Net Zero – De Glasgow à Berne, le secteur financier pressé de s’engager concrètement

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Par Jean Laville, Directeur général adjoint, Swiss Sustainable Finance (SSF)

De la conférence de Glasgow sur le climat, aux communiqués du Conseil fédéral, le secteur financier est sous pression pour contribuer de manière active aux engagements climatiques collectifs pour une limitation de l’augmentation de la température.

Conférence de Glasgow 2021 – La direction est donnée pour le secteur financier

Création de la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ), présidée par Mark Carney, envoyé spécial des Nations unies pour l’action climatique et la finance et ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre. Elle rassemble plus de 450 entreprises (avec un total d’actifs d’environ 130 000 milliards de dollars) issues des principales initiatives « net zéro » dans l’ensemble du système financier afin d’accélérer la transition vers des émissions nettes zéro d’ici 2050 au plus tard…

De son coté, Sustainable Finance a encouragé ses membres à signer l’un des engagements nets zéro reconnus avant la COP26. À ce jour, 30 membres se sont engagés à atteindre cet objectif.

Communiqué du Conseil fédéral – Exiger la transparence

Dans son communiqué de presse du 17.11.2021, le gouvernement suisse a souligné l’importance de l’action du secteur privé dans la lutte contre le changement climatique.

Le Conseil fédéral recommande aux acteurs des marchés financiers d’utiliser des indicateurs de compatibilité climatique comparables et significatifs afin de contribuer à créer de la transparence dans tous les produits financiers et les portefeuilles des clients.

Ces indicateurs devront permettre aux investisseurs de comprendre facilement comment les produits financiers peuvent être classés en fonction de leur impact sur le climat.

Net zero – Quelle mise en œuvre pratique pour les institutions financières

La Science based Target Initiative (SBTi) est devenue la référence internationale en matière de définition de standards pour les institutions qui s’engagent à atteindre des objectifs de zéro émissions nettes.

Pour les institutions financières, la SBTi explore trois grandes approches sur la façon dont elles peuvent atteindre un état d’émissions nettes nulles, compatible avec l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris et la contribution aux Objectifs de développement durable (ODD).

Ces trois approches ne s’excluent pas mutuellement et sont résumées ci-dessous :

  1. Émissions financées : les demandes de réduction des émissions nettes sont basées sur la réduction des émissions financées à zéro ou à un niveau résiduel compatible avec la réalisation d’émissions nettes nulles au niveau mondial ou sectoriel dans les voies éligibles alignées sur l’objectif de 1,5°C. Les émissions résiduelles sont neutralisées par des mesures de réduction des émissions. Toute émission résiduelle est neutralisée par l’élimination et le stockage permanents d’une quantité équivalente de dioxyde de carbone atmosphérique.
  2. Alignement du portefeuille : pour les institutions financières, les revendications nettes zéro sont basées sur l’alignement de toutes les activités de financement pertinentes de sorte que chaque actif individuel atteigne un état net zéro conforme à la norme SBTi Corporate Net-Zero.
  3. Contribution à l’économie nette zéro : les revendications nettes zéro sont basées sur le fait que les institutions financières financent les activités de décarbonisation et réaffectent explicitement les activités de financement aux solutions climatiques à un rythme compatible avec les objectifs climatiques mondiaux.

Net zero : Une opportunité pour les acteurs financiers

A SSF, nous voyons une opportunité claire pour les acteurs financiers de s’engager sur la voie du net-zéro pour les raisons suivantes :

– Une approche proactive dans l’alignement des portefeuilles sur une trajectoire nette zéro permet d’atténuer les risques financiers.

– Investir et prêter dans une économie verte et résiliente au changement climatique offre des opportunités de croissance et renforce la compétitivité car ces segments de marché vont devenir de plus en plus importants.

– La transparence de l’alignement continu des portefeuilles sur les objectifs climatiques mondiaux permet de répondre aux attentes grandissantes des clients et des autres parties prenantes et de favoriser une image positive de la contribution du secteur financier à la lutte contre les changements climatiques.

Jean Laville est actif dans le secteur financier depuis 25 ans, dont 15 dans le domaine de l’investissement responsable. Au sein de SSF, il est en charge de la relation avec les membres en Suisse romande et des activités de communication dans cette région. Par ailleurs, il dirige le groupe de travail sur le renforcement des expertises et la formation.
Jean Laville est également associé de Conser Invest depuis 2012, une société indépendante de conseil et de gestion d’actifs dédiée aux solutions d’investissement durable pour les clients privés et institutionnels.
Il développe et exploite des outils quantitatifs assurant le filtrage systématique de l’univers d’investissement du fonds ainsi que la conformité des positions sous-jacentes avec les objectifs ESG. En tant que directeur adjoint, il a dirigé les activités de la Fondation Ethos et d’Ethos Services de 2002 à 2012. Auparavant, il a occupé le poste de gérant quantitatif au sein de la Banque Pictet & Cie à Genève, à partir de 1998.
En 1980, Jean Laville a obtenu un diplôme en sciences économiques, avec une spécialisation en économie politique, auprès de l’École supérieure de commerce (HEC) de Lausanne. Il a ensuite suivi le programme de doctorat de l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève.

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