Intentions

Solutions EAM

  • Interview Yohann Palleau
  • Directeur
  • NFG Partners

« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée».

Dans un univers en pleine recomposition, celui de la gestion de fortune, Yohan Palleau défend une approche exigeante du multi-family office : indépendance réelle, architecture ouverte et transparence totale sur la performance. À l’heure où les clients comparent et arbitrent de plus en plus, il plaide pour une gestion où la performance ne se proclame plus, mais se mesure et s’audite.

Par Levi-Sergio Mutemba

Le terme de family office est souvent galvaudé. Quelle distinction faites-vous entre multi-family office et gestion patrimoniale classique?

C’est un point crucial. Un vrai family office nécessite une masse critique, généralement au-dessus des 50 millions de francs de capital, pour justifier la complexité des services allant de la fiscalité et de la gestion de portefeuille à la planification successorale intergénérationnelle, voire à des services de conciergerie. Le modèle de multi-family office, tel que nous le pratiquons, permet de mutualiser ces ressources expertes pour plusieurs familles. Cela nous permet d’offrir une ingénierie patrimoniale complète que des structures informelles ou trop petites ne peuvent tout simplement pas assumer professionnellement.

Votre modèle repose sur une architecture ouverte. Pourquoi refuser les fusions au profit de partenariats?

L’indépendance est notre actif le plus précieux. En privilégiant des partenariats stratégiques avec des spécialistes tels que des trustees, des fondations et des experts fiscalistes ou juridiques plutôt que des fusions, nous conservons notre agilité et évitons les conflits d’intérêts. Le cadre réglementaire actuel, défini par la LSFin et la LEFin, impose des standards de conformité particulièrement élevés. Loin d’être une contrainte, cette exigence renforce des structures comme la nôtre et nous permet d’offrir une neutralité totale dans le choix de nos prestataires clés, au seul bénéfice de nos clients.

En matière de communication, vous semblez vouloir casser les codes du marketing traditionnel. Quelle est votre approche?

Nous fuyons le marketing lisse qui manque de substance. Nous souhaitons éduquer le marché en utilisant des formats plus interactifs, comme des interviews directs avec notre CIO et autres membres de notre équipe, pour offrir une lecture décryptée des marchés. La gestion indépendante repose aussi sur la cohérence entre les actes, les analyses et le discours public.

Dans un marché saturé, comment prouvez-vous concrètement que votre performance est supérieure à celle de vos concurrents, notamment les grandes banques privées?

La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée. C’est pour cette raison que nous avons soumis notre track record à Asset Risk Consultants Research, une référence mondiale qui supervise plus de 525’000 portfolios. Le resultat est sans appel: ARC nous a décerné un rating A pour l’intégralité de nos mandats, sur notre track record de 10 ans. Cela place nos performances dans le premier décile au niveau mondial, analysées, par type de mandat et par monnaie de référence, tandis qu’un rating B correspond au premier quartile. Cette rigueur répond à une mutation profonde du marché. Ces dernières années, la performance nette est devenue le critère de survie. Aujourd’hui, les clients n’hésitent plus à quitter leurs banques privées si les résultats ne sont pas au rendez-vous.

NFG Partners a franchi une étape majeure en 2023 avec l’acquisition de Harvard Capital. Quel en était l’objectif stratégique?

L’objectif était de consolider notre crédibilité sur le marché. En intégrant Harvard Capital, et son CIO Glenn Coxon, nous avons acquis un track record solide sur des mandats discrétionnaires. Pour nous, la performance ne doit pas être une promesse, mais un fait vérifiable. C’est pourquoi nous avons fait valider ce track record par ARC. Être positionné dans le premier quartile avec un rating entre B et A nous permet d’établir avec nos clients des relations de totale confiance, loin de l’opacité que l’on reproche parfois aux banques traditionnelles.

Justement, vous parlez de transparence. Est-ce là l’exigence principale de vos clients aujourd’hui?

Absolument. Le client moderne veut comprendre précisément ce qu’il paie. Il accepte de payer un premium, mais seulement s’il est justifié par un service et une performance supérieurs. Notre rôle est d’exercer un devoir fiduciaire renforcé. Nous traitons chaque demande avec une priorité immédiate, à l’image d’un service d’hôtellerie cinq étoiles. Que le patrimoine soit massif ou plus modeste, le niveau d’excellence doit être le même pour tous.

Yohann Palleau

NFG Partners

Yohan Palleau est co-fondateur et directeur de NFG Partners, gestionnaire de fortune basée à Genève et régulé par la FINMA. Spécialisé dans des solutions de gestion de fortune sur un plan international, il accompagne entrepreneurs et familles fortunées dans la structuration et la croissance de leur patrimoine. Passé par BPCE, ACE & Company et Banque SYZ, il combine expertise institutionnelle et approche entrepreneuriale. Yohann Palleau est diplômé de HEC Lausanne et de l’Université de Genève.

 

Sphere

The Swiss Financial Arena

Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Crunching

Solutions EAM

  • Interview Monira Lehbili
  • Data Protection Officer
  • HSBC Suisse

Data: de la contrainte réglementaire au levier d’innovation

Face au durcissement des cadres réglementaires — LPD, FINMA, NIS 2 — la maîtrise des données s’impose désormais comme un impératif stratégique. À l’occasion du lancement d’un nouveau certificat par l’ISFB, Monira Lehbili, experte en protection des données, explique pourquoi la gouvernance ne relève plus de la seule conformité, mais constitue un véritable avantage compétitif et un levier d’innovation pour la Suisse.

Par Levi-Sergio Mutemba

Quelle est la différence entre protection et gouvernance des données?

Ces deux concepts ne peuvent pas être pensés séparément. La gouvernance des données est en effet la mise en œuvre opérationnelle découlant des réglementations comme la loi suisse sur la protection des données, la circulaire FINMA 2023-01 ou NIS 2 et l’AI Act chez nos voisins européens. La gouvernance transforme ces exigences réglementaires en règles concrètes au quotidien. La protection des données se concentre quant à elle sur les données personnelles et le droit des individus. Ces notions sont in fine indissociables. En effet, sans gouvernance, la protection des données reste théorique.

À qui se destine la formation que l’ISFB vient de lancer?

À toute personne confrontée à la manipulation de données dans l’exercice quotidien de sa profession. Cette formation fournit des connaissances opérationnelles en termes de gestion des données. Il ne s’agit pas seulement de comprendre et maîtriser les données, mais également d’exploiter habilement les enjeux liés aux données.

Cette formation est-elle réservée uniquement aux professionnels du secteur bancaire?

Ce sont en effet les cibles prioritaires. Cela dit, toute personne traitant de la donnée dans son quotidien pourra être intéressée, ne serait-ce que pour bien comprendre les enjeux liés à la gestion des données. Il arrive fréquemment que l’on traite des données sans en avoir conscience. En revanche, les informaticiens ne sont pas, de prime abord, les cibles prioritaires d’une formation ayant pour but de prodiguer les fondamentaux en matière de gestion des données. La formation s’adresse plutôt à des personnes novices en matière de données.

Comment est-il possible de traiter de la donnée sans en avoir conscience ? Y a-t-il des cas de figure?

Si l’on se concentre sur les aspects de données personnelles par exemple, d’un point de vue puriste, toute donnée pouvant permettre l’identification d’une personne est une donnée personnelle. Pour prendre un exemple simple, une plaque d’immatriculation constitue une donnée personnelle, dans la mesure où elle permet de reconnaître ou identifier le propriétaire du véhicule auquel est associée la plaque. Dans la pratique professionnelle, le fait que l’on traite de la donnée n’est pas toujours évident. En tant que DPO, j’ai déjà été personnellement confrontée à des cas où des individus pensent ne pas traiter de la donnée alors que c’est le cas.

Dans ce cas, quand peut-on dire que l’on maîtrise les données?

La maîtrise approfondie et adaptée au risque est centrale pour la protection et la bonne gouvernance des données. Dans la pratique professionnelle, elle implique, entre autres, de bien connaître la nature des données que l’on traite, mais également de savoir si elles sont essentielles ou critiques pour l’entreprise, si elles sont à jour et suffisamment protégées. Il est aussi important de connaître leur localisation – ce qui peut susciter quelques surprises, par ailleurs. Il y a énormément d’aspects à prendre en compte, lorsque l’on parle de maîtrise des données. Ce qui me paraît également important de souligner est le fait que ces aspects peuvent s’apprécier au regard des risques que le traitement de la donnée peut lui-même engendrer.

Où situez-vous la Suisse en termes de protection et de gouvernance des données?

La Suisse bénéficie de sa réputation d’excellence, qui repose sur une réalité concrète. Ce qui fait qu’une protection des données solide et une gouvernance fiable offre un véritable avantage compétitif. Lorsqu’une entreprise gère les données de façon structurée et sécurisée, elle devient un choix sûr pour ses partenaires. De plus, lorsque les données sont de qualité, comme c’est le cas pour celles des entreprises, celles-ci catalysent l’innovation et l’exploitation de l’intelligence artificielle. Et ce dans la mesure où l’IA n’est fiable qu’à condition que les données en entrée soient à la fois justes et structurées. Mes collègues informaticiens me disent tous : c’est très simple, garbage in, garbage out.

Monira Lehbili

HSBC Suisse

Monira Lehbili dirige la protection des données pour HSBC Suisse. Experte reconnue sur la place financière, elle a travaillé en tant que Data Protection Officer pour Lombard Odier et BNP Paribas Suisse. Son parcours, alliant audit interne, gestion des risques et gouvernance, lui confère une vision stratégique de la donnée comme levier d’innovation, de conformité et de sécurité cloud/IA.

Sphere

The Swiss Financial Arena

Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

ISFB x SPHERE

Solutions EAM

  • Interview Olivier Roth
  • Data Protection Officer
  • Séminaire Gérants indépendants ISFB x SPHERE

Cybersécurité et droit : cinq fondamentaux pour les gérants indépendants

Face à la montée des cybermenaces et au durcissement des exigences réglementaires, la cybersécurité s’impose désormais comme un enjeu central pour les gérants indépendants. Loin d’être un sujet purement technique, elle touche directement à la gouvernance, à la conformité et à la confiance des clients. Ces questions sont au cœur du module ISFB x SPHERE du 16 février à Genève, dans lequel Olivier Roth, Data Protection Officer, revient sur les cinq fondamentaux qui permettent d’aborder sereinement le sujet.

La cybersécurité n’est plus un sujet réservé aux grandes institutions ou aux experts techniques. Pour les gérants de fortune indépendants et les petites structures financières, elle constitue désormais un enjeu stratégique, à la fois opérationnel, juridique et réputationnel. À l’heure où les cyberattaques se multiplient et où les exigences réglementaires se renforcent, cinq piliers méritent une attention particulière pour inscrire la cybersécurité dans une démarche durable et maîtrisée.

  1. Connaître ses données et ses risques

Toute démarche de cybersécurité commence par une compréhension claire de ce qui doit être protégé. Données clients, informations KYC, documents contractuels ou portefeuilles : leur nature, leur localisation et leur sensibilité doivent être identifiées. Cette cartographie est indispensable pour évaluer les risques réels, prioriser les mesures et répondre aux obligations légales en matière de protection des données.

  1. Sécuriser les accès et les fondamentaux

Les incidents les plus graves trouvent souvent leur origine dans des failles élémentaires : mots de passe faibles ou partagés, accès mal maîtrisés, sauvegardes inexistantes ou non testées. Renforcer ces fondamentaux – gestion des accès, authentification renforcée, sauvegardes fiables – permet déjà de réduire significativement l’exposition aux attaques, sans investissements lourds.

  1. Intégrer les exigences légales dès le départ

La cybersécurité et le droit sont aujourd’hui indissociables. Les cadres réglementaires comme la LFINMA, la LSI, la LPD ou le RGPD imposent des obligations de sécurité, de gouvernance et de traçabilité. Il ne s’agit pas uniquement d’éviter des sanctions, mais de démontrer une gestion responsable des données, capable de résister à un incident et d’en limiter les conséquences juridiques et réputationnelles.

  1. Clarifier les rôles, y compris avec les prestataires

De nombreuses petites structures s’appuient fortement sur des prestataires IT. Cette externalisation ne dispense toutefois pas de responsabilités. Clarifier les rôles, formaliser les attentes en matière de sécurité et comprendre les prestations fournies permettent de sortir d’une relation asymétrique et de conserver un véritable pilotage des risques numériques.

  1. Miser sur le facteur humain et la continuité

Enfin, la technologie seule ne suffit pas. Le facteur humain reste central : phishing, erreurs de manipulation ou manque de vigilance sont à l’origine de nombreux incidents. Sensibiliser régulièrement les collaborateurs, même dans des équipes réduites, et inscrire la cybersécurité dans une démarche continue de gestion des risques est essentiel. La sécurité n’est pas un état figé, mais un processus d’amélioration progressive.

En combinant ces cinq piliers, les gérants indépendants peuvent renforcer leur résilience numérique de manière réaliste et proportionnée, tout en consolidant la confiance de leurs clients et partenaires.

Olivier Roth

Depuis huit ans, Olivier Roth intervient comme Data Protection Officer auprès d’entreprises privées et d’institutions publiques actives notamment dans la finance, la santé, l’énergie, les collectivités publiques et les plateformes digitales. Il est également coach accrédité dans plusieurs programmes d’innovation numérique, tels qu’Innosuisse, et il siège au sein de plusieurs conseils d’administration ou de fondation.

Auparavant, Olivier Roth a dirigé pendant plus de vingt ans les opérations d’une entreprise suisse de services informatiques en lien avec une clientèle bancaire et des gérants indépendants. Il enseigne par ailleurs depuis plus de six ans à l’ISFB, où il s’attache à relier pratique professionnelle et rigueur académique.

 

Informations pratiques

Sensibilisation à la sécurité informatique dans les petites structures

ISFB, 16 février, 13h30

Route des Jeunes 12
1212 Grand-Lancy | Genève

Contenu : Ce module a pour objectif d’aider les gérants indépendants et les petites structures à renforcer leur résilience face aux risques numériques. Chaque participant découvrira les bonnes pratiques essentielles en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles : identification des menaces, mesures de prévention adaptées aux petites organisations, exigences vis-à-vis de des prestataires, obligations légales et réflexes à adopter en cas d’incident…. Ces apports seront directement confrontés à l’auto-diagnostique que chacun aura réalisé sur sa propre entreprise (aucune compétence technique n’est requise). Bref, une approche concrète et pragmatique pour sécuriser son activité, répondre aux exigences en termes de protection des données et renforcer la confiance de ses clients.

Durée : 4h00

Format : Présentiel

Intervenant :  Olivier Roth

Conditions d’admission :

Prix Public par module : CHF 550.-

Prix Membre par module : CHF 410.-

S’inscrire :

Inscription Formation | ISFB

Plus d’informations :

Séminaire Gérants indépendants ISFB x SPHERE | ISFB

 Lionel Blanc

Product Manager

+41 58 414 40 48

lionel.blanc@isfb.ch

 

 

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The Swiss Financial Arena

Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Cadre

Solutions EAM

  • Interview Mario Pfiffner
  • Chief Executive Officer
  • Invest-Partners Wealth Management

« La FINMA gagnerait à mieux intégrer les contraintes structurelles propres aux GFI »

Alors que la régulation s’est fortement renforcée ces dernières années, les gérants de fortune indépendants évoluent dans un cadre de plus en plus exigeant. Mario Pfiffner analyse les limites d’une approche réglementaire uniforme et plaide pour une meilleure prise en compte des réalités structurelles propres aux GFI.

Par Jérôme Sicard

Comment jugez-vous l’état du secteur des gérants indépendants en Suisse ?

La gestion de fortune indépendante en Suisse reste solide et bien ancrée. Elle s’appuie sur une infrastructure financière éprouvée, un cadre politique stable et une forte crédibilité à l’international. L’entrée en vigueur de la LSFin et de la LEFin a clarifié le cadre réglementaire et renforcé la professionnalisation du secteur, tout en accélérant le mouvement de consolidation, notamment parmi les petites et moyennes structures confrontées à la hausse des coûts de conformité, d’audit et de reporting. Malgré une concurrence plus intense et une pression persistante sur les marges, les gérants indépendants suisses conservent de réels atouts, portés par leur expertise, leur indépendance et la proximité avec leurs clients.

Quels sont aujourd’hui les principaux points de friction qui les entravent ?

La contrainte réglementaire reste le principal frein. Elle accroît la complexité opérationnelle et pèse sur les coûts, en particulier pour les petites structures. La pression sur les marges s’intensifie également, sous l’effet de la transparence tarifaire, de la concurrence et de la diffusion de produits à bas coûts. Dans le même temps, les gérants doivent investir dans la tech pour gagner en efficacité et répondre aux attentes des clients, souvent sans disposer de la taille critique nécessaire. À cela s’ajoutent des enjeux de recrutement et de succession. De nombreux professionnels expérimentés approchent de la retraite et les nouvelles générations privilégient des environnements plus flexibles, plus digitaux. Les exigences des clients, enfin, continuent de progresser en matière de transparence, de durabilité et de personnalisation.

Que devrait mieux comprendre la FINMA des réalités auxquelles sont confrontés les gérants indépendants ?

La FINMA gagnerait à mieux intégrer les contraintes structurelles propres aux gérants indépendants, en particulier leur taille et leurs ressources, sans commune mesure avec celles des banques. Des exigences réglementaires uniformes, bien qu’animées de bonnes intentions, génèrent souvent une charge disproportionnée pour les petites structures, au détriment du service client et des priorités opérationnelles. Or, les gérants indépendants sont avant tout des structures entrepreneuriales, détenues par leurs dirigeants et fortement orientées client. Ils jouent un rôle clé dans la concurrence, l’emploi et l’innovation au sein du wealth management suisse. Ils garantissent une réelle diversité et une vraie liberté de choix pour les clients.

Si vous deviez adresser un message clair à la FINMA aujourd’hui, quel serait-il ?

La grande majorité des gérants indépendants exerce son activité de manière responsable et professionnelle, dans l’intérêt de ses clients. Pour ces 1’500 acteurs désormais supervisés, une approche pragmatique, proportionnée et fondée sur les risques s’impose. Considérer l’ensemble du secteur comme un problème potentiel fragilise inutilement des structures bien gérées et dilue l’efficacité de la supervision. Une approche plus différenciée permettrait au contraire de renforcer à la fois la protection des investisseurs et la solidité du secteur.

Quelles évolutions structurelles façonneront le plus le paysage des gérants indépendants au cours des cinq prochaines années ?

La consolidation devrait se poursuivre, sous l’effet de la pression réglementaire et des coûts. La digitalisation et l’automatisation prendront une place centrale. Les systèmes de gestion de portefeuille, l’analyse de données et les outils digitaux orientés clients deviendront des standards pour rester compétitif. L’évolution des attentes des clients jouera également un rôle clé, portée par les transmissions intergénérationnelles, des exigences accrues de transparence et un intérêt croissant pour les solutions durables. Enfin, les partenariats entre gérants indépendants, banques et fintechs devraient se multiplier, offrant un accès à des infrastructures performantes sans remettre en cause l’indépendance.

Comment définiriez-vous le positionnement actuel d’Invest Partners ?

Invest Partners se présente comme une plateforme pour la gestion de portefeuilles, suisse, indépendante, pensée par et pour des banquiers privés et des gérants expérimentés. Organisée en réseau de senior partners, elle propose des standards institutionnels avec une grande souplesse dans les solutions proposées. Une équipe administrative dédiée prend en charge la conformité, le reporting, l’IT et la gouvernance, permettant aux partenaires de se concentrer sur la gestion et la relation client. Transparence, alignement des intérêts et partenariats de long terme constituent l’ADN de la plateforme.

Où identifiez-vous aujourd’hui les principales opportunités de croissance pour Invest Partners ?

Les opportunités viennent de la consolidation du secteur et du nombre croissant de professionnels expérimentés qui veulent gagner en indépendance. Des gérants seniors et des banquiers privés quittent les banques traditionnelles pour davantage de liberté entrepreneuriale et un recentrage sur la relation client. Invest Partners est bien positionné pour les accueillir, avec une plateforme stable, une infrastructure IT moderne et un support complet pour tout ce qui est administratif.

Quel type de soutien Invest Partners offre-t-elle à ses partenaires ?

La plateforme prend en charge l’ensemble des fonctions qui ne sont pas liées à l’investissement, de la conformité au reporting en passant par l’IT et la gouvernance. Une équipe centrale assure le cadre opérationnel, cohérent et robuste, pour que les partenaires puissent se concentrer sur la gestion et la relation client. Ces fonctions évoluent au fur et à mesure, avec davantage de digitalisation et d’automatisation, de manière à gagner en efficacité.

Combien de partenaires comptez-vous aujourd’hui?

Invest Partners compte aujourd’hui 30 partenaires. La croissance est volontairement sélective, avec une priorité donnée au fit culturel et professionnel plutôt qu’à la taille. La plateforme dispose encore de marges de croissance, grâce à une infrastructure évolutive et à un cadre opérationnel très solide.

Quelle est votre approche des marchés privés et des actifs digitaux ?

L’approche reste sélective et guidée par les besoins des clients. Les marchés privés ne sont pas aujourd’hui un axe prioritaire, beaucoup privilégiant la liquidité et la transparence. Les actifs digitaux sont abordés avec prudence, via des produits réglementés et cotés plutôt que des détentions directes, notamment pour des raisons de gouvernance, de valorisation et de liquidité.

Quel type de gérants souhaitez-vous attirer et quel modèle de partenariat proposez-vous ?

Invest Partners s’adresse à des gérants expérimentés à l’esprit entrepreneurial, attachés à leur indépendance et à l’établissement de relations clients sur le long terme. Nous avons réussi à mettre en place un modèle qui combine autonomie et liberté d’action avec une plateforme qui offre une infrastructure et des fonctions de support dans un cadre bien clair, d’abord aligné sur les intérêts des clients.

Quel est votre souhait pour l’avenir du secteur de la gestion de fortune indépendante ?

Le secteur gagnerait à mieux se structurer et à parler d’une seule voix. La fragmentation actuelle entre associations limite son poids dans les discussions réglementaires et politiques. Une représentation faîtière crédible, capable de défendre des intérêts communs et de favoriser les échanges entre acteurs, renforcerait la cohésion, la visibilité et la solidité du secteur à long terme.

Mario Pfiffner

Invest-Partners Wealth Management

Depuis février 2010, Mario Pfiffner travaille chez Invest-Partners Wealth Management à Zurich, où il occupe le rôle de CEO depuis le management buyout opéré en juillet 2019. Dans cette fonction, il assume la direction tout en étant responsable de la plateforme pour les gérants de fortune indépendants. Mario Pfiffner a commencé sa carrière professionnelle à la Banque cantonale de Saint-Gall où, après une formation bancaire et des études en économie d’entreprise à l’école des cadres de Zurich, il a occupé différents rôles de généraliste.

 

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Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Fundy

Solutions EAM

  • Interview Laurent Forestier
  • Chief Operating Officer
  • AtonRâ

« Transformer rapidement une idée d’investissement en un portefeuille cohérent »

Fundy, développée par AtonRâ, pionnier de l’investissement thématique en Suisse, est une plateforme basée sur l’intelligence artificielle, conçue pour accélérer le travail des gérants dans les phases de recherche, d’analyse et de structuration de portefeuilles. Elle vise à réduire la complexité opérationnelle et le temps consacré à l’analyse, tout en améliorant la cohérence et la lisibilité des allocations.

Par Jérôme Sicard

À quels besoins précis avez-vous souhaité répondre avec la création et le développement de Fundy ?

Fundy est née d’un constat très simple, que partagent de nombreux professionnels de la gestion. Les gérants et conseillers n’ont jamais eu à leur disposition autant d’informations, mais ils manquent de temps et d’outils pour les exploiter efficacement. Entre la recherche, l’analyse, la construction de portefeuilles et leur mise en récit auprès des clients, le risque est grand de perdre en cohérence, en réactivité ou en lisibilité.

Avec Fundy, nous avons donc voulu répondre à trois besoins très concrets. D’abord, accélérer la phase de recherche et de construction de portefeuilles, sans sacrifier la rigueur analytique. Ensuite, permettre aux professionnels de structurer leurs thèses d’investissement – qu’elles soient thématiques, sectorielles, géographiques ou quantitatives – de manière claire, mesurable et reproductible. Enfin, leur redonner de la liberté, en évitant les cadres trop fermés ou les solutions qui enferment l’investisseur dans des produits prédéfinis.

L’ambition de Fundy est de fournir un environnement de travail fluide et intégré, capable de transformer rapidement une idée d’investissement en un portefeuille cohérent, explicable et exploitable sur le plan commercial. Un point important : le gérant ou son client conserve sa relation bancaire existante. Fundy apporte l’intelligence, pas la garde des actifs.

Si vous deviez expliquer Fundy en quelques phrases à un gérant, quel serait votre pitch aujourd’hui ?

Fundy est une plateforme professionnelle pensée pour accompagner le gérant tout au long du processus d’investissement, depuis l’idée initiale jusqu’au portefeuille final. Concrètement, elle permet de partir d’une intuition ou d’une conviction et de la transformer rapidement en un portefeuille réellement investissable.

La plateforme offre ensuite une lecture complète de ce portefeuille, en analysant finement ses profils de risque et de performance, tout en le mettant en perspective avec des alternatives ou des benchmarks pertinents. Le tout en quelques secondes, pas en quelques jours.

Quelles sont les principales fonctionnalités de Fundy ?

Les fonctionnalités de Fundy s’articulent autour de quatre piliers essentiels, en phase avec le quotidien des gérants. La plateforme donne d’abord accès à une recherche structurée, conçue pour identifier rapidement des opportunités et nourrir la réflexion d’investissement. Elle permet ensuite de construire et d’ajuster des portefeuilles de manière fluide, en traduisant directement une conviction en allocations concrètes.

À très court terme, la plateforme permettra également d’optimiser instantanément un portefeuille multi-actifs parmi plus de 54’000 instruments  – actions, obligations, crypto, commodités – en moins de deux secondes.

Fundy intègre également des outils de génération d’idées d’investissement, destinés à explorer de nouvelles thématiques et à enrichir les scénarios possibles. Notre intelligence relationnelle) détecte les corrélations cachées au sein des chaînes d’approvisionnement et des dynamiques concurrentielles que les outils traditionnels ne voient pas, dans une approche à la fois rigoureuse et flexible.

Quel univers d’investissement Fundy couvre-t-elle aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Fundy couvre plus de 54’000 instruments, principalement des actions, sans restriction géographique, et permet d’avoir une vision véritablement globale des marchés. La plateforme met toutefois un accent particulier sur certaines thématiques. C’est le cas, par exemple, de la technologie, de la santé ou des grandes transitions énergétiques, dans la mesure où elles structurent de plus en plus les allocations à long terme.

Fundy couvre également les segments small et mid caps, souvent moins bien couverts par les outils traditionnels.

Combien de critères de sélection utilisez-vous pour chaque entreprise ?

Chaque entreprise est analysée à travers plusieurs dizaines de critères. Ils combinent à la fois des données financières classiques, des indicateurs de risque et de liquidité, ainsi que des critères sectoriels et thématiques. Pour les thématiques que nous avons développées, nous y intégrons également des données qualitatives, structurées selon notre propre méthodologie de classification. L’objectif n’est pas d’accumuler les filtres, mais de construire une lecture cohérente, lisible et directement exploitable par le gérant dans son processus décisionnel.

À quel niveau l’intelligence artificielle crée-t-elle le plus de valeur dans Fundy ?

Elle intervient d’abord sur la structuration et la classification des données. Elle aide à transformer des volumes d’informations complexes en éléments lisibles et exploitables. Elle permet ensuite d’accélérer considérablement les phases d’analyse. Pour donner un ordre de grandeur : une analyse de qualité institutionnelle qui coûtait plusieurs milliers de francs et plusieurs jours de travail peut désormais être générée à la demande pour quelques francs, en quelques secondes.

Enfin, elle joue un rôle important dans la génération d’idées d’investissement, en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion. L’IA n’a toutefois pas vocation à décider à la place du gérant. Elle sert plutôt à accroître ses capacités.

Envisagez-vous, à terme, d’ouvrir Fundy au fixed income ?

Le fixed income est déjà partiellement couvert dans notre univers d’investissement. Nous poursuivons l’extension de cette couverture, mais c’est une classe qui soulève des défis spécifiques, notamment en matière de qualité des données, de liquidité et de structuration des instruments. Plutôt que d’élargir trop rapidement notre spectre, nous privilégions une montée en puissance progressive, avec l’objectif de proposer, le moment venu, un niveau de qualité, de cohérence et de profondeur d’analyse équivalent à celui que nous avons déjà atteint sur les actions.

Quel est le modèle économique sur lequel repose Fundy ?

Aujourd’hui Fundy est accessible à nos utilisateurs beta gratuitement, puisque nous sommes toujours en phase de test avancé, avec un lancement prévu au premier trimestre 2026. À terme, nous envisageons un modèle B2B qui dépendra largement des fonctionnalités que nous mettrons à la disposition de nos futurs utilisateurs, qu’ils soient gérants indépendants, banquiers privés, family offices ou institutionnels.

Comment Fundy se différencie-t-elle des robo-advisors ou des plateformes existantes ?

La différence est fondamentale. Un robo-advisor propose des allocations standardisées, souvent limitées aux ETFs, dans une logique de « black box ». Fundy, au contraire, donne au gérant le contrôle total. Il construit sa propre stratégie, choisit ses instruments et exécute en un clic auprès de son dépositaire existant.

Quelles sont vos prochaines étapes ?

Nous voulons d’abord accélérer l’adoption de Fundy auprès des professionnels de la gestion, en renforçant sa visibilité et son usage au quotidien. En parallèle, nous poursuivons l’enrichissement des fonctionnalités d’analyse et d’optimisation, tout en accordant une attention constante à la simplicité, à la rapidité et à l’ergonomie de l’interface.

Nous avançons également sur des intégrations avec les outils qu’utilisent déjà les gérants, tels que des PMS, des plateformes d’exécution ou des solutions partenaires de structuration de produits.

Plus largement, comment voyez-vous évoluer la construction et la gestion de portefeuilles au cours des prochaines années ?

Nous allons clairement vers une gestion de plus en plus personnalisée, portée par le développement de l’advisory et par des attentes accrues des clients en matière de transparence. Les décisions d’investissement devront non seulement se traduire par de la performance, mais aussi être compréhensibles, traçables et justifiables.

Dans ce contexte, la technologie et l’intelligence artificielle s’imposeront comme des outils d’aide à la décision incontournables, sans pour autant se substituer au rôle du gérant. On assistera parallèlement à un recul des produits indiciels ou trop standardisés au profit de solutions construites sur mesure, en fonction des convictions et des contraintes spécifiques de chaque client, mais à un coût bien plus compétitif.

Laurent Forestier

Atonra

Depuis maintenant cinq ans, Laurent Forestier officie chez Atonra en tant que Chief Operating Officer. Après avoir débuté sa carrière dans l’aluminium, il a d’abord rejoint Lombard Odier en 2001 comme chef de projet senior, puis il en a dirigé les opérations nord-américaines depuis Montréal, à partir de 2011. De retour en Suisse, il a intégér Edmond de Rothschild en 2016 comme responsable du client & business management pour la banque privée suisse. Laurent Forestier est titulaire d’un MSc en ingénierie de l’ETH Zurich.

 

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  • Interview Olivier Roth
  • Data Protection Officer
  • Séminaire Gérants indépendants ISFB x SPHERE

« Pour inscrire la cybersécurité dans une démarche continue de gestion des risques. »

Le programme de formation ISFB x SPHERE destiné aux gérants de fortune indépendants se poursuit le 16 février à l’Institut Supérieur de Formation Bancaire, à Genève, avec un module consacré à la cybersécurité, devenue aujourd’hui un enjeu majeur pour les GFI. Olivier Roth en présente les grandes lignes.

Dans quelle mesure la cybersécurité est-elle devenue un enjeu prioritaire pour les gérants indépendants ?

Elle est devenue aujourd’hui un enjeu critique pour les gérants indépendants, au même titre que la conformité réglementaire ou la gestion des risques financiers. Les gérants manipulent des données confidentielles voire sensibles – informations clients, KYC, informations portefeuilles – à partir de structures souvent légères, parfois fortement externalisées. Cette combinaison les rend particulièrement exposés aux cyberattaques, qui sont de plus en plus ciblées, automatisées et opportunistes.

Par ailleurs, le renforcement des obligations légales et les attentes plus élevés des clients font de la sécurité informatique un facteur déterminant de crédibilité et de pérennité pour les GFI.

Quelles failles ou vulnérabilités observez-vous le plus souvent chez eux ?

Les vulnérabilités les plus fréquentes sont rarement liées à des technologies complexes, mais plutôt à des fondamentaux insuffisamment maîtrisés. On observe souvent une gestion des accès perfectible, des mots de passe faibles ou partagés, des sauvegardes mal configurées ou non testées, ainsi qu’un manque de visibilité sur les données réellement détenues et leur localisation.

À cela s’ajoutent une dépendance forte aux prestataires IT, parfois sans cadre contractuel clair, et une faible formalisation des responsabilités en matière de sécurité et de protection des données.

Comment votre module aide-t-il concrètement les gérants à traiter ces risques ?

Le module propose une approche pragmatique et progressive, spécifiquement conçue pour les petites structures. Il permet d’identifier les risques majeurs, de comprendre les scénarios d’attaque les plus courants et de mettre en place des mesures simples mais efficaces, immédiatement activables.

L’objectif n’est pas de transformer les participants en experts techniques, mais de leur donner une méthode pour prioriser les actions, renforcer les bases de leur sécurité et structurer une première feuille de route réaliste, adaptée à leurs moyens et à leur activité.

Pourquoi est-il essentiel d’intégrer les dimensions réglementaires comme la LPD et le RGPD dans ce programme ?

La cybersécurité et la protection des données sont aujourd’hui indissociables. Les exigences de la LPD et du RGPD imposent non seulement des obligations juridiques, mais aussi une logique de gouvernance, de responsabilité et de traçabilité.

Comprendre ces cadres réglementaires permet aux gérants de mieux appréhender leurs responsabilités, d’anticiper les risques juridiques et réputationnels, et de dialoguer de manière plus structurée avec leurs partenaires, clients ou autorités. La réglementation tend ainsi à jouer un rôle structurant, au-delà d’une simple contrainte formelle.

Quelle place occupent les comportements humains et la sensibilisation des collaborateurs dans la prévention des incidents informatiques ?

Le facteur humain est central. Une grande majorité des incidents de sécurité trouve son origine dans des comportements à risque : phishing, mots de passe réutilisés, mauvaises pratiques de partage de fichiers ou manque de vigilance.

La sensibilisation des collaborateurs – y compris dans des équipes très réduites – est donc un pilier fondamental de la prévention. Le module insiste sur les bons réflexes, la compréhension des menaces courantes et la responsabilisation de chacun, car la meilleure technologie reste inefficace sans une culture de sécurité partagée.

Comment un gérant peut-il évaluer son niveau de maturité en matière de cybersécurité ?

L’exercice consiste d’abord à se poser les bonnes questions : quelles données sont traitées, où sont-elles stockées, quelles personnes y ont accès, quelles mesures de protection existent et comment réagir en cas d’incident.

Le module fournit des grilles et des critères simples permettant aux gérants d’autoévaluer leur niveau, d’identifier leurs points faibles et de situer leur organisation sur une trajectoire d’amélioration progressive, sans approche anxiogène ou disproportionnée.

Comment ce module permet-il aux participants de mieux dialoguer avec leurs prestataires IT sans être des experts techniques ?

L’un des objectifs clés est de redonner aux gérants une capacité de pilotage. En comprenant les concepts essentiels, les enjeux de gouvernance et les bonnes pratiques, ils peuvent poser les bonnes questions, challenger les propositions de leurs prestataires et clarifier les responsabilités de chacun.

Il ne s’agit pas de remplacer les experts, mais de sortir d’une relation asymétrique, où la technique devient opaque, pour instaurer un dialogue éclairé et constructif.

Quel est le premier réflexe que tout gérant devrait adopter à l’issue de cette formation ?

Le premier réflexe est de passer de la prise de conscience à l’action structurée. Cela signifie identifier ses priorités, formaliser quelques règles claires – notamment sur les accès, les sauvegardes et les données – et inscrire la cybersécurité dans une démarche continue de gestion des risques.

La sécurité n’est pas un état figé, mais un processus. Ce module vise précisément à donner aux gérants les clés pour l’engager de manière réaliste, autonome et durable.

Olivier Roth

Depuis huit ans, Olivier Roth intervient comme Data Protection Officer auprès d’entreprises privées et d’institutions publiques actives notamment dans la finance, la santé, l’énergie, les collectivités publiques et les plateformes digitales. Il est également coach accrédité dans plusieurs programmes d’innovation numérique, tels qu’Innosuisse, et il siège au sein de plusieurs conseils d’administration ou de fondation.

Auparavant, Olivier Roth a dirigé pendant plus de vingt ans les opérations d’une entreprise suisse de services informatiques en lien avec une clientèle bancaire et des gérants indépendants. Il enseigne par ailleurs depuis plus de six ans à l’ISFB, où il s’attache à relier pratique professionnelle et rigueur académique.

 

Informations pratiques

Sensibilisation à la sécurité informatique dans les petites structures

ISFB, 16 février, 13h30

Route des Jeunes 12
1212 Grand-Lancy | Genève

Contenu : Ce module a pour objectif d’aider les gérants indépendants et les petites structures à renforcer leur résilience face aux risques numériques. Chaque participant découvrira les bonnes pratiques essentielles en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles : identification des menaces, mesures de prévention adaptées aux petites organisations, exigences vis-à-vis de des prestataires, obligations légales et réflexes à adopter en cas d’incident…. Ces apports seront directement confrontés à l’auto-diagnostique que chacun aura réalisé sur sa propre entreprise (aucune compétence technique n’est requise). Bref, une approche concrète et pragmatique pour sécuriser son activité, répondre aux exigences en termes de protection des données et renforcer la confiance de ses clients.

Durée : 4h00

Format : Présentiel

Intervenant :  Olivier Roth

Conditions d’admission :

Prix Public par module : CHF 550.-

Prix Membre par module : CHF 410.-

S’inscrire :

Inscription Formation | ISFB

Plus d’informations :

Séminaire Gérants indépendants ISFB x SPHERE | ISFB

 Lionel Blanc

Product Manager

+41 58 414 40 48

lionel.blanc@isfb.ch

 

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