages qu’il présente pour le client.

David Nordmann a commencé sa carrière professionnelle en 2006. Au cours des huit années passées au Credit Suisse, il a travaillé en tant que conseiller à la clientèle dans la division Corporate Banking Real Estate et dans la division Private Banking Switzerland.
En 2013, il a terminé ses études commerciales à temps partiel à la Haute école spécialisée de Zurich. À partir de 2015, il était gestionnaire de fortune indépendant.
Depuis juillet 2017, David Nordmann renforce l’équipe de conseillers de Tareno et, en tant que membre de la direction, il est également responsable du développement commercial depuis 2020. Il est membre du conseil d’administration de l’Alliance des gestionnaires de fortune suisses depuis le printemps 2020.

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