Pas tout à fait quand même, parce que les investisseurs avaient anticipé des chiffres solides et susceptibles de rassurer la communauté financière sur le reste de l’écosystème IA. Depuis deux jours, le marché rachète de la technologique pour jouer l’effet de levier Nvidia. Les professionnels ont en effet une grande confiance dans les publications du groupe, qui ont deux atouts. Primo, elles réservent en général peu de surprises vu l’épaisseur du carnet de commandes de l’entreprise. Secundo, elles restent spectaculaires, même si les bases de comparaison deviennent de plus en plus ardues. Je ne vais même pas citer de chiffres et juste me contenter de souligner que les résultats méritent tous les superlatifs, une fois de plus. Bloomberg a publié ce matin un diagramme en barres verticales qui en dit long : entre 2005 et 2017, le chiffre d’affaires évolue peu d’un trimestre à l’autre. De 2019 à 2021, la demande pour le minage de bitcoin crée une légère ondulation haussière. De 2021 à 2023, la vague prend un peu d’ampleur. Depuis, il y a une sorte de paroi verticale digne des plus grandes faces nord des Alpes. Bref, Nvidia continue à profiter à plein des investissements dans l’IA, malgré le renforcement de la concurrence.
Le truc, c’est que personne n’en doute vraiment : la société est à la source des équipements, donc c’est elle qui draine une partie de l’argent qui afflue dans le secteur. Par conséquent, la qualité de ses publications ne répond pas à la question à des milliers de milliards de dollars que se posent les investisseurs : est-ce que la partie aval de ce qui était jusque-là pressenti comme l’écosystème IA va réellement faire partie des gagnants. Exprimé de façon plus pragmatique après la chute boursière de certains secteurs emblématiques : la bonne fortune de Nvidia ne garantit pas celle des autres pans de l’univers technologique. C’est la raison pour laquelle les financiers préfèrent miser actuellement sur les actifs en dur : les puces surpuissantes (Nvidia…), les équipementiers de centre de données et de centrales énergétiques (Siemens Energy, Eaton, Schneider Electric…) ou les fournisseurs d’électricité (Engie…) et de matériaux de base (Fresnillo, Rio Tinto…).
Dans l’avalanche de résultats qui sont tombés depuis hier, ceux des technologiques américaines hors Nvidia n’ont pas vraiment séduit. Le grand éditeur de logiciels Salesforce perdait plus de 4% après avoir peiné à convaincre que l’IA est une chance plutôt qu’un risque pour son activité. Synopsys, spécialisé dans les logiciels pour l’électronique et les semiconducteurs, reculait dans les mêmes proportions après ses chiffres.
Avant les chiffres de Nvidia, le marché avait donc acheté la publication. +0,8% aux Etats-Unis pour le S&P 500 et +0,7% en Europe pour le Stoxx Europe 600. On ne compte plus les records indiciels sur le vieux continent, notamment côté CAC 40 en France, où le dossier le plus prolifique de l’année est un aciériste, ArcelorMittal, dont le cours a gagné 45% en moins de deux mois. Engie, Orange ou Legrand ne sont pas loin avec plus de 20% de gains en 2026 : on voit très bien vers quoi se sont dirigés les investisseurs ces dernières semaines. A l’autre bout du palmarès, Capgemini et Dassault Systèmes ont perdu respectivement 28 et 24%, ce qui illustre là encore la sélectivité du marché dans le domaine technologique face aux remous créés par l’IA.
La séance du jour sera dominée par le bruit autour de la publication de Nvidia et par une myriade de résultats de sociétés, en particulier en Europe ce matin, comme vous le verrez un peu après. Les inscriptions hebdomadaires au chômage américain devraient apporter un peu de piment au débat sur l’évolution des taux de la Fed.
En Asie Pacifique, le non-mouvement boursier de Nvidia n’empêche pas la Corée du Sud de s’envoler de 3,7%, après un statu quo pourtant attendu de la banque centrale. L’indice KOSPI prend 46% depuis le 1er janvier et 135% sur un an. Les autres places évoluent entre l’équilibre et des gains modérés, hormis à Hong Kong où le Hang Seng rend 0,9%. L’indice MSCI AC Pacific signe un nouveau record en hausse de plus de 1%. L’Europe est attendue autour de l’équilibre, avec un léger biais négatif dû à la glissade dans le rouge des futures de Wall Street.
Le CAC 40 gagne 0,2% à 8580 points à l’ouverture. Le SMI et le Bel 20 reculent de 0,2%.
Les temps forts économiques du jour
L’agenda macro :
- 09h30 : Discours de la présidente de la BCE Lagarde (Zone Euro)
- 11h00 : Sentiment économique (Zone Euro)
- 14h30 : Inscriptions hebdomadaires au chômage (Etats-Unis)
- 16h00 : Discours de Bowman de la Fed (Etats-Unis)
- Le reste de l’agenda ici.
Les grands indicateurs macros (les cotations sont celles du jour autour de 7h00, les liens permettent d’avoir le temps réel) :
- Euro : 1,1818
- Once d’or : 5 202 USD
- Once d’argent : 89,91 USD
- Brent : 70,85 USD
- Spread Bund / OAT : 55 points (-2,1%)
- VIX : 17,93 (-1,6%)
- 10 ans US : 4,046%
- Bitcoin : 68 352 USD
Les principaux changements de recommandations
- 74Software : Bernstein reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 53 à 55 EUR.
- Ageas : JP Morgan reste à une recommandation neutre avec un objectif de cours relevé de 67 à 70 EUR.
- Air Liquide : Goldman Sachs maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 179 à 182 EUR.
- Alcon : BNP Paribas reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 84 à 87 CHF.
- Alpha Services And Holdings : Optima Bank passe de neutre à acheter avec un objectif de cours de 4,28 EUR.
- Alten : BNP Paribas reste à surperformance avec un objectif de cours réduit de 95 à 85 EUR.
- Amundi : RBC Capital maintient sa recommandation de performance de marché et relève l’objectif de cours de 71 à 76 EUR.
- British American Tobacco : Baptista Research passe de conserver à sousperformance avec un objectif de cours relevé de 5940 GBX à 6440 GBX.
- Bureau Veritas : AlphaValue/Baader Europe maintient sa recommandation accumuler et relève l’objectif de cours de 30,90 EUR à 31 EUR.
- Buzzi : AlphaValue/Baader Europe passe d’alléger à accumuler avec un objectif de cours relevé de 51 à 57,60 EUR.
- Castellum : Pareto Securities passe de conserver à acheter avec un objectif de cours relevé de 120 SEK à 135 SEK.
- DSM-Firmenich : AlphaValue/Baader Europe passe d’acheter à accumuler avec un objectif de cours réduit de 98 à 74,80 EUR.
- Eiffage : Oddo BHF maintient sa recommandation neutre et relève l’objectif de cours de 117 à 135 EUR.
- Enskilda Banken : AlphaValue/Baader Europe passe de vendre à alléger avec un objectif de cours relevé de 170 SEK à 183 SEK.
- Exosens : JP Morgan reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 60 à 71 EUR.
- Forbo Holding : UBS maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 1000 à 1050 CHF.
- L’Oréal : Landesbank Baden-Wuerttemberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 370 à 380 EUR.
- Oriola : Inderes passe d’alléger à accumuler et réduit l’objectif de cours de 1,25 EUR à 1,20 EUR.
- Seb S.A : BNP Paribas reste à surperformance avec un objectif de cours réduit de 84 à 80 EUR.
- Temenos Group : Jefferies maintient sa recommandation d’achat et réduit l’objectif de cours de 100 à 85 CHF.
- Vicat : AlphaValue/Baader Europe maintient sa recommandation alléger et relève l’objectif de cours de 68,50 à 81,40 EUR.
En France
Annonces importantes (et moins importantes… Je précise que les informations sont données à chaud avant l’ouverture et ne préjugent pas de la couleur des actions pendant la séance)
- Résultats des entreprises (les commentaires sont donnés à chaud et ne préjugent pas de l’évolution des titres)
- Schneider Electric prévoit une croissance organique de son CA comprise entre 7% et 10 en 2026.
- AXA vise un résultat opérationnel par action dans le haut de sa fourchette en 2026.
- Stellantis confirme une perte nette de 22,3 MdsEUR en 2025.
- Eiffage veut faire progresser ses résultats 2026.
- Engie dégage un EBIT hors nucléaire de 8,8 MdsEUR en 2025 et signe une accord pour acquérir UK Power Networks pour une valeur d’entreprise de 15,8 MdsGBP.
- Bouygues publie un résultat opérationnel annuel courant de 2,66 MdsEUR en 2025.
- Technip Energies affiche un EBITDA récurrent de 637,9 MEUR en 2025.
- Getlink annonce un EBITDA annuel de 859 MEUR.
- Worldline vise une croissance organique entre 1% et 4% cette année.
- Fnac Darty publie un chiffre d’affaires annuel à 10,33 milliards d’euros.
- Saint-Gobain continue son développement dans la chimie de la construction en République dominicaine et au Benelux.
- Elior émettra 150 millions d’euros de nouvelles obligations échéance 2030.
- Hoffmann Green partenaire du plus grand projet privé de construction de la région Nantaise.
- Afyren lève 7 MEUR à 2,55 EUR l’action.
- Les principales publications du jour : Wendel, Arkema, Saint-Gobain, Getlink, Sopra, Vusion, Nexity, U10, Audacia, Alan Allman, 74Software, Bilendi, Lisi, Teleperformance, Planisware, Ramsay Générale de Santé, Clariane, Viridien, SMCP, Bonduelle… Le reste ici.
Dans le vaste monde
Annonces importantes (et moins importantes)
D’Europe
- Résultats des entreprises (les commentaires sont donnés à chaud et ne préjugent pas de l’évolution des titres)
- Allianz affiche une hausse du résultat net et du volume d’affaires pour l’exercice 2025.
- Deutsche Telekom dépasse les attentes sur le bénéfice opérationnel du quatrième trimestre.
- Banco Santander revoit à la hausse ses prévisions de bénéfices pour 2028 à plus de 20 milliards d’euros après des acquisitions.
- UCB enregistre une hausse de son bénéfice et de son chiffre d’affaires pour l’exercice 2025.
- Eni affiche un bénéfice net et un chiffre d’affaires en baisse pour l’exercice 2025.
- Sulzer affiche une hausse de son résultat net et de ses ventes pour l’exercice 2025.
- Clariant accuse une perte annuelle en 2025.
- Indra Sistemas prévoit des revenus supérieurs à 7 milliards d’euros en 2026 à taux de change constant.
- Rieter enregistre une perte nette en 2025.
- Des plaignants de l’affaire Roundup demandent le report de l’examen préliminaire du projet d’accord à 7,25 milliards de dollars de Bayer, selon un dépôt auprès de la justice.
- HSBC lance la vente de son activité d’assurance à Singapour.
- Allianz lance un programme de rachat d’actions d’environ 2,5 MdsEUR.
- Shell propose un financement supplémentaire pour sauver sa coentreprise brésilienne.
- Amadeus rachète la société américaine SkyLink.
- Elliott assure au Royaume-Uni qu’il ne cherchera ni à démembrer le London Stock Exchange, ni à transférer sa cotation à New York, selon le FT.
- Les principales publications du jour : Deutsche Telekom, Allianz, Rolls-Royce, Munich Re, Eni, UCB, London Stock Exchange, ArgenX, Erste Group, Prysmian, Covestro, Acciona, Getlink, Hensoldt, Indra Sistemas…
D’Amérique du Nord
- Actions en hausse post-clôture après leurs trimestriels : Pure Storage (+2,5%), Nvidia (+0,15%)…
- Actions en baisse post-clôture après leurs trimestriels : Heico (-6,6%), Zoom Communications (-5%), Synopsys (-4,5%), Salesforce (-4,5%), Agilent (-3%), Snowflake (-2%)…
- Corteva vise le quatrième trimestre pour sa scission prévue en deux sociétés.
- Les principales publications du jour : Royal Bank of Canada, Salesforce, The Toronto-Dominion Bank, Intuit, Canadian Imperial Bank of Commerce, Monster Beverage, Dell Technologies, Warner Bros. Discovery, Sempra, Vistra Corp, Rocket Companies, CoreWeave, Autodesk…
D’Asie et d’ailleurs
- Sony renforce considérablement son rachat d’actions.
- Toyota prévoit une vente d’environ 19 milliards de dollars de ses actions par des institutions financières pour dénouer des participations croisées, selon Reuters.
- Qantas annonce un bénéfice net semestriel stable.
- Les principales publications du jour :Hong Kong Exchanges, Sigma Healthcare, Lynas Rare Earths, Qantas Airways…
Le reste de l’agenda mondial des publications ici.
Lectures
- La recherche sell-side à l’ère Substack (FT Alphaville).
- 11 idées reçues sur Charles Quint, roi et empereur à la réputation glorieuse mais sombre (Historia).
- Le parapluie nucléaire européen : à la recherche d’une autonomie stratégique (Rane).
- C’est le bon moment pour commettre un crime (MIT Technology Review).
- IA : détecter le vague pour mieux voir le fake (CNRS).
- A Haïti, le vertige de l’histoire (Revue21)



