«Le contact personnel avec les GFI reste toujours une priorité pour nous»

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Interview de Christoph Bütikofer, Membre du Comité de direction de la Banque CIC, Suisse

Par Elsa Floret

La collaboration avec les gérants de fortune indépendants constitue un segment stratégique de l’activité de la Banque CIC, Suisse, qu’elle entend renforcer, dans le cadre de la transformation numérique. Le gérant indépendant se concentrera sur ses points forts tout en servant de médiateur pour les prestations qu’il ne peut ou ne veut pas fournir lui-même au client, selon Christoph Bütikofer, membre du Comité de direction de la Banque CIC, Suisse.

Comment la Banque CIC se positionne-t-elle sur le plan de la transformation numérique pour les services, les flux de données et les investissements?
Toutes les prestations numériques de base sont rassemblées dans CIC eLounge, notre plateforme d’e-banking. Dans eLounge, les clients peuvent par exemple attribuer eux-mêmes des droits d’utilisateur, ouvrir des comptes et utiliser le multibanking pour effectuer des paiements. Notre produit entièrement numérique cleverinvest permet quant à lui de se constituer facilement un patrimoine; les clients peuvent choisir eux-mêmes des thèmes de placement actuels et décider de leur pondération. Tandis qu’avec cleverinvest, le client confie à la banque le soin de gérer sa fortune conformément à ses instructions; avec clevercircles il peut exploiter l’intelligence collective de la communauté d’investisseurs. Ainsi, il peut faire part de ses attentes vis-à-vis des marchés et les comparer avec celles d’un comité d’investissement privé.
Avec notre approche Swiss banking, nous fusionnons l’activité bancaire classique avec des solutions numériques innovantes, tant en interne que par l’intermédiaire de partenariats. Mais il ne s’agit pas uniquement d’automatiser, d’optimiser des processus et d’adapter de nouvelles technologies. Avec notre partenaire Stableton, nos clients peuvent investir dans les marchés privés même s’ils n’ont que peu de capital, et tirer parti de participations directes dans des entreprises non cotées en bourse ou sur le point d’être cotées, ou encore dans des actifs corporels. Dans le domaine de l’immobilier, notre partenariat avec Property Captain permet aux acquéreurs potentiels de faire des offres sur des maisons individuelles qui ne sont pas encore sur le marché. Avec Rent-to-buy, ils peuvent aussi louer le bien immobilier de leurs rêves tout en se constituant un patrimoine en vue de l’acquérir plus tard.
En ce qui concerne les activités avec des gérants de fortune indépendants, le contact personnel reste toujours une priorité pour nous. Lors de nos échanges avec nos GFI, nous examinons les moyens de les soutenir encore mieux dans le cadre de la transformation numérique.

La Banque CIC a-t-elle des projets dans le domaine des crypto-actifs?
La question des actifs numériques est passionnante. Elle a le potentiel non seulement de rendre moins coûteux les placements dans des secteurs de niche, mais aussi de les démocratiser. La banque investit en permanence dans des projets novateurs, notamment dans le domaine des actifs numériques. Nos asset managers s’intéressent à la technologie blockchain et suivent de près les produits de placement de banques établies qui investissent dans des entreprises travaillant déjà avec des modèles d’affaires en lien avec cette technologie ou étant sur le point de le faire.

D’après vous, à quoi ressemblera le métier de gérant de fortune indépendant dans cinq ans?
La nouvelle réglementation – LEFin et LSFin – aura sans aucun doute des conséquences pour la profession. Les coopérations et la délégation de tâches non centrales des GFI sont des scénarios possibles que tout gérant indépendant sera amené à examiner. Il est évident que la transition numérique est appelée à avoir des fortes répercussions de manière générale. Le GFI se concentrera sur ses points forts tout en servant de médiateur pour les prestations qu’il ne peut ou ne veut pas fournir lui-même au client.

Dans les actifs sous gestion à la Banque CIC, à combien s’élève la part gérée par des GFI?
La collaboration avec des GFI constitue un segment stratégique de notre activité. Elle représente un pourcentage de la fortune totale gérée, qui se situe entre 10 et 15%.

Prévoyez-vous de créer un service dédié aux gérants de fortune indépendants?
La Banque CIC est attachée à ses compétences décentralisées pour une gestion optimale des relations avec les GFI. Nous travaillons avec toutes les catégories de gérants indépendants. Nos clients GFI apprécient la proximité avec un interlocuteur et un sparring partner, qui soit en mesure de les soutenir dans tous les aspects du suivi de leur clientèle. En ce qui concerne les aspects réglementaires et stratégiques des relations avec les GFI, en revanche, les conseillers à la clientèle bénéficient d’une aide centralisée. Nos spécialistes peuvent également apporter leur soutien sur des questions ayant trait à la planification de succession, aux fusions et acquisitions, aux évaluations d’entreprises; nous pouvons même apporter notre aide lors de la transmission d’un domaine viticole, par exemple.

Christoph Bütikofer est membre du Comité de direction de la Banque CIC (Suisse). Diplômé en gestion, Christoph Bütikofer travaille au service de la Banque CIC depuis 2011, où en plus de sa fonction de directeur de la région Suisse alémanique/Tessin et dirige également le domaine Private Banking à l’international. Auparavant, il a été directeur dans un family office, où il était responsable du développement commercial. Plus tôt dans sa carrière, il avait été responsable adjoint de l’Art Banking dans une grande banque, où il a grandement contribué à la réussite de ce segment d’activité. Il a également eu sous sa responsabilité d’importantes filiales à l’étranger du groupe pharmaceutique Roche, en tant que directeur financier.

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