La réaction des marchés financiers à l’attaque de l’Iran par les Etats-Unis et Israël est assez classique, même si la rue s’est étonnée, hier, de la robustesse des indices américains. Wall Street a en effet terminé la journée comme un lundi banal et pas vraiment enfiévré : -0,15% pour le Dow Jones, mais +0,04% pour le S&P 500 et +0,13% pour le Nasdaq. Ailleurs, le rouge vif dominait largement, sauf peut-être à Oslo où le gros contingent d’entreprises pétrolières a permis à l’indice local de terminer en vive hausse. La flambée des cours pétroliers est en effet l’une des variables économiques les plus importantes du conflit. L’autre, c’est la montée de l’aversion pour le risque, qui a ramené les investisseurs dans des zones réputées plus sûres : l’or bien sûr, mais aussi le dollar US et les actions américaines. C’est l’une des explications de la bonne tenue de Wall Street. Mais ce n’est pas la seule. Le marché fait aussi le pari que la guerre en cours sera courte. Pour jauger de l’impact final d’un conflit sur l’économie, le facteur temps est central. Si la guerre est brève, les désordres importants devraient l’être aussi, du moins au niveau des grands agrégats économiques. Pour la géopolitique, c’est une autre question.

Détaillons maintenant un peu ce qui précède. La vive hausse du prix du pétrole a poussé le baril de Brent à 80 USD, soit 28% plus haut qu’il ne l’était le 1er janvier. C’est le mécanisme le plus basique qui soit quand un conflit dur éclate au Moyen-Orient. La Maison Blanche savait que ça allait se produire. Pour autant, cette hausse ne fait pas les affaires économiques de l’administration Trump, puisqu’elle vient s’ajouter aux pressions inflationnistes qui peinent à retomber. En réaction, le marché a décalé sa prévision de prochaine baisse de taux au mois de septembre. Les spécialistes commencent à douter qu’il y aura la place pour trois assouplissements monétaires cette année. Ce pronostic est désormais en ballotage défavorable. Mais une fois encore, tout dépendra de la durée des tensions. La réaction court-termiste la plus visible à cette situation est la remontée de dix points du rendement de la dette US à 10 ans, qui est passée grosso modo de 3,95% à 4,05% en quelques heures. Ce regain de vigueur a été favorisé par un indice ISM manufacturier solide, marqué par un indicateur de hausse des prix inédit depuis plus de 3 ans.

L’aversion pour le risque a donc, fort logiquement, profité aux actifs réputés plus sécurisés. L’or a repassé la barre des 5 300 USD l’once, sans pour autant, à ce stade, rallier les records touchés au-dessus de 5 500 USD à la fin du mois de janvier. Le yen, l’euro et même le franc suisse ont glissé face au dollar. Sectoriellement, les sociétés de l’énergie et les entreprises de la défense se sont envolées aux Etats-Unis et en Europe. Les autres secteurs ont en revanche affiché des comportements plus erratiques entre les deux côtés de l’Atlantique. A Wall Street, l’aversion pour le risque a ramené les investisseurs vers les grosses plateformes technologiques. Contrairement à l’Europe ou à l’Asie, il n’y a pas eu de chute sectorielle marquée, même si les compartiments liés à la consommation ont souffert, en particulier dans la consommation discrétionnaire et le loisir (compagnies aériennes, croisiéristes, hôtels…).

Comme je l’ai souligné précédemment, l’impact réel de ce type de conflit dépend de sa durée. Les investisseurs s’habituent à tout, surtout quand ils sont capables d’envisager un retour à la normale. Le financier américain Ed Yardeni rappelait cette nuit que les crises géopolitiques ont tendance à créer des opportunités d’achat sur le marché boursier, mais que le problème, c’est que tout le monde le sait, ce qui réduit l’ampleur des opportunités. Il fait lui aussi partie du camp de ceux qui pensent que le conflit sera de courte durée.

Cela ne signifie pas que la situation est confortable. L’embrasement au Moyen-Orient est venu renforcer la colonne des doutes du marché, déjà assez fournie depuis que l’intelligence artificielle a cessé d’être uniquement une corne d’abondance d’investissements pour devenir un motif de crainte existentielle pour plusieurs secteurs, voire pour la stabilité économique. La réaction des marchés européens et asiatiques apparaît dès lors plus « saine » que celle de Wall Street, si je peux m’exprimer ainsi. L’Asie-Pacifique accuse d’ailleurs le coup ce matin. A Tokyo, le TOPIX lâche plus de 3% après avoir déjà reculé de 1% la veille. Le KOSPI coréen sombre de plus de 7%, emporté par l’effondrement de ses stars Samsung Electronics et SK Hynix. Le mouvement a été amplifié par un jour férié hier en Corée du Sud. L’industrie locale, fortement exportatrice, pourrait subir le contrecoup de la hausse des frais logistiques. Car cet aspect trouble aussi les investisseurs : la crise au Moyen-Orient pèse sur la logistique aérienne et maritime. Chat échaudé craint l’eau froide ! La période Covid et le conflit en Ukraine sont encore dans les mémoires. Ces événements avaient désorganisé des chaînes logistiques qui fonctionnent habituellement au cordeau. L’automobile s’en souvient (-4,4% pour Volkswagen). La dimension surcoûts énergétiques est aussi omniprésente. La chute spectaculaire des compagnies aériennes (-9,4% pour Air France-KLM par exemple hier) rappelle que les industries dont les coûts fixes énergétiques sont très élevés souffrent mécaniquement. Celle de LVMH (-4,3%) que les désordres dans le tourisme mondial frappent au-delà des simples questions de prix du kérosène. Mais là encore, tout est une question de durée et de tectonique des plaques : l’expérience montre qu’un conflit n’est, statistiquement, pas une mauvaise chose pour les marchés financiers. Sauf s’il provoque des réactions en chaîne.

Comme évoqué juste avant, l’Asie a pris le chemin de l’Europe et pas celui des Etats-Unis en bourse. L’indice large MSCI AC Asie Pacifique perd plus de 2% ce matin. Les indicateurs avancés américains sont nettement baissiers, mais c’était déjà le cas hier, avant que Wall Street ne parvienne à se hisser à l’équilibre. Les places européennes sont attendues en baisse, malgré le repli de la veille.

Le CAC 40 perd encore 1,4% à 8 280 points dans les premiers échanges. Le SMI recule de 1,5% à 13 630 points, comme le Bel 20, à 5 286 points.

Les temps forts économiques du jour

L’agenda macro :

  • 11h00 : Taux d’inflation flash de février (Zone Euro)
  • 15h55 : Discours de la Fed Williams (Etats-Unis)
  • 17h55 : Discours de la Fed Kashkari (Etats-Unis)
  • Le reste de l’agenda ici.

Les grands indicateurs macros (les cotations sont celles du jour autour de 7h00, les liens permettent d’avoir le temps réel) :

Les principaux changements de recommandations

  • Air Liquide : Citi maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 195 EUR à 207 EUR.
  • Aixtron : HSBC passe de conserver à acheter avec un objectif de cours relevé de 14,90 EUR à 36,40 EUR.
  • AJ Bell : UBS passe de neutre à acheter avec un objectif de cours de 520 GBX.
  • Aker BP : Bernstein passe de performance de marché à surperformance avec un objectif de cours relevé de 285 NOK à 330 NOK.
  • Avanza Bank : UBS passe de vendre à conserver avec un objectif de cours de 320 SEK.
  • Axa : Goldman Sachs maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 47 EUR à 48 EUR.
  • Barry Callebaut : Morgan Stanley passe de pondération de marché à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 1270 CHF à 1600 CHF.
  • Bergman & Beving : SB1 Markets démarre le suivi à l’achat avec un objectif de cours de 350 SEK.
  • Biomérieux : Deutsche Bank maintient sa recommandation d’achat et réduit l’objectif de cours de 131 EUR à 126 EUR.
  • BKW : Oddo BHF démarre le suivi à neutre avec un objectif de cours de 160 CHF.
  • Bouygues : New Street Research maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 61 EUR à 64 EUR.
  • Capgemini : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 145 à 115 EUR.
  • Carrefour : Landesbank Baden-Wuerttemberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 13,80 à 15,20 EUR.
  • Clariant : BNP Paribas reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 9 à 11 CHF.
  • Covivio : Kempen maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 65 EUR à 70 EUR.
  • Delivery Hero : Citi passe de vendre à conserver avec un objectif de cours de 19 EUR.
  • Deutsche Börse : Jefferies passe de conserver à acheter avec un objectif de cours relevé de 240 à 270 EUR.
  • Emmi : UBS passe de vendre à conserver avec un objectif de cours relevé de 700 à 830 CHF.
  • Exosens : Bernstein reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 61 à 72,50 EUR.
  • FDJ United : Citi maintient sa recommandation neutre et réduit l’objectif de cours de 27,50 à 26 EUR.
  • Hoist Finance : SB1 Markets démarre le suivi à l’achat avec un objectif de cours de 185 SEK.
  • IG Group Holdings : UBS passe de neutre à acheter avec un objectif de cours relevé de 1250 GBX à 1600 GBX.
  • Leonardo : Citi reste à neutre avec un objectif de cours relevé de 48,40 à 60 EUR.
  • Lindt : Morgan Stanley passe de pondération de marché à souspondérer avec un objectif de cours réduit de 125 500 CHF à 108 500 CHF.
  • Meliá Hotels International : UBS passe de vendre à neutre avec un objectif de cours relevé de 6,70 EUR à 8,60 EUR.
  • Novo Nordisk : Morgan Stanley passe de souspondérer à pondération de marché avec un objectif de cours réduit de 270 DKK à 250 DKK.
  • Royal Unibrew : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération de marché avec un objectif de cours relevé de 580 DKK à 595 DKK.
  • SIG : Jefferies passe d’acheter à conserver avec un objectif de cours relevé de 12 CHF à 13,20 CHF.
  • SMA Solar Technology : Jefferies passe de conserver à acheter avec un objectif de cours relevé de 37 à 39 EUR.
  • SMCP : BNP Paribas maintient sa recommandation de surperformance et relève l’objectif de cours de 6 EUR à 8 EUR.
  • Technip Energies : JP Morgan maintient sa recommandation surpondérer et relève l’objectif de cours de 44 à 48 EUR.
  • Teleperformance : AlphaValue/Baader Europe passe d’acheter à alléger avec un objectif de cours réduit de 70,30 EUR à 55,80 EUR.
  • TotalEnergies : Zacks maintient sa recommandation neutre et relève l’objectif de cours de 75 à 84 USD.
  • Vallourec : Goldman Sachs maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 19,50 EUR à 21 EUR.
  • Warehouses De Pauw : Deutsche Bank maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 26 à 30 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes… Je précise que les informations sont données à chaud avant l’ouverture et ne préjugent pas de la couleur des actions pendant la séance)

  • Thales vise une marge d’EBIT ajustée comprise entre 12,6% et 12,8% pour 2026.
  • Kering se réorganise en deux « pôles d’excellence ».
  • TotalEnergies et Accord Allianz GI pour des projets de stockage par batteries en Allemagne.
  • La nouvelle plateforme d’IA personnelle de Qualcomm utilise des composants STMicroelectronics.
  • Spie signe un accord pour l’acquisition de ROFA Industrial Automation AG en Allemagne.
  • Soitec et NTU Singapore font état d’avancées « majeures » dans la 6G et l’écosystème GaN.
  • Worldline finalise la cession de ses activités en Amérique du Nord à Shift4.
  • Casino vise un accord sur sa restructuration financière d’ici fin juin.
  • Les dirigeants de la biotech Carbios visés par une série de plaintes d’actionnaires minoritaires, révèle La Lettre.
  • OSE Immunotherapeutics annonce des changements stratégiques.
  • Predilife va déposer une demande d’autorisation de son dispositif DeeSeeRisk auprès de la FDA.
  • Les principales publications du jour : Thermador, Valbiotis, EuroapiLe reste ici.

Dans le vaste monde

Annonces importantes (et moins importantes)

D’Europe

  • Beiersdorf annonce un rachat d’actions de 750 millions d’euros et anticipe une marge 2026 légèrement inférieure à celle de 2025.
  • Kuehne Und Nagel enregistre une baisse de son bénéfice et de son chiffre d’affaires en 2025
  • VAT Group enregistre une hausse du résultat net et du chiffre d’affaires pour l’exercice 2025.
  • AP Moller Maersk suspend les nouvelles réservations pour certains couloirs commerciaux en raison de la situation au Moyen-Orient.
  • Zurich Insurance a lancé le placement privé pour financer le rachat de Beazley.
  • Un placement de titres Naturgy portant sur 11,4% du capital détenus par BlackRock a été réalisé à 25,20 EUR par action.
  • Roche prévoit d’entrer sur le marché des médicaments contre la perte de poids en 2029, selon son CEO.
  • Rio Tinto investit 473 millions de dollars dans un projet en Afrique du Sud.
  • BAE Systems annonce la sélection par l’armée italienne des solutions VBS4 et Mantle de sa filiale pour moderniser la formation virtuelle.
  • Fagron finalise l’acquisition de Vepakum.
  • Sika étend son portefeuille de produits numériques grâce à un partenariat commercial mondial avec Giatec.
  • Wizz Air enregistre une hausse du trafic passagers en février.
  • La justice britannique approuve l’acquisition de SolGold par Jiangxi Copper.
  • Les principales publications du jourASM InternationalFresnilloBeiersdorfKuehne Und NagelVAT GroupSchaeffle

D’Amérique du Nord

  • Valeurs en hausse hors séance après leurs trimestriels : AST SpaceMobile (+3,4%)…
  • Valeurs en baisse hors séance après leurs trimestriels : MongoDB (-24%), Credo (-8%)…
  • Les Etats-Unis envisagent de limiter à 75 000 les ventes de puces Nvidia H200 par client chinois, selon Bloomberg .
  • LS Power veut récupérer 2,1 milliards de dollars en vendant sa participation dans NRG Energy, selon Bloomberg.
  • Eli Lilly prêt à lancer son médicament oral contre l’obésité au deuxième trimestre, en attente de l’approbation américaine.
  • Fitch Ratings a abaissé la note crédit de Paramount Skydance dans la catégorie spéculative après l’annonce du rachat de Warner Bros.
  • AT&T réaffirme ses objectifs financiers à court et moyen terme.
  • Apple a présenté son iPhone 17e et une version plus rapide de l’iPad Air.
  • Le PDG de Pfizer exprime des inquiétudes sur la direction des vaccins à la FDA.
  • Le Nasdaq sollicite l’approbation de la SEC pour des options binaires sur le Nasdaq 100.
  • Une filiale d’Amazon acquiert le campus de Virginie de l’Université George Washington pour 427 millions de dollars.
  • Les principales publications du jour : CrowdStrikeRoss StoresSea LimitedAutoZoneVikingOn HoldingBest Buy

D’Asie et d’ailleurs

  • BHP estime que la crise iranienne a un impact limité sur les activités pour l’instant selon une interview du CEO avec Bloomberg.
  • Sony prend le contrôle de Peanuts avec le rachat de WildBrain.
  • Un consortium soutenu par BlackRock cherche à finaliser l’acquisition des ports de CK Hutchison sans les actifs du Panama, selon le Financial Times.
  • PayPay (Softbank) suspend son roadshow d’introduction en bourse à cause des troubles au Moyen-Orient, selon Reuters.
  • Les principales publications du jour :Fast RetailingSabic, Techtronic Industries

Le reste de l’agenda mondial des publications ici.

Lectures

Copyright © 2026 Zonebourse.Zonebourse