Durabilité

  • Par Jon Duncan
  • Chief Impact Officer
  • Reyl Intesa Sanpaolo

Impact, durabilité et normes européennes 

Les acteurs de léconomie doivent s’adapter aux évolutions réglementaires et s’engager vers l’impact

Dans un contexte d’évolution rapide des marchés et des réglementations, nous nous efforçons à nous engager, nous adapter et renforcer notre engagement en faveur d’un impact positif, en nous concentrant sur la transition vers une économie durable. La banque s’appuie sur une vision systémique et scientifique du monde, qui tient compte des interconnexions entre la société, l’environnement et les marchés, afin de réduire les impacts négatifs de ses activités sur la clientèle, les collaborateurs, les communautés locales et la biosphère.

Jon Duncan

En 2023, nous allons concentrer nos efforts sur notre politique d’investissement responsable, l’évaluation des risques internes associés, la conformité, le développement de capacités d’analyse de la durabilité au niveau de la sécurité et la définition des préférences des clients en matière d’investissements durables. Et l’attrait pour cette classe d’actif est toujours bien présente.

Engouement pour l’ESG

Malgré les turbulences sur les marchés en 2022, les investissements durables continuent de croître, bien que le scepticisme des clients augmente, nous obligeant à leur apporter des informations plus détaillées. Nous devons également prendre en compte les différences entre ce que les consommateurs disent vouloir faire de leur argent et où ils le placent réellement. Une quête légitime de rendement est un facteur important, en particulier dans la gestion de fortune discrétionnaire. Les périodes de crise ont également tendance à inciter les investisseurs à se tourner vers ce qu’ils connaissent déjà.

L’allocation du capital se tourne de plus en plus vers la performance ajustée du risque et la recherche d’un impact positif. Cette évolution s’explique par quatre facteurs : un consensus scientifique croissant sur les risques biophysiques à long terme, tels que le changement climatique et la biodiversité, l’évolution des consommateurs envers des produits et services durables, la compétitivité économique à long terme des entreprises et les changements rapides de réglementation.

Pour évaluer les risques et l’impact des entreprises, divers paramètres sont à considérer, tels que l’intensité carbone, la chaîne d’approvisionnement et la stratégie à long terme. Les industries les plus exposées à long terme sont également celles qui ont été les premières à prendre en compte les risques climatiques.

Se conformer aux normes européennes

La Commission européenne doit parvenir à une croissance économique à faible intensité de carbone, économe en ressources et socialement inclusive. Dans cette optique, elle a élaboré une taxonomie de l’économie verte qui fournit un cadre pour les activités économiques alignées sur six objectifs environnementaux et trois objectifs sociaux.

Malgré les débats géopolitiques et les divergences d’opinion, l’UE continue de progresser avec la récente conclusion d’un accord sur la réglementation européenne relative aux obligations vertes. Goldman Sachs et Bloomberg estiment que les émissions d’obligations vertes atteindront 600 milliards d’euros en 2023.

… en conservant des rendements attrayants

La transition vers une « économie verte » prendra du temps et sera probablement volatile, avec un impact sur les P/E historiques dans l’ensemble des secteurs, des classes d’actifs et des régions. Les activités économiques alignées sur la taxonomie devraient bénéficier d’un accès au capital et à des opportunités de croissance. L’Agence internationale de l’énergie prévoit des investissements dans les énergies propres supérieurs à 2 000 milliards de dollars d’ici 2030, soit de 50% de plus par rapport à 2022.

Il est par ailleurs important de souligner que les investissements verts ou à impact ne généreront pas tous des rendements supérieurs. Les investisseurs devront adopter une approche prudente et équilibrée en modifiant leurs portefeuilles, afin de gérer les risques et les opportunités associés à la transition vers une économie verte.

Il est donc crucial pour les investisseurs de considérer l’alignement de leur portefeuille avec la transition climatique sur des horizons de trois, cinq ou dix ans, ou du moins de réfléchir à la manière de le faire. En effet, il ne faut pas s’attendre à ce que les investisseurs basculent tous leurs placements vers le durable immédiatement. Il est essentiel de déterminer par où commencer et d’adopter une approche progressive pour intégrer des investissements durables dans les portefeuilles.

La transition vers une économie durable est un processus complexe et en constante évolution, qui impose aux institutions financières, investisseurs et régulateurs un travail conjoint pour naviguer dans cet environnement incertain. Le Groupe REYL, en tant qu’acteur clé dans le secteur financier, s’engage à s’adapter aux évolutions réglementaires et à renforcer son engagement envers l’impact positif, en se concentrant sur la durabilité et en mettant en œuvre des stratégies d’investissement responsable. En travaillant ensemble, nous pouvons progresser vers un avenir plus durable et résilient pour tous.

Biographie

Jon Duncan a démarré sa carrière en 1996 en Afrique du Sud, où il a occupé des postes dans la recherche environnementale, le conseil et l’ingénierie. A la fois chercheur et consultant senior en durabilité chez Trialogue entre 2004 et 2006, Jon a conçu et mis en œuvre des stratégies en durabilité et en investissement social pour les entreprises. En 2006, il est nommé partenaire de la société Environmental Resource Management, spécialisée dans le climat et la durabilité en Afrique du Sud. Son travail consistait à renforcer la compréhension et la capacité des entreprises à gérer les principaux risques et opportunités liés à la durabilité et au changement climatique. En 2011, Jon est devenu responsable du programme d’investissement responsable du groupe Old Mutual, où il a dirigé l’élaboration et la mise en place du programme d’investissement responsable dans l’ensemble des opérations de l’entreprise à l’international. Il a développé les activités de recherche et d’analyse ESG d’Old Mutual, a élaboré des produits axés sur l’intégration ESG et la durabilité dans les différentes types d’investissement et classes d’actifs, et a dirigé l’engagement de l’entreprise auprès des principales parties prenantes, notamment les régulateurs, le monde universitaire, les clients et les médias, ainsi que les associations professionnelles. Jon a rejoint REYL & Cie en 2022 en tant que Chief Impact Officer, où il est chargé de développer, mettre en œuvre et diriger la stratégie d’impact de REYL & Cie afin de maximiser les opportunités de valeur ajoutée qui découlent de la transition économique mondiale vers une faible empreinte carbone.

 

Sensibilisation

  • Jade E. McLachlan
  • COO
  • B E L I E V E . Partners

Sensibilisation au développement durable et investissement à impact 

La genèse du changement : «Nous sommes les gardiens de notre planète» – Jane Goodall

Compte tenu de la prise de conscience globale de l’impact du changement climatique et de l’adoption indispensable de pratiques durables, les entreprises doivent absolument se joindre au mouvement et sensibiliser leurs collaborateurs et leurs clients. La sensibilisation au développement durable et l’investissement à impact peuvent être des outils puissants pour insuffler des changements positifs. C’est dans cet esprit que les fondateurs ont créé B E L I E V E Partners en 2021.

Jon Duncan

Entreprise à mission indépendante, B E L I E V E . Partners est une société suisse spécialisée dans le conseil et les technologies éducatives possédant une vaste expérience dans les domaines de la finance, de l’administration et des entreprises. B E L I E V E . crée des programmes d’éducation et de développement proposant aux entreprises des solutions hybrides (digitales/physiques) dans le domaine du développement durable et des thématiques connexes.

Éducation: Pour un impact durable

«Chez B E L I E V E ., nous adoptons une approche globale de l’éducation au développement durable», affirme Jade McLachlan, Directrice des opérations et Associée de B E L I E V E. «Nous sommes convaincus qu’il est essentiel de présenter ces sujets d’une manière nouvelle, objective et émancipatrice pour que les entreprises se projettent véritablement vers un avenir durable

Les programmes de B E L I E V E . fournissent des supports éducatifs accessibles et stimulants sur le climat et le développement durable à un large éventail de personnes et d’organisations, en leur donnant les moyens d’agir de manière durable et consciente.

L’un des principes directeurs de B E L I E V E . est que la sensibilisation au développement durable doit être dispensée différemment, sans dogme ni fatalité, et qu’elle doit être accessible à un public plus large. L’équipe travaille en étroite collaboration avec ses clients pour comprendre leurs besoins et élaborer des programmes sur mesure répondant à leurs objectifs.

Les programmes développés par B E L I E V E peuvent notamment aider les entreprises à se constituer une main-d’œuvre plus impliquée et plus motivée, ce qui se traduit par une productivité accrue et des performances globales plus élevées[1]. Les collaborateurs qui comprennent l’importance du développement durable, des initiatives en faveur du climat et pourquoi leur travail quotidien peut apporter des changements positifs sont plus susceptibles d’être inspirés et motivés. Les initiatives éducatives liées au développement durable peuvent également aider les entreprises à accroître leur résilience en comprenant mieux les risques – mais aussi les opportunités – liés au changement climatique et à d’autres défis en matière de développement durable.

Cette implication peut également renforcer les relations avec les clients. Les consommateurs, de plus en plus soucieux de l’environnement, recherchent des entreprises qui partagent leurs valeurs. En démontrant leur engagement en faveur du développement durable et en sensibilisant leurs clients à l’importance de cette thématique, les entreprises peuvent nouer des relations plus fortes et ayant plus de sens avec leurs clients.

«L’économie est un sous-système de la planète, et non l’inverse» – Kate Raworth

Jade McLachlan poursuit: «Chez B E L I E V E , nous savons qu’il existe des moyens multiples et complémentaires de s’attaquer à la crise climatique, notamment des mécanismes de marché respectant l’intégrité et les réglementations relatives à l’environnement, ainsi que la nécessité de mettre un terme à sa destruction et à sa dégradation. Nous avons aussi pleinement conscience de l’importance cruciale de la biodiversité et de son rôle dans l’émergence d’un avenir durable, ainsi que de la nécessité de soutenir et d’apprendre des peuples autochtones qui gèrent de manière durable les ressources naturelles depuis des milliers d’années».

Collaboration et partenariats : maximiser notre impact

Insuffler des changements positifs oblige également de nouer des relations. La collaboration entre les entreprises, les gouvernements, les ONG et les communautés locales est essentielle pour insuffler un changement systémique et engendrer un avenir durable. B E L I E V E . Partners donne la priorité à la collaboration et à la création de partenariats, ainsi qu’à l’éducation. En collaborant avec ses différentes parties prenantes, toute entreprise peut maximiser son impact et promouvoir le financement des investissements à impact pour insuffler un changement positif.  «Nous accordons beaucoup d’importance à la restauration de la biodiversité dans le cadre de nos initiatives de sensibilisation au développement durable et à l’investissement d’impact. En collaborant avec des écologistes, des universitaires et des communautés locales, et en les mettant en relation avec des entreprises soucieuses de contribuer au développement durable, nous pensons être en mesure d’apporter un changement significatif et de contribuer à la restauration et à la protection de la biodiversité de notre planète», explique Jade McLachlan, «En investissant dans des projets et des activités durables qui accordent la priorité à l’environnement, les entreprises peuvent promouvoir la transition vers un avenir plus durable. Cette approche est bénéfique pour la planète, mais c’est aussi une opportunité non négligeable pour les entreprises de générer des performances financières de manière éthique

 «Il est essentiel d’accroître le financement des investissements dans le domaine du climat pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux. Les gouvernements, en faisant bon usage des fonds publics et en donnant des signaux clairs aux investisseurs, peuvent considérablement contribuer à réduire ces obstacles. Les investisseurs, les banques centrales et les organismes de réglementation financière peuvent également jouer un rôle décisif. Il existe des mesures politiques qui ont fait leurs preuves et qui peuvent permettre de réduire considérablement les émissions et d’améliorer la résistance au changement climatique si elles sont mises en œuvre à plus grande échelle et appliquées plus largement. L’engagement politique, les politiques coordonnées, la coopération internationale, la gestion des écosystèmes et la gouvernance inclusive sont autant d’éléments majeurs pour une action climatique efficace et équitable.» GIEC, mars 2023 

Selon B E L I E V E . Partners, la sensibilisation au développement durable et l’investissement à impact sont des outils essentiels pour les entreprises souhaitant garder une longueur d’avance et se projeter définitivement vers un avenir durable. «Nous sommes déterminés à avoir un impact significatif et à réimaginer le mode de diffusion de l’éducation au développement durable. Notre mission est de donner aux gens les moyens d’apporter des changements positifs et de contribuer à l’émergence d’un avenir commun, en dispensant une éducation qui touche leur cœur et leur esprit, et leur permet de mettre leurs connaissances en action», conclut JadeMcLachlan.

 

[1] «La satisfaction et l’implication des collaborateurs dépendent de leur compréhension et leur l’adhésion à la mission ou à l’objectif d’une organisation. Ceux et celles qui connaissent et comprennent la mission ou l’objectif de leur organisation sont plus susceptibles d’être impliqués et satisfaits de leur travail. Compte tenu de la corrélation entre la satisfaction, l’implication et les résultats d’une entreprise, le degré de compréhension et d’adhésion des collaborateurs à la mission ou à l’objectif de leur organisation peut avoir des conséquences importantes sur sa réussite». (Harter, J. K., Schmidt, F. L., & Hayes, T. L. (2002). «Business-unit-level relationship between employee satisfaction, employee engagement, and business outcomes: A meta-analysis». Journal of Applied Psychology, 87(2), p274.

 

Equity

  • Sophie Bourroux et Florian Ménard
  • Private Markets Investor Relations
  • Indosuez Wealth Management Switzerland

Le Private Equity est-il durable ?

Classe d’actifs de plus en plus prisée, les acteurs du Private Equity intègrent désormais dans leurs processus de sélection les enjeux essentiels de la durabilité. Une thématique qui transforme en profondeur ce domaine d’investissement à l’image des autres univers. Mais pour quel impact ?

En l’espace de quelques décennies, le Private Equity est passé du statut d’investissement de niche à celui d’incontournable, au point de devenir essentiel dans une allocation d’actifs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2021, le montant sous gestion d’actifs non cotés atteignait USD 10’000 milliards alors qu’il n’était que de USD 3’000 milliards dix ans plus tôt[1].

Sophie Bourroux et Florian Ménard

Les atouts d’une classe d’actifs en pleine progression

Alors pourquoi un tel succès ? Tout d’abord, pour son potentiel de rendement élevé. Le Private Equity présente généralement des performances supérieures aux investissements traditionnels, car il permet de prendre des participations dans des entreprises non cotées, souvent à un stade de développement plus ou moins avancé, et présentant des projections de forte croissance. Ensuite pour son pouvoir de diversification, les performances étant le plus souvent moins corrélées à celles des marchés financiers. Les investisseurs peuvent également exercer avec le Private Equity un contrôle accru sur le management des entreprises qu’ils financent, ce qui leur permet de jouer un rôle plus actif dans la gestion de leur placement, qui plus est lorsqu’ils sont majoritaires au capital.

Le potentiel du long terme

C’est sans doute pour ces raisons-là, mais aussi parce que le Private Equity est un investissement qui s’inscrit sur le long terme que cette classe d’actifs est particulièrement bien placée pour intégrer efficacement dans sa gestion les critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG). Sachant qu’une participation s’inscrit sur 5 ans en moyenne et que les entreprises non cotées ont plus de temps que les autres pour déployer leur stratégie, on comprend mieux leur latitude à agir de manière à avoir un impact positif. À noter que les petites et moyennes entreprises ont aussi une capacité de transformation plus importante que les grandes capitalisations qui ont généralement plus de difficultés à évoluer rapidement en raison d’une plus forte inertie.

Des investisseurs de plus en plus responsables

Sans compter que le monde a changé. Même si toutes les catégories d’investisseurs n’adhèrent pas encore pleinement aux principes de finance durable, les nouvelles générations et les investisseurs institutionnels ont donné une impulsion sur laquelle il sera difficile de revenir. Ces derniers sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à définir des chartes d’investissements dans lesquelles la part accordée à la durabilité devient fondamentale. Pour les soutenir, l’Association pour les commanditaires institutionnels du capital-investissement (ILPA) a également mis en place des grilles d’analyse permettant d’évaluer les politiques ESG de gérants ou de fonds.

Une pression accrue sur les entreprises

Les contrôles comme les approches d’investissement durable dans le domaine du Private Equity vont également beaucoup plus loin qu’auparavant. Alors que l’on se contenait, il y a peu, de quelques questions sur la thématique ESG lors du processus de due diligence, le suivi se fait désormais « avant, pendant et après » le déploiement de la stratégie, jusqu’à la réalisation du plan de sortie. De la même manière, si les investisseurs se satisfaisaient auparavant de stratégies valorisant des entreprises ayant un bon ‘rating ESG’ ou excluant celles ayant des liens trop marqués avec des industries jugées négatives (armes non conventionnelles, tabac, etc.), ils cherchent désormais à générer un impact plus mesurable, concret et positif sur le terrain. Ceux-ci s’intéressent donc prioritairement aux sociétés responsables dont la création de valeur et la performance financière s’appuient sur la promotion de thématiques et d’activités à vocation environnementale et/ou sociétale (climat, santé, éducation, technologie, alimentation, etc.)

Le défi de la transparence

On le voit, le sujet s’est désormais emparé des marchés privés et les acteurs cherchent à s’organiser. Mais la vigilance reste de mise. Si le Private Equity se positionne de plus en plus sur les thématiques de durabilité, il ne faut pas perdre de vue que la réflexion n’en est qu’à ses débuts. Les choses se mettent en place, mais sont encore appelées à évoluer. Il existe également beaucoup de cadres différents dont il faut tenir compte, certains contraignants, d’autres non.

Chercher à faire du Private Equity durable, c’est effectuer un investissement engagé. Mais pour comprendre la portée de ce geste, il est capital de pouvoir évaluer ce que fait réellement un gérant ou une société. En conséquence, plus on aura de transparence sur leurs actions, plus le respect des critères ESG sera élevé. C’est en tout cas ce que l’on est en droit d’attendre de cet univers en pleine mutation.

 

Indosuez Wealth Management

Indosuez Wealth Management est la marque mondiale de gestion de fortune du Groupe Crédit Agricole. Façonné par plus de 145 ans d’expérience dans l’accompagnement de familles et d’entrepreneurs, le Groupe compte près de 3’000 collaborateurs dans 10 territoires à travers le monde et propose une approche sur mesure permettant à chacun de ses clients de préserver et développer son patrimoine au plus près de ses aspirations. Dotées d’une vision globale, ses équipes apportent conseils experts et service d’exception sur l’un des plus larges spectres du métier, pour la gestion du patrimoine privé comme professionnel. Avec 130 milliards d’euros d’actifs sous gestion (au 31.12.2022), Indosuez Wealth Management figure parmi les leaders mondiaux de la gestion de fortune.

[1] Source : Goldman Sachs – The Private Market « Supercycle » (2022) qui évalue à USD 18’000 milliards , les actifs sous gestion en Private Markets d’ici à 2026.

Transition

  • Olivier Ferrari
  • CEO
  • CONINCO Explorers in finance

Durabilité – Une histoire sans fin

« L’argent est le sang du système économique, peut-on l’humaniser durablement ? »

Sous la pression « de la rue » ou de la Société, les entreprises sont confrontées à l’intégration d’une politique de Responsabilité Sociale des Entreprises qui doit ouvrir un chemin de transition vers un nouveau modèle économique !

 

Le monde de hier n’est pas devenu obsolète !

Les entreprises, la finance, le citoyen sont tous les acteurs du développement et de la transformation de notre mode de vie et, par voie de conséquence, de notre environnement. Des offres de plus en plus « digitalisée » et invasives, ainsi que des actes « compulsifs » d’achats « de mode », sans concession environnementale, entrainent une consommation sans fin des ressources de matières premières aux stocks finis. On pense évoluer, alors même que la globalisation, après une longue période de guerre froide au sortir de la deuxième guerre mondiale, était devenue porteuse de gouvernances prospères. Sept décennies qui ont créé l’illusion ! Une crise sanitaire, une guerre dans une Europe en perte de destin commun, ont fait rejaillir les démons des extrémismes de toute nature. Le monde se barricade à nouveau. Le tout est lié à une crise de logistique, ses interdépendances avérées des sources de productions décentralisées qui n’ont eu de cesse d’exploiter des « mains d’œuvre » corvéables à souhait, pour nous faire acheter plus et moins chers, et augmenter les bénéfices, et … les cours en bourse.

La finance représente la clé de voûte de la réussite de la transition

L’investisseur doit faire un choix entre obtenir un capital qui découle d’une économie réelle ou d’une pure spéculation financière ! Les Conférences des parties sur le climat (COP) ne peuvent pas changer les comportements de 8 milliards de consommateurs. Ces COP sont des réunions annuelles qui dressent un état des progrès réalisés dans la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) et éventuellement à la signature de nouveaux accords plus ambitieux. Dans la mesure où ces conférences ne sont pas contraignantes, chaque État doit prendre des mesures appropriées pour accélérer une transition de plus en plus avérée. Si l’on parle de défendre des valeurs Environnementales, Sociales et de Gouvernances, il convient d’avoir également une création de valeurs économiques et financières. Nous avons construit un monde contre nature, aujourd’hui nous devons le rénover, le reconstruire et le pérenniser. Il convient de sortir des spéculations financières (Madoff, subprimes, FTX, etc.) pour revenir à l’intermédiation qui met en relation l’épargne disponible et l’économie réelle.

Renoncer aux énergies fossiles : le revers de la médaille !

Le développement économique repose sur les matières premières, l’eau et l’énergie. Pour cette dernière nous retenons quelques chiffres des quantités extraites du sol. Les références pour 2021 sont pour les trois énergies fossiles : pétrole 5.215.595.000.000 litres1 ; charbon 7.889.000.000.000 kg2 ou 167,58 exajoules, gaz naturel 4.176.000.000.000.000 de litres3. Celles-ci sont responsables de 36,3 gigatonnes de CO24 ou 36.300.000.000.000 Kg4 de dioxyde de carbone, en hausse de 6% sur un an.

Le remplacement des énergies fossiles, pour produire de l’énergie renouvelable, demande un accroissement d’extraction sans précédent des dites énergies fossiles et de matières premières, pour produire les solutions de substitution. Une réduction drastique de cette consommation ne pourra se faire d’un coup de baguette par les 8 milliards de consommateurs de plus en plus «énergivores».

Changer de paradigme, oui mais !

Le commerce mondial doit permettre d’offrir l’accès à un niveau de vie amélioré pour tous les pays en développement. « Que devons-nous faire? Exploiter nos ressources et nourrir nos enfants et nos petits enfants? Ou les contempler et laisser nos enfants et nos petits-enfants mourir de faim parce que nous devons protéger la planète?»5 La RDC, qui avait signé un accord de 500 millions d’Euros pour préserver ses forêts à la COP26, a lancé un appel d’offres pour 27 champs pétroliers et 3 champs gaziers nouveaux.

Le monde est confronté à une course à la croissance incompatible avec le climat. La Chine construit actuellement 300 centrales de production au charbon, d’une durée de vie de 40 ans, pour assurer ses besoins énergétiques. Selon différentes recherches, l’électricité du pays devrait provenir globalement du nucléaire et des énergies renouvelables d’ici 2050. Nous sommes face à une « guerre du climat » sans concession à court terme.

Quel est le prix de la vie ? Le « Business as usual » semble être une histoire sans fin.  Construire un partenariat avec le secteur privé, les entreprises, le secteur public envers une action climatique peut être une transformation. À condition que les investisseurs changent de paradigme aussi !

 

1bp Statistical Review of World Energy

2https://www.iea.org/data-and-statistics/charts/global-coal-production-2018-2021

3 https://yearbook.enerdata.net/natural-gas/world-natural-gas-production-statistics.html

4Agence internationale de l’énergie (AIE),

5Eve Bazaïba, vice-première ministre et ministre de l’Environnement de la République démocratique du Congo (RDC) pré-conférence sur le climat COP27

 

Olivier Ferrari

CONINCO Explorers in finance

À vingt-deux ans (1983), il développe et dirige un département bancaire de gestion de fortune institutionnelle. En 1990, il fonde CONINCO Explorers in finance SA. Olivier Ferrari est l’auteur de nombreux écrits (articles, livres, éditos, etc.) et invités périodiquement à se prononcer sur des sujets d’actualité par les médias. Il a enseigné pendant plusieurs années pour différents centres de formation continue (ASFIP, ARPIP, IFGP, CRQP, VIRGILE, …), Il est régulièrement appelé comme conférencier en Suisse et à l’étranger. Une analyse et vision de notre société à la fois générales et personnelles avec des voies exploratoires et des propositions que chacun peut s’approprier ont fait l’objet d’une publication en 2016 sous le titre « LA NOUVELLE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE » | ECONOMICA à Paris.

 

CONINCO Explorers in finance SA – Présentation de l’entreprise 

Depuis 33 ans, CONINCO Explorers in finance SA Vevey – Genève – est une société suisse indépendante, spécialisée dans le conseil et la gestion financière. CONINCO et un partenaire reconnu dans la gestion patrimoniale institutionnelle, philanthropique, et le développement durable. CONINCO est agréée par l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA, en tant que gestionnaire de placements collectifs. Depuis 2003 elle s’est engagée dans la durabilité et l’investissement d’impact. CONINCO a intégré tout son savoir en durabilité dans le conseil financier pour les clients désireux d’avoir une démarche propre. CONINCO a également développé des stratégies « Global environnement », « SRI », « Économie circulaire » ainsi que dans les infrastructures et le Private Equity. CONINCO est la direction de « ONE CREATION Société d’investissement d’impact ». CONINCO est signataire des PRI et certifiée B Corp. 

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    • Me Céline Kohler
    • Avocat à la Cour, Barreau de Luxembourg
    • Avocate UE, Commission du barreau de Genève

    Durabilité : un atout pour le conseil en placement ?

    Dans le domaine de la durabilité, les gestionnaires de fortunes collectives et les grandes sociétés, notamment les banques[1], sont confrontés à de nouveaux défis et opportunités. D’ici 2024, trois objectifs principaux sont à atteindre : informer de manière transparente sur les risques climatiques, intégrer les facteurs de durabilité dans le conseil en placement et la gestion de fortune[2], et assurer une coordination internationale pour rester compétitifs.

     

    [1] Nouvelles obligations d’information non financières des art. 964a – 964l CO

    [2] Voir notamment le document « Asset Management durable : les messages essentiels et les recommandations de la SFAMA et de SSF » du 16 juin 2020 et Autorégulation relative à la transparence et à la publication d’informations par les fortunes collectives se référant à la durabilité au 26 septembre 2022 (AMAS)

    Ces objectifs impliquent des changements importants dans les pratiques et les compétences des prestataires financiers. Face à la complexité et à la technicité des mesures à mettre en œuvre, certains peuvent être tentés d’externaliser ces services ou de les négliger. Or, il s’agit d’une erreur stratégique qui peut nuire à leur réputation et à leur performance.

    La solution réside dans la formation continue de leurs collaborateurs et dans l’adaptation de leur organisation interne. Il ne s’agit pas de devenir des experts en environnement ou en social, mais de continuer à exercer leur métier de conseil financier tout en tenant compte des enjeux de durabilité. Cela demande un effort constant et évolutif de connaissance et de veille, ainsi qu’une capacité à dialoguer avec les clients sur leurs préférences durables.

    L’intégration des facteurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans le conseil financier est un enjeu majeur pour les professionnels du secteur. En effet, si la Loi sur les Services Financiers (LSFin) n’impose pas encore de déterminer les préférences ESG des clients privés et de leur proposer des solutions de placement adaptées, la régulation de branche est déjà en place et s’insère implicitement dans le devoir d’information de la LSFin[1]. Mais comment faire pour concilier les attentes du client final en matière de durabilité et de rentabilité ?

    Tout d’abord, il faut savoir que l’intégration des facteurs ESG ne se fait pas de manière isolée, mais s’inscrit dans le processus global de conseil de la LSFin. Ainsi, il n’est pas nécessaire de réaliser une analyse séparée et complexe des informations ESG, mais plutôt de les intégrer dans la description des caractéristiques des solutions de placement ESG. Il s’agit donc d’informer le client sur les différents types de produits durables existants, qu’ils soient d’impact (par exemple un article 9 SFDR), thématiques ou d’engagement, tout en respectant ses objectifs financiers et son profil de risque.

    Ensuite, il faut rappeler que l’investissement durable n’est pas une obligation légale, ni pour le client, ni pour le professionnel. Il s’agit plutôt d’une opportunité, qui peut apporter une valeur ajoutée au portefeuille du client et contribuer à la transition écologique et sociale. Le rôle du conseil est donc essentiel pour créer une incitation à l’investissement durable, en éduquant le client sur les enjeux ESG et en restant neutre sur les choix possibles.

    Enfin, il faut être conscient que l’intégration des facteurs ESG implique un certain savoir de la part du conseil. Celui-ci doit non seulement maîtriser les connaissances de base dans le domaine ESG, mais aussi se tenir informé des différentes règlementations internationales et européennes qui encadrent les produits durables. Il doit également être capable d’évaluer, de manière indépendante, les risques climatiques et d’impact négatif des produits financiers sur les objectifs de développement durable. Pour cela, il peut s’appuyer sur la responsabilité de l’émetteur du produit, qui doit fournir des informations transparentes et vérifiables sur ses critères ESG.

    Dès lors, l’intégration des facteurs ESG dans le conseil financier est un défi qui nécessite une adaptation du processus de conseil de la LSFin, une incitation à l’investissement durable et une expertise ESG. En relevant ce défi, les professionnels du secteur financier peuvent offrir à leurs clients privés des solutions de placement qui répondent à leurs préférences ESG et à leurs besoins financiers et gagner en indépendance et compétitivité.

     

    [1] Le guide pour l’intégration des facteurs ESG dans le processus de conseil auprès des clients privés de l’ASB de juin 2020

     

    Me Céline Kohler

    KOHLER GOTZEV

    Maître Céline Kohler est avocate inscrit aux barreaux de Genève et de Luxembourg.
    Elle conseille des fonds d’investissement, des sociétés de gestion et des professionnels MIFID2/LSFin sur les questions juridiques, réglementaires et de conformité impliquant des aspects transfrontaliers.
    Céline possède une expertise dans les domaines des fonds d’investissement alternatifs, du capital-investissement, du financement du commerce et de l’ESG/SFDR/Taxonomie européenne, du financement climatique et de la compensation carbone et couvre la Suisse, Malte et le Luxembourg.

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