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Par Jérôme Sicard
Responsable de la gestion de portefeuille chez Sound Capital, Christian Luchsinger s’est concentré en grande partie sur l’optimisation des processus au cours de ces dernières années. Avec l’objectif d’accroître l’efficacité opérationnelle, une figure imposée pour que les clients disposent au final de solutions d’investissement de tout premier ordre.
Dans le domaine du portfolio management que vous dirigez chez Sound Capital, où avez-vous réalisé les transformations les plus importantes ces dernières années ?
L’une de nos avancées les plus significatives a été la mise en place d’un nouveau PMS, avec lequel nous avons pu rationaliser les opérations, améliorer la précision de nos données et accroître notre efficacité. Nous pouvons aujourd’hui gérer les portefeuilles des clients avec une plus grande finesse. Grâce au rééquilibrage automatisé, nous maintenons les portefeuilles alignés sur les allocations cibles, nous minimisons les interventions manuelles et réduisons les risques opérationnels. Cette automatisation nous permet de réagir rapidement aux évolutions du marché, de maintenir les profils risque/rendement souhaités et de proposer des solutions sur mesure aux clients.
De plus, nous avons développé des portefeuilles modèles standardisés pour toutes les stratégies. C’est pour nous la garantie d’une approche d’investissement cohérente, d’un historique et un d’alignement des performances sur les objectifs des clients, tout en conservant la flexibilité nécessaire à la personnalisation des portefeuilles individuels.
Nos intégrations bidirectionnelles avec les banques dépositaires facilitent l’exécution transparente des ordres, l’échange efficace de données et l’amélioration de la communication avec les dépositaires. De cette façon, nous avons considérablement accru l’efficacité opérationnelle avec à la clé un meilleur niveau de service à nos clients.
Dans quelles directions souhaitez-vous faire évoluer vos process ?
Notre priorité est d’améliorer l’efficacité et de nous concentrer davantage sur les priorités des clients ainsi que sur la prise de décision. Grâce au logiciel PMS que nous avons implémenté, nous voulons automatiser la génération et l’exécution des ordres, rationaliser les opérations, et assurer la cohérence des transactions dans tous les domaines.
Quels outils ou solutions technologiques avez-vous intégrés pour optimiser vos processus ?
Nous utilisons Assetmax comme PMS, pour rationaliser les tâches clés telles que le reporting, la conformité et l’analyse de portefeuille, et optimiser ainsi nos travaux d’exécution. L’intégration par Assetmax de solutions telles que Performance Watcher rend pour nous le PMS encore plus utile, en réduisant les interventions manuelles et le risque opérationnel. En outre, le terminal Bloomberg nous donne accès à des données de marché en temps réel, à des outils d’analyse et de négociation, avec lesquels notre équipe dispose des informations nécessaires pour prendre des décisions d’investissement éclairées et apporter une valeur ajoutée au comité d’investissement. En intégrant ces technologies, nous avons optimisé les opérations et libéré des ressources, ce qui nous permet de nous concentrer sur la prise de décisions stratégiques et la mise en œuvre d’un service client exemplaire.
En matière de gestion de portefeuille, quels sont les éléments que vous considérez comme essentiels aujourd’hui ?
Offrir des rendements attrayants ajustés au risque, tirer parti de l’intégration technologique pour plus d’efficacité, assurer une conformité réglementaire stricte, maintenir une approche centrée sur le client avec des solutions personnalisées, et s’adapter en apprenant continuellement.
Quelles évolutions majeures anticipez-vous dans les années à venir ?
L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique joueront un rôle plus important dans l’amélioration des décisions d’investissement et de l’évaluation des risques. Les avancées technologiques aboutiront à des solutions d’investissement encore plus personnalisées, ce qui nous permettra d’adapter les portefeuilles au plus près des besoins de chaque client. En parallèle, nous prévoyons des changements continus dans le paysage réglementaire, ce qui nécessitera une capacité d’adaptation aux nouvelles normes de conformité et de transparence.
Dans quelle mesure l’optimisation de vos process influence-t-elle le développement de vos stratégies d’investissement ?
L’intégration de solutions technologiques et l’automatisation libèrent bien évidemment du temps et des ressources, que nous mettons à profit pour nous concentrer sur les clients, identifier les meilleures opportunités de marché et affiner nos stratégies d’investissement. En fin de compte, l’optimisation des processus nous permet non seulement d’accroître notre efficacité opérationnelle, mais aussi d’aller vers plus de sophistication dans nos stratégies d’investissement.
Christian Luchsinger
Sound Capital
Christian Luchsinger est responsable de la gestion de portefeuille chez Sound Capital où il officie depuis maintenant cinq ans. Il est responsable du développement de l’offre d’investissement et membre du comité exécutif. Avant de rejoindre Sound Capital en 2019, Christian a travaillé pour Credit Suisse, Julius Baer puis Falcon Private Bank. Au cours de sa carrière, il s’est principalement concentré sur les services aux tiers gérants, l’advisory et la gestion de portefeuille. Christian Luchsinger est diplômé de la Haute école des sciences appliquées de Zurich où il a obtenu un Bachelor in Business Administration – Banque et Services Financiers. Il détient également la certification CFA.
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Par Jérôme Sicard
Pour soutenir leur dynamique de croissance, les sociétés de gestion cherchent de plus en plus à recruter de nouveaux relationship managers, à débaucher des banquiers privés, voire à récupérer des desks complets. Un exercice plus complexe qu’il n’y parait, où un projet d’entreprise solide, un business plan réaliste et une compréhension claire des attentes de chacun sont essentiels pour réussir.
A quoi doit ressembler le pitch des sociétés de gestion qui veulent recruter de nouveaux relationship managers, voire intégrer de nouvelles équipes, dans une logique de croissance externe?
Pour attirer les talents les plus qualifiés, il est essentiel de clarifier précisément la proposition de valeur. Aujourd’hui, avec près de 1’400 autorisations délivrées par la FINMA à des gestionnaires de fortune, autant de propositions de valeur distinctes existent sur le marché. Il est donc crucial de donner du poids au pitch, sans toutefois se méprendre : la rémunération, et éventuellement la possibilité d’entrer au capital, resteront des facteurs décisifs dans le choix des candidats.
Qu’entendez-vous par proposition de valeur?
La société de gestion doit justifier son recrutement en le replaçant dans un plan stratégique. Attirer un relationship manager ou un banquier privé aujourd’hui nécessite avant tout de présenter un projet d’entreprise solide, soutenu par une vision à long terme. Il est crucial de stimuler son esprit entrepreneurial, de lui donner envie de construire et de grandir ensemble. Valoriser son apport en le plaçant dans un contexte précis, où il pourra s’épanouir et servir ses clients de manière optimale, est primordial.
La mise en place d’une culture collaborative, fondée sur la confiance, l’assurance d’avoir un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, notamment par des options telles que le télétravail, sera déterminante pour convaincre un candidat.
Il est également essentiel d’insister sur les outils à disposition. À l’ère du digital, disposer de technologies avancées est indispensable pour améliorer l’efficacité des RMs, qu’il s’agisse de la gestion de portefeuilles, de l’analyse de données ou des plateformes de communication avec les clients.
A quel type de packages s’attendent les relationship managers ou les banquiers éventuellement prêts à bouger?
Il y a jusqu’à cinq variables, qui rentrent aujourd’hui dans un package. Ça commence avec le salaire de base qui se situe la plupart du temps entre 150 et 250’’000 francs. A cette rémunération initiale s’ajoutent les bonus, qui peuvent représenter jusqu’à 100% du salaire de base. Viennent ensuite les participations aux bénéfices, les avantages sociaux – assez souvent négligés dans les offres – et enfin les primes à l’ancienneté ou bonus de rétention. Il peut s’agir entre autres de participations aux bénéfices qui augmentent au fil des années.
Quels points vous semblent décisifs dans un recrutement?
Des risques sont pris de part et d’autre. Chacun doit en être pleinement conscient. Pour les minimiser, il faut qu’il y ait une compréhension réciproque des leviers de motivations. Dans les dossiers que nous traitons, nous voyons passer beaucoup de banquiers qui saturent de leur environnement bancaire. Il ne ressemble plus à celui qu’ils ont connu à leurs débuts. Ils ne se sentent plus alignés à la politique d’organisation. Le généraliste disparaît en effet pour laisser la place à des profils nettement plus spécialisés, dans la gestion de portefeuille, la fiscalité ou le wealth planning. Ces seniors ont bien évidemment envie de bouger pour retrouver leurs repères mais ils savent qu’ils prennent des risques en sortant du système et ils s’attendent en retour à une compensation financière ou à une pleine autonomie.
D’après les retours que vous obtenez, dans quelle mesure chacune des parties doit-elle modérer ses attentes?
Pour chaque recrutement, il y a toujours un business plan qui sert de base de réflexion. Or, il vaut mieux se montrer prudent sur ce qu’il contient et savoir le pondérer car la réalité s’écarte assez vite du postulat de départ. La question clé repose bien évidemment sur le temps nécessaire au transfert du portefeuille Clients. Certains gérants se donnent trois à six mois, au grand maximum pour voir le book arriver. D’autres, qui ont les reins un peu plus solides, peuvent patienter davantage, de douze à dix-huit mois. Reste à voir également quelle proportion du book sera récupérée au final, autrement dit ce que la banque réussira à conserver ou non. Voilà ce en quoi chacun doit modérer ses attentes. Mais je pense que les acteurs concernés sont moins naïfs aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a encore quelques années.
Quels sont les grands pièges à éviter pour les uns et les autres?
Il ne faut pas sous-estimer l’adéquation culturelle qui doit s’établir entre les deux parties. En rejoignant un gérant indépendant, un banquier privé change d’univers. Il se retrouve du jour au lendemain dans des structures plus légères qui n’ont pas forcément les mêmes ressources, que ce soit en termes de personnel, de prestataires ou d’outils. Beaucoup se voient obligés de sortir de leur zone de confort. Côté sociétés de gestion, des relationship managers peuvent avoir de jolis portefeuilles clients mais se trouver dans l’incapacité de les développer, par manque de compétences commerciales pures. Il est donc indispensable que tous fassent preuve de réalisme en fonction des possibilités et des moyens financiers qu’offre ou non la structure.
Où-recrutez-vous, pour les banques privées ou les sociétés de gestion qui vous le demandent?
Essentiellement dans les banques. C’est le vivier le plus important en ce moment, là où nous voyons le plus de mouvements. La disparition de Credit Suisse a eu un certain impact, de même que la reprise en cours de Société Générale Private Banking Suisse par UBP, mais nous constatons aussi un réel mécontentement chez les banquiers les plus expérimentés, âgés de plus de cinquante ans. Ce sont donc des cibles prioritaires. Dans une moindre mesure, nous nous intéressons aussi aux candidats au départ chez les gérants indépendants. Aux lendemains de la mise en application de la LSFin/LEfin plusieurs structures montrent en effet des signes de vieillissement, ou d’essoufflement. Je comprends que des relationship managers aient alors la volonté de poursuivre leur carrière dans des structures plus pérennes.
En règle générale, nous ne recrutons que très peu à l’étranger. Que ce soit à Genève ou à Zurich, nous opérons sur un marché très local.
Quelles mesures doivent prendre les banques pour limiter la fuite des talents?
De fait d’une sophistication de plus en plus importante des clients et d’un besoin croissant des banques de les retenir, ces dernières n’ont d’autre choix que de forcer une collaboration entre banquiers et experts métiers, notamment pour la partie investissements. C’est une tendance inéluctable. Il est donc difficile de retenir des banquiers privés qui ont longtemps opéré en solo et qui sont tenus désormais de se fondre dans un collectif.
Je crois que les banques aujourd’hui ont plutôt intérêt à se concentrer sur les collaborateurs plus jeunes, à les former, à leur financer des troisièmes cycles et à les engager sur le long terme avec des plans de carrière qu’ils ne trouveront pas forcément chez un gérant indépendant. En soi, les banques ont déjà beaucoup à gagner en s’assurant la fidélité de plus jeunes collaborateurs, qui présentent un fort potentiel.
Sur quel type d’opérations travaillez-vous en ce moment?
Nos clients, principalement des banques ou des sociétés de gestion, nous sollicitent de plus en plus pour acquérir des desks complets, avec relationship managers, hunters, farmers, assistantes et advisors. Pouvoir récupérer des desks complets sécurise le client. Ensuite, à un autre échelon ce sont toujours les fonctions risque et compliance qui nous occupent beaucoup, avec des demandes pour des profils très spécialisés selon les zones géographiques ou les typologies de risque.
Julie Guittard
Michael Page
Spécialisée dans le recrutement au sein du secteur bancaire et des services financiers en Suisse romande, Julie Guittard est senior manager chez Michael Page. Elle a plus de 14 ans d’expérience dans la gestion de talents. Au cours de sa carrière, elle a dirigé des équipes et couvert un large éventail de postes dans les domaines du risque, de la conformité, de la finance, des investissements, des opérations et du front office pour des banques privées, des asset managers et des gestionnaires de fortune ainsi que pour des family offices.
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Par Jérôme Sicard
Lors du EAM Day organisé par Sphere à Genève, Cédric Cazes a dirigé le panel consacré aux risques d’externalisation, aux côtés de Jenny Hennessy, Marc Lemaire et Henri Corboz. Il livre ici les points clés d’une discussion qui n’est pas près de se clore.
Quels sont donc les points clés à retenir de la discussion de ce panel sur les risques d’externalisation que vous avez animé, lors de notre EAM Day à Genève ?
L’externalisation offre très certainement des avantages aux gérants indépendants, mais elle comporte aussi des risques. En choisissant des prestataires fiables, en établissant des contrats clairs et en maintenant une surveillance régulière, les gérants peuvent maximiser les bénéfices tout en réduisant les risques. Une approche proactive et une supervision adéquate sont essentielles pour ceux qui externalisent des services critiques. Voilà ce qui m’a semblé essentiel.
Quels sont les risques les plus significatifs rencontrés par les gérants dans l’externalisation de certains services ?
Les principaux risques liés à l’externalisation de ces services comprennent la perte de contrôle, les problèmes de confidentialité des données, les risques de non-conformité réglementaire et les interruptions de service. En externalisant la compliance, pour prendre cet exemple, un gérant de fortune dépend de la compétence et de la diligence de son prestataire pour respecter des réglementations complexes, en constante évolution. De même, externaliser imprudemment les services IT peut exposer l’entreprise à des cybermenaces et des interruptions techniques.
De quels moyens disposent les gérants pour atténuer ces risques ?
Il existe plusieurs stratégies pour les atténuer. Premièrement, il est crucial de sélectionner des prestataires dignes de confiance, qui se présentent avec une solide expérience et des références vérifiables. Ensuite, il faut établir des contrats clairs et détaillés qui définissent les attentes, les normes de performance et les responsabilités de chaque partie. Par ailleurs, il est essentiel de mettre en place des mécanismes de surveillance et d’audit pour s’assurer que le prestataire respecte ses obligations. Enfin, les gérants de fortune doivent s’assurer que les prestataires disposent de mesures de sécurité robustes pour protéger les données sensibles.
Vous attendez-vous à une surveillance accrue du régulateur sur les fonctions externalisées ?
Il est à prévoir que le régulateur renforce sa vigilance et n’autorise l’externalisation qu’en lui associant des exigences strictes en matière de responsabilité, de contrôle et de transparence. Cependant, des contradictions apparaissent souvent en pratique. Bien que bénéfique sur les plans opérationnels et financiers, l’externalisation créée des risques supplémentaires, nécessitant des mesures qui augmentent la complexité et la charge administrative. Les gérants de fortune doivent donc bien veiller à équilibrer les avantages de l’externalisation et les exigences réglementaires croissantes.
Pour les gérants indépendants, quelles sont aujourd’hui les limites à l’externalisation ?
Il en existe un certain nombre. Je vais citer les principales. L’intégration technologique : les solutions externes peuvent ne pas bien s’intégrer, entraînant inefficacités et surcoûts. Le manque de flexibilité : les contrats à long terme limitent la capacité d’adaptation rapide aux changements. Les coûts cachés : l’externalisation peut entraîner des frais supplémentaires imprévus. La perte de compétences en interne : l’externalisation peut en effet réduire les compétences internes, et affecter la réactivité. Et l’impact sur la relation client : la dépersonnalisation des services peut diminuer la qualité de l’accompagnement.
L’externalisation est-elle un frein à la création de valeur ?
Dans les sociétés de gestion, l’externalisation vise à améliorer l’efficacité et à réduire les coûts, mais il est vrai que son impact sur la création de valeur est un sujet qui fait débat. Les avantages se trouvent dans la réduction des coûts, l’accès à des spécialistes et la flexibilité opérationnelle. Les gérants sont alors en mesure de se recentrer sur leur cœur de métier tout en s’adaptant rapidement aux évolutions du marché.
Cependant, l’externalisation comporte des risques, comme la perte de contrôle et une dépendance excessive aux prestataires, pouvant freiner le développement de certains domaines d’expertise et limiter l’innovation en interne. Pour maximiser la création de valeur, une gestion équilibrée et une évaluation précise des fonctions à externaliser sont essentielles Tout est question d’équilibre, le gérant doit rester maitre de son modèle d’affaire et opérationnel afin de pouvoir s’adapter aux challenges qu’il rencontre dans le secteur financier.
Cédric Cazes
CMB Monaco
Cédric Cazes présente un parcours éclectique. Au cours des vingt dernières années, il a exercé au sein d’un groupe britannique, ainsi que dans une banque privée, à Monaco et en Suisse. Par la suite, il a rejoint une fintech suisso-monégasque en tant que Partner, où il a consacré trois ans à l’édition de logiciels destinés aux gérants et aux multi family offices. Plus récemment, il a pris les rênes du département des gérants de fortune et des MFO pour CMB Monaco, dans le cadre de son développement international. Diplômé en finance, ressources humaines et audit interne, il a également obtenu un master en stratégie.
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Dans le nouvel environnement que façonne la LSFin/LEFin, la question des successions est devenue cruciale pour de nombreux gérants indépendants. Dans cette interview, Carine Frick Delaloye explore ce sujet sous l’angle de la valorisation, en mettant l’accent sur la profitabilité des actifs.
Quels sont les indicateurs ou métriques clés généralement utilisés pour évaluer une société de gestion?
Lors de l’évaluation d’une société de gestion, l’accent est mis principalement sur les actifs gérés et le chiffre d’affaires. Ces chiffres clés doivent toujours être considérés dans le contexte du ROA, le rendement des actifs. Le portefeuille de clients joue également un rôle central. À cet égard, la structure d’âge des clients, le volume moyen des encours, le nombre de clients ainsi que les risques potentiels de concentration et la répartition géographique sont importants. Un autre aspect essentiel est la question du temps pendant lequel le cédant aidera l’entreprise à conserver ses clients.
Par ailleurs, il faut rester à l’écoute du marché.
Les actifs sous gestion constituent de toute évidence un indicateur clé, mais ils n’en demeurent pas moins un facteur d’incertitude. En cas de vente, il n’est pas garanti que les clients restent fidèles au nouveau propriétaire. En substance, la valeur d’une société est étroitement liée aux relations avec les clients et à leur chiffre d’affaires. De nos jours, une licence FINMA n’a pas nécessairement une valeur spécifique, car elle ne constitue qu’une condition préalable pour accéder au marché.
Quels sont les problèmes qui se posent lorsque la valorisation est basée uniquement sur l’EBITDA ?
Beaucoup de gérants déduisent souvent leurs bénéfices sous forme de salaire, de bonus ou de dividendes. L’EBITDA s’en voit réduit d’autant. Dans bien des cas, cela le rend peu pertinent comme base de valorisation, et c’est plus particulièrement vrai pour les petites structures opérées par leurs propriétaires. En fait, ce sont encore et toujours les clients qui forment le véritable capital, tandis que la société elle-même n’est souvent qu’une simple ‘enveloppe sous licence’.
Quels autres modèles de valorisation recommanderiez-vous ?
Comme je viens de le mentionner, la vraie richesse d’une société de gestion de fortune, ce sont ses clients et sa capacité à les transférer en d’autres mains. C’est pourquoi le ROA nous semble être le modèle d’évaluation le plus juste et le plus pertinent. Tant le portefeuille de clients que le rôle du cédant y jouent un rôle clé.
Comme je viens de le mentionner, la vraie richesse d’une société de gestion de fortune, ce sont ses clients et sa capacité à les transférer en d’autres mains. C’est pourquoi le ROA nous semble être le modèle d’évaluation le plus juste et le plus pertinent. Tant le portefeuille de clients que le rôle du cédant y jouent un rôle clé.
Les jeunes entrepreneurs ne sont pas principalement intéressés par la reprise des actifs de l’ancienne génération d’EAM, mais plutôt par une participation aux revenus. Cette participation aux revenus offre une plus grande sécurité, car elle est axée sur la rentabilité des clients et non sur les actifs gérés, qui pourraient ne pas être maintenus à long terme. En outre, les jeunes entrepreneurs sont prêts à assumer les obligations réglementaires de l’ancienne génération, ce qui devrait également être pris en compte dans l’évaluation.
Comment mesurez-vous la rentabilité d’un portefeuille de clients ?
Comme nous en avons parlé plus tôt, le ROA, autrement dit la profitabilité des encours gérés, est le principal indicateur. Il faut toutefois prêter attention aux structures de clients, comme les family offices, qui gèrent plus souvent des portefeuilles moins rentables pour les membres de la famille. Or, ces portefeuilles sont importants pour la fidélisation des clients, la rétention à long terme et la croissance. La rentabilité doit donc être considérée dans le contexte global des relations clients et ne pas se limiter à des portefeuilles individuels.
Sur quelle base les actifs gérés sont-ils actuellement négociés ?
Tout dépend encore une fois du portefeuille Clients et des modèles de frais qui y sont associés. Ils jouent un rôle essentiel dans l’équation. Pour prendre un exemple, le ROA des clients suisses peut être nettement inférieur à celui des clients internationaux. Nous observons actuellement qu’un ROA de 0,8 % peut conduire à un prix compris entre 1,5 et 2 %, à condition que le cédant réussisse à conserver les clients pendant encore deux à trois ans.
Quels sont les facteurs qui influencent l’évaluation de ces actifs à la hausse ou à la baisse ?
Le portefeuille clients, qui inclut la structure d’âge et la répartition géographique, joue un rôle crucial dans la détermination du prix. De plus, l’implication du cédant est essentielle pour assurer une transition en douceur. Bien que je reste quelque peu sceptique quant à l’influence significative des pays clients sur le prix, il convient de noter que des licences spéciales, notamment celles requises pour des pays comme l’Afrique du Sud, les États-Unis et le Canada, peuvent accroître la valeur de la société. Ces licences sont souvent coûteuses et difficiles à obtenir.
Par ailleurs, l’organisation même de la société constitue un élément fondamental. Des facteurs négatifs, tels que des problèmes de legacy, ou des rapports de due diligence peu concluants, peuvent entraîner une baisse significative du prix. À l’inverse, un plan de transmission du patrimoine bien élaboré par les clients peut accroître la valeur, car il assure stabilité et continuité à long terme.
Comment un gérant peut-il mieux valoriser ses actifs au fil du temps ?
Une approche judicieuse consiste à envisager combien on serait prêt à payer pour ces actifs en tant qu’acheteur, tout en réfléchissant à la manière d’assurer la fidélité des clients à long terme. Il faut donc aborder des questions telles que la planification de la succession pour ses propres clients et l’élargissement de l’offre afin de renforcer la loyauté de la clientèle. La valorisation devrait également prendre en compte la rentabilité et la tarification – entre banque dépositaire et GFI, par exemple – et, le cas échéant, prévoir des ajustements pour optimiser le ROA. »
Carine Frick-Delaloye
Aquila
Carine Frick-Delaloye a entamé son parcours professionnel au Credit Suisse en 1999. A partir de juin 2008, elle a occupé différents postes de direction dans les divisions Retail et Private Banking. En 2013, elle a pris la direction de la ligne Personal & Business Banking pour le marché rhénan à Zurich avant de passer au Wealth Management où elle a été nommée responsable du pôle EAM. Carine Frick-Delaloye détient un DEA Banque & Finance délivré par le Swiss Finance Institute – Université de Berne, et un CAS Digital Banking de la Kalaidos University of Applied Sciences à Zurich.
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Valterna, le gestionnaire baarois, a les mêmes origines que Partners Group. Pour l’un comme pour l’autre, il y a d’abord eu Asset Management Partners, la société-mère créée en 1996. Valterna a conservé de ces racines un fort esprit entrepreneurial.
De quelle façon Valterna est associé à l’histoire de Partners Group?
René Brunner. Avant Valterna, il y a d’abord eu Asset Management Partners, qui a été fondée en 1996 et qui se consacrait alors à la gestion de fortune. C’était à l’époque la toute première société créée par l’actuel Partners Group. En 2013, Valterna a été rachetée par Marianne Kirchhofer et Ivo Roos qui en assuraient la direction. Un peu plus de dix ans se sont écoulés mais je vois bien que nous partageons toujours les mêmes valeurs et les mêmes objectifs avec notre ancienne société. L’esprit entrepreneurial à tous les niveaux, l’approche collaborative et la mise en concurrence des idées qui transparaissent chez Partners Group se retrouvent aussi chez Valterna. La culture d’entreprise s’est bien transmise !
Quelles relations subsistent encore aujourd’hui entre Partners Group et Valterna?
Nous entretenons toujours une relation étroite avec Partners Group, puisque nous sommes partenaires. Nous avons des échanges quotidiens, à différents niveaux. Nous avons bien sûr un accès privilégié à leurs solutions d’investissement, même si nous opérons toujours en architecture ouverte avec un choix quasi illimité d’instruments.
Maintenant que vous avez pris la direction de Valterna, sur quelles opportunités, sur quels axes de croissance voulez-vous désormais vous concentrer?
En tant que gérant indépendant, nous avons un bel avenir devant nous, mais il nous faut susciter encore plus d’enthousiasmer pour notre offre de services et notre état d’esprit. Nous sommes un acteur de niche. Nous voulons nous développer encore, et nos clients le souhaitent aussi. Notre activité devrait croître de manière équilibrée grâce aux investissements sur les marchés publics et privés, que ce soit au travers de mandats discrétionnaires ou de conseil en investissement. En parallèle, nous aimerions recruter des responsables de clientèle ayant un ADN comparable au nôtre.
En quoi l’expérience que vous avez acquise chez UBS devrait le plus profiter à Valterna?
J’ai passé 35 années dans cette grande banque. J’y ai appris qu’il y a des leçons à tirer de toute expérience, qu’elle soit positive ou négative. Malgré la pression croissante exercée par le siège sur les objectifs de vente, j’ai toujours évité de me laisser entraîner dans des initiatives dont je n’étais pas convaincu à 100%. Avec les clients, je préfère les collaborations qui s’inscrivent sur le long terme, dans un esprit de partenariat. Et j’ai toujours eu pour principe de ne jamais sacrifier une opportunité à long terme pour un gain à court terme.
Qu’est-ce qui vous a plu dans le projet Valterna, au point de vouloir en prendre la direction?
Je peux continuer à exercer le métier que j’aime dans un environnement de PME, avec beaucoup de liberté et d’agilité. Chez Valterna, nous avons peut-être des processus rigoureux, mais nous savons aussi prendre des décisions rapidement. Ce qui me laisse d’autant plus de temps pour interagir avec mes clients, même dans mon rôle de CEO.
Comment aborder les marchés boursiers dans une boutique dont l’ADN est très lié aux investissements private markets?
Je voudrais d’abord rappeler que notre philosophie d’investissement repose sur un processus transparent, structuré et fondé sur des données empiriques. Il est donc toujours compréhensible. Oui, les investissements sur marchés privés sont un élément stratégique important dans notre allocation d’actifs. Mais, dans la mesure où nous sommes des investisseurs orientés long terme, les actions sont également des composants essentiels dans nos portefeuilles.
Lorsque les conditions le permettent, nous privilégions les investissements directs, en nous concentrant sur les Large Caps de qualité, qui opèrent à l’échelle mondiale. Un screening quantitatif, un overlay bottom-up et une évaluation qualitative aboutissent à une liste de titres éligibles à l’achat. Il est évident qu’il s’en suit une évaluation régulière et systématique de nos investissements, et des rééquilibrages quand ils s’imposent.
Pour vous qui avez d’importantes allocations private markets, sur quoi se joue la maîtrise de ces investissements?
Nous les soumettons tous régulièrement à un examen critique du rendement ajusté du risque et nous agissons en conséquence. Pour ce qui est des nouveaux investissements, ils passent par un processus de due diligence qui s’accomplit en plusieurs étapes. Nous entretenons d’excellentes relations avec les gestionnaires qui nous fournissent en solutions de type private markets.
Puisque nous nous projetons sur le long terme, un haut degré de confiance est indispensable. Il permet de travailler en toute sérénité, même dans les périodes difficiles. Nous restons par ailleurs suffisamment proches des gérants et des produits pour détecter rapidement tout écart, comme par exemple des divergences par rapport à la stratégie d’investissement, ou des changements de personnel importants.
Comment convaincre les investisseurs qui ne jurent que par les marchés publics d’investir également sur les marchés privés?
Les investisseurs ont plutôt tendance à favoriser les entreprises cotées en bourse parce qu’ils connaissent déjà ces marchés, ils en comprennent les mécanismes et les expériences qu’ils en ont eues sont généralement positives. Notre objectif est alors de leur montrer les avantages qu’ils peuvent trouver en intégrant des solutions private markets dans leurs portefeuilles. Chez nous, ces deux formes d’investissement se valent et se complètent.
Plutôt que de proposer une stratégie standard, nous créons une stratégie sur mesure pour chaque client, adaptée à sa tolérance au risque et à ses préférences. Les caractéristiques, avantages et bénéfices clés des deux classes sont expliqués aux clients de manière transparente et objective, sans dogmatisme. Nous pouvons ainsi exploiter les deux marchés selon les besoins. Il n’y a pas de «soit l’un soit l’autre», mais plutôt une réelle complémentarité entre eux.
Quelles recommandations donneriez-vous à des gérants qui souhaitent intégrer des poches private markets dans leur portefeuille?
Il vaut mieux se tourner vers des gestionnaires bien établis avec un track record facile à vérifier. Les petites structures ou les nouveaux arrivants peuvent fournir des rendements très attractifs à court terme. Cependant, en cas de problèmes comme par exemple le départ de personnes clés, des modèles de rémunération mal orientés, des problèmes de production ou de livraison, les risques apparents et latents se manifestent vite. Il y a alors un risque de pertes importantes ou de blocage à long terme des capitaux investis.
Quelle est la proposition de valeur sur laquelle vous voulez que l’aventure Valterna se poursuivre?
Nous voulons que les gens soient enthousiastes. C’est notre vision pour Valterna ! Nous nous concentrons donc sur ce que nous savons faire de mieux et sur les domaines où nous avons une réelle expertise – à savoir l’élaboration et la mise en œuvre de solutions d’investissement personnalisées. Nous communiquons avec nos clients de manière ouverte et transparente. Nous nous tenons à leur disposition pour échanger sur tout type de question. La qualité à laquelle nous sommes parvenus en matière de conseil global et de continuité dans la gestion sont pour nous la meilleure assurance de pouvoir grandir en même temps qu’eux.
René Brunner
Valterna
René Brunner a pris l’an passé la direction de Valterna – contraction de Value et Alternative – où il a remplacé Ivo Roos au poste de Chief Executive Officer. Avant de rejoindre Valterna, anciennement Asset Management Partners, René Brunner a travaillé pendant 35 ans pour Credit Suisse et UBS, dans le domaine de la gestion de fortune et du conseil en investissement. Entre 2011 et 2023, il était responsable chez UBS du Wealth management pour la région de Lucerne. René Brunner détient un Diplôme fédéral de spécialiste en banque, doublé d’un Executive Master en banque privée et gestion de patrimoine, obtenu à la Haute École de Lucerne.
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Par Jérôme Sicard
Aux lendemains de la journée EAM Day organisée par Sphere à Genève, Guillaume de Boccard revient sur les principaux points à retenir du panel consacré aux audits prudentiels et aux premiers retours d’expérience.
Selon quels critères les gérants doivent-ils choisir leur auditeur?
Il faut commencer par s’assurer que l’auditeur maîtrise bien les principes de la gestion de fortune et des services financiers, qu’il comprenne les activités spécifiques à chaque gérant, leurs différents modèles, leur mode opératoire et les produits utilisés. Les auditeurs n’ont pas tous cette voilure. Au-delà de son expertise, l’auditeur doit pouvoir travailler en bonne entente avec les responsables Compliance. Je rappelle en effet que le contrôle s’effectue sur trois niveaux : le gestionnaire, son service compliance, et l’auditeur. Ces trois-là sont tenus de se rassembler sur un calendrier et des objectifs communs, avec l’envie d’avancer ensemble.
Comment l’audit s’inscrit-il dans la continuité de l’autorisation FINMA?
Dans la pratique, les premiers audits permettent à l’organisme de surveillance, par le biais des auditeurs, de vérifier que les éléments présentés à la FINMA dans le cadre de la demande d’autorisation ont bien été mis en place. Il s’agit de démontrer que les engagements pris envers la Finma ont été tenus d’un point de vue fonctionnel. Maintenant, il faudra probablement un ou deux audits pour que tous les gestionnaires rentrent parfaitement dans les clous.
Dans la façon dont les gérants font évoluer leurs services, comment doivent-ils tenir compte du changement réglementaire?
Il ne s’agit pas seulement de la façon dont ils font évoluer leurs services, mais aussi de la façon dont ils font évoluer leur organisation. Ils doivent se montrer totalement transparents auprès de la Finma, quelles que soient les transformations entreprises : un changement dans la structure actionnariale, de nouvelles participations dans des filiales, la nomination de nouveaux membres au conseil d’administration. Il en va de même pour les changements opérés dans les fonctions de contrôle, de compliance et de gestion des risques.
Quant aux services à proprement parler, chaque modification apportée à la gamme proposée doit être soumise à une autorisation préalable de la Finma. Un gérant qui se limite à la gestion discrétionnaire ne peut pas se lancer dans l’advisory s’il n’a pas d’abord averti la Finma et reçu son aval. Idem pour un simple service d’execution only.
Les gérants sont-ils bien conscients de ces obligations ?
Beaucoup les découvrent au fur et à mesure. Dans les points qui ne sont pas forcément évidents, je pense également aux formulaires de type B où les gérants doivent lister toutes leurs participations dans d’autres sociétés ou les mandats qu’ils exercent auprès d’autres sociétés. Un gérant qui souhaite par exemple investir dans l’entreprise d’un confrère doit d’abord informer la FINMA et obtenir son aval avant de lancer les démarches.
Comment sont vécus les audits par les gérants, d’après les retours que vous en avez ?
Je trouve qu’ils sont plutôt bien vécus, du moins pour les gérants avec lesquels notre cabinet travaille. Nous nous préparons depuis déjà quelques années. Un audit ne s’improvise pas, au risque de prendre trois fois plus de temps qu’il n’en fallait au temps des organismes d’autorégulation. Aujourd’hui, les audits durent peut-être un peu plus longtemps, mais ils se déroulent assez facilement pour peu que vous vous entouriez de professionnels expérimentés.
Quels sont les principaux problèmes rencontrés dans les audits?
Comme le résumait Stéphanie Hodara lors de notre panel, il s’agit surtout de l’évaluation des risques accrus en matière de LBA et l’analyse du risque LBA de la société dans son ensemble. Le premier point est bien sûr le plus important. Il n’est pas si facile de disposer des bons critères, adaptés à son activité, sur le plan de la LBA. On a vite tendance à se contenter d’un minimum d’éléments pour l’évaluation des clients concernés. Dans notre pratique, nous observons en général un minimum de 20% de relations classées comme étant à risque accrus En-dessous, cela est très souvent le reflet de critères de risque pas adaptés; l’inverse est également vrai si le pourcentage de relations à risque accru est trop élevé.
Sur le plan de la LSFin, les problèmes apparaissent surtout dans les contrôles d’adéquation ayant trait aux mandats Advisory. Le caractère approprié doit ressortir clairement et il faut pouvoir certifier que les clients ont reçu les informations adéquates. Les instruments financiers employés doivent aussi bien correspondre aux profils établis. C’est loin d’être évident et, à la lumière de ces premiers audits, on pêche encore un peu dans ce domaine.
Avez-vous repéré d’éventuels trous noirs dans ces audits ?
Non, je ne dirais pas qu’il y ait des trous noirs. En revanche, je reconnais que ces audits reposent pour beaucoup sur la façon dont les auditeurs eux-mêmes conçoivent leur approche qui est basée sur les risques. Certains aspects sont quelque peu délaissés pour le moment, car les auditeurs se concentrent principalement sur la LBA, la LSFin et la LEFin. Concernant les autres règlementations, il faut partir du principe que toutes les thématiques d’organisation, de conformité et de gestion des risques seront à termes passées en revue, avec des contrôles plus ou moins strictes selon une approche basée sur les risques. Les gérants ont donc intérêt à être en tout temps et en tout domaine à jour et en conformité. C’est le meilleur que je leur souhaite.
Guillaume de Boccard
Geneva Compliance Group
Guillaume de Boccard est associé gérant de Geneva Compliance Group, une société qui fournit des services de conseil en matière de conformité et de reporting fiscal aux institutions financières. Plus tôt dans sa carrière, il a travaillé au Credit Suisse à Zurich et chez Pictet, où il s’est concentré entre autres sur les projets Rubik, FATCA, Cross-border et CFTC. Guillaume est avocat au barreau de Genève et titulaire d’un MBA obtenu à l’INSEAD.
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