Equities – Faire face à une volatilité accrue

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Par Zehrid Osmani – Legg Mason Martin Currie

Le rebond des marchés financiers après le pic de l‘épidémie de Covid-19 ne doit pas faire oublier les efforts exceptionnels consentis par les Etats et les banques centrales pour faciliter la reprise économique. Ces efforts s’accompagnent de différents risques sur lesquels les investisseurs doivent porter une attention toute particulière.

Les investisseurs spécialisés en actions doivent se préparer à une plus forte volatilité pour le restant de l’année, car la reprise en V observée jusqu’à présent pourrait bien se transformer en une reprise en J au cours des prochains mois Alors que les pays sortent à peine de leur isolement, les mesures de relance budgétaire ont bien évidemment aidé les économies à se redresser. Pour le trimestre qui vient, une certaine amélioration des indicateurs avancés est toujours attendue par rapport aux minima du début de l’année, mais les gains seront probablement moins marqués.

Les premières évolutions pourraient venir très rapidement, ce qui pourrait créer cette impression de reprise en forme de V. Toutefois, la manière dont la relance économique devrait se dérouler reste très incertaine. Un certain nombre de facteurs en dépendent, dont le plus important est l’incertitude quant à l’avenir du monde après le confinement.

Reprise économique : les menaces potentielles
La volatilité pourrait augmenter à nouveau au troisième trimestre – surtout si la forte dynamique que le marché anticipe, notamment pour l’économie US, ne se concrétise pas. Mesurée par l’indice VIX, la volatilité au second trimestre est revenue à un niveau plus normal de l’ordre de 30, bien en dessous du pic supérieur à 80 qui avait été atteint en mars ! Toutefois, l’indice pourrait repartir à la hausse au cours des prochains trimestres.
Cependant, il reste beaucoup d’inconnues quant à la vitesse à laquelle les stimuli fiscaux atteindront l’économie. Le risque de recrudescence de pandémie après la fin du confinement pourrait également s’avérer un frein à la reprise. Un retour à un niveau d’activité normal n’est pas attendu avant 2022. La reprise économique qui prend forme en Chine servira de modèle pour le reste du monde, car il s’agit là du tout premier pays entré en récession.

Avantage pour les entreprises ayant un bilan solide et des flux de trésorerie importants
L’activité économique en Chine s’est bien évidemment effondrée au premier trimestre, mais elle a connu un redressement rapide au cours des trois mois suivants. Pour l’instant, il semblerait que des régions comme les États-Unis et l’Europe devraient suivre cette tendance – bien qu’avec un trimestre de retard. Dans le contexte d’une reprise plus lente et en forme de J, il reste primordial de se concentrer sur les entreprises saines.
Au vu de l’environnement incertain, les investisseurs devraient continuer à privilégier les actions d’entreprises dotées d’une direction, d’un bilan et d’une trésorerie solides, opérant dans des secteurs où l’accès au marché est élevé et la part de marché importante. Ces éléments leur confèrent un certain pouvoir de fixation des prix et une capacité de générer des rendements élevés ainsi qu’un profil de croissance attrayant. De plus, les investisseurs doivent favoriser les entreprises présentant un faible risque de perturbation – dans un monde post-corona où le rythme de disruption des modèles d’entreprise s’est accéléré.

Investir de manière résiliente
Le taux de chômage mondial reste un facteur d’incertitude important. Il est vrai que les mesures prises par les gouvernements pour lutter contre le chômage de masse ont permis de maintenir les taux à un faible niveau. Toutefois, il existe désormais un risque que la fin du chômage partiel entraîne une détérioration fondamentale des tendances du marché du travail et une augmentation constante du taux de chômage. Une reprise progressive est certes attendue, mais il reste les effets potentiellement défavorables de toute réaction négative de l’affaiblissement du marché du travail sur la confiance des consommateurs et donc sur la demande finale. C’est la principale menace qui pourra entraver une reprise générale et un risque important pour les perspectives – une bonne raison pour les investisseurs de concentrer leurs sélections sur des portefeuilles qui privilégient la résilience, dans ce climat d’incertitude.

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