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Pour Probus Pleion, Patrick Humbert-Verri défend un modèle qui refuse la standardisation du wealth management et mise sur la coordination de vrais spécialistes. Face à des familles et des entrepreneurs aux besoins toujours plus complexes, il revendique ainsi un rôle de chef d’orchestre, à la croisée du family office, du private banking et du conseil global.
Par Levi-Sergio Mutemba
Patrick Humbert, vous gérez des clients aux attentes extrêmement variées. Comment définissez-vous le périmètre d’un family office aujourd’hui?
Notre expérience est double. D’une part, nous faisons tourner au sein du groupe un «vrai» family office pour un client unique, avec deux collaborateurs à plein temps. Ils gèrent tout ce qui n’est pas chiffres, à savoir le personnel de maison, l’immobilier et les services de conciergerie. D’autre part, nous offrons une multitude de services qui gravitent autour de nos clients. Mais la question fondamentale reste la même: « Cher client, qu’entendez-vous par Office?». Chaque vision est différente.
Justement, dans quelle mesure cette perception varie-t-elle d’un client à l’autre ?
La variation est extrême, car le terme n’est pas clairement défini. Pour certains, c’est une société qui gère exclusivement la finance et la fortune au sens le plus étroit. Pour d’autres, c’est un concierge de luxe à domicile, disponible en permanence. En ce qui nous concerne, le périmètre est très large. Nous avons répertorié sept familles de services, allant de la gestion des investissements à la planification successorale et fiscale.
Face à cet engouement, ne risque-t-on pas de voir apparaître des «faux» family offices qui usurperaient le titre?
C’est un scénario classique. Une personne dispose de 100 à 300 millions de francs après un cash event. Elle crée son family office, recrute un gérant, un fiscaliste, un concierge, puis une comptable et une RH pour gérer l’équipe… Très vite, les coûts explosent. Pensant réaliser des économies d’échelle, elle réunit alors d’autres clients pour exploiter une sorte de multi-family office improvisé. On se retrouve avec une petite société qui fait certes beaucoup de choses, mais rien avec une qualité comparable à un vrai spécialiste. L’adage dit que la gestion d’un patrimoine ne devrait pas coûter plus de 1% par an. Si vous empilez les salaires et les locaux, il faut une fortune colossale pour rester sous ce seuil.
Vous prônez plutôt un rôle de médecin généraliste ou de chef d’orchestre. Pourquoi ce modèle est-il plus efficient?
Parce que l’indépendance, c’est savoir où chercher la compétence. Nous servons de coordinateurs. Pour les besoins pointus, nous allons chercher le meilleur spécialiste externe. C’est la métaphore de la boîte à outils. Mieux vaut aller chercher la clé exacte pour chaque boulon plutôt que d’utiliser une clé réglable ou une clé anglaise qui finit par tout casser. Ce service passe aussi par des gestes informels, tels que vider une boîte aux lettres ou emmener une voiture au contrôle technique pour un client absent. C’est cela, le vrai private banking.
Ce rôle est-il crucial lors du passage de témoin vers la Next Gen?
Absolument. La nouvelle génération veut plus de sens et une relation digitale immédiate. En étant l’homme de confiance qui connaît l’historique de la famille mais qui maîtrise les outils modernes, nous servons de pont. Nous aidons à traduire les volontés du fondateur dans un langage que ses héritiers acceptent, évitant ainsi que le patrimoine ne se fragmente par manque de communication.
Enfin, quel rôle joue la technologie dans cette démocratisation du family office?
La technologie est un allié formidable. Elle facilite la vie d’une clientèle ultra-mobile. Je peux organiser une visioconférence entre un client résidant en Suisse et un fiscaliste résidant à l’autre bout du monde en quelques minutes. L’IA nous aide aussi à dégrossir 90% d’une question juridique complexe. Cependant, un algorithme ne peut pas gérer l’émotion. Si une bulle explose, ce n’est pas un robot qui rassurera le client. La confiance se gagne sur le service, mais elle se garde sur les résultats humains et financiers.
Patrick Humbert-Verri
Probus Pleion
Patrick Humbert-Verri a débuté sa carrière bancaire en 1994 au sein de la Banque Cantonale Vaudoise. Après trois ans de formation en agence, il a travaillé dans le domaine des crédits compromis pour ensuite débuter dans le conseil à la clientèle en 2001. Il a ensuite évolué dans divers postes de conseil à la clientèle et de management. En 2015, il a rejoint Probus Pleion, un gestionnaire de fortune qui emploie environ 200 personnes et gére plus de 4 milliards de francs d’actifs. Il apporte au groupe ses compétences en matière de gestion de projets et de coordination du soutien aux gérants de fortune. Depuis 2019 et l’affiliation directe de la société à la FINMA, il en dirige la gestion des risques et les opérations.
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Avec le lancement de l’EAM Resilience Program, Dimitri Petruschenko propose une approche structurée et pragmatique pour aider les gérants à se situer sur les plans IT, cyber et organisationnel, à mieux comprendre leurs dépendances et à renforcer la maîtrise de leurs risques dans un écosystème financier de plus en plus interconnecté.
Par Jérôme Sicard
Que couvre concrètement votre diagnostic de résilience, et que ne cherche-t-il volontairement pas à mesurer ou auditer ?
L’analyse, qui porte sur l’infrastructure IT et la cybersécurité, se présente comme une évaluation structurée du niveau de maturité de l’organisation. Il se concentre sur la clarté des structures, les responsabilités et les dépendances — et non sur les détails techniques des systèmes.
L’objectif est de positionner la structure sur la plan IT et cyber, de rendre visibles les hypothèses implicites et de documenter de manière compréhensible l’état cible qui est recherché. Le rapport qui en résulte sert de base pour les discussions avec les prestataires IT ainsi que pour les décisions de gouvernance et de conformité.
Les audits techniques ne font volontairement pas partie du périmètre. Aucun test de système n’est réalisé, aucune configuration n’est vérifiée et aucune certification n’est délivrée. L’assessment ne remplace ni un audit réglementaire ni une analyse spécialisée de sécurité informatique. La résilience est donc évaluée sous l’angle organisationnel, pas technique.
Pourquoi les gérants de fortune indépendants constituent-ils aujourd’hui, selon vous, un angle mort du risque opérationnel dans l’écosystème suisse de la gestion de fortune ?
Les GFI occupent une place importante dans la gestion de fortune en Suisse, mais ils ne disposent pas des mêmes ressources que les banques. Ils opèrent avec des équipes plus réduites et des budgets plus limités, alors même qu’ils sont soumis à des exigences réglementaires élevées.
Structurellement, GFI et banques servent les mêmes clients. Les avoirs sont déposés à la banque, mais la relation client est pilotée par le gérant indépendant. Des informations sensibles sont donc traitées des deux côtés, dans des environnements techniques et organisationnels différents.
En cas d’incident cyber chez un gérant, des données en lien direct avec la banque dépositaire peuvent être concernées. Ces risques indirects sont souvent sous-estimés, précisément parce que les systèmes de la banque ne sont pas directement touchés. Pourtant, même sans compromission technique de la banque, les conséquences opérationnelles, réglementaires et réputationnelles existent dans l’environnement client commun.Le risque vient de la combinaison entre base client partagée, forte interconnexion et niveaux de maturité inégaux en matière de sécurité et de gouvernance. Il s’agit d’un risque systémique, pas isolé.
De nombreux gérants dépendent fortement de prestataires IT externes. Où se situent selon vous leurs principaux angles morts, notamment en matière de responsabilités et de dépendances ?
La responsabilité réglementaire reste clairement du côté du GFI, même lorsque des prestations sont externalisées. Les dispositifs d’outsourcing doivent être documentés.
Le principal angle mort ne se situe toutefois pas dans la structure formelle, mais dans la transparence réelle du socle opérationnel. Le marché sait très bien avec quelles banques travaillent les gérants, et les fournisseurs PMS ou CRM sont généralement bien identifiés. En revanche, les prestataires IT et cyber, ceux qui sécurisent les postes de travail, le cloud ou l’architecture de sécurité, sont souvent beaucoup moins visibles.
À part quelques noms connus, il manque souvent une vue d’ensemble structurée. S’ajoute à cela une attente parfois excessive vis-à-vis des prestataires. Tous les partenaires IT ne maîtrisent pas en détail les spécificités réglementaires d’un GFI. La technique fonctionne, mais le conseil stratégique n’est pas toujours au niveau attendu. Le risque provient donc moins d’un manque de règles que d’un déficit de transparence et d’une capacité de pilotage parfois surestimée vis-à-vis des partenaires externes.
Votre programme met l’accent sur les structures, les processus et les responsabilités plutôt que sur les contrôles techniques. Pourquoi ce choix délibéré d’une approche qui ne soit pas technique ?
Ce choix est volontaire, car la compétence clé d’un gérant réside dans la relation client et la gestion de portefeuille, pas dans l’IT ou la cybersécurité. Or les exigences réglementaires et les dépendances technologiques sont devenues beaucoup plus complexes. Les aspects techniques sont en général gérés par des prestataires, tandis que les décisions stratégiques relèvent du management. Il manque souvent une interface claire entre la couche technique et le pilotage opérationnelle.
L’approche non technique crée précisément ce pont. Elle fournit une base structurée pour replacer les questions IT et résilience dans le contexte du modèle d’affaires. Il ne s’agit pas de paramètres de configuration, mais de responsabilités, de dépendances et de priorités stratégiques. Les audits techniques sont utiles, mais sans cette traduction vers le niveau business, ils restent isolés et ont peu d’impact stratégique.
Quelles décisions concrètes un GFI doit-il pouvoir prendre après cet assessment ? Peut-il changer sa manière de sélectionner ou de piloter ses prestataires IT ?
L’assessment évalue l’infrastructure IT et la cyber-résilience de l’EAM selon des critères clairs : taille de l’organisation, exigences réglementaires, niveau de digitalisation, politique d’équipement, sécurité, conformité et modèle opérationnel. Les enseignements obtenus servent d’abord de base de décision. Ils permettent d’évaluer plus lucidement les dépendances et de définir clairement des priorités.
Vis-à-vis des prestataires IT, la base de dialogue évolue nettement. Le gérant peut formuler ses exigences plus facilement, questionner certaines hypothèses et comparer les fournisseurs de façon plus structurée. Il ne s’agit pas de remettre systématiquement en cause les partenaires existants, mais de piloter la relation de manière plus transparente et plus professionnelle. Le résultat n’est pas une liste de mesures techniques, mais un pilotage plus conscient, et stratégiquement fondé, du modèle opérationnel.
Vous présentez la résilience opérationnelle comme un sujet qui dépasse le cadre de l’entreprise. Comment les faiblesses d’un gérant peuvent-elles devenir un risque pour les banques dépositaires et leurs partenaires ?
Un GFI est juridiquement indépendant, mais fonctionne au quotidien en étroite interaction avec les banques et ses prestataires. Les banques étant soumises à des exigences strictes en matière de risques liés aux tiers, toute faiblesse structurelle chez un gérant — en IT ou en gouvernance — peut se traduire pour elles par un risque indirect, qu’il soit réputationnel, opérationnel ou lié à leur propre dispositif de contrôle des risques.
Gérants et banques servent les mêmes clients. En cas de faiblesse organisationnelle ou d’incident chez le gérant, on observe en pratique une hausse des efforts de coordination, de communication réglementaire et de surveillance côté banque. La résilience ne s’arrête donc pas aux frontières d’une organisation. Dans un marché interconnecté, la stabilité de chaque acteur contribue à la stabilité de l’ensemble de la chaîne de valeur. Le EAM Resilience Program s’inscrit comme une contribution structurée à cette transparence et à cette clarté organisationnelle.
La pression pour renforcer la résilience opérationnelle des EAM va-t-elle désormais provenir davantage du régulateur ou du marché — notamment des banques partenaires ?
Le Risk Monitor 2025 de la FINMA montre clairement que les cyber-risques, l’outsourcing et, en particulier, les risques liés aux tiers figurent au premier plan des préoccupations. Des attentes claires existent déjà quant à la gestion des activités externalisées et des risques opérationnels. La transparence, une documentation rigoureuse et des structures de gouvernance traçables deviennent progressivement la norme.
Parallèlement, une pression supplémentaire émane du marché lui-même. Les banques et autres partenaires sont soumis à des exigences croissantes en matière de gestion des tiers et répercutent ces attentes tout au long de la chaîne de valeur. En pratique, cette dynamique de marché agit souvent plus rapidement que les ajustements réglementaires formels.
Il est tout à fait envisageable que cette évolution se traduise, à moyen terme, par des standards minimaux plus concrets en matière de sécurité IT et cyber — par exemple à travers des preuves standardisées ou des certifications appliquées à l’ensemble de la chaîne de valeur. Cela renforcerait non seulement les exigences pesant sur les gérants externes, mais aussi sur les fournisseurs technologiques et les autres prestataires.
Dimitri Petruschenko
EAM Resilience Program
Ancien fondateur et associé gérant de EAM.Technology, une société spécialisée dans le conseil et les services opérationnels externalisés, Dimitri Petruschenko a plus de quinze ans d’expérience dans l’environnement technologique propre au secteur financier. Durant son parcours, il a été amené à travailler plus particulièrement pour des banques privées, des gestionnaires de fortune indépendants et des family offices. Avant de lancer EAM.Technology, il a occupé différents postes de direction chez des fournisseurs suisses de solutions logicielles destinées aux secteurs du wealth management et de l’asset management.
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« Les smart wallets ne constituent peut-être pas une rupture spectaculaire, mais une évolution structurelle. »
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Créer des ponts, faire entendre la voix des étudiants et ouvrir les portes de la finance suisse : Orégane Chérel partage sa vision d’un SPHERE LAB pensé comme un véritable tremplin pour les jeunes talents.
Par Arnaud Favre
Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans le SPHERE LAB et d’en prendre aujourd’hui la présidence ?
Ce qui m’a tout de suite séduite, c’est l’idée du SPHERE LAB comme pont entre le monde de la finance suisse et les étudiants. Je trouve ce concept vraiment génial, parce qu’il permet de donner une voix aux étudiants, de porter nos perspectives et de nous offrir une vraie visibilité.
En tant que présidente, j’ai envie de m’investir pleinement pour construire un SPHERE LAB dynamique, tourné vers l’avenir. Mon objectif est de contribuer à un projet porteur, qui ouvre de belles perspectives aux étudiants et les aide à se projeter dans leur futur professionnel.
Quelle direction aimerais-tu donner au SPHERE LAB pour l’année 2026 ?
J’aimerais donner au SPHERE LAB une direction portée par l’ambition, la collaboration et l’impact. Mon objectif est de renforcer son rôle comme plateforme de référence pour la nouvelle génération en finance.
Concrètement, cela signifie développer des synergies fortes avec SPHERE et avec la communauté des gestionnaires de patrimoine. Pour moi, le SPHERE LAB doit être un véritable laboratoire d’idées, un espace de connexion entre les personnes, où chacun peut exprimer ses ambitions. Je souhaite qu’il soit perçu comme un catalyseur de carrière et un moteur de transformation positive pour le secteur.
Selon toi, qu’est-ce que le SPHERE LAB peut apporter de concret aux étudiants qui s’y engagent ?
Le SPHERE LAB offre quelque chose de très précieux : de la visibilité, de l’expérience concrète et un accès direct à l’écosystème financier suisse.
Les étudiants ne sont pas de simples spectateurs, ils deviennent acteurs. Ils développent des compétences clés comme la communication, l’esprit critique, le travail en équipe, tout en construisant un réseau solide pour leur avenir. C’est une expérience qui va bien au-delà d’une ligne sur un CV : c’est un accélérateur de confiance, de maturité professionnelle et d’opportunités.
Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus dans l’idée de créer des liens directs entre étudiants et professionnels de la finance suisse ?
Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de réduire la distance entre deux mondes qui, parfois, se connaissent très mal. Créer ces liens permet aux étudiants de se projeter concrètement, de bénéficier de l’expérience des professionnels, et inversement, aux professionnels de découvrir la créativité, les valeurs et les nouvelles perspectives de la jeune génération.
Le monde évolue très vite, notamment avec la technologie et l’IA. Les jeunes ont une vision du futur parfois différente, et je pense que cet échange à double sens est extrêmement riche.
À titre personnel, qu’espères-tu retirer de cette expérience en tant que présidente du SPHERE LAB ?
À titre personnel, j’espère apprendre énormément et développer des compétences en leadership, en gestion de projet, en communication et en travail d’équipe.
Mais surtout, j’aimerais grandir humainement, construire des projets porteurs de sens avec des personnes engagées et ressortir avec le sentiment d’avoir contribué à quelque chose de plus grand que moi. Aider des talents à se révéler, à trouver leur place dans le monde du Wealth Management, et faire du SPHERE LAB un véritable catalyseur, c’est ce qui me motive profondément.
Comment imagines-tu le fonctionnement interne et l’esprit du comité du SPHERE LAB ?
J’imagine un fonctionnement basé sur une hiérarchie horizontale, où chacun est libre d’apporter ses idées, de tester, de créer. L’objectif est que chaque membre puisse mettre à profit ses compétences spécifiques au service du SPHERE LAB.
Chacun peut se spécialiser dans un domaine — communication, événements, interviews, médias — et, lorsque les profils se complètent, former de petites équipes. L’idée est que chaque personne apporte une vraie valeur ajoutée au collectif.
Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus aujourd’hui quand tu penses au SPHERE LAB ?
Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est l’accès à un milieu qui est souvent perçu comme opaque et difficile d’accès : celui des gestionnaires de patrimoine.
J’ai hâte d’échanger avec eux, mais aussi de développer notre propre identité SPHERE LAB : nos vidéos, nos interviews, nos initiatives. Cette liberté de création est extrêmement motivante, et je remercie SPHERE de nous offrir cette opportunité.
Un moment fort à venir pour le SPHERE LAB ?
Oui, un moment clé sera l’événement des 10 ans de SPHERE, le 7 septembre au Président Wilson à Genève. Un panel spécial SPHERE LAB est prévu, avec des étudiants, devant environ 400 gestionnaires de fortune indépendants.
Avec les membres du comité, nous en avons déjà beaucoup discuté et nous sommes très enthousiastes. C’est une occasion unique de porter nos voix et de nous exprimer. Nous avons hâte de commencer à travailler sur ce projet.
Et concernant le Stock Pitch Challenge à venir ?
C’est encore en phase de réflexion, car c’est un prototype. Nous avons déjà quelques idées, notamment sur le format et le temps de parole, mais nous allons construire le projet progressivement ensemble.
L’objectif reste clair : permettre à chacun de s’exprimer, de porter sa voix et de montrer le regard innovant que nous avons sur le futur, face aux professionnels de la gestion de patrimoine.
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Dans un univers en pleine recomposition, celui de la gestion de fortune, Yohan Palleau défend une approche exigeante du multi-family office : indépendance réelle, architecture ouverte et transparence totale sur la performance. À l’heure où les clients comparent et arbitrent de plus en plus, il plaide pour une gestion où la performance ne se proclame plus, mais se mesure et s’audite.
Par Levi-Sergio Mutemba
Le terme de family office est souvent galvaudé. Quelle distinction faites-vous entre multi-family office et gestion patrimoniale classique?
C’est un point crucial. Un vrai family office nécessite une masse critique, généralement au-dessus des 500 millions de francs de capital, pour justifier la complexité des services allant de la fiscalité et de la gestion de portefeuille à la planification successorale intergénérationnelle, voire à des services de conciergerie. Le modèle de multi-family office, tel que nous le pratiquons, permet de mutualiser ces ressources expertes pour plusieurs familles. Cela nous permet d’offrir une ingénierie patrimoniale complète que des structures informelles ou trop petites ne peuvent tout simplement pas assumer professionnellement.
Votre modèle repose sur une architecture ouverte. Pourquoi refuser les fusions au profit de partenariats?
L’indépendance est notre actif le plus précieux. En privilégiant des partenariats stratégiques avec des spécialistes tels que des trustees, des fondations et des experts fiscalistes ou juridiques plutôt que des fusions, nous conservons notre agilité et évitons les conflits d’intérêts. Le cadre réglementaire actuel, défini par la LSFin et la LEFin, impose des standards de conformité particulièrement élevés. Loin d’être une contrainte, cette exigence renforce des structures comme la nôtre et nous permet d’offrir une neutralité totale dans le choix de nos prestataires clés, au seul bénéfice de nos clients.
En matière de communication, vous semblez vouloir casser les codes du marketing traditionnel. Quelle est votre approche?
Nous fuyons le marketing lisse qui manque de substance. Nous souhaitons éduquer le marché en utilisant des formats plus interactifs, comme des interviews directs avec notre CIO et autres membres de notre équipe, pour offrir une lecture décryptée des marchés. La gestion indépendante repose aussi sur la cohérence entre les actes, les analyses et le discours public.
Dans un marché saturé, comment prouvez-vous concrètement que votre performance est supérieure à celle de vos concurrents, notamment les grandes banques privées?
La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée. C’est pour cette raison que nous avons soumis notre track record à Asset Risk Consultants Research, une référence mondiale qui supervise plus de 525’000 portfolios. Le resultat est sans appel: ARC nous a décerné un rating A pour l’intégralité de nos mandats, sur notre track record de 10 ans. Cela place nos performances dans le premier décile au niveau mondial, analysées, par type de mandat et par monnaie de référence, tandis qu’un rating B correspond au premier quartile. Cette rigueur répond à une mutation profonde du marché. Ces dernières années, la performance nette est devenue le critère de survie. Aujourd’hui, les clients n’hésitent plus à quitter leurs banques privées si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
NFG Partners a franchi une étape majeure en 2023 avec l’acquisition de Harver Capital. Quel en était l’objectif stratégique?
L’objectif était de consolider notre crédibilité sur le marché. En intégrant Harver Capital, et son CIO Glenn Coxon, nous avons acquis un track record solide sur des mandats discrétionnaires. Pour nous, la performance ne doit pas être une promesse, mais un fait vérifiable. C’est pourquoi nous avons fait valider ce track record par ARC. Être positionné dans le premier decile avec un rating de A nous permet d’établir avec nos clients des relations de totale confiance, loin de l’opacité que l’on reproche parfois aux banques traditionnelles.
Justement, vous parlez de transparence. Est-ce là l’exigence principale de vos clients aujourd’hui?
Absolument. Le client moderne veut comprendre précisément ce qu’il paie. Il accepte de payer un premium, mais seulement s’il est justifié par un service et une performance supérieurs. Notre rôle est d’exercer un devoir fiduciaire renforcé. Nous traitons chaque demande avec une priorité immédiate, à l’image d’un service d’hôtellerie cinq étoiles. Que le patrimoine soit massif ou plus modeste, le niveau d’excellence doit être le même pour tous.
Yohan Palleau
NFG Partners
Yohan Palleau est co-fondateur et directeur de NFG Partners, gestionnaire de fortune basée à Genève et régulé par la FINMA. Spécialisé dans des solutions de gestion de fortune sur un plan international, il accompagne entrepreneurs et familles fortunées dans la structuration et la croissance de leur patrimoine. Passé par BPCE, ACE & Company et Banque SYZ, il combine expertise institutionnelle et approche entrepreneuriale. Yohann Palleau est diplômé de HEC Lausanne et de l’Université de Genève.
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Les marchés privés occupent une place croissante dans les allocations des investisseurs professionnels en Suisse. Dans cet entretien, Véronique Fournier analyse les facteurs structurels à l’origine de cette évolution, l’élargissement de l’accès aux stratégies privées et les enjeux de liquidité et de pédagogie qui accompagnent leur intégration dans la construction moderne de portefeuilles.
Par Jérôme Sicard
Le private equity s’est imposé comme une classe d’actifs à part entière. Comment cette montée en puissance se traduit-elle concrètement chez les investisseurs professionnels en Suisse ?
L’adoption des marchés privés par les investisseurs professionnels et les gérants de fortune en Suisse progresse fortement. C’est le cas dans le domaine du private equity, mais aussi dans ceux du crédit et des stratégies hybrides. Concrètement, pour convaincre investisseurs et allocataires, il faut parvenir à une approche globale en termes de solutions, qui répondent à la fois aux besoins d’investissement, de devises et de liquidité. En parallèle, il est essentiel d’expliquer en profondeur ce que sont les marchés privés et le rôle qu’ils peuvent jouer dans les portefeuilles actuels.
Il est tout aussi clair que l’alignement d’intérêts partagé avec nos clients est aussi un élément déterminant à leurs yeux. Nous sommes souvent le principal investisseur dans nos propres produits via les activités d’assurance d’Apollo, ce qui signifie que nous obtenons au final les mêmes rendements que nos clients. Cette convergence d’intérêts et cette responsabilité partagée sont très favorablement perçues par nos investisseurs et nos partenaires en Suisse.
Les marchés privés semblent aujourd’hui prendre le pas sur les marchés cotés. Quels facteurs structurels expliquent ce basculement ?
Les marchés privés sont devenus un pilier de la construction moderne de portefeuilles. Les marchés publics resteront toujours essentiels, mais comme une grande partie des entreprises européennes ne sont pas cotées, ils ne reflètent plus à eux seuls l’économie réelle à laquelle les investisseurs souhaitent accéder. Environ 95 % des entreprises européennes générant plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires sont détenues de manière privée. Par ailleurs, les marchés cotés sont de plus en plus indexés et corrélés entre eux. Les marchés privés peuvent apporter de la diversification aux portefeuilles, tout en offrant un accès à un univers d’investissement plus large et souvent moins volatil que les actions cotées.
Comment décririez-vous la dynamique actuelle des marchés privés, notamment en matière de diversification des stratégies, de liquidité et de transparence ?
Le niveau d’accès et de choix dont disposent aujourd’hui les investisseurs sur les marchés privés est sans commune mesure avec celui d’il y a dix ans. Avec l’émergence de fonds evergreen et de solutions semi-liquides, les investisseurs peuvent désormais accéder à des produits de qualité institutionnelle. Ils étaient autrefois réservés aux plus grands fonds de pension et à des fonds souverains, qui investissaient dans des structures fermées à capital calls, avec des périodes de blocage de cinq, dix ans, voire davantage.
Aujourd’hui, pour prendre l’exemple d’Apollo, nous proposons sept solutions semi-liquides sur les marchés privés. Elles couvrent différentes classes d’actifs en Europe, pour mettre le meilleur de la plateforme la disposition des gestionnaires de fortune. Ces structures offrent davantage de flexibilité quant au niveau de liquidité ou d’illiquidité accepté dans les portefeuilles et permettent ainsi une exposition immédiate à des portefeuilles de grande taille, pleinement investis.
Avec le développement des fonds evergreen, un marché secondaire plus actif et une standardisation accrue, peut-on dire que les marchés privés vivent aujourd’hui une forme de « moment UCITS » ?
Les marchés privés évoluent rapidement, avec beaucoup plus de structures et de points d’accès pour les investisseurs. Mais donner accès à ces marchés sans y adjoindre de la pédagogie ne permet pas vraiment de progresser. Il est donc essentiel de continuer à renforcer la compréhension et la confiance au sein de la communauté que forment les investisseurs de tous horizons. Dans cette logique, nous avons investi des ressources importantes dans des initiatives destinées aux distributeurs, conseillers et clients afin de mieux expliquer le rôle que les marchés privés peuvent jouer dans les portefeuilles. Nous mettons par exemple à disposition des portefeuilles modèles illustrant le rôle des stratégies privées en complément des allocations traditionnelles, avec un potentiel d’alpha décorrélé des marchés cotés.
Véronique Fournier
Apollo Global Management
Véronique Fournier a rejoint Apollo en 2022 en tant que responsable de la distribution pour la région EMEA au sein de l’équipe Global Wealth Management Solutions, basée à Zurich. Avant de rejoindre Apollo, elle a passé huit ans chez Barings, où elle occupait dernièrement le poste de managing director et de co-responsable de la distribution européenne. Elle a auparavant exercé différentes fonctions commerciales chez Schroder Investment Management, Aviva Investors et InterSec Research. Véronique est titulaire d’un Bachelor of Science en économie de la London School of Economics and Political Science ainsi que d’un Master of Arts en économie internationale de l’Université d’Essex.
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