Après une chute de 3% des actions européennes hier, qui suivait un plongeon de 3,5% des actions asiatiques, la Bourse de New York a limité ses pertes à 0,9%. C’est la seconde séance consécutive qui se déroule ainsi : la planète bourse plonge et Wall Street s’en tire mieux. Il a quand même fallu que Donald Trump mouille le maillot pour limiter les dégâts. Le Président des Etats-Unis a annoncé pendant la séance que son pays est prêt à assurer et escorter les tankers qui s’aventurent dans le Détroit d’Ormuz. La déclaration a fait chuter les prix du pétrole, qui étaient en mode surchauffe depuis que cette zone de transit clef avait été désertée par les pétroliers à cause des menaces des militaires iraniens et de la frilosité des assureurs. Le répit a été de courte durée, puisque le baril a fini par repartir en hausse. Mais elle a divisé par deux ou trois les pertes des indices à Wall Street.

Dans la stratégie de la Maison Blanche consistant à mettre hors d’état de nuire le régime iranien, la dimension pétrolière avait forcément été intégrée. La flambée des cours est un poison général pour la plupart des pans de l’économie. C’est aussi un poison pour les politiques, car le consommateur en ressent assez vite les effets, que ce soit à la pompe, plus largement dans les factures énergétiques, puis dans le prix des biens et des services. C’est la raison pour laquelle Donald Trump essaie d’éteindre cet incendie-là plutôt que les autres, à défaut de l’avoir correctement anticipé. Si le baril reste haut perché, il contrariera aussi les espoirs de baisse de taux de la Réserve Fédérale. Les traders l’ont bien compris : ils ont repoussé leurs paris en ce sens. C’est l’une des raisons pour laquelle la ruée habituelle vers les bons du trésor US, actifs sécurisés par nature, n’a pas fait baisser les rendements obligataires outre-Atlantique. C’est même le contraire qui s’est produit.

La hausse des cours pétroliers est la conséquence des craintes sur l’approvisionnement énergétique. Au fin fond du Golfe, certains producteurs ont annoncé l’arrêt ou la restriction de fourniture de produits clefs, comme le GNL ou le diesel. A court terme, ces déséquilibres sont compensables. Mais en coulisses, ils ont déjà entraîné une bagarre pour la sécurisation des approvisionnements. Et qui dit demande exacerbée dit prix en hausse. On sent déjà poindre le cercle vicieux.

Cette situation a réveillé un mauvais souvenir, celui de l’année 2022 et de la crise énergétique en Europe à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les financiers n’ont pas oublié. Aux Etats-Unis, ils ne s’en souviennent pas par pure empathie pour les Européens, mais parce que cette situation avait contribué à provoquer la pire année boursière depuis la crise de 2008. 2022 est en effet ce qui se rapproche le plus d’une catastrophe de marché pour la génération qui n’a connu que la hausse. Le S&P 500 avait perdu -19,4%. Le Nasdaq -33%. Cette année-là, les actions et les obligations avaient reculé en même temps, ce qui n’est pas banal. Les cachettes étaient rares. D’où une certaine appréhension. Là encore, Trump le sait. Il ne peut pas vraiment se permettre un cataclysme énergétique à quelques mois des midterms après avoir lancé une offensive extérieure impopulaire. Il y a fort à parier que son administration va s’employer à courber par tous les moyens la hausse du prix du pétrole. Et rapidement, parce que plus le temps passe, plus les dégâts économiques augmentent. Le seul problème avec ce genre de situation, c’est qu’il n’y a aucun protocole qui garantit un retour à la normale.

Les marchés actions mondiaux l’ont bien compris. Les pertes de plus de 3% comme celles enregistrées en Europe hier sont rares. Le CAC 40 français a perdu 6% en deux séances et une bonne partie de ses repères. Comment sait-on que le marché boursier est en nervous breakdown ? Quand les variations deviennent sans queue ni tête. Comme dit Mamie Lucette, « une séance qui se termine à -3,5% avec Teleperformance et Vusion en haut du palmarès, c’est qu’il se passe vraiment quelque chose d’horrible ». Les sanctions sont encore plus spectaculaires en Asie, où il est vrai que certains marchés comme le Japon et la Corée du Sud étaient en pleine transe psychédélique haussière depuis trop longtemps. Le KOSPI coréen perd d’ailleurs 10% ce matin, après s’être effondré de 7% la veille. Les excès se paient cher. Wall Street va probablement encore bénéficier d’un mouvement de rapatriement des capitaux américains qui étaient allés chercher une pointe d’exotisme en Asie et en Europe. Mais les forces négatives sont puissantes, tant qu’une détente ne se dessine pas au Moyen-Orient.

Quelques résultats d’entreprises viendront détourner l’attention de la guerre en Iran. ASM International, Adidas, Bayer ou Continental ont publié leurs résultats entre hier soir et ce matin en Europe. Aux Etats-Unis, les regards se tourneront vers Broadcom ce soir après la clôture. Sur l’agenda macro, l’Australie a annoncé cette nuit une croissance de son PIB conforme aux attentes. En Chine, les indicateurs PMI RatingDog sont ressortis au-dessus des attentes. Aux Etats-Unis, les créations d’emploi ADP précéderont l’ISM des services.

Les marchés d’Asie-Pacifique évoluent donc sur des baisses spectaculaires à Tokyo, Séoul et Taiwan. Hong Kong, l’Inde et l’Australie font un peu mieux mais perdent autour de 2%. 

Le CAC 40 s’offre un rebond de 0,4% à 8 131 points à l’ouverture. Le SMI parvient à prendre 0,5% à 13 478 points. Le Bel 20 gagne 0,06% à 5 255 points.

Les temps forts économiques du jour

L’agenda macro :

  • 08h30 : Taux d’inflation (Suisse)
  • 11h00 : Taux de chômage (Zone Euro)
  • 14h15 : Créations d’emplois ADP (Etats-Unis)
  • 16h00 : Indice ISM services (Etats-Unis)
  • 16h30 : Changement des stocks de pétrole brut EIA (Etats-Unis)
  • Le reste de l’agenda ici.

Les grands indicateurs macros (les cotations sont celles du jour autour de 7h00, les liens permettent d’avoir le temps réel) :

Les principaux changements de recommandations

  • Accor : Citi maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 52 EUR à 58 EUR. Kepler Cheuvreux relève sa recommandation de conserver à acheter.
  • Alcon : Goldman Sachs maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 75 à 82 CHF.
  • Also Holding : Bank Vontobel passe de conserver à acheter avec un objectif de cours réduit de 300 CHF à 240 CHF.
  • AMG Critical Materials : Deutsche Bank passe de conserver à acheter avec un objectif de cours relevé de 41 à 42 EUR.
  • Axa : AlphaValue/Baader Europe maintient sa recommandation accumuler et relève l’objectif de cours de 45,90 à 48,20 EUR.
  • Beiersdorf : Goldman Sachs maintient sa recommandation d’achat et réduit l’objectif de cours de 123 EUR à 110 EUR.
  • Clas Ohlson : SEB Bank passe de vendre à conserver avec un objectif de cours relevé de 250 SEK à 360 SEK.
  • Carrefour : Goldman Sachs reste à neutre avec un objectif de cours relevé de 16 à 17 EUR.
  • Compagnie Financière Richemont : Anchor Securities Stockbrokers maintient sa recommandation d’achat et réduit l’objectif de cours de 180 à 177 CHF.
  • Danone : BNP Paribas relève sa recommandation de neutre à surperformance en visant 83 EUR.
  • Dassault Systèmes : Goldman Sachs passe d’acheter à neutre avec un objectif de cours réduit de 29 à 20 EUR.
  • Eiffage : RBC Capital reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 145 à 170 EUR.
  • Kion Group : Jefferies passe de sousperformance à conserver avec un objectif de cours relevé de 51 à 56 EUR.
  • Kuehne Und Nagel International : HSBC passe de conserver à alléger avec un objectif de cours de 160 CHF. JP Morgan maintient sa recommandation souspondérer et relève l’objectif de cours de 140 à 155 CHF. Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 165 à 190 CHF.
  • LVMH : Anchor Securities Stockbrokers passe de conserver à acheter avec un objectif de cours réduit de 643 à 641 EUR.
  • Nexans : Barclays passe de pondération de marché à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 132 à 157 EUR.
  • Phoenix Group Holdings : Peel Hunt démarre le suivi à conserver avec un objectif de cours de 700 GBX.
  • Publicis Groupe : SSR reste à surpondérer avec un objectif de cours réduit de 110 à 100 EUR.
  • Rexel : Morgan Stanley reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 37 à 40 EUR.
  • Saint-Gobain : UBS maintient sa recommandation de vente et réduit l’objectif de cours de 78 EUR à 75 EUR.
  • Segro : UBS passe d’acheter à neutre avec un objectif de cours relevé de 815 à 840 GBX.
  • Swatch Group : Anchor Securities Stockbrokers reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 191 à 182 CHF.
  • Swissquote Group Holding : UBS maintient sa recommandation de vente et réduit l’objectif de cours de 465 à 395 CHF.
  • Teleperformance : Citi maintient sa recommandation d’achat et réduit l’objectif de cours de 120 EUR à 97 EUR.
  • Temenos Group : Barclays passe de pondération de marché à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 77 à 85 CHF.
  • Thales : Bernstein reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 275 à 285 EUR. Citi maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 284 EUR à 308 EUR.
  • Totalenergies : Jefferies maintient sa recommandation d’achat et relève l’objectif de cours de 66 à 78 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes… Je précise que les informations sont données à chaud avant l’ouverture et ne préjugent pas de la couleur des actions pendant la séance)

  • Dassault Aviation vise un CA d’environ 8,5 mds d’euros en 2026.
  • Scor termine l’année 2025 sur un bénéfice net de 851 MEUR et propose 1,90 EUR de dividende par action.
  • GTT en tête du palmarès INPI 2025 des ETI déposantes de brevets.
  • JCDecaux remporte le contrat publicitaire de l’aéroport international de Denver pour 10 ans.
  • EuroAPI souffre toujours et n’atteindra pas ses objectifs 2027.
  • Banijay Group annonce la fusion de Banijay Entertainment et All3Media.
  • Entech et EDF vont installer des solutions de stockage d’énergie sur les trois îles du Ponant.
  • Planisware lance un programme de rachat d’actions d’un montant de 10 millions d’euros.
  • UV Germi va racheter un peu plus de la moitié des actions apportées à l’OPRA à 3,30 EUR.
  • Dolfines soldes ses convertibles Segregated Assets.
  • Implanet obtient l’homologation de sa gamme de cages 3D aux USA.
  • Oncodesign reçoit le soutien de la Fondation Michael J. Fox pour faire avancer le développement de l’inhibiteur LRRK2, OPM-201 dans la maladie de Parkinson.
  • Les principales publications du jour : CBO TerritoriaLe reste ici.

Dans le vaste monde

Annonces importantes (et moins importantes)

D’Europe

D’Amérique du Nord

D’Asie et d’ailleurs

  • Rio Tinto s’associe avec le gouvernement d’Australie-Occidentale pour la construction d’une usine de dessalement d’eau de mer.
  • Honda va importer des voitures électriques fabriquées en Chine pour le marché japonais, selon Nikkei.
  • L’administration Trump envisage de permettre à Tencent de conserver ses investissements dans le jeu vidéo, selon le FT.
  • Les principales publications du jour : Malayan BankingPublic Bank

Le reste de l’agenda mondial des publications ici.

Lectures

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