Private equity : le recours de plus en plus répandu aux co-investissements

608
0
Share:

Par Alexander Cuniasse, Investment Advisor et Louis Hamon, Investment Advisor, Andera Co-Invest

Dans l’univers du private equity, le co-investissement est une approche qui tend à se répandre, d’autant qu’elle est plébiscitée par une clientèle privée qui la juge particulièrement accessible.

L’investissement dans le private equity est plébiscité depuis de longues années par les investisseurs institutionnels, qu’ils soient fonds souverains, banques, caisses de pension ou assureurs. En s’appuyant sur une stratégie de gestion active, cette classe d’actifs s’est progressivement installée comme une allocation de référence. Son couple rendement / risque est supérieur à la gestion traditionnelle – actions, obligations – ou aux autres stratégies alternatives de type hedge funds et real estate. De plus, elle affiche des performances résilientes sur le long terme, y compris pendant les crises financières.

Le private equity est aujourd’hui plébiscité par une base d’investisseurs de plus en plus large. Pour les investisseurs privés, il représente une part encore très faible de leurs allocations mais il représente un élément important de diversification des portefeuilles et attire par son ancrage dans l’économie réelle. L’investissement en private equity s’inscrit toutefois dans un cadre contraignant et plus difficile à appréhender, en termes d’acteurs, d’accès et de fonctionnement. Les freins à son adoption par les investisseurs privés sont bien identifiés. Ils incluent notamment :

  • des tickets minimums élevés pour accéder aux meilleurs fonds de Private Equity, uniquement accessibles aux grands investisseurs institutionnels ;
  • des frais de gestion basés sur les engagements plutôt que sur les montants investis ;
  • une complexité administrative (souscription et suivi des investissements notamment) ;
  • une durée d’engagement longue et une liquidité limitée comparées aux classes d’actifs traditionnelles (marchés actions et obligataires).

Grâce à leur accès à des gérants de qualité et grâce également à leur profil de risque défensif – via une forte diversification – les fonds de fonds ont longtemps été la porte d’entrée et la première brique dans la constitution d’une allocation en private equity. Ils permettent ainsi d’entamer une phase de familiarisation avec la classe d’actifs. Certains fonds de fonds ont d’ailleurs largement abaissé les tickets d’entrée afin de s’adresser à la clientèle privée. Cette offre n’est toutefois pas en adéquation avec les attentes de certains investisseurs privés, qui soulignent la durée d’investissement très longue, d’environ 10 à 12 ans, et l’empilement des couches de frais diminuant ainsi le retour sur investissement.

Par sa flexibilité et son potentiel de surperformance, le co-investissement est devenu une classe d’actifs à part entière et une stratégie d’allocation incontournable pour les investisseurs privés. En investissant en direct dans des participations aux cotés de différents fonds de private equity, le fonds de co-investissement vise à constituer un portefeuille diversifié en termes de géographies, de taille d’opérations et de secteurs. Pour les investisseurs privés, les avantages de cette stratégie sont clairs :

  • accès aux opérations réalisées dans différents secteurs par des fonds internationaux « best in class », réservés jusqu’alors aux investisseurs institutionnels ;
  • liquidité : rythme de déploiement / sorties plus rapide ;
  • forte création de valeur au travers de diligences complémentaires et d’une grande sélectivité ;
  • couple rendement / risque attractif par une diversification renforcée ;
  • forte réduction de la courbe en J grâce à une structure de frais réduite.

La structuration du fonds de co-investissement sous forme de fonds « vintage » – ou fonds annuel – se caractérise par une période d’investissement et une durée de vie du fonds réduites. De cette façon, il adresse au mieux les attentes des investisseurs privés, en bénéficiant d’opportunités d’ordre géographique, sectorielle ou relatives à des segments de marché.

En visant une durée de vie totale de 6 ans, la durée totale d’un tel fonds de co-investissement est réduite en comparaison des fonds primaires et fonds de fonds traditionnels. La structuration en « vintage » annuel permet en outre à l’investisseur de contrôler son allocation et son exposition à la classe d’actifs, lui permettant ainsi de se conforter par rapport aux cycles ou de gérer au mieux sa trésorerie.

Couplés à la qualité du sourcing et à la sélectivité de l’équipe de gestion, ces fonds « vintage » sont en mesure de générer des performances nettes dignes des meilleurs fonds de private equity.

 

Louis Hamon a commencé sa carrière en 2006 chez Rothschild & Co à Paris, au sein du département des Affaires Financières (conseil en fusions-acquisitions Large Cap ).  En 2010, il a rejoint le groupe SGS, leader mondial de l’inspection, du contrôle, de l’analyse et de la certification, basé à Genève et coté à la bourse de Zurich. En tant que manager dans l’équipe Corporate Development, il a mené plusieurs opérations d’acquisition en Europe et en Amérique du Nord afin de compléter le portefeuille d’activités du groupe.
Après une expérience dans un family office basé en Suisse, il a rejoint en 2016 Essling Capital en tant que directeur d’investissement dans le cadre du lancement de l’activité de co-investissement. Nommé co-responsable de cette activité en 2019, il a joué un rôle prépondérant dans le déploiement et le suivi des fonds de co-investissement. Louis est diplômé de HEC et de la London School of Economics.
 

Alexander Cuniasse a démarré sa carrière en 2006 chez Euris, le holding d’investissement de Jean-Charles Naouri, en tant que chargé d’affaires au sein de l’équipe en charge de la sélection et du suivi des investissements non cotés. Entre 2006 et 2010, il a participé à l’analyse, la sélection et le suivi de plus d’une cinquantaine d’investissements en fonds et en co-investissements.
En 2010, il a suivi le programme MBA de Columbia University, tout en travaillant pour Euristates, la filiale américaine d’Euris.  Entre 2013 et 2016, tout en conservant ses responsabilités de directeur adjoint au sein d’Euris, Alexander a rejoint le Groupe Casino pour intervenir sur des missions stratégiques et sur des situations spéciales.
En 2016, il a rejoint Essling Capital comme directeur d’Investissement de l’activité Co-investissements dont il a été nommé co-responsable en 2019. Alexander est diplômé de l’Ecole Centrale Paris.

Share: