« Petits » gérants, grandes opportunités!

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Interview de Patrick Horner et Véronique Ferrando, Dynawealth Management

Suite à l’entrée en vigueur des exigences réglementaires de la FINMA et à la nécessité d’obtenir auprès d’elle une licence, on entend beaucoup parler – et certainement trop souvent – de « petits » gérants indépendants, en espérant les convaincre qu’ils n’ont plus d’avenir. N’oublions cependant pas que la majorité des gérants indépendants ne figurent pas dans les rangs de ceux qui ont plus d’un milliard sous gestion. Pour que la profession préserve son indépendance et serve ainsi au mieux la clientèle, il faudra compter avec tous les gérants indépendants, quelle que soit leur taille.

Quel jugement portez-vous sur cette appellation de « petit gérant indépendant » qui revient si souvent ?
Patrick Horner.  Je trouve le terme péjoratif et inapproprié. Je ne pense pas qu’il y ait de petits ou de grands gérants. Je ne vois que des gérants indépendants qui veulent et qui souhaitent répondre aux besoins de leurs clients en s’appuyant justement sur leur indépendance pour le faire au mieux. Pour ma part, je préférerais parler de gérants indépendants de taille familiale.

Pensez-vous que ces gérants de taille familiale doivent se regrouper, comme beaucoup le laissent entendre?
Véronique Ferrando. De mon point de vue, ces gérants n’ont aucune obligation de se regrouper et ils pourront probablement obtenir la licence FINMA selon leur modèle d’affaire. Cependant, de nombreuses raisons fondées justifient les rapprochements.
Il y a bien évidemment la question des coûts et des économies substantielles qu’il devient possible de réaliser. Il ne faut néanmoins pas s’en tenir aux seuls aspects financiers. Les rapprochements facilitent forcément les échanges. Ils donnent l’occasion d’étendre les réseaux et les compétences dans l’intérêt évident des clients. De manière plus générale, ils permettent d’acquérir une écoute plus attentive de la part des banques dépositaires et des prestataires. Notre force de frappe n’en devient que plus grande. En définitive, s’il s’agit d’assurer la pérennité des gérants, il est clair que les rapprochements font sens.

On parle toujours du problème d’ego qui bloquerait ces rapprochements. Quel est votre point de vue sur ce sujet sensible ?
Patrick Horner. L’ego ne devrait pas entrer en compte lorsque qu’un rapprochement est envisagé. En effet, lorsque deux gérants indépendants se mettent autour d’une table, aucun d’eux ne peut se croire plus indépendant que l’autre. Si la discussion a lieu en toute transparence, il n’y a aucune raison pour que l’ego vienne s’en mêler.

Diriez-vous que que Dynawealth Management est un gérant de taille familiale ?
Véronique Ferrando. Oui, c’est ainsi que nous présentons Dynawealth. Nous sommes un gérant de taille familiale et nous avons la volonté de le rester. Cela dit, le cercle peut toujours s’agrandir. Actuellement, nous sommes six associés-gérants et nous sommes prêts à en accueillir de nouveaux.

A qui appartient Dynawealth Management ?
Patrick Horner. Dynawealth Management n’a pas d’actionnaire majoritaire et n’appartient donc pas à une personne en particulier, mais à tous les gérants qui y travaillent. Nous accordons une très grande importance à maintenir cela, permettant à chaque gérant d’être actionnaire et octroyant le privilège de pouvoir accéder à toutes les informations, sans restriction aucune. A ce jour, Dynawealth regroupe sept actionnaires, six gérants et Aquila qui est le septième.

Comment se fait-il qu’Aquila soit actionnaire de Dynawealth ?
Véronique Ferrando. Aquila est notre plateforme de services. Elle nous fournit tout le support nécessaire à nos opérations. Aquila remplit auprès de Dynawealth les fonctions de comptable, d’informaticien –nous utilisons son PMS -, de juriste, de responsable compliance et de gestion des risques. Elle nous sert également d’interface avec la FINMA, ce qui nous a permis d’obtenir la licence en avril 2021 déjà. Elle agit même en tant que banque dépositaire, lorsque nous le souhaitons. 

N’êtes-vous pas trop liés avec Aquila ?
Patrick Horner. Notre relation avec Aquila se fonde sur un contrat que nous pouvons dénoncer en tout temps. Cependant, la qualité irréprochable de leurs services et leur professionnalisme sont tels que nous n’avons pas l’intention de changer cette configuration. Aquila seconde plus de 80 gérants indépendants et connaît à plus forte raison nos besoins. 

Dans quelle mesure souhaitez-vous développer Dynawealth ?
Patrick Horner. Nous désirons nous agrandir, mais sans excès, car nous préférons évoluer dans cet univers des gérants indépendants familiaux où l’environnement de travail apporte énormément de garanties à nos clients. Nous sommes donc à la recherche de deux, trois ou quatre nouveaux associés qui désirent rester indépendants et adhèrent à nos valeurs.

Qu’offrez-vous à vos futurs partenaires ?
Patrick Horner. En premier lieu, nous proposons une ambiance de travail stable, conviviale et respectueuse des valeurs humaines. De plus, chaque associé à un accès au capital de Dynawealth Management sans avoir de Goodwill à payer, c’est-à-dire à la NAV. Nous avons aussi une maîtrise et une transparence totale sur les coûts. Enfin, nous mettons en commun nos connaissances et nos réseaux.

Vous parliez des valeurs de Dynawealth. Quelles sont-elles plus précisément ?
Véronique Ferrando. Indépendance, transparence, convivialité, complémentarité et positivité…

Véronique Ferrando et Patrick Horner sont tous deux associés-gérants de Dynawealth Management, où ils officient en tant que gestionnaires de portefeuille et relationship managers.

Véronique Ferrando remplit également la fonction de Chief Operating Officer chez Dynawealth Management, qu’elle a rejoint en 2012. Elle a travaillé précédemment pour Clariden Leu et pour la banque Edouard Constant, en tant que gestionnaire de portefeuille puis comme relationship manager.

Patrick Horner exerce pour sa part la fonction de Chief Executive Officer chez Dynawealth Management. Il a développé son expertise de la gestion de fortune avec sa Maîtrise Fédérale Bancaire acquise en 1994 ainsi que les 34 années passées dans le domaine bancaire, dont dix en tant qu’indépendant.

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