Regarder au bon endroit pour identifier des valeurs de qualité

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Par Brian Krawez, président de Scharf Investments
Partenaire de iM Global Partner depuis avril 2019

Tout le monde a bien compris que la hausse du marché en 2020 est surtout le fait de quelques géants technologiques américains, qui ont poussé de nombreux indices boursiers vers des sommets historiques ou presque. Les investisseurs ont également vu les entreprises américaines surperformer leurs pairs internationaux dans de nombreux secteurs, dans un mouvement des investisseurs mondiaux vers des actifs perçus comme sûrs. Les entreprises technologiques américaines mondialisées et dominantes  – et dans certains cas leurs homologues chinoises – sont passées d’un statut de valeurs de croissance à celui d’actifs de qualité appréciés de tous.

Toutefois, l’action parfaite n’existe pas. Même si les grandes capitalisations technologiques ne risquent pas de devenir des actions à fuir totalement (elles ont des fondamentaux solides, contrairement à l’époque de la bulle internet), il est fréquent qu’une contre-tendance émerge lorsque tout va pour le mieux depuis un certain temps pour un certain type d’actions.

La valeur a encore de l’importance

Le marché actuel rappelle la bulle technologique de la fin des années 1990. Les cinq plus grandes entreprises technologiques du S&P 500 ont gagné 45 % en 2020, à comparer à une baisse médiane de 5 % pour les entreprises du S&P 500. Le fait que les actions des FANGAM aient une valeur combinée supérieure à celle des marchés européens et latino-américains réunis est-il tenable ? Même question pour le fait qu’Apple puisse gagner en quelques jours une valeur boursière supérieure à la capitalisation boursière de quasiment toutes les entreprises japonaises réunies ?

Les taux d’intérêt étant pratiquement nuls, certains investisseurs ne tiennent pas compte du prix et comptent sur le fait que les faibles taux d’intérêt continueront de stimuler l’économie. Bien que des taux bas justifient des multiples légèrement plus élevés que la moyenne historique, nous restons convaincus que les valorisations ont leur importance et nous continuons à nous concentrer sur la recherche d’entreprises qui peuvent produire une bonne performance dans les années à venir.

Dans ce contexte, on trouve de nombreuses entreprises valorisées à des multiples très raisonnables. Et lorsque nous comparons les multiples que nous payons à la qualité des entreprises, nous y voyons de belles opportunités, surtout que les investisseurs se concentrent de plus en plus sur un nombre d’entreprises de plus en plus petit. Les investisseurs ne sont pas obligés de payer des prix astronomiques pour acheter des entreprises solides : il suffit de regarder au bon endroit.

Si la pandémie et la fermeture de nombreuses entreprises et écoles qui en a découlée ont sans aucun doute affecté les résultats des entreprises, nous ne pensons pas que la pandémie va affecter massivement et de manière permanente le monde de l’investissement.

On trouve des opportunités intéressantes en dehors des valeurs technologiques les plus en vogue, et voici les trois thématiques qui nous attirent particulièrement : les valeurs « anti-technologie », les opportunités internationales incontournables et la qualité sous-valorisée.

Les valeurs ennuyeuses ont leurs attraits

Si de nombreux investisseurs ont été attirés par l’essor des entreprises technologiques, il existe aussi un certain nombre d’entreprises attrayantes que nous pourrions classer dans la catégorie « anti-technologie ». Ces entreprises peuvent sembler ennuyeuses ou passées de mode, mais l’ennui a ses attraits lorsqu’il se conjugue à une croissance de long terme propre à enrichir les investisseurs.

Berkshire Hathaway en est un excellent exemple. Lorsque les esprits critiques suggèrent que Warren Buffett est un dinosaure, c’est généralement un bon signal d’achat. Une fois de plus, nous lisons ici et là que la société a perdu la main, y compris alors que sa ligne d’investissement la plus importante s’appelle Apple. Valorisée à un prix proche de sa valeur comptable, Berkshire est à son niveau de cours le plus attrayant depuis une décennie.

McKesson, société de distribution pharmaceutique centenaire et leader sur le marché, est une autre de ces sociétés « ennuyeuses » qui continue néanmoins à afficher une forte croissance des bénéfices et un rendement des capitaux propres élevé, mais reste à une valorisation attrayante en raison de facteurs comme la multiplication des litiges sur les opiacés.

Nous trouvons aussi des opportunités internationales intéressantes dans des secteurs tels que la santé, la consommation de base, entre autres domaines restés quelque peu ignorés alors même que l’élargissement du marché porte ses entreprises vers de nouveaux sommets. Il s’agit d’entreprises qui se portent fondamentalement bien et ont des valorisations attrayantes.

Alors que de nombreux investisseurs se concentrent sur les États-Unis et les stars du marché, nous trouvons de meilleures opportunités en Europe et en Asie, où il est encore possible de faire de bonnes affaires.

Ainsi, Unilever bénéficie d’un bon positionnement d’entreprise diversifiée dans les produits de consommation avec des marques fortes et des positions de n°1 ou n°2 sur la plupart des marchés. Environ 60 % des ventes sont réalisées dans les marchés émergents, à la croissance plus rapide, et l’entreprise a un historique de croissance régulière qui devrait lui permettre de résister à la pandémie mondiale et aux défis économiques connexes dans les différentes zones géographiques. Pourtant, l’entreprise se négocie avec une décote par rapport à ses homologues américains.

Des valeurs de qualité pas toujours bien valorisées

Dans le secteur de la technologie, les géants américains et chinois trustent les gros titres, laissant presque dans l’ombre certaines entreprises très grandes et très prospères. Samsung, du fait de son ancrage en Corée du Sud, se négocie avec une forte décote par rapport à ses homologues américains et chinois : elle est pourtant la plus grande entreprise technologique du monde en termes de chiffre d’affaires. La société occupe des positions dominantes dans des domaines clés comme les mémoires DRAM et NAND ou les écrans OLED pour appareils mobiles et téléviseurs. Et son bilan est en béton armé avec 80 milliards de dollars de liquidités nettes, soit 27 % de sa capitalisation boursière.

Le troisième domaine où nous voyons des opportunités est celui des actions de qualité sous-valorisées. Globalement, nous n’essayons pas de trouver les gagnants et les perdants à court terme de la pandémie, mais nous avons observé certaines situations où les réalités de court terme ont conduit les investisseurs à réévaluer la trajectoire de long terme d’un secteur ou d’une entreprise.

Ainsi, l’industrie du câble est un des principaux bénéficiaires de l’augmentation de l’utilisation d’internet à domicile, qui a fortement accéléré du fait de la pandémie et des exigences du travail à domicile. Des entreprises comme Comcast, dont nous sommes actionnaires, ont été considérées comme risquées dans certains milieux à cause de l’accélération des résiliations d’abonnements dans la télévision par câble. Cependant, nous observons une hausse de la rentabilité de ces entreprises à mesure que les désabonnements se poursuivent, la télévision payante étant devenue une activité à marge de plus en plus faible au fil du temps, du fait de l’augmentation du coût des programmes. Avec l’augmentation du nombre d’abonnés haut-débit et l’accélération de la migration vers des offres de meilleure qualité, les câblodistributeurs gagnent plus d’argent avec les simples abonnés à internet qu’ils n’en gagnaient en fournissant des services vidéo. Si la pandémie constitue un défi à court terme, le déploiement de services internet à haut-débit chez une plus grande partie de la population est une opportunité à long terme dans de nombreuses régions.

La pandémie de COVID-19 fut la grande affaire de l’année 2020. La plupart des grands indices actions semblent avoir surmonté toutes les inquiétudes concernant le virus, touchant des niveaux records ou proches de ceux-ci. Mais nous pensons que nombre d’investisseurs ont une vision à trop court terme en essayant de déterminer les « gagnants » et les « perdants » de la pandémie, alors qu’il y a beaucoup d’opportunités de long terme à trouver en posant un regard global et en mettant l’accent sur les valorisations.

Pour discussion : les informations et les données contenues dans ce document ne constituent en aucun cas une offre, une recommandation ou un conseil d’achat ou de vente d’instruments financiers.

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