Une stratégie globale d’atténuation des risques

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Par Pierrick Geel, Abrdn Investments Suisse

Avec les complications rencontrées sur les marchés financiers tout au long de l’année, il est nécessaire d’envisager de nouveaux schémas pour réduire le risque lié aux actions dans les portefeuilles. Il en va ainsi de l’approche Global Risk Mitigation, ainsi que nous l’explique Pierrick Geel.

La plupart des investisseurs sont exposés aux risques des marchés boursiers. Ils sont préoccupés par le risque de perte associé à tout investissement en actions, ces pertes peuvent, à l’image des crash récents de 2008-9 et 2020, être importantes. Pour le gérer, les investisseurs ont recours à toute une série de stratégies qui présentent toutefois certains inconvénients. Soit elles reposent sur le succès d’un «market timing», soit elles peuvent avoir un impact négatif sur les rendements à long terme. Le concept de Global Risk Mitigation mène plus loin dans la recherche d’une approche qui permette de mieux réduire le risque lié au marché actions.

L’approche traditionnelle

Les actions font en général partie d’un portefeuille d’actifs diversifié. De nombreuses approches d’investissement traditionnelles se réduiront à déterminer les points d’entrée et de sortie optimaux sur les marchés actions afin de réduire le risque global du portefeuille. Lorsque le risque augmente, les investisseurs pourront vendre une partie ou la totalité de leurs actions pour investir en cash ou dans des obligations. Cependant peu d’investisseurs parviennent à prédire correctement la survenance d’un krach et le tempo de la reprise qui s’ensuit. Par définition, il s’agit d’événements qui prennent les marchés par surprise. Un mauvais timing est monnaie courante et peut réduire de manière drastique le rendement à long terme du portefeuille.

Une autre alternative pour se prémunir en cas de forte baisse des marchés est l’achat d’options put. Si celles-ci peuvent générer des gains importants lors d’une correction massive du marché actions, elles amputeront largement la performance du portefeuille dans la plupart des autres conditions de marché en raison de leur coût élevé. Cette stratégie clairement ne peut pas participer à l’amélioration d’une performance à long terme.

Une solution différente

L’approche Global Risk Mitigation est conçue pour générer des gains substantiels en cas de crash du marché, tout en réduisant considérablement les coûts d’investissement de la protection. Il s’agit d’une stratégie de couverture peu coûteuse et efficace dans toutes les typologies de marchés. De plus, elle n’est pas dépendante du facteur timing.

Plutôt que de compter sur une seule stratégie de couverture, la GRM adopte un déploiement multi-stratégies. Celles-ci sont regroupées en blocs d’éléments, qui chacun, assume une tâche spécifique dans le portefeuille global.

  • Les stratégies « First Risk » sont conçues pour réagir immédiatement à une baisse du marché, en prenant des positions « short » sur des actions.
  • Les stratégies « Tail Risk » interviennent lorsque la baisse du marché s’accélère. Les positions réagissent ici à une forte augmentation de la volatilité du marché, ce qui se produit en cas de krach.
  • Les stratégies « Trend Following » exploitent le momentum d’une série de classes d’actifs. Elles performent en cas de tendances marquées et peuvent être rapidement réévaluées lorsque les marchés changent de direction.
  • Les stratégies « Tail Risk » et « Trend Following » augmentent l’efficience d’un portefeuille. On obtient ainsi un profil de rendement plus convexe ou incurvé. En cas de fortes corrections du marché, le rendement sera plus élevé que dans le cas d’une exposition classique au bêta, tandis que dans des marchés en forte hausse, les pertes de rendement seront faibles.
  • « Defensive Factors » sont des stratégies devant produire une performance positive tout en étant non corrélées aux actions.

Stratégie adaptée

Les investisseurs ont en tout temps adopté une série de stratégies pour tenter d’atténuer le risque lié aux actions, toutefois nombre de ces approches se sont avérées inefficaces. Les raisons de ces insuccès sont notamment la difficulté de prévoir un bon market timing, une diversification peu efficiente et des performances irrégulières en raison des coûts élevés des stratégies de couverture adoptées.

La GRM adopte une logique différente. A travers différentes stratégies de couverture, elle escompte une performance positive en période de krach sur les marchés, en réduisant considérablement les coûts de couverture. Se voulant une stratégie de couverture peu coûteuse quel que soit le cycle de marché considéré, elle est idéalement adaptée pour faire face aux marchés turbulents et imprévisibles à venir.

 

Depuis 2021, Pierrick Geel assure les fonctions de business development manager chez abrdn Investments Suisse. Il est responsable du suivi et du développement des relations clients sur ce marché. Il possède plus de 15 ans d’expérience dans le secteur financier, où il a occupé différentes fonctions, notamment dans l’Equity Sales Trading pour les clients institutionnels et dans le Private Banking pour les clients privés fortunés.

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