Un point bas qui baisse

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Je me moquais la semaine dernière de mes connaissances pathétiques en analyse technique en évoquant le parcours boursier « en oreille de chat » des indices américains lors de la séance de jeudi. Vendredi, la journée a plutôt ressemblé à une cuvette : les indices ont ouvert en hausse avant de repasser dans le rouge une bonne partie de la séance, pour remonter un peu avant la clôture. Suffisant pour que le Dow Jones et le S&P500 terminent dans le vert par la plus petite des marges, mais pas assez pour que le Nasdaq 100 échappe à une nouvelle séance de recul. De son côté, le S&P500 enchaîne une septième semaine consécutive de baisse, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2001. Il perd 18% depuis le 1er janvier.

Début d’année toujours difficile donc pour les investisseurs, même si l’Europe a tendance à mieux résister : -11,6% pour le STOXX Europe 600. Dans un schéma déjà vu, les marchés vont tenter un rebond ce matin. Les indicateurs avancés sont bien ancrés dans le vert sur le vieux continent. Il n’y a pas grand-chose de neuf à dire par rapport au contexte qui domine ces dernières semaines, hormis peut-être que les actions sont revenues sur des niveaux de valorisation moins exubérants et plus conformes à leur tendance de long terme : environ vingt fois les bénéfices pour les actions technologiques américaines. Certains y voient un signal d’achat dans la grande quête des planchers du marché. Il ne faut pas oublier que c’est une moyenne, ce qui implique qu’elle synthétise des périodes plus fortes (nous en sortons) et des périodes plus faibles. L’équipe de stratégie d’ING explique ce matin que bien qu’il s’agisse d’une étape importante sur le chemin du plancher, cela ne garantit pas que nous y soyons déjà. En même temps, ils naviguent dans la même purée de pois que nous, donc vous êtes libres de ne pas les croire.

Grosso modo, il y a deux grands chemins possibles dans l’esprit des financiers en ce moment, même s’il y a des dizaines de sentiers. Soit les grandes économies évitent une récession et voient l’inflation se calmer, auquel cas le marché n’a pas l’air bien cher. Soit l’économie déraille et les jours difficiles sont devant nous, si bien que les actions sont encore valorisées de façon trop optimiste. Comme les investisseurs avaient oublié les grandes souffrances cycliques depuis quelques années – les plus jeunes n’en ont même jamais connu – c’est le pessimisme qui domine actuellement. En fait il y a aussi une troisième voie qui consiste à se positionner sur les beaux dossiers qui sont revenus sur des niveaux de valorisation plus raisonnables. Mais elle nécessite encore à ce stade une bonne dose de sang-froid et une conscience aigüe du risque embarqué à court terme.

Voilà quelques informations qui concernent de près ou de loin les marchés financiers et que vous avez manqué ces dernières 48h00 pour cause de barbecue et de rosé :

  • Je le disais en ouverture, c’est la 7e semaine de baisse consécutive pour le S&P500, ce qui n’est pas rien.
  • Sur le front politique, les travaillistes ont délogé les conservateurs du pouvoir en Australie.
  • Dans le conflit russo-Ukrainien, Moscou a interdit son territoire à Joe Biden et à de nombreuses personnalités politiques non-coopératives. Le Kremlin a aussi suspendu ses livraisons de gaz à la Finlande, qui veut adhérer à l’Otan.
  • Joe Biden, justement, travaille ses relations dans la zone Asie Pacifique avec deux jours de visite au Japon, où il doit jeter les bases d’un accord économique avec l’archipel, l’Australie et l’Inde.
  • Enfin, on garde un œil cette semaine sur : la variole du singe dont la propagation inquiète. La Chine dont les investisseurs espèrent un électrochoc économique qui se propagerait aux marchés actions occidentaux. Le forum économique de Davos, qui se tient cette semaine sans la neige pour cause de décalage au mois de mai.

Parmi les autres temps forts purement financiers du début de semaine, deux grosses opérations se détachent. La première a été confirmée : il s’agit du rachat du producteur d’éoliennes Siemens Gamesa par sa maison-mère Siemens Energy. On parle de « rachat » mais c’est en fait une sortie de la cote par paiement de 18,05 EUR par action aux actionnaires minoritaires (Siemens Energy détient déjà 67% du capital). Cette opération est destinée à reprendre en mains une division qui multiplie les abaissements d’objectifs depuis des mois. Le destin des producteurs d’éoliennes, en oligopole, est assez singulier : sur un secteur qui a le vent en poupe (pardon !), les modèles économiques sont fragiles et les marges faibles. La seconde opération est une rumeur lancée par le Wall Street Journal : le spécialiste des semiconducteurs Broadcom serait prêt à racheter l’éditeur de logiciels VMWare pour environ 50 Mds$. L’agenda macroéconomique est lui aussi bien garni : les indicateurs d’activité PMI de mai (mardi), les commandes de biens durables et les minutes de la Fed aux Etats-Unis (mercredi), une nouvelle estimation du PIB du 1er trimestre (jeudi) et l’inflation PCE (vendredi). Aujourd’hui à 10h00, le marché prend connaissance de l’indice Ifo, qui sonde le moral des milieux d’affaires en Allemagne.

Ce matin donc, ambiance de rebond sur les marchés européens. En Asie, le Japon est en hausse mais la Chine baisse : les valeurs technologiques souffrent et les nouvelles ne sont pas très bonnes sur le front du covid à Pékin. Le CAC40 gagnait 0,8% à 6335 points peu après l’ouverture. 

Les temps forts économiques du jour

L’indice Ifo de confiance des milieux d’affaires allemands en mai (10h00) et l’indice d’activité de la Fed de Chicago (14h30) sont programmés aujourd’hui. Tout l’agenda macro ici.

L’euro se rapproche à nouveau de 1,06 USD. L’once d’or s’échange à 1854 USD en légère hausse. Le pétrole est toujours aussi ferme, avec un Brent de Mer du Nord à 113,30 USD le baril et un brut léger américain WTI à 110,87 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans s’établit à 2,82%. Le bitcoin se négocie autour de 30 100 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • AMS-Osram : UBS reste neutre avec un objectif de cours réduit de 19 à 13 CHF.
  • Aston Martin Lagonda : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 2000 à 750 GBp.
  • Aviva : Jefferies reste à conserver avec un objectif réduit de 460 à 435 GBp.
  • Compagnie Financière Richemont : AlphaValue reste à l’achat avec un objectif réduit de 139 à 136 CHF. Goldman Sachs reste à l’achat avec un objectif de cours réduit de 150 à 146 CHF.
  • Dätwyler : Research Partners reste à conserver avec un objectif réduit de 330 à 250 CHF.
  • Dermapharm : Berenberg reste à l’achat avec un objectif réduit de 97 à 75 EUR.
  • DSV : HSBC passe de conserver a acheté environ 1500 DKK.
  • Equinor : Société Générale passe d’acheter à conserver en visant 325 NOK.
  • Experian : Jefferies reste à conserver avec un objectif relevé de 1900 à 2650 GBp.
  • Gjensidige : HSBC passe de conserver à acheter en visant 230 NOK.
  • Hunting : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 310 GBp.
  • Kuehne + Nagel : HSBC passe de conserver à acheter en visant 320 CHF.
  • Musti : Jefferies reste à conserver avec un objectif réduit de 29,50 à 20 EUR.
  • Publicis : Morgan Stanley passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 48 EUR.
  • Reckitt : Jefferies reste à sousperformance avec un objectif de cours relevé de 5000 à 5425 GBp.
  • Sika : Barclays reste à surpondérer avec un objectif de cours réduit de 485 à 360 CHF.
  • Sanofi : SVB reprend le suivi à surperformance en visant 121 EUR.
  • SoftwareONE : Research Partners passe d’acheter à conserver.
  • Technip Energies : J.P. Morgan reste à surpondérer avec un objectif relevé de 14,70 à 16,20 EUR.
  • Tryg : HSBC passe de conserver à acheter en visant 185 DKK.
  • WPP : Morgan Stanley passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 850 GBp.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Airbus veut se doter d’un matelas de sécurité de 10 Mds€ pour faire face aux périodes de crise.
  • La FDA a donné son feu vert à l’utilisation du Dupixent de Sanofi dans le traitement de l’oesophagite érosive.
  • Pernod Ricard nomme Richa Singh au poste de directeur financier pour l’Asie du Sud et l’Inde.
  • Vinci Construction France mis en examen pour « corruption privée ».
  • L’Oréal investit dans Sparty via son fonds de capital-risque.
  • Dassault Aviation reporte la mise en service du Falcon 6X à la mi-2023.
  • Accor ne versera pas de dividende au titre de 2021.
  • Innate modifie son conseil de surveillance.
  • Lhyfe entre en bourse à 8,75 EUR l’action, en base de fourchette.
  • Sapmer a publié ses comptes.

Dans le monde

  • Siemens Energy veut racheter les minoritaire de sa filiale Siemens Gamesa à 18,05 EUR l’action.
  • Broadcom négocierait le rachat de VMWare, selon le Wall Street Journal, pour quelque 50 Mds$.
  • Apple cherche à renforcer son approvisionnement hors de Chine.
  • Tesla pourrait construire une usine de fabrication de batteries et de véhicules électriques en Indonésie.
  • Le conseil d’administration de Kohl’s accusé par l’investisseur activiste Macellum d’avoir dissimulé des informations importantes aux actionnaires.
  • Margarete Haase va prendre la présidence d’AMS-Osram.
  • Alcon rachète le collyre Eysuvis de Kala Pharmaceuticals.
  • Hyundai va investir plus de 10 Mds$ aux Etats-Unis jusqu’en 2025.
  • Kimberly-Clark envisagerait de vendre ses actifs dans le secteur du papier au Brésil et en Amérique latine.
  • Principales publications de résultats du jour : Zoom Video, Pershing Square, KainosTout l’agenda ici.

Lectures

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