Haro sur la Russie

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J’ai beau savoir que ça se passe toujours comme ça, je suis systématiquement impressionné de notre capacité à nous emparer d’un sujet uniquement à partir du moment où il nous touche, que ce soit émotionnellement, géographiquement ou pour toute autre raison. La guerre en Ukraine en est la parfaite illustration, d’autant qu’elle nous apparaît, à nous Occidentaux, comme le miroir de la bonne vieille lutte du bien contre le mal avec un agresseur et un agressé. Dans ces circonstances, et « grâce » à l’omniprésence des réseaux sociaux, tout le monde a un avis en s’improvisant tour à tour stratège militaire, consultant géopolitique ou spécialiste des flux financiers internationaux. Et je ne fais pas vraiment autre chose ici, quoiqu’en veillant à éviter de balancer des grandes théories ou des certitudes qui n’en sont pas.

D’ailleurs, ça me poursuit jusque chez moi, par exemple quand numéro 2 (bientôt 15 ans) m’a lancé « Papa, est-ce que c’est la 3e guerre mondiale ? ». Pile le jour où numéro 1 (bientôt 17 ans) recevait sa convocation à la journée de défense dans la caserne de chasseurs alpins voisine (véridique), où les intervenants ne doivent plus trop avoir à se casser la tête pour initier le dialogue. Cette réalité n’existait pas pour numéro 1 et numéro 2 il y a encore quelques jours, pas plus que pour la très vaste majorité des habitants de la planète. Ce qui n’existait pas non plus la semaine dernière, c’est la rapidité avec laquelle la Russie a été mise au ban des nations.

Il y a d’abord eu les sanctions contre des personnes, puis contre des intérêts, mais la machine s’est emballée durant le weekend et emporte tout sur son passage. Les sanctions publiques sont accompagnées de sanctions privées, dans le sens où des dizaines de grandes entreprises ont gelé leurs activités en Russie. Certaines quittent même à grands frais leurs investissements passés, à l’image de BP Plc et Shell (mais toujours pas de TotalEnergies). Tous les pans de la société sont concernés, puisque les fédérations sportives ont commencé à exclure les équipes russes des compétitions internationales, que Disney et Sony ne sortiront plus leurs films dans le pays ou que les valeurs russes vont probablement être exclues des indices boursiers. Même la Suisse s’est mise au diapason en abandonnant sa neutralité séculaire, tandis que Monaco a adhéré aux paquet de sanctions européennes, c’est dire. J’ignore ce qui en ressortira, en particulier si cela renforcera la cohésion du peuple russe ou s’il prendra conscience dans quoi Vladimir Poutine l’a embarqué.

Tout ça pour dire que nous sommes confrontés à une levée de boucliers inédite qui aura sans doute plus de répercussions économiques que le marché a l’air de le penser. Et là, ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’ami Christophe Barraud, qui fait partie des meilleurs prévisionnistes du monde depuis des années et qui souligne ce matin que ses discussions avec de nombreux dirigeants d’entreprises montrent que les analystes et les économistes sous-estiment l’impact de ce conflit sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts logistiques. Dans un monde déjà déséquilibré par les conséquences de la pandémie, il est illusoire de penser qu’une source additionnelle et inattendue de désordres va alléger la facture.

Pour les investisseurs, cela signifie qu’il faut continuer à s’adapter en suivant de près les écueils qui pourraient apparaître, en particulier ceux qui viendraient compliquer une équation macroéconomique déjà bien embrouillée. La bourse continue à faire preuve d’une belle tenue, avec des reflux relativement modestes hier en Europe et une place américaine qui a clôturé sur des variations modérées et même un léger gain sur le Nasdaq. L’Asie-Pacifique évolue dans le vert ce matin, avec une hausse de 1,2% pour le Nikkei 225 japonais et de 0,7% pour l’ASX australien.

Comme nous sommes le 1er mars, autant sortir le bilan du mois écoulé, qui est négatif, mais moins que celui de janvier. Le MSCI World a perdu -2,65%, le MSCI Emergents -3,06%, le S&P500 -3,14% et le STOXX Europe 600 -3,36%. Depuis le 1er janvier, le S&P500 américain a perdu -8,33% et le STOXX Europe 600 européen -7,11%.

Ce matin, les indicateurs avancés européens sont orientés dans le rouge mais les futures américains regardent vers le haut. Le CAC40 ne perdait que 0,12% à 6650 points peu après l’ouverture.

Les temps forts économiques du jour

Les indicateurs PMI manufacturiers finaux de février seront publiés tout au long de la journée, ainsi que l’ISM manufacturier américain à 16h00. Ce matin, la Chine a fait état d’un PMI manufacturier de retour en zone d’expansion en février, à 50,2 points contre 49,8 points attendu pour l’indicateur officiel et à 50,4 contre 49,1 attendu pour le PMI Caixin.  

L’euro se négocie 1,12 USD. L’or est stable à 1905 USD l’once. Le pétrole rebondit légèrement après son reflux de la veille, à 98,91 USD le baril de Brent et à 96,54 USD le baril WTI. Le T-Bond affiche un rendement de 1,85% sur 10 ans (+3 points). Le Bitcoin a vigoureusement rebondi à 43 252 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • Bénéteau : Berenberg reste à l’achat avec un objectif relevé de 16 à 18 EUR.
  • Bpost : Berenberg reste à conserver avec un objectif abaissé de 9 à 8,50 EUR.
  • Cofinimmo : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 145 EUR.
  • Erste : AlphaValue reste à alléger avec un objectif de cours réduit de 38,50 à 29,90 EUR.
  • International Consolidated Airlines : Bernstein passe de neutre à surperformance en visant 200 GBp.
  • ITM Power : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 470 GBp.
  • Ocado : Berenberg reste à l’achat avec un objectif réduit de 1990 à 1800 GBp.
  • Rheinmetall : Berenberg reste à l’achat avec un objectif relevé de 115 à 155 EUR.
  • Rightmove : Morgan Stanley passe de souspondérer à pondération en ligne.
  • Schindler : Berenberg reste à conserver avec un objectif réduit de 270 à 240 CHF.
  • Saint-Gobain : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 60 à 62 EUR.
  • Société Générale : Citigroup abaisse son objectif de cours de 41 à 35 EUR.
  • Symrise : Morgan Stanley passe de souspondérer à pondération en ligne en visant 106 EUR.
  • Technip Energies : J.P. Morgan abaisse son objectif de cours de 17,50 à 13,20 EUR.
  • Telecom Italia : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours réduit de 0,50 à 0,44 EUR.

En France

Principales publications de résultats

  • Atos : la nouvelle direction a « chargé la barque » en 2021 avec une perte nette de 3 Mds€ et des promesses de lendemains meilleurs.

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Les immatriculations de véhicules neufs se contractent de 13% en France en février.
  • Stellantis présente sa stratégie de croissance à long terme.
  • TotalEnergies n’a pour l’instant pas l’intention de prendre des mesures spécifiques vis-à-vis de la Russie.
  • EssilorLuxottica finalise l’acquisition du réseau de laboratoires Walman Optical aux Etats-Unis.
  • Orange lance une nouvelle étape dans la transformation de ses réseaux mobiles en Europe, avec l’arrêt progressif des réseaux 2G et 3G avant la fin de la décennie.
  • Cartier (Compagnie Financière Richemont) assigne Tiffany (LVMH) pour vol de secrets commerciaux.
  • Arkema finalise l’acquisition de l’activité Performance Adhesives d’Ashland.
  • Verallia a annoncé lundi la suspension temporaire de sa production sur son site de Zorya, dans l’ouest de l’Ukraine.
  • Société Foncière Lyonnaise achète l’immeuble Pasteur auprès de Primonial REIM France.
  • Universal Music a acquis l’intégralité du catalogue historique de chansons de Neil Diamond.
  • Bahrein autorise l’utilisation d’urgence du vaccin inactivé de Valneva contre la COVID-19, VLA2001.
  • TF1 et Altice Media ouvrent des négociations exclusives en vue de la vente de FTX Channel, au cas où la fusion proposée avec le groupe M6 Métropole Télévision serait autorisée. M6 négocie aussi la cession de 6Ter à Altice Media.
  • Herige reprend des actifs de la société Activence en région PACA.
  • Agrogénération a suspendu son activité en Ukraine.
  • Savencia fait le point sur son exposition à la Russie et à l’Ukraine.
  • Ocumension, partenaire licencié de Nicox, obtient des résultats positifs dans l‘étude clinique chinoise sur Zerviate.
  • Le plus grand fournisseur de services de streaming des Maldives choisit la plateforme Verimatrix.
  • Graines Voltz finalise l’acquisition d’Andre Briant Jeunes Plants.
  • Le transfert de la cotation des titres de la société Diagnostic Medical Systems sur le marché Euronext Growth sera effectif le 3 mars 2022.
  • Fermentalg boucle un premier tour de table de 11 M€ pour sa filiale CarbonWorks dédiée à l’économie circulaire du CO2.
  • Ekinops signe un partenariat commercial avec Fujitsu.
  • Delta Drone tire une tranche de 0,5 M€ d’ORNAN.
  • CS Group, Rothschild, Société Anonyme d’Explosifs et Produits Chimiques, Auplata, Soditech, Televerbier, Unibel, Bel, com, Audacia, Inventiva, Société Française de Casinos, Genfit, Cerinnov, Bernard Loiseau, Groupe SFPI ont publié leurs comptes et / ou leurs prévisions.

Dans le monde

Publications de résultats

  • Bayer : le groupe renoue avec les bénéfices, qui atteignent 1 Md€ en 2021.
  • HP Inc : le titre perd 2,5% hors séance malgré la publication de résultats plutôt conformes aux attentes.
  • PubMatic : l’action chute de 10% hors séance après des résultats mitigés.
  • Zoom Video : l’action est en baisse de 2% après la séance dans le sillage de la publication de ses trimestriels.

Annonces importantes (et autres)

Lectures

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