Equities – Le secteur de la biopharma en première ligne

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Par Mina Marmor – Sectoral Asset Management

La gravité de l’épidémie de Covid-19 a forcément braqué les projecteurs sur les entreprises du secteur biopharmaceutique et sur la course qu’elles se livrent pour mettre au point un vaccin. Au vu des valorisations attrayantes qui ont cours, les opportunités se présentent forcément. Mina Marmor en profite donc pour réaliser un rapide check-up du secteur.

Les valeurs biotechnologiques n’ont pas été épargnées par la volatilité qui sévit sur les marchés mondiaux depuis le début de la pandémie. Au 2e trimestre 2020, l’indice Nasdaq Biotech a enregistré un rebond spectaculaire après la correction essuyée au 1er trimestre et reste largement dans le vert depuis le 1er janvier. Plusieurs éléments suggèrent des perspectives prometteuses pour les valeurs biotechs, à savoir la grande attention portée au développement de médicaments, l’atténuation du risque d’erreur de politique économique et les solides fondamentaux. Des opportunités particulièrement séduisantes s’observent dans des entreprises qui mènent des programmes innovants extrêmement différenciés.

La biopharma devrait rester un fer de lance de la lutte contre la pandémie de Covid-19, avec plusieurs vaccins et traitements en cours de développement qui donnent des résultats encourageants à ce jour. Un traitement a déjà été homologué, le remdesivir de Gilead, et plusieurs vaccins pourraient être disponibles avant la fin de l’année, ce qui pourrait marquer le début d’un retour à la « normale ». Les pouvoirs publics ont injecté des milliards de dollars dans le développement et l’achat de vaccins, devenant ainsi des partenaires de l’industrie biopharmaceutique, mettant en évidence le rôle essentiel de l’innovation biopharmaceutique. Les investisseurs se sont mis à envisager le secteur sous un angle plus favorable après plusieurs années de pression des pouvoirs publics pour obtenir une baisse du prix des médicaments. L’inquiétude quant à la politique tarifaire s’est estompée car les priorités ont changé pendant cette crise.

Le battage médiatique autour de l’innovation amène les investisseurs à prendre en compte d’autres attributs. La biopharma est relativement bien positionnée face aux mesures prises pour enrayer l’épidémie de Covid-19. Avec un ratio cours/bénéfices sur 12 mois établi à 17, la valorisation des biotechs reste attrayante étant donné leur potentiel de croissance significatif. Le secteur profite d’un environnement réglementaire favorable. La productivité de la R&D est également perceptible dans la quantité de nouveaux composés homologués, au nombre de 35 depuis le début de l’année, contre 48 en 2019. Enfin, les M&A restent un facteur important avec plus de 500 milliards de dollars d’opérations enregistrées depuis 2015, avec une prime médiane supérieure à 65 %. Cette consolidation devrait se poursuivre car les grandes sociétés biopharmaceutiques disposent d’une confortable trésorerie et peuvent tirer des synergies de l’ajout de nouveaux produits à leur infrastructure commerciale existante.

Les valeurs biotechnologiques les plus innovantes sont généralement des sociétés de petite et moyenne capitalisation. Un effort de recherche considérable est en train d’être produit pour divers types de cancer, ainsi que pour les maladies orphelines qui ont quelques caractéristiques en commun : elles peuvent avoir des déterminants génétiques qu’il est possible d’identifier en établissant le profil génomique des mutations associées au cancer ou de l’anomalie génétique héréditaire à l’origine de nombreuses maladies orphelines. Les thérapies sont souvent axées sur le facteur génétique spécifique de la maladie et peuvent faire l’objet d’essais cliniques plus ciblés et de moindre envergure avec des avantages cliniques significatifs qui se traduisent par un moindre risque, des coûts plus faibles et un processus d’homologation plus rapide. Ces traitements ont souvent de solides perspectives commerciales, avec des patients déjà identifiés et pris en charge dans des centres spécialisés et qu’il faut impérativement traiter. Ce fut par exemple le cas avec le Kalydeco : ce premier médicament de Vertex Pharmaceutical employé dans le traitement de la mucoviscidose a pu atteindre un taux de pénétration de 90 % chez les patients quelques trimestres après sa mise sur le marché.

Les sociétés biotechnologiques sont très actives sur les marchés de capitaux depuis le début du deuxième trimestre. Par exemple, Zentalis, spécialisée dans l’oncologie, a été la première à prendre la température sur les marchés après le début de la pandémie. Avec succès : Zentalis compte parmi la douzaine de biotechs qui ont vu leur capitalisation doubler à un moment donné dans leur cotation. Au 15 août, selon un décompte effectué par Sectoral, 48 sociétés biotechnologiques ont fait leur entrée en bourse, contre 49 sur l’ensemble de l’année 2019. Le vivier de candidates à l’IPO reste conséquent, avec des dossiers de qualité, et nous pensons qu’il y aura des opportunités d’investissement alléchantes à l’avenir.

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