Powell sur le gril

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Actualité oblige, la macroéconomie va occuper une large part de ce point matinal. Les marchés actions américains ont fini par accuser un peu le coup hier, après la publication d’une inflation de juin bien plus vigoureuse que prévu, qui émousse encore un peu plus la confiance des investisseurs dans la théorie de la banque centrale américaine selon laquelle la surchauffe des prix n’est que temporaire. Mais toujours sûre de sa force, Wall Street n’a cédé qu’un peu de terrain, par rapport aux records touchés la veille. En Europe, les bourses ont l’air d’avoir renoué avec leur apathie récente, puisque les variations des indices français, suisse ou allemand sont restées cantonnées à moins de 0,1%.

La vigueur de l’inflation américaine, qui atteint 5,4 % sur un an, a entraîné quelques réactions logiques, comme un renforcement du dollar et une hausse des rendements obligataires américains. Les économistes ont beau se perdre en conjectures, le détail des chiffres est assez éloquent puisque la surchauffe a l’air de se propager dans tous les secteurs, et pas seulement dans les véhicules d’occasion ou le prix de l’essence. Le marché semble avoir pris son parti d’une Fed qui va devoir prendre des mesures pour juguler l’inflation, en réduisant les liquidités en circulation. Cette perspective n’a toutefois pas entraîné de mouvements brutaux, signe que les investisseurs ont désormais bien intégré l’arrivée d’une politique monétaire moins généreuse. Le débat va à n’en pas douter se déplacer maintenant sur la vitesse à laquelle la banque centrale va devoir détricoter ses programmes de rachat et commencer à donner des tours de vis sur ses taux. Avec leur incorrigible optimisme du moment, les investisseurs en viendraient presque à considérer que plus tôt la Fed agit, moins elle aura à serrer la vis. Il n’y a pas si longtemps, le simple fait d’évoquer un changement de politique monétaire était le comble du vulgaire. Mais on s’habitue à tout sur les marchés.

Il ne faut pas rêver non plus. Si la banque centrale subit les événements plutôt qu’elle ne les pilote, il y aura de la volatilité et les stratégies devront s’ajuster, ce qui ne se fera pas sans remous.

A ce titre, Jerome Powell, le patron de la Fed, passe un test important aujourd’hui. Il se trouve qu’il doit faire le point sur la politique monétaire devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants à 18h00. Le rendez-vous était pris depuis longtemps mais il intervient au lendemain de la publication des chiffres de l’inflation, ce qui le rend hautement stratégique. Powell devrait en profiter pour envoyer des signaux sur le rythme du « tapering » (le mot qui désigne la réduction des programmes de soutien économique par rachats d’actifs).

Techniquement, l’allocution qui sera prononcée ce soir devant les parlementaires sera disponible plus tôt dans la journée. On imagine aisément que chaque mot en aura été pesé. Le patron de la Fed doit la lire à partir de 18h00 heure de Paris et aura droit à une séance de questions par la suite. A cette heure-là, les marchés européens seront déjà clos, mais Wall Street sera en pleine séance.

Cette actualité monétaire coïncide avec les premières séries de résultats trimestriels de grandes entreprises, en particulier des banques américaines. Bank of America, Wells Fargo et Citigroup présenteront leurs chiffres à la mi-journée. En Europe, la Commission européenne doit présenter un plan climat très ambitieux, dont les grandes lignes sont à peu près connues et qui fait frémir certaines industries, en particulier dans les transports, qu’ils soient aériens ou terrestres.

Le CAC40 démarre la séance en baisse de 0,3% à 6539 points.

 Les temps forts économiques du jour

Les yeux des investisseurs sont rivés sur les prix à la production de juin aux Etats-Unis à 14h30. Auparavant, auront été annoncées l’inflation britannique de juin (8h00) et la production européenne de mai (11h00). Les stocks pétroliers hebdomadaires américains suivront à 16h30, avant une allocution de Jerome Powell à 18h00.

L’euro souffre à 1,1784 USD. L’once d’or remonte à 1812 USD, pendant que le pétrole s’est renforcé à 76,18 USD le baril de Brent et 74,86 USD le baril WTI. Le rendement du T-bond est remonté à 1,40% sur dix ans. Le Bitcoin est passé sous la barre des 32 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • Acerinox : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 14,50 à 15 EUR.
  • Aperam : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 46 à 47 EUR.
  • ArcelorMittal : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 38 à 40 EUR.
  • Burberry : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 1820 à 2050 GBp.
  • Coca-Cola HBC : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 2900 à 2950 GBp.
  • Countryside Properties : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 645 à 661 GBp.
  • Givaudan : UBS reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 4260 à 4760 CHF.
  • Iberdrola : Goldman Sachs reste à l’achat avec un objectif de cours réduit de 14 à 13,70 EUR.
  • ITM Power : Berenberg démarre le suivi à conserver en visant 400 GBp.
  • Kering : Berenberg reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 730 à 880 EUR.
  • Kinnevik : SEB Equities reprend le suivi à conserver en visant 313 SEK.
  • Klöckner : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 14,10 à 14,70 EUR.
  • LVMH : Berenberg reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 660 à 730 EUR.
  • Moncler : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 51 à 53 EUR.
  • Nemetschek : Goldman Sachs reste neutre avec un objectif de cours relevé de 62 à 68 EUR.
  • Nokia : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 6,50 EUR.
  • Outokumpu : Jefferies reste à sousperformance avec un objectif de cours relevé de 4,40 à 4,50 EUR.
  • Qiagen : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 47 à 40 EUR.
  • Roche : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 400 CHF.
  • Salzgitter : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 38 à 40 EUR.
  • Sika : UBS reste neutre avec un objectif de cours relevé de 270 à 305 CHF.
  • Solaria Energia : Citigroup démarre le suivi à l’achat en visant 20,90 EUR.
  • Standard Chartered : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours réduit de 629 à 610 GBp.
  • Tenaris : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 9 à 9,50 EUR.
  • The Italian Sea Group : Berenberg démarre le suivi à l’achat en visant 6,50 EUR.
  • Vallourec : Jefferies reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 12,80 à 14,50 EUR.
  • VAT Group : UBS reste à l’achat avec un objectif de cours relevé de 310 à 370 CHF.
  • Voestalpine : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 37 à 38 EUR.
  • XP Power : Jefferies démarre le suivi à conserver en visant 5200 GBp.

En France

Annonces importantes

  • Fiat Chrysler (Stellantis) rejoint la liste des constructeurs mis en examen en France dans le cadre du « dieselgate ».
  • TotalEnergies monétise avec GIP pour 750 M$ ses parts dans Gladstone LNG en Australie.
  • Electricité de France ouvre un bureau à Varsovie dédié à la préparation d’une offre pour 4 à 6 réacteurs EPR en Pologne.
  • Latécoère lance son augmentation de capital de 193,4 M€ à 0,51 EUR l’action.
  • Artemis et Combat Holding lance un SPAC baptisé I2PO sur Euronext Paris.
  • Aéroports de Paris signe un accord de fin de conflit avec deux syndicats.
  • Albioma a constaté une fuite de données lors de la cyberattaque découverte en mai, entraînant une plainte et l’activation des polices d’assurance.
  • Nextedia investit dans Mavericx.
  • CBo Territoria construit les nouveaux locaux de l’EPSMR dans le quartier d’affaires de La Mare.
  • Acheter-louer prend 10% de Kize en exerçant une première tranche de BSA.
  • Esker, Drone Volt, Bleecker, Les Constructeurs du Bois, Spineway ont publié leurs comptes.

Dans le monde

Annonces importantes

  • LG Chem va investir 8,7 Mds$ pour doper sa division batteries.
  • American Airlines a renoué avec un flux de trésorerie positif au T2.
  • L’antitrust britannique valide le rachat d’Alexion par AstraZeneca pour 39 Mds$.
  • Broadcom aurait mis fin à ses négociations en vue d’un rachat de SAS Institute, selon le Wall Street Journal.
  • Apple veut faire croître de 20% sa production d’iPhone en 2021.
  • Apple et Goldman Sachs prévoient de créer un service « acheter maintenant, payer plus tard ».
  • Le directeur de Swisscom présente ses excuses après une panne géante qui a affecté les numéros d’urgence en Suisse.
  • Bossard réalise un premier semestre record.
  • Tullow Oil se dit en mesure de générer 600 M$ de cash-flow cette année sur la base d’un prix du baril de 60 USD pièce.
  • Ascom obtient un contrat de 1,1 M€ aux Pays-Bas.
  • La FCA a fait savoir à Provident Financial qu’elle ne soutient pas le plan de règlement de la société pour son activité de prêt à domicile.
  • Tele2 améliore ses résultats trimestriels grâce aux économies de coûts.
  • Sumitomo Mitsui Financial Group va prendre 5% du capital de la banque Jefferies pour 380 M$.
  • Principales publications de résultats. Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Barratt Developments, Tele2, Pagegroup

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