Convictions

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    • Emmanuel Petit
    • Directeur de la gestion obligataire
    • Rothschild & Co Asset Management

Les stratégies de valeur relative sont particulièrement efficaces

Les velléités du nouveau président américain et la morosité européenne tendent à créer de fortes divergences dans les perspectives macroéconomiques de part et d’autre de l’Atlantique. Dans cet environnement, appréhender les marchés de taux avec flexibilité et réactivité sera clé pour bénéficier d’opportunités pouvant émerger de décisions aux effets contradictoires selon les zones.

La décorrélation des cycles macroéconomiques entre l’Europe et les États-Unis s’annonce comme un élément clé des marchés de taux en 2025. Ce phénomène, amorcé dès la fin 2024 avec l’élection américaine, se reflète déjà dans les anticipations de taux pour 2025 : inchangées en Europe avec toujours 4,5 baisses prévues, elles se sont effondrées outre-Atlantique, passant de près de 8 baisses anticipées en septembre dernier à seulement une aujourd’hui. Les taux longs suivent la même dynamique, restant stables en Europe tandis qu’ils progressent de plus de 90 points de base aux États-Unis depuis la première baisse de la Fed en septembre.

D’un point de vue macroéconomique, cette divergence s’explique par des prévisions d’inflation et de croissance revues à la hausse après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Ses déclarations laissent craindre un risque inflationniste, mais les mesures de sa future administration pourraient n’avoir qu’un impact transitoire sur l’inflation et un effet plus durable sur la croissance.

Par ailleurs, le refinancement des dettes souveraines s’impose comme un autre enjeu majeur. Avec un déficit qui reste important, les États-Unis devront refinancer 2 000 milliards de dollars en 2025, autant qu’en 2024. En Europe, ce besoin atteint 800 milliards d’euros, dans un contexte de réduction des bilans des banques centrales.

L’ensemble de ces incertitudes tire la prime de terme à la hausse et risque de pentifier les courbes. Entre la divergence des cycles et la question du refinancement, la volatilité s’annonce inévitable, générant des opportunités de part et d’autre de l’Atlantique.

Sur le marché du crédit, les spreads se sont nettement resserrés depuis 2022. Aux États-Unis et dans les pays émergents, les valorisations atteignent des sommets rarement vus en 20 ans, rendant ces marchés peu attractifs. À l’inverse, l’Investment Grade européen conserve une prime intéressante, notamment sur les obligations des secteurs non cycliques, plus résilients en cas de choc macroéconomique. De même, les financières affichent toujours une prime attractive, soutenues par des ratios de solvabilité et de rentabilité robustes.

Dans le segment High Yield, une approche sélective s’impose. Le marché primaire des notations B et BB est dynamique, porté par une forte appétence des investisseurs. De nombreuses entreprises anticipent le refinancement de leurs obligations de maturités 2026-2027, et allongent leur horizon d’échéance.

Dans cet environnement, la stratégie de gestion de R-co Valor Bond Opportunities se révèle particulièrement pertinente. Ce fonds obligataire flexible capte les opportunités sur l’ensemble des marchés de taux et de crédit internationaux, via des obligations classiques mais aussi des dérivés (futures, swaps de taux, CDS). Son approche active vise une volatilité inférieure à 5 %, combinant analyse macroéconomique, crédit et screening quantitatif pour sélectionner des stratégies directionnelles et de valeur relative.

Les stratégies de valeur relative, fondées sur l’identification d’anomalies historiques via un screening quantitatif, sont particulièrement efficaces. Nous comparons ainsi les niveaux de taux en absolu et en relatif sur toutes les maturités des principaux pays développés, et analysons la forme des courbes de crédit et les écarts entre obligations et CDS.

Actuellement, le portefeuille est positionné pour tirer parti de la baisse des taux en Europe, notamment via des obligations indexées sur l’inflation, et aux États-Unis en privilégiant des maturités courtes (2 à 5 ans). Parmi nos convictions, nous misons sur la convergence des taux en Europe, notamment entre le Royaume-Uni et la Zone euro. De plus, nous estimons que la volatilité des taux américains est surévaluée et cherchons à en profiter via la vente d’options.

Côté crédit, nous privilégions le portage tout en limitant le risque directionnel. Nous investissons dans des obligations Investment Grade bien notées (A et BBB+), bénéficiant d’une sous-valorisation de ce segment en relatif, et les couvrons via des CDS pour contenir la volatilité des primes de risque. Notre exposition au marché High Yield s’appuie sur des titres susceptibles de faire l’objet de refinancements anticipés ainsi que sur des subordonnées financières européennes avec une date de rappel inférieure à 3 ans.

Emmanuel Petit

Rothschild & Co Asset Management

Emmanuel Petit a débuté sa carrière en 1998 chez HSBC Asset Management comme analyste dans le domaine de l’attribution de performances AIMR-GIPS puis il est devenu analyste crédit en 2001. En 2006, il rejoint Rothschild & Co Asset Management en tant que gérant obligataire sur les obligations privées. Il en est responsable de la gestion obligataire depuis 2011. Emmanuel est diplômé d’un mastère spécialisé en Finance d’entreprise et membre de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers).

 

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      • Alexandre Ryo, responsable Alternative & Overlay Solutions, Ellipsis AM
      • Philippe Ferreira, responsable adjoint de l’équipe Economics & Cross Asset Research, Kepler Cheuvreux

    En 2025, sortez couverts à bon prix !

    Alors que les premières séances boursières de l’année 2025 commencent à donner le ton, la partition semble dès à présent heurtée, soulignant la pertinence de la couverture de portefeuille.

    L’incertitude quant aux politiques déployées par Donald Trump et leurs effets sur l’inflation inquiètent les marchés obligataires, en raison de son caractère imprévisible et impulsif ainsi que par l’absence de conformité de son programme avec les règles de la gravité en économie. Les marchés devront probablement passer par la case « frayeur » avant que Trump ne fasse marche arrière sur certains sujets controversés.

    Par ailleurs, les fondamentaux restent bons aux Etats-Unis. Une croissance réelle entre 2,5 et 3%, couplé à une inflation autour de 3%, implique une croissance des bénéfices par actions de l’ordre de 15% en 2025. Mais cette croissance est déjà dans les prix et la valorisation du marché américain est très élevée. Pour revenir vers des niveaux soutenables, il faudrait que le S&P 500 fasse une pause cette année tout en délivrant sur les attentes de croissance des bénéfices.

    L’Europe reste dans la tourmente politique avec des coalitions fragiles et une croissance faible

    En Europe, la croissance est plus faible, les marges de manœuvre budgétaires sont très étroites en France, Espagne, Italie et les marchés actions sont vulnérables par rapport à leur sensibilité à la Chine. Les secteurs du luxe et de la pharma pèsent beaucoup dans les indices européens et ils ont été sous pression en raison de leur exposition à la Chine et aux Etats-Unis. Ces secteurs affichent plus d’optimisme en cé début 2025, mais un certain degré de prudence reste de mise.

    Comment réagir face aux anticipations de volatilité ? Un regain d’intérêt pour les stratégies de couverture

    L’année 2024 s’est distinguée par une nette différence de performance entre le marché américain et les autres marchés mondiaux. Le S&P500 a progressé de plus de 20 %, tandis que le Stoxx 600 et le MSCI Emerging ont enregistré une hausse d’environ 10 %. La volatilité réalisée est pourtant restée contenue : 10,5 % en Europe et 12,8 % aux États-Unis, exception faite d’un choc estival entraînant une baisse de -6 à -8 % des marchés.

    Les primes optionnelles sont restées relativement stables en 2024. Elles ont terminé l’année à des niveaux similaires à ceux de fin 2023, malgré les épisodes de volatilité de cet été. Néanmoins, nous avons observé un regain d’intérêt des investisseurs pour les stratégies de couverture depuis l’élection de Trump, entraînant une augmentation de la demande pour les primes optionnelles. Cette tendance semble logique, étant donné que les primes actuelles restent attractives, offrant des opportunités de levier intéressantes.

    Enfin, la forte progression des fonds systématiques, motivée par la recherche de rendement et caractérisée par des positions souvent vendeuses d’options, a créé des opportunités de marché.

    2025 : anticipation d’une augmentation de la demande en couvertures et une importante dispersion sectorielle

    1. Le retour de l’alternatif dans les portefeuilles, avec un biais short/neutre corrélation

    Depuis 2022, de nombreux experts soulignent la nécessité de repenser la construction des portefeuilles 60/40, en raison d’une corrélation désormais positive entre actifs de croissance et actifs de rendement. Seule une récession sévère ou un choc exogène pourrait rétablir la décorrélation, avec une baisse simultanée des taux d’intérêt et des marchés. En attendant, les stratégies alternatives suscitent un regain d’intérêt pour réduire la volatilité et renforcer la diversification des portefeuilles : Métaux précieux, Global Macro, CTA/Trend Following, Long Vol/Long Tail, Fonds multi-stratégies.

    1. Levier des acteurs toujours présents

    L’allocation financière se polarise de plus en plus entre deux approches : investissements benchmarqués et investissements alternatifs. Cette polarisation se manifeste par la forte croissance des encours aussi bien sur les produits linéaires (futures) que sur les produits convexes (options). Le coût de financement pour être acheteur de levier sur le S&P 500 à horizon 2026 a explosé en fin d’année, impacté également par des contraintes de plus en plus strictes pour les bilans bancaires.

    1. Dispersion sectorielle : des opportunités pour des stratégies de valeur relative ayant un profil rendement/risque intéressant

    Les faibles niveaux de volatilité et de primes optionnelles limitent les rendements des stratégies purement vendeuses. Nous privilégions donc des approches de valeur relative :

    • Pente : financer l’achat de convexité à court terme par la vente d’options à long terme, profitant du retour de la pente de volatilité.
    • Dispersion sectorielle : acheter des options sur un secteur en vendant des options similaires sur un indice large.
    • Microstructure : exploiter les incohérences structurelles des flux des stratégies systématiques vendeuses d’options pour acquérir des primes faibles à court terme.

    Cette approche permet de tirer parti des divergences sectorielles tout en optimisant le rapport risque/rendement.

    Philippe Ferreira, Kepler Cheuvreux

    Philippe Ferreira est responsable adjoint de l’équipe Economics & Cross Asset Research chez Kepler Cheuvreux. Philippe est en charge de l’allocation Cross Asset de Kepler Cheuvreux Solutions. Après 16 ans à la Société Générale en tant qu’économiste puis stratège, il a rejoint Kepler Cheuvreux en 2022. Il est diplômé de l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne et de l’université de Columbia. Il a obtenu un Master en économie internationale et modélisation.

    Alexandre Ryo, Ellipsis AM

    Diplômé de l’ESIEA et d’un Master spécialisé en Finance à l’ESSEC, il a intégré le groupe Exane en 2012 en tant qu’assistant trader sur la volatilité indicielle. Il a rejoint Ellipsis AM en 2013 en tant que gérant de fonds. A partir de 2015, il a développé l’expertise overlay à travers la mise en place de mandats de gestion pour des clients institutionnels européens. Il devient responsable du développement du pôle Alternative & Overlay Solutions en 2021.

     

    Kepler Cheuvreux Solutions : Kepler Cheuvreux Solutions est le leader indépendant en Europe de la recherche, la conception et la commercialisation de solutions d’investissement structurées sur-mesure. Son appartenance au groupe Kepler Cheuvreux lui permet de placer la recherche au cœur de son offre et de bénéficier de la taille critique d’un acteur majeur dans les services financiers en Europe

    Ellipsis AM : Avec plus de 20 ans d’historique de gestion et 4,4 milliards d’euros sous gestion (au 31/12/2024), Ellipsis AM est une société de gestion reconnue sur les obligations convertibles, le crédit et les stratégies alternatives liquides optionnelles, les solutions de couverture de portefeuille et l’optimisation de rendement (overlay).

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      Formation continue

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        • Alexandre Caboussat
        • Responsable de la formation continue
        • HEG-Genève

      HEG-Genève et l’ISFB forment à la banque d’aujourd’hui

      Un an après avoir entamé leur collaboration et délivré leurs premiers certificats de formation, la HEG-Genève et l’ISFB renforcent leur partenariat avec un nouveau programme de formation axé sur le marketing et la communication dans les services financiers. Présentation d’Alexandre Caboussat.

      La HEG-Genève, acteur incontournable dans le management appliqué, et l’ISFB, le centre de compétences et de carrière pour les banques de Suisse romande, forment un véritable pôle de compétences et de formation continue sur tous les aspects de la banque d’aujourd’hui.

      Ils proposent depuis une année un programme de formation complet destiné aux banques de la place financière. Ce programme incorpore aujourd’hui 4 CAS, traitant de toutes les dimensions des métiers de la finance.

      Une année après son lancement, les CAS se focalisant sur les aspects d’opérations et de stratégie ont été dispensés, et le programme s’ouvre en hiver 2025 sur les aspects de marketing et communication dans les services financiers.

      Alexandre Caboussat, responsable de la formation continue de la HEG-Genève, précise que ces programmes sont uniques en Suisse : la HEG-Genève offre des programmes de formation continue orientés sur la pratique, qui répondent aux besoins du marché de la région. Tandis que l’ISFB apporte l’expertise terrain des professionnels de premier plan dans leurs spécialités, qui amènent leurs expériences concrètes et actuelles du métier. Ainsi l’association entre nos deux entités permet à l’écosystème bancaire de bénéficier d’une vision globale et intégrée des outils et des compétences pour affronter les défis de demain.

      Les programmes sont focalisés sur les thématiques clefs et les variables pivots qui influencent et façonnent l’industrie et assurent aux participants de garder le leadership sur un secteur dynamique et concurrentiel, ajoute Frédéric Ruiz, maître d’enseignement à la HEG-Genève et co-directeur du programme. Fort d’une longue expérience dans l’industrie, la direction du programme maintient une interaction en continu avec un réseau professionnel dense émanant de divers milieux du secteur bancaire.

      Les thématiques du marketing et de la communication sont d’une importance clé pour l’industrie financière aujourd’hui. Selon Christophe Nicod, responsable de la formation continue de l’ISFB, le marketing et la communication sont de tous temps indissociables de l’industrie financière ; toutefois les enjeux actuels sont énormes avec le développement de l’offre digitale et les importants changements en termes d’attentes et de comportements des clients. L’industrie financière est en pleine mutation et l’équilibre entre tradition et innovation, en tenant compte de l’impact de l’image, est essentiel.

      Frédéric Ruiz insiste sur le fait que la digitalisation amène un degré de standardisation (des prix, produits, ou services) accru dans lequel la différenciation et la mise en avant d’une proposition de valeur distincte devient de plus en plus difficile. Le marketing et la communication, principalement interpersonnelle, deviennent alors un axe essentiel de croissance et de positionnement stratégique de l’entreprise, ce d’autant plus que ce type d’interaction devient moins fréquent et se doit alors d’être plus impactant.

      Maîtriser le langage du marketing et la communication, est-ce l’affaire de tous ?

      Frédéric Ruiz souligne que, dès 1990, Nike disait « image is everything » ; 30 ans plus tard, General Electrics a résumé le nouveau paradigme par ces mots” you cannot sell anything if you cannot tell”. Par ses interactions avec le client, chaque membre de l’entreprise contribue à la création de valeur, à sa distinction et à sa propagation. Les réseaux sociaux ont atomisé la communication, ce qui se propage aujourd’hui dans le monde de l’entreprise où chacun, selon ses possibilités de contribution, est un porteur de message de son entreprise comme de son propre dispositif.

      Par conséquent, comprendre les défis, acquérir une vision tactique et stratégique des outils et des méthodologies qui permettent aux établissements financiers de communiquer avec leurs parties prenantes sont des compétences essentielles selon Christophe Nicod.

      Alexandre Caboussat développe : le CAS en Marketing et Communication dans les Services Financiers se décline en 4 modules d’apprentissage axés sur le transfert de “best pratices”, des échanges d’expérience et l’acquisition d’outils concrets et de pistes de réflexion immédiatement applicables. Ce CAS apporte à un participant les compétences pour mettre en place et exécuter une stratégie marketing, pour maîtriser les aspects clés du marketing digital, ainsi que pour gérer la relation client et communiquer avec impact.

      Ces fondamentaux du marketing et de la communication de la finance sont complétés par l’impact des externalités positives et négatives des transformations digitales sur la relation clientèle, ajoute Christophe Nicod. Avec son angle sociétal, il ouvre aussi aux évolutions culturelles et aux attentes des nouvelles générations, qui ont des langages de communication propres et distincts.

      Ce CAS peut se combiner avec le CAS Financements et Investissements (qui a lieu en automne 2025) pour obtenir un diplôme DAS Conseil et distribution dans les services financiers.

       Plus d’informations:

      www.hesge.ch/heg/mcsf

       

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          • Philippe Bekhazi
          • PDG et fondateur
          • XBTO

        2024: Une année de transformation pour les crypto-monnaies  

        Autorisations des ETFs au comptant, tokenisation des Real World Assets, percée de Solana, impressionnante trajectoire du bitcoin : Philippe Bekhazi passent en revue les moments clés qui ont jalonné l’univers des crypto-monnaies en 2024.

        En cette fin d’année 2024, je me remémore les moments clés qui ont marqué cette année dans le domaine des crypto-monnaies. La légitimité du Bitcoin en tant qu’actif mondial n’a jamais été aussi forte. Les autorisations d’ETF au comptant aux États-Unis, combinées à l’adoption croissante par les institutions, ont consolidé la place des crypto-monnaies dans la finance traditionnelle et ouvrent la voie à de nouvelles opportunités d’investissement en 2025. 

        Les ETF au comptant consolident la place des crypto-monnaies dans la finance traditionnelle

        L’autorisation des ETF Bitcoin et Ethereum au comptant a constitué une étape décisive, car l’arrivée de géants du secteur a encouragé une participation plus large du marché. Ces entrées record reflètent la demande croissante d’une exposition réglementée et sécurisée aux crypto-monnaies.

        Le Bitcoin mène la danse dans un contexte de dynamique et d’optimisme des marchés

        Le bitcoin a dominé le marché, imprimant un nouvel élan et dépassant le seuil des 100 000 dollars. Aujourd’hui, les signes d’une nouvelle saison commencent à se manifester.

        Les développements politiques et les succès juridiques ont renforcé cet optimisme. L’élection du président Trump a mis à l’ordre du jour un programme favorable aux crypto-monnaies à Washington, engendrant une évolution réglementaire telle que la démission de Gary Gensler qui a été saluée par le secteur. 

        La tokenisation passe du concept à la réalité

        L’une des évolutions les plus remarquables est l’intérêt croissant pour la tokenisation. Les jetons d’actifs issus du monde réel (RWA), incluant les bons du Trésor américain et les fonds du marché monétaire (MMF), ouvrent de nouvelles perspectives. Bien qu’elle n’en soit qu’à ses débuts, la tokenisation est en passe de devenir un moteur essentiel de l’innovation.

        La robustesse des crypto-monnaies émerge face aux pressions économiques mondiales

        Malgré ces avancées, 2024 a également mis en évidence la fragilité des systèmes financiers traditionnels. Les États-Unis et l’Europe sont confrontés à des niveaux d’endettement record et à des pressions inflationnistes persistantes. L’encours total de la dette mondiale a bondi de plus de 12 000 milliards de dollars au cours des trois premiers trimestres de 2024, pour atteindre près de 323 000 milliards de dollars. Les importants déficits budgétaires des gouvernements suggèrent que la dette souveraine pourrait augmenter d’un tiers d’ici 2028 pour approcher les 130 000 milliards de dollars, ce qui accroîtrait les risques de remboursement dans le monde entier.

        Et si des défis demeurent, ce qui a été le plus frappant cette année, c’est la résistance des crypto-monnaies face à tout cela. Les investisseurs, les institutions et même les gouvernements commencent à percevoir le potentiel à long terme de cette nouvelle classe d’actifs, et 2024 a prouvé que les actifs numériques sont là pour durer.

        Aller de l’avant

        À l’horizon 2025, la question n’est pas de savoir si les crypto-monnaies continueront d’évoluer, mais plutôt de savoir à quelle vitesse et dans quelle direction. En nous appuyant sur cette dynamique, voici mes principales prévisions pour l’année à venir.

        1. Les ETF Altcoin se généralisent.

        Compte tenu du succès massif des ETF crypto en 2024, nous nous attendons à une arrivée massive d’ETF Altcoin sur le marché.

        Pourquoi c’est pertinent: Les Altcoins ajouteront de la diversification aux portefeuilles, en élargissant l’exposition au-delà du Bitcoin et de l’Ethereum.

        1. La percée de Solana
          Solana consolide son statut de blockchain de premier ordre, rejoignant Bitcoin et Ethereum en tant qu’actif de premier plan. A mesure que le marché élargi des crypto-monnaies repart, nous tablons sur le fait que Solana maintiendra sa trajectoire ascendante. 

        Pourquoi c’est pertinent: La croissance de Solana pourrait catalyser le succès des projets au sein de son écosystème.

        1. La trajectoire du Bitcoin vers les 250 000 dollars
          Le regain d’intérêt des institutions, l’adoption croissante par le grand public et la rareté créée par la réduction de moitié en 2024 sont des facteurs clés.

        Pourquoi c’est pertinent: L’envolée du prix du BTC signale la prépondérance de l’actif.

        1. La gestion active occupe le devant de la scène

        La gestion active deviendra indispensable. Les investisseurs se tourneront vers des gestionnaires compétents pour gérer les actifs sous-performants et tirer parti de la dispersion croissante de l’univers des actifs numériques. 

        Pourquoi c’est pertinent: A mesure que les marchés arrivent à maturité, une navigation d’experts peut aider les investisseurs à identifier des rendements supérieurs, tout en minimisant les risques, garantissant ainsi une croissance stratégique du portefeuille.

        1. Les États-Unis amorcent un virage favorable aux crypto-monnaies, mais plus lentement que prévu
          Attendez-vous à un environnement fiscal plus souple pour les crypto-monnaies aux États-Unis, caractérisé par des cadres réglementaires plus clairs et une participation plus aisée au marché. Les progrès seront toutefois probablement plus lents que prévu.

        Pourquoi c’est pertinent: La réglementation américaine devenant progressivement plus claire, les investisseurs pourraient se concentrer sur un positionnement en faveur d’une croissance à long terme

        1. Les réserves en Bitcoins deviennent la norme institutionnelle
          La clarté réglementaire encouragera les institutions à adopter le Bitcoin comme un actif de réserve stratégique, en reconnaissant son rôle de couverture contre l’inflation, de réserve de valeur et d’outil de diversification financière.

        Pourquoi c’est pertinent: Les réserves de BTC reflètent une tendance croissante en matière de planification financière stratégique. 

        1. Les entreprises rejoignent le mouvement Bitcoin
          Alors que le Bitcoin continue de s’imposer comme une réserve de valeur sûre, de plus en plus d’entreprises devraient l’intégrer dans leurs stratégies de trésorerie.

        Pourquoi c’est pertinent: L’adoption du Bitcoin par les entreprises témoigne de son acceptation croissante.

        1. Intégration de l’IA et de la blockchain
          L’intelligence artificielle fusionnera avec la blockchain, introduisant des contrats intelligents adaptatifs qui réagissent aux données en temps réel et améliorent l’efficacité des systèmes décentralisés. 

        Pourquoi c’est pertinent: Les contrats intelligents alimentés par l’IA offrent de nouvelles perspectives pour les applications de la blockchain, offrant aux investisseurs des opportunités dans des projets axés sur l’innovation et l’évolutivité.

        1. Les memes coins suivent les NFT dans leur perte de vitesse

        Les memes coins auront probablement du mal à assurer leur durabilité en 2025. À mesure que le marché mûrit, les projets présentant des cas d’utilisation réels occuperont le devant de la scène, laissant derrière eux les actifs faisant l’objet d’un battage médiatique considérable.

        Pourquoi c’est pertinent: Alors que les actifs spéculatifs s’essoufflent, les investisseurs pourraient avoir intérêt à se concentrer sur des projets ayant une forte utilité et des applications concrètes.

        1. Consolidation du secteur et croissance des infrastructures
          En 2025, les acteurs les plus forts absorberont les plus faibles pour répondre aux demandes croissantes de la part des institutions. Cette évolution entraînera des améliorations dans les services de garde, la gestion des risques et l’infrastructure, ce qui répondra aux préoccupations relatives à la fiabilité et ouvrira la voie à une adoption plus large.

        Pourquoi c’est pertinent: La consolidation du secteur crée des acteurs plus solides et plus résistants.

         

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          Pourquoi les gestionnaires de fortune doivent adopter des plateformes intégrées dès maintenant

          Des milliers de milliards d’actifs s’apprêtent à changer de mains entre générations. Dans ce contexte, une plateforme de gestion à 360° – intégrant données, interactions client, conformité et trading dans un écosystème unique – devient essentielle pour que les gérants puissent maintenir leurs avantages concurrentiels. Sebastian Manthei s’en explique.

          Les gestionnaires de fortune se trouvent à un tournant crucial. Alors que des milliers de milliards d’actifs s’apprêtent à changer de mains entre générations, les entreprises font face à une pression réglementaire croissante et à des attentes clients en constante évolution. La question n’est pas de savoir s’il faut innover, mais à quelle vitesse. Une plateforme de gestion de fortune à 360° – intégrant données, interactions client, conformité et trading dans un écosystème unique – offre l’avantage concurrentiel nécessaire pour rester en tête. Cependant, l’urgence du changement est souvent sous-estimée.

          Relever les défis des systèmes hérités

          Les gestionnaires de fortune subissent une pression accrue pour rationaliser leurs opérations et améliorer l’expérience client. Pourtant, les systèmes informatiques obsolètes et les processus manuels freinent la productivité. Ainsi, 60 % du temps des gestionnaires de relations est consacré à des activités non génératrices de revenus¹, en raison d’inefficacités et de données fragmentées.

          Ces systèmes vieillissants entravent non seulement la rentabilité, mais conduisent également à des informations clients déconnectées. Les investisseurs réclament une vue consolidée de leurs portefeuilles, mais 44 % déclarent ne pas pouvoir visualiser tous leurs actifs au même endroit². Alors que les coûts de conformité augmentent et que les exigences réglementaires se multiplient, l’incapacité à intégrer efficacement les données aggrave les tensions opérationnelles.

          Adopter une plateforme à 360° permet de simplifier les processus critiques – de l’intégration des clients au trading – améliorant ainsi l’efficacité et la rentabilité. Des solutions comme Assetmax d’Infront regroupent plus de 150 banques dépositaires, offrant des données et des insights qui fluidifient les workflows et renforcent l’engagement client.

          Le transfert intergénérationnel de richesse

          Le secteur est au bord d’un transfert massif de richesse. Au cours des dix prochaines années, des milliards d’euros changeront de mains en Europe. Ce passage représente un risque pour la fidélité des clients, avec 90 % des héritiers changeant de conseiller après une succession³.

          Les nouvelles générations attendent une expérience différente de leurs gestionnaires de fortune. Les plateformes intuitives et orientées digital ne sont plus un luxe, mais une nécessité. Nombreux sont les jeunes clients qui privilégient des services intégrés et conviviaux.

          Les gestionnaires de fortune qui adoptent des solutions à 360° seront mieux placés pour répondre à ces attentes. Des outils comme le Wealth Portal d’Infront offrent aux clients finaux une visibilité sur leurs portefeuilles via des interfaces web et mobiles. En améliorant les expériences numériques, les entreprises peuvent préserver les relations intergénérationnelles et limiter la perte de clients.

          Les avantages d’une plateforme à 360°

          Mettre en place une plateforme intégrée procure des bénéfices mesurables en matière de productivité, de revenus et de satisfaction client. Les gestionnaires de fortune qui ont adopté une technologie de pointe constatent⁴ :

          • 13 % d’augmentation de productivité,
          • 8 % de croissance des actifs sous gestion,
          • 8 % d’augmentation des revenus.

          Une plateforme à 360° offre des outils qui non seulement s’intègrent parfaitement, mais créent de la valeur en synergie. Par exemple, les capacités combinées d’Assetmax, de l’Investment Manager et des API de données de marché permettent d’accéder en temps réel à des données directement disponibles dans l’outil Wealth Portal.

          En outre, une approche intégrée consolide la gestion des risques, l’évaluation et le trading dans un écosystème unique, augmentant ainsi l’efficacité opérationnelle.

          Une conformité simplifiée

          Avec le durcissement des cadres réglementaires, la conformité est devenue un défi majeur. Des exigences telles que les licences FINMA ont conduit à une réduction du nombre de gestionnaires de fortune ces dernières années, les petites entreprises ayant du mal à absorber les coûts croissants de conformité.

          Une plateforme à 360° facilite la gestion des obligations réglementaires en intégrant ces exigences tout au long du workflow. Par exemple, Assetmax propose des processus KYC automatisés qui standardisent l’intégration des clients. Conforme à FIDLEG et MiFID II, Assetmax garantit une conformité sans faille à chaque étape du cycle de vie client.

          Pourquoi agir maintenant

          Comme dans tout secteur, l’avenir de la gestion de fortune dépend de la capacité d’adaptation. Les entreprises qui tardent risquent l’obsolescence, tandis que celles qui investissent dans la transformation numérique gagnent des avantages concurrentiels.

          Avec l’accélération des transferts de richesse et l’intensification des pressions réglementaires, des solutions évolutives, efficaces et centrées sur le client deviennent essentielles.

          Les gestionnaires de fortune doivent agir de manière décisive pour pérenniser leurs opérations. En investissant dans des plateformes complètes comme les solutions WealthTech d’Infront, ils peuvent assurer une croissance durable, fidéliser plusieurs générations et relever les défis de la gestion de fortune moderne avec sérénité.

          ¹ McKinsey, Analytics transformation in wealth management
          ² ThoughtLab, Wealth and asset management 4.0
          ³ WealthBriefing, The Great Wealth Transfer: Three Trends Reshaping Wealth Management
          ⁴ Liferay, The State of Digital Transformation in Wealth Management

          Sebastian Manthei
          Sebastian est un leader des ventes reconnu, fort de plus d’une décennie d’expérience dans la croissance commerciale et l’innovation technologique en gestion de fortune. En tant que directeur des ventes, il dirige l’équipe commerciale d’Assetmax avec pour mission d’étendre la présence de l’entreprise dans la gestion de fortune et la banque privée. Auparavant, il était vice-président des ventes pour l’Europe du Nord chez FactSet et responsable des ventes pour la banque d’entreprise au sein du groupe CREALOGIX. Il a débuté sa carrière dans diverses fonctions en gestion d’actifs chez Privatbank Reichmuth et Bank Vontobel.

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            Complément de programme

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              • Interview Elias Wittlin
              • Spécialiste des solutions de prévoyance
              • Banque Julius Baer

            Solutions de prévoyance : des opportunités pour les gestionnaires indépendants

            En ajoutant des solutions de prévoyance à leur offre de services, les gérants indépendants peuvent offrir à leurs clients un accompagnement plus étendu et plus complet, comme l’explique ici Elias Wittlin, spécialiste en la matière.

            Elias, quels sont les principaux défis auxquels les caisses de pension sont confrontées à l’heure actuelle et quelles mesures peuvent être prises pour les relever ?

            L’évolution démographique et la faiblesse persistante des taux d’intérêt représentent des défis majeurs pour les caisses de pension. La réforme de la LPP a été rejetée lors de la votation de septembre 2024. Cette réforme prévoyait notamment d’abaisser de 6,8% à 6,0% le taux de conversion minimal dans le régime obligatoire de la LPP, ce qui a fait couler beaucoup d’encre. Malgré l’urgence, les caisses de pension doivent poursuivre leur travail dans un cadre qui n’a pas changé en raison du rejet de la réforme par le peuple suisse.

            Entre-temps, les réformes nécessaires prennent toujours plus de retard, et le taux de conversion de 6,8% fixé par la loi semble toujours déconnecté de la réalité car il implique un taux d’intérêt garanti d’environ 5% en raison de l’espérance de vie actuelle. Il convient toutefois de noter que les caisses de pension disposent d’une marge de manœuvre accrue dans la conception des prestations pour le régime surobligatoire. Elles peuvent notamment fixer des taux de conversion plus bas. En effet, le taux de conversion moyen en 2023 était d’environ 5,3%, ce qui montre que les caisses de pension ont recours à cette option. Néanmoins, les taux de conversion prévus par la loi posent de réelles difficultés aux caisses de pension. Celles-ci doivent constituer des réserves pour absorber les pertes futures liées aux départs à la retraite, ce qui impacte la rémunération des avoirs des assurés actifs. Ce sont les assurés plus jeunes encore en activité, qui en supportent le poids, car ils doivent accepter des intérêts plus faibles sur leurs avoirs de vieillesse surobligatoires.

            L’un des moyens d’éviter cette redistribution hors système réside précisément dans la prévoyance professionnelle surobligatoire. Par exemple, les entreprises peuvent protéger de cette redistribution leurs salariés qui gagnent plus de 136 080 CHF (à partir de 2025) en leur proposant une solution de prévoyance 1e. Les assurés peuvent ainsi investir leur épargne-retraite en fonction de leur profil de risque individuel. Le rendement obtenu, qu’il soit positif ou négatif, est crédité ou débité directement sur l’épargne-retraite de l’individu.

            Quels sont les avantages d’une solution de prévoyance 1e pour l’employeur ?

            Proposer une solution de prévoyance 1e peut être un atout majeur dans un package de rémunération compétitif, pour se positionner comme un employeur attractif. Lors d’un changement d’emploi, les salariés sont de plus en plus attentifs à la structure de la caisse de pension de leur employeur. Une solution de prévoyance 1e peut aider à attirer les meilleurs talents. Un autre avantage d’une solution de prévoyance 1e est que l’employeur n’est pas confronté à des risques de restructuration des régimes de retraite car il n’y a pas de risque de sous-financement. Enfin, le coût des avantages liés au risque dans ce type de solutions est souvent moins élevé.

            Que propose Julius Baer aux gestionnaires d’actifs indépendants (EAM) dans ce domaine ?

            Julius Baer collabore avec diverses fondations de prévoyance et de libre passage. Celles-ci, à leur tour, travaillent avec les EAM pour gérer les avoirs de prévoyance de leurs clients. Nous agissons en tant que banque dépositaire, tandis que nos partenaires prennent en charge l’aspect lié à la retraite.

            Quels sont les avantages pour les EAM ?

            En élargissant leur éventail de services aux solutions de prévoyance, les EAM sont en mesure de fournir à leurs clients une prestation de conseil complète. En outre, ils peuvent coordonner la stratégie d’investissement du client dans le régime de retraite avec celle qui régit son patrimoine privé. Ils peuvent fournir un service d’investissement intégral, faisant ainsi office de guichet unique. Voici un exemple concret : d’un point de vue fiscal, il peut être judicieux de détenir des actions à dividendes élevés dans votre prévoyance, tandis que les véhicules de placement susceptibles de générer des plus-values devraient plutôt être détenus en tant que patrimoine privé. Dans le cadre de nos solutions, l’EAM peut adapter la stratégie d’investissement à chaque individu et il est également possible d’investir directement dans des actions et des obligations.

            Existe-t-il des lignes directrices particulières en matière d’investissement à respecter dans le cadre de la gestion des caisses de pension ?

            Les règles relatives au placement de l’ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (OPP 2) s’appliquent à la gestion de la fortune des caisses de pension. Sur la base de cette réglementation, le conseil de fondation de l’institution de prévoyance ou de libre passage doit établir son propre règlement en matière placement, lequel doit être respecté lors du placement des avoirs de prévoyance. L’ordonnance OPP 2 prévoit des restrictions en fonction des diverses catégories, telles qu’une quote-part maximale de 50% pour les placements en actions. Les fondations de prévoyance ou de libre passage peuvent néanmoins déroger à cette règle dans leur propre règlement et autoriser des quotes-parts plus élevées pour les placements en actions, pour autant que le principe d’une répartition appropriée des risques soit respecté. En effet, de nombreuses fondations de prévoyance et de libre passage 1e offrent actuellement aux assurés la possibilité d’investir jusqu’à 85% ou plus de leur capital de prévoyance en actions.

            Elias Wittlin

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            Elias Wittlin est un spécialiste chevronné des solutions de prévoyance chez Julius Baer. Il se consacre à l’élaboration de stratégies de prévoyance personnalisées et adaptées aux objectifs financiers uniques de chaque client. Titulaire d’un diplôme fédéral de planification financière, sa grande expertise lui permet d’aborder la complexité des régimes de retraite et des opportunités d’investissement. Il aide les clients à optimiser la planification de leur retraite, en tirant parti de solutions innovantes telles que les plans de prévoyance 1e, pour renforcer leur sécurité financière. Elias s’engage à mettre en place des stratégies innovantes et à créer de la valeur à long terme pour ses clients face à l’évolution constante du domaine de la prévoyance.

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