Greenium : les nouveaux catalyseurs en 2022

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Par Agathe Foussard, CFA1[1], Gérante de portefeuilles et Nelson Ribeirinho, Gérant de portefeuilles, Analyste Crédit Senior, Mirova

Mirova explore ici ce qui semble être les nouveaux catalyseurs du greenium en 2022 : les taux positifs, la consécration qu’est la Taxonomie Européenne, l’émergence des Sustainability Linked Bonds [2] et la « concurrence » que ceux-ci représenteraient pour les obligations vertes, et enfin le changement de notation moyenne des indices ou de l’univers.

Depuis notre dernière étude en 2021 (Greenium Un allié, source d’opportunités – Mirova), le Greenium [3], qui n’est pour nous que le fruit d’un déséquilibre entre l’offre et la demande tend à se réduire, mais reste sensible au contexte d’aversion au risque croissante et de forte volatilité.
Le Greenium s’établit aujourd’hui [4] à 2,64 pb en écart de rendement (ou « spread de crédit ») après avoir atteint 1,50 pb courant janvier.

Greenium par secteur : une disparité liée à l’offre d’obligations vertes

Appliquée à l’échelle du secteur d’émission, la relation offre/demande confirme nos attentes : le Greenium est moindre sur des secteurs au sein desquels les obligations conventionnelles sont amenées à devenir minoritaires, au profit des obligations vertes à savoir les services aux collectivités ou encore les financières. Dans la continuité de notre étude de 2021, les secteurs cycliques présentent un Greenium plus élevé à l’instar du secteur de la consommation dont le développement sur le marché des obligations vertes en est encore à ses balbutiements.

Un marché plus profond en 2021 : cette tendance perdurera-t-elle en 2022 ?

Chaque année bat des records. Depuis 2012, la taille du marché se multiplie de 1,6 fois par an en moyenne. 2021 a vu les ten-dances constatées en 2020 se confirmer, et de nouveaux formats émerger. L’encours des émissions durables (qui combinent à la fois projets sociaux et verts) et sociales représentent chacune plus de 350 Mds$ sur le marché. Pour l’année à venir, nous prévoyons un volume d’émission toujours en forte croissance (près de 1000 Mds $).

Certaines classes d’actifs vont faire leur grand retour, quand d’autres vont se renforcer

Les politiques moins accommodantes des banques centrales devraient marquer le grand retour des obligations sécurisées (« covered bonds » dont plus de 50% sont notées AAA) et des dettes seniors bancaires (souvent notées au-dessus de A), qui domineront probablement les émissions des entreprises privées alors que de plus en plus de pays, inauguraux ou existants, placeront leurs dettes.
Au niveau sectoriel, les énergéticiens et services d’utilités publiques seront, comme à l’accoutumée, de la partie. Le secteur automobile et ses fournisseurs ne devraient pas être en reste et émettre de manière soutenue.
Par conséquent, nous nous attendons à une convergence structurelle des indices Green Bond vers les indices « conventionnels » Global Aggregate.

Les Sustainability Linked Bonds : ce « petit » détail vecteur de Greenium ?

L’inconnue dans «l’équation» du Greenium reste la progression des Sustainability-Linked Bonds (SLBs) qui ont submergé le marché primaire l’année dernière avec plus de 100 Md$ émis.
Séduites par la flexibilité des SLBs dont les objectifs sont pour ainsi dire à la main de l’entreprise, certaines se détourneraient des obligations, vertes, sociales et dura-bles. Après tout, n’importe quelle entre-prise peut émettre un SLB instantanément mais il n’en est pas de même pour un Green Bond.
Le Greenium en 2022 devrait donc évoluer dans un nouvel univers de taux positifs, marqué par la consécration de la Taxonomie Européenne et par la conver-gence de la structure des indices Green Bonds vers des indices plus convention-nels Global Aggregate. En outre, l’émer-gence des Sustainability Linked Bonds pourrait constituer un frein au développe-ment du marché des obligations, et ainsi à la diminution du Greenium sur certains secteurs.

[1] CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques appartenant au CFA Institute
[2] Les SLBS, pour « sustainability-linked bonds », sont des obligations conventionnelles à ceci près qu’elles fixent un objectif « durable » à atteindre avant une échéance sous peine de payer plus d’intérêts, souvent mais pas toujours en lien avec les ODD, objectifs de développement durables de l’ONU. Leurs principes sont énoncés sous ce lien par l’ICMA (association de marchés de capitaux qui statuent sur des standards de marchés).
[3] Le Greenium correspond au rendement concédé par les investisseurs aux entreprises émettrices d’une obligation verte par rapport à celui qu’ils auraient exigé de ces mêmes entreprises pour une obligation conventionnelle de même maturité et de même coupon
[4] Données au 22/03/2022. Source : Mirova

*La référence à un label ne préjuge pas de la performance future des fonds ou de ses gérants.

Les perspectives et éléments mentionnés reflètent l’opinion de Mirova/la situation à la date du présent document et sont susceptibles d’évoluer sans préavis.

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