• Jérôme Koechlin
  • Associé, Leadership Management International
  • CEO, Swiss Who’s Who

“Le leadership moderne n’est plus un leadership d’autorité, mais un leadership d’adhésion”

Plus qu’une fonction hiérarchique, le leadership devient une compétence à développer, fondée sur la clarté stratégique, la capacité d’influence et l’alignement humain. Jérôme Koechlin en analyse ici les nouveaux ressorts et les conditions nécessaires pour construire, dans la durée, des organisations performantes et porteuses de sens.

Par Jérôme Sicard

Vous avez rejoint Leadership Management International. Quel est votre rôle au sein de cette structure ?

Dans un monde marqué par l’incertitude, tant au niveau macroéconomique que géostratégique, le rôle des leaders évolue profondément. Il demande aujourd’hui des qualités très variées et complémentaires. Mon engagement au sein de Leadership Management International consiste à accompagner les dirigeants dans le développement d’un leadership plus conscient, plus stratégique, plus performant et plus humain.

LMI repose sur une conviction forte : le leadership n’est pas un statut, mais une compétence qui se développe. Notre objectif est d’aider les organisations et leurs dirigeants à transformer leur potentiel en impact réel, en travaillant à la fois la productivité personnelle, le leadership personnel et motivationnel, la gouvernance décisionnelle et la capacité à mobiliser les équipes autour d’une vision commune. La méthodologie LMI s’appuie sur des fondements solides. Elle intègre les apports récents dans le domaine du leadership, de la communication, des sciences cognitives et comportementales. Depuis 50 ans, LMI a formé plus de deux millions de dirigeants dans le monde.

Je souhaite donc, avec mes associés, diffuser un modèle de leadership plus global, plus complet, plus transformationnel, capable d’anticiper les transformations économiques, technologiques et sociétales qui redéfinissent aujourd’hui le rôle des organisations.

Quelle est la constante qui distingue les organisations performantes des autres ?

Les organisations les plus performantes ne sont pas nécessairement celles qui disposent des ressources les plus importantes, mais celles qui parviennent à aligner vision, culture et exécution. Dans un environnement économique en mutation rapide, la performance durable repose avant tout sur la clarté stratégique, la discipline d’exécution, la qualité du leadership humain et la capacité d’apprentissage continu. Les organisations qui réussissent sont celles où le leadership se montre à la fois lucide, assertif, empathique et exigeant. À l’inverse, les organisations en difficulté révèlent souvent des failles dans leur gouvernance ou dans leur capacité à créer un véritable sens collectif.

Comment se caractérise un leadership réellement influent et durable ?

Le leadership réellement influent et durable ne se mesure pas à la position hiérarchique, mais à la capacité d’écouter, de partager une vision claire et d’influencer positivement les comportements et les décisions dans la durée. Il repose sur une cohérence constante entre valeurs et actions, sur une intelligence émotionnelle et relationnelle affirmée, ainsi que sur la capacité à inspirer confiance dans un environnement incertain. Le leadership moderne n’est plus un leadership d’autorité, mais un leadership d’adhésion. Les dirigeants qui marquent durablement leur époque sont ceux qui créent du sens plutôt que ceux qui imposent des décisions. La Harvard Business Review a d’ailleurs mis en lumière la notion de leaders de niveau 5, capables de conjuguer vision stratégique de long terme, détermination et humilité.

Par où doit commencer un dirigeant qui souhaite accroître son impact ?

Le leadership commence toujours par un travail sur soi. Il naît d’une prise de conscience, celle de vouloir renforcer sa capacité d’influence, d’impact et de responsabilité. C’est ce que le professeur américain Richard Boyatzis décrit comme la théorie du changement intentionnel. Autrement dit, le développement du leadership repose d’abord sur la volonté de progresser et d’élargir son champ d’action.

Dans des environnements exigeants, la première responsabilité d’un dirigeant consiste à maîtriser sa productivité personnelle, à gérer son temps, son énergie et ses priorités avec rigueur. L’efficacité stratégique ne dépend pas du volume d’actions menées, mais de la pertinence des choix opérés. Savoir dire non, hiérarchiser ses objectifs et préserver un équilibre entre performance professionnelle et équilibre personnel sont devenus des compétences clés. Le leadership moderne repose autant sur la résilience mentale que sur la compétence technique.

Pourquoi la gouvernance et la communication stratégique restent-elles sous-exploitées ?

Parce qu’elles sont encore trop souvent considérées comme des fonctions de support plutôt que comme des leviers stratégiques de création de valeur. Trop souvent, la réponse à des formations en leadership est “je n’ai pas le temps”. C’est notamment pour cette raison qu’il est utile de prendre du recul dans le but d’être plus performant. J’ai conseillé Kofi Annan à la fin de son mandat de Secrétaire général des Nations Unies, lorsqu’il était sollicité de toutes parts par de très nombreux chefs d’Etat, de manière vampirisante. Nous avons pris le temps de fixer les priorités et de bien distinguer les activités impératives des activités dites importantes, ce qui l’a aidé à mieux gérer son temps qui, je le rappelle, est le même pour tout le monde !

Une gouvernance solide garantit la cohérence des décisions dans la durée, tandis qu’une communication stratégique claire nourrit la confiance entre les différentes parties prenantes. Dans un environnement marqué par l’accélération de l’information et la pression du court terme, ces deux dimensions deviennent de véritables leviers de résilience organisationnelle.
Les organisations de demain seront celles qui sauront articuler avec justesse stratégie, communication et leadership humain.

Vous avez repris le Swiss Who’s Who l’automne dernier. Quelles sont vos ambitions ?

Avec mes collègues, notre ambition est de positionner le Swiss Who’s Who comme une référence suisse et internationale dans la reconnaissance des leaders, que ce soit en termes d’impact ou d’ influence, et de mettre en lumière celles et ceux qui façonnent la Suisse d’aujourd’hui et de demain.

Nous ne nous limitons pas à une approche biographique. Notre objectif est de valoriser les leaders qui contribuent concrètement au progrès économique, scientifique, culturel et sociétal de la Suisse et au-delà.
Ce pays dispose d’un capital unique d’excellence et d’innovation. Nous voulons en renforcer la visibilité, sur le plan national comme sur le plan international.

Quels développements avez-vous déjà initiés ?

Nous avons engagé plusieurs chantiers stratégiques visant à renforcer la dimension nationale et internationale du Swiss Who’s Who, à développer des contenus et des événements consacrés au leadership, à l’innovation et à la transmission, ainsi qu’à intégrer les enjeux liés à l’intelligence artificielle et à la transformation digitale dans la réflexion sur le leadership. Nous travaillons également à la création de nouveaux formats de rencontres entre leaders économiques, académiques et institutionnels.

Notre ambition est de faire du Swiss Who’s Who un espace vivant d’échanges, d’inspiration et de reconnaissance de l’excellence, notamment à travers notre plateforme digitale

Jérôme Koechlin

Leadership Management International

Jérome Koechlin est associé de Leadership Management International. Il est également le CEO de Swiss Who’s Who, et le fondateur de JK Consulting. Il a occupé précédemment des postes de direction dans les secteurs bancaire, financier, biotech, public et média, les dernières en date à la banque Reyl Intesa Sanpaolo en tant que directeur de la communication et secrétaire du comité exécutif. Jérôme Koechlin est détenteur d’un doctorat en Sciences Économiques et Sociales de l’Université de Genève, d’un Master en communication de New York University, ainsi que d’un diplôme de l’Institut des hautes études internationales et de développement.

 

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