PMS
Etienne de Bejarry
Addepar
« L’expérience digitale s’imposera comme un élément stratégique à part entière. »
Face à la montée en complexité des portefeuilles, à la place croissante des actifs non cotés et à la pression réglementaire, les outils technologiques changent de nature chez les gérants indépendants. Étienne de Bejarry, qui vient d’ouvrir le bureau de la plateforme Addepar en Suisse, décrypte ici les choix d’architecture, d’automatisation et de traitement des données qui redéfinissent leur quotidien.
Par Jérôme Sicard
Quels sont aujourd’hui les principaux axes de recherche et développement chez Addepar ?
L’entreprise consacre plus de 100 millions de dollars par an à la R&D, avec près de la moitié de ses effectifs dédiée au produit, à l’ingénierie et à l’infrastructure de données.
Pour ce qui relève de l’infrastructure de données. Addepar a investi massivement dans une architecture qui repose notamment sur Databricks. Elle permet de traiter plus de 450 flux de données issus de banques dépositaires dans le monde entier. Cette approche vise à garantir une qualité de données élevée, une intégration fluide avec des systèmes tiers et un haut niveau de sécurité, tout en assurant la scalabilité de la plateforme.
Le deuxième axe porte sur l’intelligence artificielle et l’automatisation. Addepar développe des agents intelligents, des chatbots et des outils d’automatisation de workflows destinés à simplifier le quotidien de ses utilisateurs. L’objectif est clair : réduire la charge opérationnelle, limiter les interventions manuelles et permettre aux équipes de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Enfin, un troisième axe stratégique concerne la gestion des actifs alternatifs et privés. Aujourd’hui, Addepar agrège environ 8’000 milliards de dollars d’actifs et 40% sont investis dans des classes d’actifs non cotées. Addepar a développé des solutions capables de lire, analyser et traiter automatiquement les documents émis par les genGPs pour une intégration fiable et continue de ces données complexes.
Quelles solutions développées à l’international vous paraissent particulièrement pertinentes pour les gérants de fortune indépendants en Suisse ?
Les gérants de fortune indépendants évoluent dans un environnement de plus en plus exigeant, qui requiert des outils à la fois puissants et flexibles. C’est précisément sur ce terrain qu’Addepar a concentré une partie importante de ses développements ces dernières années.
La plateforme repose sur une logique de personnalisation avancée. Chaque profil utilisateur — compliance officer, relationship manager, portfolio manager, direction ou risk officer — peut disposer de tableaux de bord, d’indicateurs et de rapports spécifiquement adaptés à ses responsabilités et à ses objectifs. L’outil n’est pas conçu comme un système figé, mais comme un environnement évolutif, capable de s’ajuster dans le temps aux besoins opérationnels des équipes.
Cette flexibilité s’étend également au traitement des actifs alternatifs. Addepar a développé un module Alternative Data Management pour automatiser l’intégration d’investissements souvent transmis sous forme de documents non structurés, envoyés par email. Ces données sont traitées sans intervention manuelle et converties directement en transactions exploitables, ce qui répond à une problématique très concrète rencontrée par de nombreux gérants en Suisse.
Comment expliquez-vous le retard des gérants indépendants suisses en matière de digitalisation ?
Il s’explique en grande partie par l’évolution rapide de leur environnement. Ces dernières années ont été marquées par un durcissement réglementaire, notamment avec l’introduction de la licence FINMA, ainsi que par une complexification croissante des portefeuilles, multi-banques, multi-juridictions. L’intégration d’actifs – produits structurés & alternatifs par exemple – est devenue nettement plus sophistiquée.
Par ailleurs, le métier de gérant indépendant repose historiquement sur la relation humaine, la confiance et la proximité avec les clients. La technologie n’a longtemps été perçue que comme un support secondaire, voire comme une contrainte, plutôt que comme un levier stratégique. À cela s’ajoute le fait que de nombreux outils digitaux ont été considérés avant tout comme des centres de coûts, sans bénéfice immédiat clairement identifiable.
Comment voyez-vous évoluer le marché des PMS en Suisse dans les prochaines années ?
C’est un marché très concurrentiel, ce qui constitue un avantage pour les gérants, qui disposent d’un large éventail de solutions. Cependant, tous les acteurs ne sont pas égaux face aux investissements nécessaires pour intégrer les nouvelles technologies.
À moyen terme, les PMS qui parviendront à s’imposer auront su anticiper les besoins futurs du marché, en investissant de manière significative dans la recherche et le développement. Les gérants devront être en mesure de faire plus avec moins, tout en répondant aux attentes d’une nouvelle génération de clients, plus exigeante en matière de personnalisation, de transparence et d’expérience digitale.
La capacité à proposer des rapports entièrement sur mesure, des interfaces modernes et des applications mobiles adaptées aux usages deviendra un facteur clé de différenciation. Dans ce contexte, l’expérience digitale offerte aux clients finaux s’imposera comme un élément stratégique à part entière.
Comment intégrez-vous les actifs non cotés pour tendre à une vision consolidée des portefeuilles ?
Comme je le disais, près de 40 % des actifs agrégés sur la plateforme sont investis dans le private equity, l’immobilier, les investissements directs ou d’autres actifs réels. Pour répondre aux spécificités de ces classes d’actifs, Addepar a développé des outils qui se connectent directement aux portails des general partners, analysent automatiquement les documents reçus et génèrent les transactions correspondantes dans la plateforme. Cette approche garantit une vision consolidée des portefeuilles avec des données fiables et historisées dans le temps.
En complément, Addepar a mis en place des outils de projection de cash-flows et de liquidité à long terme, reposant sur une vaste base de données anonymisée de fonds privés. Ces fonctionnalités permettent d’effectuer des scénarios réalistes et de proposer des benchmarks de performance pertinents, en fonction des stratégies et des profils d’investissement.
Quelle place accordez-vous à l’intelligence artificielle et à l’analyse prédictive dans un PMS ?
Elle est notamment utilisée pour automatiser le traitement des documents liés aux actifs alternatifs, mais aussi pour alimenter des chatbots capables de répondre à des requêtes complexes à partir des données disponibles sur la plateforme.
Au-delà de ces premiers cas d’usage, Addepar travaille sur l’automatisation de workflows opérationnels complets : onboarding des clients, contrôles réglementaires, réconciliations de données bancaires. L’objectif est de fluidifier les processus et de réduire significativement les tâches manuelles.
À terme, l’IA jouera un rôle central dans le périmètre fonctionnel des PMS, tout en restant encadrée par une validation humaine. Il ne s’agit pas de remplacer l’expertise des professionnels, mais de la renforcer, en leur donnant des outils capables d’améliorer l’efficacité, la fiabilité et la prise de décision.
Etienne de Bejarry
Addepar
Étienne de Bejarry occupe depuis juin 2025 les fonctions de Senior Account Executive chez Addepar, dont il pilote le développement commercial en Suisse. Addepar, plateforme tech pour les professionnels de l’investissement, a ouvert en octobre son bureau suisse à Genève. Après une solide expérience acquise dans le secteur du conseil en management, Etienne de Bejarry a travaillé ces cinq dernières années chez WealthArc où il a mis en œuvre et dirigé la stratégie commerciale.
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Facteur de transformation majeur dans les services financiers, l’intelligence artificielle bouleverse à la fois les organisations, les métiers et le marché de l’emploi. Automatisation des processus, montée en puissance de la data, évolution des compétences : Julie Guittard et Mathieu Raynot en analysent ici l’impact concret sur la place financière suisse.
Par Jérôme Sicard
Comment est-il possible d’évaluer aujourd’hui l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi dans les services financiers en Suisse ?
L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme profondément les modes de réflexion et de travail dans l’ensemble des secteurs économiques. Nous ne sommes encore qu’au début de mutations structurelles majeures, qui redéfiniront durablement le marché de l’emploi en Suisse comme à l’international. Les services financiers – banque, gestion d’actifs et assurance – sont particulièrement concernés par ces évolutions, car ils reposent largement sur des processus quotidiens répétitifs, fortement axés sur les données, ainsi que sur un volume important de tâches administratives et de support.
C’est précisément dans ces domaines que l’IA déploie aujourd’hui son potentiel. Elle permet l’automatisation de nombreuses tâches routinières, améliore sensiblement l’analyse des données, génère des contenus de synthèse personnalisés, facilite la traduction automatisée et adapte la communication au profil du client. L’IA remodèle également la relation entre les institutions financières et leurs clients, notamment à travers la création de chatbots disponibles en continu, ou des processus KYC de plus en plus digitalisés. En banque privée, elle facilite la préparation des reportings, la traduction instantanée et une communication plus fine et plus personnalisée.
Nous observons déjà certaines suppressions de postes, principalement dans les fonctions de type support, administratif et juridique. Cette évolution ne peut toutefois pas être attribuée uniquement à l’IA. Elle s’inscrit dans un contexte plus global, marqué par des tensions géopolitiques et économiques, des ajustements de taux d’intérêt, ainsi que par une consolidation importante des secteurs de la banque, de la finance et de l’assurance en Suisse. Elle s’est nettement accélérée au cours des trois dernières années. L’ensemble de ces facteurs contribue à un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi financier. Les recrutements existent toujours, mais ils se concentrent désormais sur des profils très spécialisés. En parallèle, de nombreux candidats disponibles présentent des profils devenus trop généralistes ou trop orientés back-office, avec une exposition limitée aux compétences en intelligence artificielle et aux nouveaux outils désormais requis.
Quel impact spécifique l’IA aura-t-elle sur les fonctions de back-office, d’opérations et de compliance ?
Ces fonctions figurent parmi les plus exposées aux transformations en cours. D’un côté, l’IA augmente nettement la qualité, la rapidité et la fiabilité de ces activités, en les alignant sur des standards professionnels beaucoup plus élevés qu’auparavant. Elle contribue ainsi à une forme d’institutionnalisation des processus, avec des normes, des contrôles et des capacités techniques renforcés.
De l’autre côté, cette évolution exerce une pression accrue sur les collaborateurs, qui doivent aujourd’hui maîtriser à la fois les compétences techniques propres à leur métier et les avancées en matière de technologie, d’automatisation et d’IA. Les postes très segmentés de back-office, déjà en déclin depuis une dizaine d’années, ont été progressivement remplacés par des fonctions plus transversales, telles que les Business Analysts ou les Project et Process Managers, permettant de réduire significativement la taille des équipes opérationnelles. L’IA représente aujourd’hui un second palier de transformation, qui s’intègre directement dans les tâches quotidiennes des opérations et de la compliance et renforce fortement la dimension data et analytique de ces fonctions.
Sommes-nous plutôt dans la transformation des métiers ou dans la suppression d’emplois ?
La question n’oppose pas transformation des métiers et suppression d’emplois. Les deux dynamiques coexistent. Le déploiement de l’IA ouvre indéniablement des opportunités d’apprentissage, de montée en compétences et de création de nouveaux rôles. De nombreuses fonctions opérationnelles ont déjà intégré des outils d’automatisation ou d’analyse intelligente, permettant des gains de temps significatifs et une amélioration de la performance.
Dans le même temps, cette évolution s’accompagne d’une réduction des postes reposant principalement sur des processus manuels ou très répétitifs. Cette tendance touche désormais les départements informatiques. L’arrivée d’outils capables de générer du code ou d’assister fortement le développement réduit la charge de travail de certains développeurs et remet en question la nécessité de maintenir des équipes aussi étoffées qu’auparavant. Dans plusieurs institutions, les équipes IT ont été réduites de manière significative ces douze à vingt-quatre derniers mois, et cette évolution se reflète clairement dans le marché de l’emploi, avec une baisse marquée des offres dans ce domaine.
Quelles compétences deviennent indispensables pour rester employable dans les services financiers à l’ère de l’IA ?
Le marché de l’emploi se complexifie rapidement, et il devient indispensable de développer des compétences en phase avec les nouvelles exigences technologiques et opérationnelles. Deux grandes voies se dessinent aujourd’hui.
La première consiste à se spécialiser dans des fonctions à forte valeur ajoutée, soutenues par la formation continue et des certifications professionnelles, afin de compléter les capacités offertes par l’IA. Cette spécialisation s’accompagne souvent d’une hybridation des compétences, combinant expertise financière, maîtrise des outils numériques et compréhension des cadres réglementaires.
La seconde voie concerne les profils davantage orientés vers la relation client et le développement commercial. La capacité à instaurer une relation de confiance, à accompagner des clients privés ou institutionnels sur le long terme et à comprendre leurs besoins complexes reste un atout central. Dans ces métiers, la dimension humaine demeure irremplaçable, d’autant plus sur la place financière suisse.
À l’inverse, une partie des fonctions administratives et opérationnelles constitue aujourd’hui le segment le plus exposé à l’automatisation à moyen terme, avec un risque réel de disparition progressive de certains postes dans les dix à quinze prochaines années. Cela représente le « ventre mou » du marché, et doit être pris au sérieux tant par le secteur privé que par les pouvoirs publics.
Voyez-vous émerger de nouveaux profils ou de nouveaux métiers liés à l’IA dans la finance ?
Oui. Les profils les plus recherchés sont désormais des experts métiers capables de maîtriser les outils d’IA et de les intégrer concrètement dans leur activité quotidienne. On observe l’émergence de nouveaux rôles, tels que les AI Business Analysts intégrés aux équipes opérationnelles, les spécialistes data et IA dans les départements risques, conformité ou investissement, les experts en modélisation prédictive, en gouvernance et qualité des données, ainsi que les professionnels de la cybersécurité.
Une part importante des métiers de 2030 n’existe pas encore, et les cycles de transformation s’accélèrent fortement depuis la crise du Covid, l’IA venant s’ajouter à des évolutions déjà engagées, comme le télétravail ou la digitalisation des processus.
La Suisse est-elle en avance ou en retard par rapport aux autres places financières ?
La Suisse se situe dans une position intermédiaire. Elle dispose de bases solides, avec des infrastructures robustes, des compétences techniques élevées et un écosystème académique de qualité. En revanche, elle avance souvent de manière plus prudente que d’autres places financières, en raison d’un cadre réglementaire exigeant, d’une culture du risque plus conservatrice et d’une gouvernance parfois plus lente à intégrer les innovations. Les autres places financières sont scrutées également de près. Cette approche privilégie la qualité, la fiabilité et la sécurité, ce qui constitue un avantage compétitif important, notamment en banque privée, en gestion de fortune et en assurance.
L’IA requiert-elle des stratégies spécifiques de déploiement ?
Oui. Le déploiement de l’IA nécessite une vision stratégique claire, une gouvernance rigoureuse des données et une gestion des risques adaptée, avec des mécanismes de supervision humaine. Il implique également une stratégie RH cohérente, intégrant la montée en compétences, l’accompagnement du changement et une communication interne et externe renforcée. Si l’IA transforme profondément les outils et les processus, l’investissement dans le capital humain, les soft skills et la capacité d’adaptation demeure plus que jamais central.
Julie Guittard
Michael Page
Spécialisée dans le recrutement au sein du secteur bancaire et des services financiers en Suisse romande, Julie Guittard est senior manager chez Michael Page. Elle a plus de 14 ans d’expérience dans la gestion de talents. Au cours de sa carrière, elle a dirigé des équipes et couvert un large éventail de postes dans les domaines du risque, de la conformité, de la finance, des investissements, des opérations et du front office pour des banques privées, des asset managers et des gestionnaires de fortune.
Mathieu Raynot
Michael Page
Diplômé d’un Master en Management, Spécialisation Négociation d’Affaires, Mathieu Raynot a rejoint la Division Banking & Financial Services de Michael Page à Genève en 2014. Onze années plus tard, il s’est spécialisé sur les métiers techniques en opérations, en risque & compliance, en investissement et en gestion de fortune pour une clientèle composée de banques privées, de sociétés de gestion, de family offices, d’assets managers, de trusts, de fintechs et d’acteurs de l’assurance. Il accompagne aujourd’hui tant des jeunes diplômés que des profils experts sur ces métiers de la finance, et intervient également dans des écoles et différents cercles économiques locaux.
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La digitalisation du secteur financier en Suisse, très en retard, se joue aussi sur la capacité des banques à repenser leur culture et leurs priorités. Pour Dorothée Borca Dumortier, elles doivent apprendre à fluidifier les parcours et à construire des expériences digitales cohérentes, transparentes sans friction. Dans un environnement où la rapidité, la personnalisation et la data redéfinissent les règles du jeu, elles sont désormais tenues de conjuguer agilité technologique et intelligence relationnelle.
Par Jérôme Sicard
Dans le récent classement mondial de Deloitte sur le digital et le secteur bancaire, la Suisse a chuté au 27e rang. Comment expliquez-vous ce recul alarmant ?
Ce classement reflète une réalité : la Suisse excelle peut-être dans les domaines de la sécurité et de la conformité, mais elle a tardé à investir dans l’expérience utilisateur et l’agilité technologique. Or, l’enjeu est colossal. D’ici 2048, ce sont environ 85’000 milliards de dollars qui vont être transférés entre générations. Les héritiers de ces fortunes ont des attentes radicalement différentes en matière d’expérience digitale. Les banques et institutions financières qui ne se transforment pas maintenant risquent tout simplement de louper le coche.
Dans quelle mesure le legacy des core banking systems freine-t-il la digitalisation des services financiers en Suisse ?
Il freine considérablement, mais pas de manière insurmontable. Le vrai problème n’est pas technique – il est selon moi plus culturel et organisationnel. Les banques doivent faire évoluer leur état d’esprit pour « raisonner client », en cherchant constamment à retirer toute friction dans le parcours, sans se laisser limiter par les contraintes techniques. Beaucoup de banques suisses manquent encore d’un processus end-to-end entièrement digitalisé pour l’ouverture de comptes, perdant des clients durant le tout le cycle onboarding. Trop d’institutions semblent attendre la solution parfaite plutôt que d’adopter une approche modulaire. Chez IG, nous avons fait le choix inverse : privilégier le progrès à la perfection, avec une architecture ouverte supportant des APIs sophistiquées, des protocoles multiples comme FIX ou Bloomberg EMSX, et une intégration progressive qui permet des solutions en temps réel. Le legacy se contourne par l’agilité et une approche pragmatique centrée sur l’expérience utilisateur.
Qu’est-ce qui distingue aujourd’hui les digital champions dans les services financiers, et plus particulièrement dans la gestion de fortune ?
Trois éléments font la différence : la rapidité d’exécution et de décision, la capacité à personnaliser l’expérience de chaque client grâce à une exploitation intelligente des données, et surtout, la création de cycles vertueux où chaque interaction génère de la valeur et renforce la relation client. Mais ce qui sépare vraiment les champions des autres, c’est leur proposition de valeur. Elle doit être claire, différenciante, et immédiatement perceptible par le client. Dans la gestion de fortune, ceux qui gagneront demain seront ceux qui orchestreront des écosystèmes digitaux où conseil, trading et analyse de données sont intégrés de manière fluide – tout en délivrant une expérience utilisateur irréprochable à chaque point de contact.
Vous-même IG Bank, où pensez-vous avoir pris le plus d’avance ?
Notre avance se situe dans deux domaines concrets. D’abord, l’exécution en temps réel. Nos clients tradent sur plus de 17’000 instruments financiers avec une latence minimale et une transparence sur les prix et l’exécution. Ensuite, l’innovation produit : nous développons actuellement une approche de segmentation client entièrement repensée, basée sur l’engagement réel plutôt que sur des critères statiques. C’est notre direction stratégique – créer une expérience qui évolue avec l’activité du client et qui récompense l’engagement, pas simplement le volume d’actifs.
Deloitte insiste sur la nécessité d’un « mobile-first mindset » et d’une expérience utilisateur « future proof ». Comment faut-il le comprendre ?
« Mobile-first » ne signifie pas simplement adapter un site web à un écran plus petit. C’est concevoir l’expérience complète pour des utilisateurs qui attendent une réactivité instantanée, une navigation instinctive, et surtout, une continuité parfaite entre mobile, desktop et API. « Future proof » signifie bâtir une architecture qui s’adapte aux comportements émergents – voice, AI agents, embedded finance – sans refonte complète à chaque innovation. L’embedded finance permet d’intégrer des services de trading directement dans d’autres applications, comme votre outil de gestion patrimoniale, sans jamais en sortir. Ces tendances continueront à se développer. Les banques doivent impérativement rester pertinentes face à une génération qui a grandi avec Netflix, Uber et Amazon.
Comment travaillez-vous concrètement sur la fluidité, la personnalisation et la conformité de vos parcours digitaux ?
Nous avons engagé un travail de fond sur trois axes simultanés, avec l’obsession de raisonner client. La fluidité d’abord. Nous avons lancé un processus de cartographie systématique de nos parcours clients pour identifier et éliminer les frictions. Notre démarche consiste à remettre en question chaque clic superflu, chaque formulaire redondant, chaque délai injustifié. Le client doit atteindre son objectif dans le minimum de temps et d’étapes possible. Ensuite la personnalisation. Nous travaillons sur la capacité à délivrer le bon contenu analytique au bon moment. Nos analystes produisent des contenus riches – analyses de marché, perspectives sectorielles, webinaires – et notre enjeu est de les acheminer de manière pertinente selon les intérêts et l’activité de chaque client. Enfin la conformité. Nous sommes en train d’accélérer nos processus digitaux KYC/AML, avec pour objectif de réduire les délais et la complexité pour le client tout en maintenant la rigueur réglementaire. Le défi est de transformer ce qui est perçu comme une contrainte administrative en une étape fluide du parcours client. C’est là que l’UX fait toute la différence.
L’étude Deloitte souligne également le rôle stratégique de la personnalisation dans la conversion des interactions digitales en revenus. Comment, chez IG Bank, abordez-vous la donnée client et l’intelligence artificielle pour y parvenir ?
Nous travaillons à développer une approche pragmatique et progressive. L’intelligence artificielle chez IG doit servir trois objectifs mesurables. L’anticipation du comportement client, l’optimisation des interactions, et la personnalisation de l’expérience. En tant que plateforme digitale execution-only, nous ne faisons pas de recommandations d’investissement, mais nous proposons un contenu analytique riche produit par nos analystes. L’IA nous permettra d’acheminer le bon contenu au bon moment – qu’il s’agisse d’analyses de marché, de webinaires ou d’insights sectoriels – pour que chaque trader puisse prendre ses décisions de manière informée. La clé n’est pas d’accumuler des données – c’est de construire les systèmes qui les transforment en actions commerciales concrètes générant des revenus mesurables, tout en renforçant la proposition de valeur perçue par le client.
Que faut-il changer rapidement pour que les gestionnaires de fortune en Suisse – banques privées, multi-offices, gérants indépendants… se découvrent enfin une vocation de « digital champions » ?
Le digital doit devenir une priorité stratégique au même titre que la performance des portefeuilles. Pour les gérants indépendants et family offices, cela signifie investir dans des solutions qui automatisent le reporting, simplifient l’agrégation des données et fluidifient la conformité. Tout ce qui libère du temps pour le conseil à haute valeur ajoutée.
Il faut repenser également les indicateurs de succès. Intégrer des KPIs centrés sur le client : Net Promoter Score, taux d’adoption des plateformes digitales, satisfaction par parcours. Ces métriques doivent être intégrées aux tableaux de bord stratégiques. Ce qui n’est pas mesuré n’est pas amélioré.
Enfin, il faut accepter qu’on ne peut pas tout construire seul. Le dilemme build versus buy doit être tranché pragmatiquement : développer les compétences cœur de métier, mais s’ouvrir massivement aux partenariats pour le reste. API banking, outils de visualisation patrimoniale, solutions de reporting enrichi – tout existe déjà.
L’urgence est là. La croissance explosive des néo-banques qui cassent les codes traditionnels montre que les attentes ont radicalement changé. Si l’industrie suisse ne se transforme pas dans les 2-3 prochaines années, ces capitaux migreront ailleurs. La Suisse a toujours su se réinventer – l’horlogerie l’a fait, la pharma l’a fait. La gestion privée en est capable aussi.
Dorothée Borca Dumortier
IG Bank
Forte de 20 ans d’expérience partagée entre banque privée et finance digitale, Dorothée Borca Dumortier est la CEO d’IG Bank., où elle pilote le développement et la vision stratégique de la banque. Elle en était auparavant la Chief Commercial Officer. Dans ces fonctions, elle a façonné la stratégie commerciale tout en renforçant l’expérience client et la performance organisationnelle.
Avant de rejoindre IG en 2020, Dorothée Borca Dumortier a évolué dans des postes de direction chez HSBC Private Bank — où elle s’est spécialisée dans la gestion de clients HNWI et institutionnels en Suisse, Europe, Royaume-Uni et Moyen-Orient — ainsi que chez Piguet Galland, où elle se consacrait aux Gérants Indépendants.
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Avec l’acquisition de la banque genevoise Thaler, Indosuez Wealth Management a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de développement. Plus qu’une opération de croissance externe, cette intégration illustre la volonté du groupe de renforcer sa présence en Suisse tout en élargissant sa base de clientèle à l’international, notamment au Benelux. L’essentiel étant, pour Isabelle Jacob-Nebout, de privilégier la cohérence du modèle.
Par Jérôme Sicard
Dans quel cadre stratégique s’inscrit l’acquisition de la banque Thaler ?
L’acquisition de Thaler s’inscrit dans une logique très claire de développement. Elle renforce notre présence à Genève et nous ouvre une clientèle de grande qualité, essentiellement au Benelux. Elle complète donc parfaitement notre dispositif actuel. Nous y voyons là un potentiel de croissance important. Cette opération vient dans le prolongement de l’acquisition de Degroof Petercam qui est désormais la marque sous laquelle nous opérons en Belgique. Nous ne cherchons pas à multiplier les acquisitions, mais à enrichir notre proposition de valeur pour nos clients. Thaler illustre cette approche : elle nous permet de consolider notre position en Suisse tout en préparant l’avenir avec une structure locale, forte et reconnue.
En dehors des trois milliards d’AUM, qu’apporte Thaler au dispositif existant d’Indosuez ?
La valeur de Thaler ne se résume pas à ses encours. La banque a su rassembler avec le temps une équipe de grande qualité, composée de professionnels expérimentés, très proches de leurs clients. Leur expertise est complémentaire à la nôtre et s’intègre parfaitement dans notre organisation. Thaler nous apporte aussi une culture entrepreneuriale et agile, qui est précieuse dans un marché aussi compétitif que le nôtre. De notre côté, nous apportons l’accès à toutes les possibilités offertes par les différents métiers et implantations du Groupe, ainsi qu’à notre offre Private Markets et nos capacités de financement.
Comment se conduit, concrètement, l’intégration d’une banque comme Thaler, que ce soit sur le plan culturel ou opérationnel ?
Intégrer une banque, ce n’est pas seulement une question de systèmes ou de processus, c’est avant tout une question de personnes. Nous avons choisi une approche progressive, en prenant le temps de comprendre la culture de Thaler et de préserver ce qui en fait la valeur. Pour les collaborateurs comme pour les clients, il est essentiel de sentir une continuité et une stabilité, même au cœur du changement. Sur le plan opérationnel, bien sûr, nous travaillons à harmoniser les systèmes informatiques, la conformité, les process de contrôle et de gestion. Mais nous veillons à ne pas détruire ce qui fait la spécificité de Thaler : sa proximité avec les clients, son agilité, sa rapidité de décision. Réussir une intégration, c’est justement trouver l’équilibre entre la robustesse d’un grand groupe et la souplesse d’une structure entrepreneuriale.
En dehors de la croissance externe, quels sont aujourd’hui les axes stratégiques sur lesquels vous articulez le développement d’Indosuez ?
Notre stratégie repose sur trois grands piliers. D’abord, la personnalisation et la proximité. La gestion de fortune reste avant tout une affaire de confiance et de relation humaine. Nous voulons que chaque client se sente écouté, compris et accompagné dans sa singularité. Ensuite, l’innovation et la digitalisation. Nos clients attendent des outils modernes, fluides et sécurisés, qui leur permettent de suivre et de gérer leur patrimoine avec simplicité, tout en donnant à nos conseillers les outils nécessaires pour les accompagner. Enfin, la durabilité. C’est au cœur de l’ADN du groupe Crédit Agricole, et cela répond à une attente forte de nos clients. Ils veulent que leurs investissements aient du sens, qu’ils soient alignés avec leurs valeurs, et nous devons leur proposer des solutions responsables, transparentes et performantes.
Quels sont les ambitions du groupe Crédit Agricole pour Indosuez ?
Elles sont importantes. L’objectif est d’en faire un acteur mondial dans la gestion de fortune, à partir d’un modèle solide et responsable. Ce qui implique une croissance sélective, une présence renforcée sur nos marchés clés comme la Suisse, mais aussi des investissements massifs dans la technologie, la digitalisation et les talents. Nous devons également nous montrer exemplaires sur la durabilité et les critères ESG, qui deviennent des facteurs de différenciation majeurs. Le Crédit Agricole est un actionnaire solide, qui nous apporte la stabilité et la vision à long terme qui sont indispensables pour porter ces ambitions. Du point de vue d’Indosuez, c’est une opportunité formidable de se développer tout en restant fidèle à nos valeurs.
Où en êtes-vous de votre progression sur le marché suisse ?
Il est au cœur de notre stratégie. Avec l’acquisition de Thaler, nous avons renforcé notre présence à Genève, mais nous investissons également à Lugano et à Zurich. Nous avons ainsi recruté récemment une équipe de six banquiers pour couvrir le marché tessinois. Ce sont trois pôles complémentaires, qui nous permettent de couvrir ce marché dans toute sa diversité, en adressant à la fois une clientèle locale et internationale. Nos intentions sont claires. Indosuez entend s’affirmer comme un acteur de premier plan en Suisse, reconnu pour la qualité de ses services, la solidité de son groupe, et sa capacité à gérer le patrimoine de ses clients dans toutes ses dimensions.
Quelles sont les conditions à remplir aujourd’hui pour être un acteur mondial sur le marché de la gestion de fortune ?
Il faut réunir plusieurs conditions. D’abord, avoir une taille critique. Sans cela, il est impossible d’investir dans la technologie, la conformité, les talents, qui sont autant de leviers indispensables. Ensuite, la capacité à rester proche des clients. La taille ne doit jamais se faire au détriment de la personnalisation : nos clients veulent un service humain, adapté à leurs besoins, pas une approche standardisée. Il faut pouvoir accompagner les clients dans leurs investissements en actifs réels et financiers, comme dans leurs besoins de financement, ce qui distingue un acteur universel d’un pure player au bilan et aux compétences moins étoffées dans ce domaine. Enfin, il faut un engagement fort dans la durabilité. C’est devenu un critère de confiance, mais aussi un facteur d’attractivité pour les générations futures. Les clients veulent savoir où et comment leur argent est investi. Les acteurs qui sauront conjuguer ces trois conditions – la solidité, la proximité et la responsabilité – sauront s’imposer à l’avenir.
Isabelle Jacob-Nebout
Indosuez Wealth Management
Depuis mars 2020, Isabelle Jacob-Nebout dirige l’activité Wealth management de CA Indosuez (Switzerland). Dans le cadre de ses fonctions, elle figure également au comité exécutif de la filiale suisse du groupe. Avant de rejoindre la banque, elle a occupé différents postes au sein du groupe BNP Paribas. Isabelle est diplômée de l’Inseec, à Paris. Elle a ensuite approfondi sa formation en finance et en marketing à l’Université de Californie, à Berkeley. Isabelle est également membre du conseil d’administration de l’Institut Supérieur de Formation Bancaire (ISFB) à Genève.
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DNB Asset Management, filiale à 100 % du Groupe DNB, vient d’ouvrir un bureau de représentation à Zurich, placé sous la responsabilité de Christoph Salzmann, aux côtés de Michael Bächtiger. Cette implantation marque une étape clé dans la stratégie de croissance de DNB, qui entend se positionner comme une véritable « boutique alpha » sur le marché suisse.
Par Jérôme Sicard
Quel rôle allez-vous assumer chez DNB Asset Management à Zurich?
Avec mon collègue Michael Bächtiger, nous couvre le marché suisse pour DNB Asset Management, tant pour la clientèle wholesale que pour les investisseurs institutionnels. Notre mission est double. Nous voulons développer des relations de long terme et positionner clairement nos stratégies dans un environnement concurrentiel et réglementé. Ce travail implique une présence sur le terrain, des échanges réguliers sur les portefeuilles et une communication transparente sur la performance comme sur les risques.
Quels sont vos produits phares ?
Notre fonds phare est le DNB Fund Technology. Avec environ 12 milliards d’euros d’actifs, il figure parmi les plus grands fonds technologiques mondiaux et il est certainement l’un des plus performants. Nous mettons également l’accent sur le DNB Fund Nordic Small Cap, qui se concentre sur les entreprises scandinaves innovantes, en croissance. Notre présence historique dans la région nous vaut aussi une expertise reconnue sur les obligations nordiques. Pris dans leur ensemble, les marchés nordiques, les stratégies thématiques et l’investissement durable forment notre cœur de compétences et créent des complémentarités utiles dans la construction de portefeuilles.
Quelles solutions DNB sont, selon vous, les plus adaptées au marché suisse ?
La stratégie du DNB Fund Technology, en place depuis 2001, offre un profil risque/rendement attractif. Il allie une surperformance sur le long terme à une volatilité contenue. Grâce à son approche High Conviction / Contrarian — la capacité assumée de se positionner parfois à contre-courant — il se distingue nettement d’autres fonds dans sa catégorie. Quant au DNB Nordic Small Cap Fund, il donne accès à des sociétés nord-européennes dynamiques et vient en complément des small caps européennes ou américaines. Plus globalement, nous constatons que le marché nordique s’impose comme une niche de plus en plus recherchée par les investisseurs suisses, aussi bien pour les actions que pour les obligations.
Comment expliquer que le fonds technologique ait dépassé les 10 milliards d’euros d’encours ?
L’équipe de gestion est stable. Sur cette stratégie, les portfolio managers cumulent 78 années d’expérience. L’équipe est encore placée sous la direction des deux gestionnaires qui ont créé le fonds, Anders Tandberg-Johansen et Sverre Bergland. Avec la diffusion de la technologie dans tous les secteurs, l’univers d’investissement s’est élargi et l’équipe s’est structurée autour de cinq spécialistes couvrant des segments complémentaires. Les décisions clés sont collégiales. Cette approche, à la fois ciblée et attentive aux valorisations, a démontré son efficacité dans des phases de marché exigeantes, permettant de surperformer l’indice et de nombreux concurrents sur de longues périodes.
Quelles tendances et priorités guident aujourd’hui ce fonds technologique ?
Le portefeuille se concentre sur des tendances structurelles de long terme : intelligence artificielle, logiciels B2B, infrastructure cloud et cybersécurité. Notre recherche privilégie des modèles d’affaires résilients, des avantages compétitifs tangibles et une croissance soutenable, en évitant les effets de mode. Concrètement, un poids lourd du secteur peut être exclu ou sous-pondéré si sa valorisation est jugée excessive, tandis que des sociétés bien gérées et correctement valorisées sont sélectionnées pour améliorer le couple rendement/risque du fonds.
Comment la gestion du fonds a-t-elle évolué depuis sa création ?
Le fonds figure parmi les leaders mondiaux de sa catégorie. Depuis le lancement de la part Institutional EUR A du fonds UCITS en avril 2014, il a enregistré, au 31 juillet 2025, une performance annuelle moyenne de 19,87 % en euros, avec une volatilité inférieure à 18 % sur les cinq dernières années. Cette constance s’appuie sur une discipline de gestion éprouvée, un processus d’investissement reproductible et un pilotage rigoureux des risques.
Pourquoi DNB a-t-elle choisi d’ouvrir un bureau en Suisse ?
La Suisse occupe une place centrale dans la stratégie d’expansion européenne de DNB Asset Management. Aujourd’hui, notre offre vient compléter celle déjà disponible sur le marché. Les clients suisses recherchent proximité, échanges directs et suivi à long terme. L’ouverture d’un bureau sur place répond donc à ces attentes. Elle permet d’assurer un accompagnement soutenu, adapté, et elle confirme aussi la force de notre engagement.
Comment voyez-vous le développement de DNB en gestion de fortune sur le marché suisse ?
Nous pensons que les atouts de la région nordique et de DNB — stabilité, robustesse, crédibilité — correspondent aux attentes de nombreux investisseurs suisses. Les perspectives sont donc favorables, non seulement pour nos fonds phares, mais aussi pour d’autres stratégies.
Christoph Salzmann
DNB Asset Management
Avant de rejoindre DNB Asset Management, Christoph Salzmann a passé six ans chez Principal Asset Management, où il dirigeait la distribution des fonds pour la clientèle suisse. Il a également occupé différentes fonctions, dans la gestion d’actifs comme dans le wealth management, chez UBS et BNP Paribas Asset Management, où il a pu développer une solide expertise du marché helvétique. À Zurich, pour DNB Asset Management, il codirige désormais, avec Michael Bächtiger, le développement des relations dans le segment wholesale, auprès des banques suisses, gérants indépendants, family offices et investisseurs institutionnels.
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Aymeric Converset vient de rejoindre MBS Capital au poste de directeur général adjoint. Son arrivée souligne la volonté de MBS de consolider son rôle auprès des investisseurs institutionnels et des caisses de pension en Suisse romande, en mettant plus particulièrement l’accent sur les innovations technologiques.
Par Jérôme Sicard
Pour quelles raisons avez-vous décidé de rejoindre MBS capital ?
J’ai choisi de rejoindre MBS Capital parce que son projet à long terme m’a paru singulièrement intéressant. Par ailleurs, je me retrouve pleinement dans les valeurs de l’entreprise et de ses animateurs – intégrité, rigueur, passion et innovation. Entre recherche et analyse, interactions avec les clients et dimension entrepreneuriale, c’est un métier qui se distingue par sa grande diversité. Moi-même, j’apprécie particulièrement les échanges avec de grands acteurs institutionnels et je me réjouis donc de pouvoir collaborer avec une équipe aussi talentueuse que celle de MBS.
Quel est aujourd’hui le périmètre d’activité de MBS Capital ?
MBS Capital accompagne des acteurs institutionnels, principalement en Suisse romande, à chaque étape de leur processus d’investissement. Cela va de la construction de l’allocation stratégique et l’identification des véhicules d’investissement appropriés à la consolidation des portefeuilles, la surveillance des performances et coûts ainsi que le reporting.
Vous avez dirigé la gestion quantitative chez One Swiss Bank : comment comptez-vous mettre cette expertise au service de MBS ?
MBS a toujours cherché à innover et je me réjouis de pouvoir mettre ma passion pour les outils quantitatifs et l’IA au service de l’équipe et de son plan de développement. MBS recrute principalement des personnes ayant une expérience pratique de la gestion. Dans mes nouvelles fonctions, je jouerai également un rôle dans les domaines de la communication et la stratégie d’entreprise, avec beaucoup d’enthousiasme.
Qu’est-ce qui vous intéresse plus particulièrement dans la dimension institutionnelle de la gestion d’actifs ?
Ce qui m’intéresse particulièrement dans la dimension institutionnelle de la gestion d’actifs, ce sont les échanges et le partage d’idées avec les caisses de pension. Pour moi, c’est véritablement le cœur du métier, et c’est un aspect qui me passionne énormément. J’aime aussi beaucoup l’horizon long terme des caisses de pension et les réflexions liées à cette dimension.
Quelles sont vos priorités à court et moyen terme pour renforcer le positionnement de MBS auprès des institutionnels ?
À court terme, ma priorité est de bien comprendre l’ensemble des processus et des méthodologies de MBS afin de pouvoir proposer des améliorations pertinentes. En parallèle, nous discutons actuellement d’une collaboration avec l’Université de Genève pour encadrer des étudiants en Master de Finance. Cela nous permettra d’échanger avec des professeurs de renommée mondiale et de travailler sur des projets en y apportant un regard neuf.
À moyen terme, l’objectif est de contribuer à notre vision stratégique : être un acteur de référence dans l’accompagnement des institutionnels à chaque étape de l’investissement, en s’appuyant sur des solutions technologiques intelligentes.
Vous avez mené des recherches académiques sur un processus de gestion actions qui s’inspire des réseaux de neurones ! Où voyez-vous aujourd’hui l’innovation technologique dans la gestion d’actifs ?
Selon moi, elle se situe surtout dans les outils qui appuient les approches de gestion. Cela inclut l’amélioration des processus grâce à l’automatisation de certaines tâches, notamment via des agents d’intelligence artificielle, la digitalisation et l’amélioration du reporting, ainsi que l’efficacité et la rapidité dans le codage. En revanche, l’IA générative telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est pas encore très efficace pour les calculs complexes et ne bouleverse pas encore la façon d’investir.
Aymeric Converset
MBS Capital
Avant de rejoindre MBS Capital, Aymeric Converset dirigeait Dynagest by One, le pôle Asset management de One swiss bank axé principalement sur les clients institutionnels. Il était également membre du comité executif de la banque. Aymeric a rejoint Dynagest en 2013 comme gérant quantitatif, avant d’être promu en 2016 responsable des stratégies obligataires quantitatives, puis, en 2018, de l’ensemble des stratégies quantitatives. Aymeric Converset est titulaire d’un Master interuniversitaire en finance, délivré conjointement par les Hautes études commerciales (HEC) de Genève, Lausanne et Neuchâtel.
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