« Nos secteurs d’intérêts se retrouvent au croisement de la digitalisation et de l’économie circulaire »

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Interview Trivan Mathur, Managing Partner, Anchor Group

Par Elsa Floret

Dans cette nouvelle rubrique, SPHERE vous propose de découvrir les asset managers suisses, plutôt boutique, qui se concentrent sur les marchés privés et les actifs non cotés. A l’image d’Anchor Group … 

Avec Anchor Investment Partners, filiale d’Anchor Group, créée en 2016, vous orientez vos investissements dans la transformation digitale de l’industrie. Quelles sont les perspectives de ce marché ?
Il découle d’une nouvelle phase de la révolution industrielle, qualifiée d’Industrie 4.0 depuis le milieu des années 2010. Cette dernière a pris son essor avec l’application à grande échelle d’innovations technologiques, telles que L’Internet of Things, l’intelligence artificielle, le cloud, le big data et la robotique.
La digitalisation est l’épine dorsale de la technologie industrielle. Elle représente un marché atteignant 2’000 milliards de dollars en 2022. Les investissements annuels dans les Technologies de l’information et de la communication ont augmenté de 55% cette année. Le nombre de sociétés industrielles, qui ont mis en œuvre une stratégie de transformation digitale, a progressé de 42%, ce qui s’est traduit par des niveaux de croissance de l’ordre de 15% pour le secteur.

Comment évaluer et investir dans les opportunités liées à la digitalisation industrielle ?
Face à cet univers très large, nous nous concentrons sur les segments que nous connaissons, tant comme investisseurs que comme opérateurs. Notre processus de sélection commence avec la création de cartographies des acteurs du marché, ce qui revient souvent à identifier une centaine de sociétés par secteur d’intérêt. Ces dernières commercialisent des solutions technologiques et doivent présenter un ratio valorisation / croissance, très attractif.
Notre apport en capital se concrétise 6 à 12 mois après notre engagement opérationnel. Cette approche amoindrit le risque d’investissement et favorise l’accès aux offres hors marché. 

Dans un univers si large, comment avez-vous choisi vos thèmes d’investissement ?
Nos secteurs d’intérêts se retrouvent au croisement de la digitalisation et de l’économie circulaire. Alors que la digitalisation est déjà une question de survie concurrentielle, la circularité et, avec elle la durabilité, deviendront une nécessité économique.
En 2015, nous avons sélectionné trois domaines : l’énergie, l’infrastructure intelligente et le recyclage de matériaux. Historiquement, ces sujets n’intéressaient que les industriels et non les financiers. Aujourd’hui notre activité commence à attirer un public plus large car nos investissements associent impact et rendement. De plus, ils répondent aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés: inflation, ruptures des chaînes d’approvisionnement, défis environnementaux et plus récemment énergétiques.

Les investisseurs s’intéressent-ils au marché du recyclage ?
Historiquement, le recyclage était un secteur statique et ennuyeux. Ce n’est plus le cas. Les prix élevés du pétrole, l’envolée de la demande et l’offre limitée des déchets plastiques disponibles ont transformé des entreprises peu dénuées d’intérêt en cibles pour les investisseurs qui recherchent haute technologie et forte croissance.

Qui sont vos principaux clients ?
Les familles ou les groupes industriels, comme les majors, sont nos investisseurs stratégiques. L’adoption imminente de nouvelles technologies ou la réglementation modifient fondamentalement leur marché. Nous agissons en tant que corporate venturer ou buy side advisor, pour la mise en place et l’exécution d’une stratégie d’investissement dans la digitalisation ou le recyclage.
Nous invitons aussi les gérants indépendants et les Single Family Offices à participer à nos investissements aux côtés de nos investisseurs stratégiques. Dans les investissements directs, les montant minimum vont de 100’000 à 500’000 francs. Nous avons aussi prévu d’offrir notre stratégie sous forme de fonds dès 2023.

 

Avant de fonder Anchor Group, Trivan Mathur dirigeait le service d’Investment chez RBS Coutts, International, depuis 1999. Il y avait notamment monté l’activité d’Investment advisory direct qui comptait plus de 3 milliards d’actifs à son départ en 2007. Il a démarré sa carrière en tant que portfolio manager et investment advisor à la Citigroup. Trivan est titulaire d’une licence en économie industrielle de la London School of Economics, d’un master en finance de EM Lyon business school, et a suivi le program of executive dévelopment à l’IMD Lausanne.


Nom de la société : Anchor Group
Adresse : 14 rue Jean Calvin, 1204 Geneva
Site web :https://www.aii-group.com
Date de création : 2007
Top management : Trivan Mathur, Andriana Oikonomopoulou, Dweep Chanana,
Secteurs d’expertise : Private Markets, Business development, Thematic funds,
Types d’investissement : Private equity spécialisé, Fonds sectoriels

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