Le Nasdaq se fait Muskéiser

266
0
Share:

La réponse, vous la connaissez certainement depuis hier midi : il s’agit d’Elon Musk. Il est marrant Elon Musk. Je n’ai pas toujours dit ça parce qu’il m’a souvent énervé. Il m’énerve toujours d’ailleurs. Mais je crois que j’ai aussi appris à apprécier ses talents. Elon Musk, c’est à la fois le gars exaspérant à qui tout réussit, même quand il se plante. Et le type avec qui on se verrait bien passer une soirée à tiser des bières. C’est aussi le mec capable de raconter n’importe quoi au milieu de la nuit, d’injurier ses détracteurs ou d’écrire des commentaires lunaires que sa communauté d’aficionados transforme illico en prophéties mystiques.

Un cow-boy rock’n’roll, et milliardaire de surcroît. Je crois que j’avais raconté il y a quelques temps l’anecdote de sa rencontre avec l’investisseur Charlie Munger, qui lui prédisait un fiasco retentissant avec Tesla. Musk lui avait répondu qu’il partageait ce diagnostic, mais que ça valait la peine d’essayer. Voilà qui résume assez bien le personnage.

En tout cas, la combinaison visionnaire/fantasque/milliardaire lui ouvre des perspectives que d’autres n’ont pas, évidemment, comme :

  • Se fâcher avec la SEC et se faire condamner, mais continuer à houspiller le régulateur à intervalle régulier, ce qu’aucun autre PDG ne s’autoriserait.
  • Distribuer les bons et les mauvais points en fonction de ses marottes du moment comme les cryptos, les produits, les jeux, les animaux et que sais-je encore.
  • Se permettre d’être un influenceur de poids avec 80 millions d’abonnés sur Twitter. C’est d’ailleurs le seul chef d’entreprise qui figure parmi le top 10 mondial au milieu des stars du showbiz et des deux présidents américains précédents.

Mais manifestement Elon Musk n’est pas satisfait de la liberté d’expression sur son réseau social préféré. Après avoir soulevé l’idée d’en créer un nouveau il y a quelques jours, dans un élan quasi-Trumpesque, il a semble-t-il préféré devenir actionnaire. Il a investi entre 2 et 3 Mds$ d’une fortune visible évaluée à 288 Mds$ pour prendre 9,2 % du réseau social Twitter. Peu d’éléments ont filtré en dehors du formulaire standardisé remis à la SEC. On y apprend que Musk a l’intention d’être un actionnaire passif et qu’il a passé le cap des 5% du capital le 14 mars dernier. D’où d’ailleurs une incertitude sur le montant de l’investissement : on ne sait pas quand il a commencé à acheter, ni dans quelles conditions. On sait en revanche qu’il a déjà engrangé une belle plus-value latente.

Même s’il s’est déclaré investisseur passif, avoir Musk à hauteur de 9,2% du capital signifie qu’il y a un éléphant dans la pièce. Cela pèsera probablement sur la conduite des opérations chez Twitter, même si le patron de Tesla n’y met pas directement son nez. J’ignore si c’est une bonne ou une mauvaise chose pour la liberté d’expression. Par le passé, Musk a surtout cultivé sa propre liberté d’expression et j’ai en mémoire quelques épisodes peu glorieux de tentatives de muselage de ses détracteurs. Mais cela reste un Personnage, qui provoque des ruptures ou qui contribue à les provoquer, comme on l’a vu avec PayPal, Tesla, SpaceX et sans doute un peu moins avec l’indispensable « Not-a-flamethrower ».

Quelles que soient les intentions réelles d’Elon Musk, son investissement dans Twitter reste un événement important qui a manifestement profité aux deux titres hier, et plus largement à toute la cote technologique américaine. Pour être tout à fait exact, Tesla a aussi annoncé des livraisons légèrement supérieures aux attentes au 1er trimestre, ce qui est déjà un petit exploit quand on connaît les déboires logistiques de l’industrie automobile, et le compartiment technologique a également profité du rebond des valeurs chinoises cotées à Wall Street sur des rumeurs d’assouplissement de la bisbille comptable entre Washington et Pékin. Il n’empêche, le pouvoir de traction du « technoking of Tesla », puisque c’est son titre officiel, est indéniable. Après le « Don’t fight the Fed », adage qui recommande d’éviter de miser contre la politique de la banque centrale américaine, place au « Dont’ fight the Musk ». Les vendeurs à découvert sur Tesla l’ont déjà appris à leurs dépens.

Fin de cette grosse parenthèse et retour sur des marchés actions européens qui devraient ouvrir assez près de l’équilibre, avec un biais légèrement baissier à l’heure où j’écris ces lignes. En Asie, les marchés de Chine continentale et de Hong Kong sont fermés pour un jour férié. Le Nikkei et l’ASX gagnent un peu de terrain. La journée sera marquée par une série d’indicateurs macroéconomiques, notamment la lecture finale des PMI des services des grandes économies. Le CAC40 grappille 0,02% à 6732 points peu après les premiers échanges.

Les temps forts économiques du jour

Les indices PMI des services finaux pour le mois de mars seront publiés tout au long de la journée pour les principales économies. Au programme aussi, la production industrielle française de février (8h45) et l’ISM de services aux Etats-Unis (16h00). Tout l’agenda macro ici. Ce matin, la banque centrale d’Australie a laissé son taux directeur inchangé à 0,10%.

L’euro recule à 1,097 USD. L’once d’or remonte à 1928 USD. Le pétrole regagne du terrain lui aussi, avec un Brent de Mer du Nord à 108,80 USD et un brut léger américain WTI à 104,50 USD. Le rendement de la dette américaine se stabilise à 2,40% sur 10 ans, en-dessous des échéances à 30, 5 et 2 ans. Le bitcoin se négocie autour de 46 500 USD pièce.

Les principaux changements de recommandations

  • Adyen : Wells Fargo démarre le suivi à surpondérer en visant 2201 EUR.
  • Basler : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 135 EUR.
  • Burkhalter : Research Partners passe d’acheter à conserver.
  • Calida : Research Partners passe de conserver à acheter en visant 65 CHF.
  • Compagnie Financière Richemont : J.P. Morgan reprend le suivi à surpondérer.
  • Crédit Agricole : AlphaValue passe d’accumuler à alléger en visant 9,49 EUR.
  • GlaxoSmithKline : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 1925 à 2100 GBp.
  • HelloFresh : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours réduit de 114 à 81 EUR.
  • Hermès International : J.P. Morgan reprend le suivi à neutre en visant 1150 EUR.
  • Kering : J.P. Morgan reprend le suivi à neutre en visant 670 EUR.
  • Kojamo : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 24,25 EUR.
  • Kongsberg : SEB passe d’acheter à conserver en visant 370 SEK.
  • LVMH : J.P. Morgan reprend le suivi à surpondérer en visant 780 EUR.
  • Michelmersh Brick : Berenberg démarre le suivi à l’achat en visant 160 GBp.
  • Olvi : SEB passe d’acheter à conserver en visant 37 EUR.
  • Pirelli : Citigroup passe de neutre à achat.
  • Royal Unibrew : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 700 à 680 DKK.
  • Siemens Gamesa : AlphaValue passe d’accumuler à alléger en visant 16,90 EUR.
  • The Swatch Group : J.P. Morgan reprend le suivi à neutre.
  • Traton : Jefferies passe d’acheter à conserver en visant 18 EUR.
  • Varta : Berenberg reste à conserver avec un objectif réduit de 115 à 105 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Safran était le premier groupe français pour les demandes de brevets en 2021.
  • Boursorama (Société Générale) rachète les clients d’ING France.
  • Thales signe un partenariat avec Microsoft.
  • Casino boucle la vente de ses derniers titres Mercialys, soit 10,3% du capital, pour 86 M€.
  • Gecina signe un premier bail sur un programme à Neuilly.
  • CGG et Kent signent un partenariat stratégique dans la capture du carbone et dans l’hydrogène.
  • Avanquest (Claranova) conclut un accord ferme pour le rachat de l’éditeur de logiciels allemand PDF forge.
  • Icade finalise la vente d’un immeuble parisien pour 186 M€.
  • Figeac Aero trouve un accord de financement avec levée de fonds, modification des ORNANE et rééchelonnement bancaire.
  • Aramis fait évoluer l’équipe de direction de Clicars.
  • Nacon signe l’acquisition définitive de Deadalic.
  • Marie-Claire Daveu va quitter le conseil d’administration d’Albioma pour celui d’Engie.
  • NFTY annonce le tirage de nouvelles tyranches d’OCAA.
  • Altheora développe un procédé hybride exclusif permettant de créer des pièces à valeurs et performances augmentées.
  • Gaussin livre 36 tracteurs électriques et 6 stations de charge à Côte d’Ivoire Terminal.
  • Pharnext tire de nouvelles convertibles.
  • Paris Realty Fund cède son immeuble de bureaux Le Gaïa.
  • Delta Plus, Argan ont publié leurs comptes et/ou leurs prévisions.

Dans le monde

Annonces importantes (et autres)

  • Twitter a terminé en hausse de 27 % après l’entrée au capital d’Elon Musk.
  • Exxon Mobil a annoncé hier que ses résultats du T1 pourraient atteindre un plus haut de 7 ans, notamment des bénéfices de production de 9,3 Mds$.
  • Samsung Electronics devrait dégager son bénéfice le plus élevé au 1er trimestre depuis 2018 grâce aux puces.
  • Nissan reporte à nouveau les ventes du SUV électrique Ariya, invoquant des problèmes de chaîne d’approvisionnement.
  • Advanced Micro Devices va acquérir Pensando pour 1,9 Md$ afin d’étendre son unité de centres de données.
  • KKR ne veut pas confirmer son offre d’achat sur Telecom Italia tant que l’opérateur ne lui donne pas accès ses livres de compte.
  • Une fuite de gaz massive a contraint ConocoPhillips à cesser temporairement la production d’un gros champ en Alaska en mars.
  • L’Allemagne va nationaliser la filiale locale de PJSC Gazprom pour garantir l’approvisionnement en gaz.
  • SoftwareOne a vendu 4,4 millions d’actions de la société norvégienne Crayon Group Holding
  • Advent et Centerbridge seraient proche d’une offre de rachat d’Aareal pour 2 Mds€.
  • Publications et annonces des entreprises : Hon Hai Precision, AcuityTout l’agenda ici.

Lectures

Copyright © 2022 Zonebourse.Zonebourse
Share: