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Solutions EAM

  • Interview Fabian Charier
  • Managing director
  • AWAP

«AWAP a dû professionnaliser son fonctionnement et structurer son offre. »

L’union fait la force. Et c’est ce dont auront besoin les gérants indépendants pour survivre. La mission de Fabian Charlier, nommé directeur général de l’AWAP en septembre, consistera donc à structurer et animer cette union. En s’appuyant surtout sur la technologie. L’objectif est de faire de l’association un «écosystème intégré» dont l’objectif est de simplifier le quotidien de ses membres.

Par Levi-Sergio Mutemba

L’un des trois piliers stratégiques que vous souhaitez soutenir est l’orthodoxie de gestion. Qu’entendez-vous par là?

Ce que nous entendons par orthodoxie de gestion, c’est le respect d’un ensemble de règles et de bonnes pratiques. Dans cette optique, AWAP accompagne ses membres GFI dans leurs obligations de conformité, en proposant des services de compliance à des tarifs compétitifs, rendus possibles grâce à la mutualisation des services. Nous les aidons également à se préparer à leurs audits et, plus généralement, à aborder toute nouvelle réglementation de manière structurée et efficiente.

Comment cela se traduit-il concrètement?

À titre d’exemple, la FINMA a récemment renforcé ses exigences en matière de cybersécurité. Nous avons donc organisé, avec notre prestataire IT, un webinaire expliquant comment y répondre de manière pragmatique, et nous avons proposé à nos membres un audit gratuit de leur organisation IT. Cette volonté d’accompagner les GFI dans une orthodoxie de gestion s’étend également au domaine de l’investissement. Nous partageons nos vues de marché et mettons à leur disposition des portefeuilles modèles, ainsi qu’une liste de fonds.

Il nous arrive aussi de jouer le rôle de sparring partner en analysant certains de leurs portefeuilles et en confrontant les risques financiers embarqués avec leur propre vue sur les marchés. C’est un soutien utile pour les petites et moyennes structures, qui n’ont pas toujours des ressources internes dédiées à l’investissement.

En quoi consiste le passage d’AWAP d’une «communauté de GFI» à un «système intégré»?

Au départ, AWAP était surtout une communauté de gérants réunis dans une logique de mutualisation et d’économies d’échelle. Cela a commencé il y a une quinzaine d’année par le partage de locaux, puis par des achats groupés de certains services. Avec l’introduction des licences FINMA consécutive à l’entrée en vigueur des lois LSFin/LEFin, AWAP a dû franchir une nouvelle étape. À savoir professionnaliser son fonctionnement et structurer son offre afin de répondre aux exigences accrues de la réglementation.

À quoi ressemble donc AWAP aujourd’hui?

AWAP regroupe aujourd’hui plus de 25 entités de gestion de fortune qui regroupe plus d’une soixantaine de relationship managers. Nous avons toutefois conservé l’esprit communautaire qui nous anime depuis le début. Aucun frais de gestion n’est prélevé et la contribution des membres reste modeste, adaptée à la taille de chaque entité. Ce montant est du reste souvent compensé par les économies réalisées grâce à la mutualisation des services. Grâce à notre plateforme, les GFI accèdent à un large réseau de prestataires, en matière par exemple de compliance, de systèmes de gestion de portefeuille, ou encore de solutions IT, et ce à des conditions avantageuses.

Techniquement, comment AWAP créé cette interconnexion entre ses membres?

Cette interconnexion est facilitée par myAWAP, notre intranet dédié, qui centralise l’ensemble des ressources, documents, communications et outils pratiques dont les membres ont besoin au quotidien. De fait, myAWAP constitue une véritable colonne vertébrale numérique qui permet de suivre les actualités du réseau en temps réel et de partager des bonnes pratiques.

Au fil des années, cette dynamique collaborative a forgé un fort sentiment d’appartenance au sein de la communauté AWAP. Nombre de nos membres valorisent d’ailleurs leur affiliation dans leur communication auprès de leurs clients, comme gage de sérieux, de transparence et d’engagement professionnel. En d’autres termes, nos GFI restent indépendants, mais ne sont pas seuls : ils bénéficient de la force d’un réseau et de ressources à leur disposition.

S’agissant de la consolidation des GFI, celle-ci se poursuivra-t-elle, selon vous?

À vrai dire, il faudrait déjà qu’elle commence réellement ! Voilà plus de dix ans qu’on en parle, mais dans les faits, très peu d’opérations se concrétisent. Les difficultés tiennent souvent à l’écart entre les attentes des vendeurs et des acheteurs, notamment en matière de valorisation, mais aussi quelquefois à des différences culturelles. En réalité, la dynamique de consolidation concerne aujourd’hui davantage le secteur du private banking, où l’on observe une baisse régulière du nombre de banques en Suisse.

L’égo des gérants joue-t-il un rôle dans la difficulté de trouver un terrain d’entente?

Je ne saurais l’affirmer de manière catégorique. Cela dit, l’égo peut effectivement entrer en jeu, notamment sur des aspects plutôt symboliques. J’ai entendu parler d’un rapprochement ayant achoppé sur des éléments tels que le choix du nom de la nouvelle entité. L’égo joue donc sans doute un rôle, sans être pour autant un facteur systématique. Il faut aussi garder à l’esprit qu’un gérant de fortune indépendant est, par essence, attaché à son indépendance. C’est une dimension identitaire forte, et forcément sensible lorsqu’il s’agit d’envisager un rapprochement.

Est-ce que l’indépendance des gérants a encore de l’avenir, compte tenu de la multiplicité des défis que la profession doit relever?

Je le crois profondément, oui. Les GFI restent – et resteront – des acteurs essentiels de la gestion de fortune en Suisse. L’indépendance demeure le socle d’un conseil objectif, sans biais ni conflit d’intérêts. Ce n’est pas toujours le cas dans les banques, où les impératifs commerciaux – voire de rentabilité – peuvent influencer certaines décisions de gestion. Cela dit, les défis sont bien réels, notamment pour les petites et moyennes structures. Elles subissent une hausse continue des coûts, tout en devant répondre à des exigences réglementaires toujours plus lourdes.

C’est précisément là qu’AWAP apporte sa valeur ajoutée. Notre conviction est simple. À savoir qu’ensemble, nous sommes plus forts. En unissant leurs forces au sein d’un réseau structuré, les gérants peuvent mutualiser certaines ressources, accéder à un support spécialisé et partager des best practices pour faire face à la pression réglementaire et opérationnelle. Cette approche collaborative crée un véritable cercle vertueux, en ce qu’elle renforce la solidité des structures membres tout en inspirant confiance aux clients finaux.

Fabian Charlier

AWAP

Fabian Charlier dirige AWAP avec le titre de managing director. Il connait d’autant mieux la structure qu’il en a été membre voilà dix ans. Fabian a plus de 25 ans d’expérience sur les marchés financiers, dont dix années en banque d’investissement et quinze années en gestion d’actifs, au cours desquelles il a piloté le développement de plusieurs sociétés de gestion. Fabian Charlier est titulaire de la certification Chartered Financial Analyst (CFA).

 

 

 

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Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

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  • Dimitri Petruschenko
  • Spécialiste Tech
  • Petruschenko Consulting

L’assistant IA : la fintech de toutes les fintechs

Dans un paysage tech un peu saturé, l’assistant IA s’impose par sa simplicité d’usage et sa pertinence métier. Ni gadget, ni effet de mode, il transforme discrètement mais efficacement le quotidien des gérants. Automatisation intelligente, analyse de données, génération de contenus, vision transversale : ses «killer apps» marquent une vraie rupture dans un monde de fintechs restées pour la plupart à l’état de promesses.

 

La transformation numérique du secteur financier s’est nettement accélérée ces dernières années. L’intelligence artifi­cielle s’impose désormais comme un levier majeur de performance, de scalabi­lité et de personnalisation dans la relation client. Tandis que les grandes banques déploient déjà des stratégies numériques à grande échelle, les petites structures doivent composer avec un retard technolo­gique à combler, dans un environnement de plus en plus exigeant sur le plan régle­mentaire et opérationnel. Dans ce contexte, l’IA devient un véritable levier stratégique. Bien utilisée, elle permet d’optimiser les processus clés, de réduire les risques et d’alléger les charges internes. Mais le chemin vers cette intégration reste com­plexe, tant sur le plan technique que régle­mentaire et culturel.

Les gérants indépendants suisses font face en effet à un environnement de plus en plus contraignant. L’introduction de la législation LSFin/LEFin a bouleversé leur cadre régle­mentaire, imposant une obligation d’autori­sation, des exigences en fonds propres et une surveillance continue par la FINMA avec le concours des organismes de supervision. Ces exigences génèrent des coûts récurrents et une charge administra­tive importante, qui pèsent de manière dis­proportionnée sur les structures de petite taille. À cela s’ajoute un retard général en matière de digitalisation – sans parler d’une réelle réflexion sur l’intégration de l’IA. Les capacités internes pour mener à bien des projets technologiques d’enver­gure sont souvent limitées. L’IA n’est donc plus perçue uniquement comme une option technologique, mais bien comme une nécessité stratégique.

Dans la pratique, au quotidien, les cas d’usage de l’IA dans le wealth management sont nom­breux. Ils portent entre autres sur l’automatisation des tâches de confor­mité (KYC, reporting réglementaire, documentation), l’analyse avancée des données de portefeuille, l’appui aux déci­sions d’investissement, ou encore le service client parfois confié à des chat­bots. En matière de compliance, l’IA peut surveiller les règles en vigueur et signa­ler les situations à risque. Intégrée à un CRM, elle permet d’anticiper les risques de départ ou d’identifier des opportuni­tés de vente croisée.

Ces solutions ne se contentent pas d’amé­liorer l’efficience. Quand elles sont bien implémentées, elles rehaussent égale­ment la qualité de service – à condition d’être bien assimilées dans les processus existants.

L’introduction de systèmes basés sur l’IA suppose de relever plusieurs défis. Les données constituent un point de départ crucial. Elles sont souvent fragmentées, non structurées, ou stockées dans des sys­tèmes externes difficilement accessibles. Il faut donc d’abord les nettoyer, les structu­rer et les centraliser. Par ailleurs, les outils existants – portefeuille, conformité, CRM – ne sont pas toujours compatibles avec des modules d’IA et nécessitent des ajuste­ments techniques.

La traçabilité des résultats est un autre enjeu clé. Dans un univers réglementé, les décisions prises par l’IA doivent être com­préhensibles et justifiables, tant pour les conseillers que pour les clients. L’utilisation de services cloud ou de fournisseurs externes exige aussi une vigilance accrue en matière de protection des données, de sécurité informatique et de gouvernance. Cela requiert soit une expertise pointue en interne, soit des partenaires fiables.

En la matière, la FINMA a posé ses pre­mières balises avec sa communication estampillée 08/2024. Elle y affirme quatre principes.

L’institution reste responsable des proces­sus, même assistés par IA.

Les modèles doivent être robustes, basés sur des données fiables et révisées régu­lièrement.

Les résultats doivent être explicables, les approches «boîte noire» étant jugées pro­blématiques.

Le respect des lois sur la protection des données et des standards internationaux est impératif, notamment pour les traite­ments externes.

La FINMA attend aussi une évaluation de l’impact de l’IA sur le profil de risque de l’institution et une adaptation des contrôles internes.

Aujourd’hui, la plupart des éditeurs de PMS intègrent ou développent leur propre assistant IA. Les outils de gestion de por­tefeuille vont bientôt proposer des fonc­tions conversationnelles connectées aux données clients. Les solutions de com­pliance intègrent des modules de veille réglementaire. Les CRM deviennent intel­ligents. Mais cette évolution fragmentée engendre un nouveau risque, celui des silos d’intelligence artificielle.

Chaque solution reste centrée sur son propre périmètre de données. Un assistant IA intégré au PMS n’aura par exemple aucun accès à la correspondance client ou aux documents de compliance. Cette absence de vision holistique limite fortement le potentiel d’automatisation intelligente.

Dans ce contexte, autant envisager un point d’entrée qui soit pragmatique. Beaucoup de gérants utilisent déjà Microsoft 365 comme plateforme de travail. Le Copilot intégré offre un point d’entrée pratique à l’IA, sans refonte majeure du système d’in­formation. Relié à Outlook, Teams, Share­Point ou Excel, il permet de générer du texte, d’extraire de l’information ou de traiter des documents de manière automatisée.

Son principal atout : une intégration fluide dans les processus existants, sans nouvel outil ni interfaçage complexe. De plus, les exigences de sécurité et de conformité peuvent être respectées, notamment si les données sont traitées en Suisse ou dans l’UE.

Des alternatives comparables existent. C’est le cas par exemple de Gemini for Workspace chez Google, ou de ChatGPT Enterprise chez OpenAI, qui peuvent s’in­tégrer aux environnements bureautiques ou collaboratifs déjà en place.

Ces outils permettent aux gérants d’ac­quérir une première expérience avec l’IA dans un cadre familier – avec un effort limité et sans bouleversement IT.

Cependant, mettre en oeuvre une stratégie d’intelligence artificielle ne se résume pas à déployer un outil de plus. Cela suppose d’abord un travail de fond sur les données. Il convient d’identifier les sources disponi­bles, d’en vérifier la qualité, de clarifier les droits d’accès et de s’assurer de leur inte­ropérabilité. Sans cette base consolidée, aucune automatisation pertinente n’est envisageable.

Ensuite, une évaluation rigoureuse des outils IA est nécessaire. Cela implique de comprendre les prérequis techniques de l’environnement de travail existant, mais aussi d’en examiner les implications en matière de sécurité et de confidentialité.

Il est également essentiel d’éviter toute dépendance technologique à un fournis­seur unique. Les solutions retenues doivent pouvoir s’intégrer de manière ouverte avec d’autres systèmes, sans cloisonner les usages ni enfermer l’organisation dans un système clos.

L’approche doit rester progressive. Mieux vaut commencer par des assistants géné­ralistes – par exemple ceux intégrés aux suites bureautiques – avant de connecter, au besoin, des systèmes plus spécialisés comme un PMS ou une plateforme de compliance.

Ce travail d’intégration s’accompagne nécessairement de la mise en place d’une gouvernance claire : il faut définir les règles d’accès aux données, les responsabilités de chacun, et les mécanismes de contrôle.

Enfin, et peut-être surtout, il convient d’im­pliquer les équipes dès les premières étapes. La formation, l’adhésion et la diffu­sion des bonnes pratiques seront les vrais catalyseurs d’un changement pérenne. Une IA bien intégrée, c’est d’abord une organisation qui a su se l’approprier.

Il est évident que les assistants basés sur l’IA deviendront vite des standards dans le wealth management de demain. Pour les gérants indépendants, le choix est clair : prendre ce virage proactivement ou risquer de se retrouver à la traîne.

Mais réussir cette transition exige plus que des outils. Il faut une stratégie claire, des processus solides, une gestion rigoureuse des données et un investissement dans les compétences internes.

Ceux qui posent aujourd’hui ces fondations seront les mieux armés pour intégrer les technologies de demain, quelle que soit la vitesse de transformation du marché.

Car le véritable avantage concurrentiel ne viendra pas de l’outil lui-même – mais de la capacité des organisations à l’intégrer effi­cacement. L’avenir est aux modèles hybri­des, alliant puissance technologique et intelligence humaine. Pour les gérants indépendants, c’est une opportunité unique de renforcer leur position et d’inscrire leur développement dans la durée.

Dimitri Petruschenko

Petruschenko Consulting

Ancien fondateur et associé gérant de EAM.Technology, une société spécialisée dans le conseil et les services opérationnels externalisés, Dimitri Petruschenko a plus de quinze ans d’expérience dans l’environnement technologique propre au secteur financier. Durant son parcours, il a été amené à travailler plus particulièrement pour des banques privées, des gestionnaires de fortune indépendants et des family offices. Avant de lancer EAM.Technology, il a occupé différents postes de direction chez des fournisseurs suisses de solutions logicielles destinées aux secteurs du wealth management et de l’asset management.

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    Surveillance

    Solutions EAM

    • Guillaume de Boccard
    • Associé-fondateur
    • Geneva Compliance Group

    Gestion proactive des risques organisationnels : un atout plus qu’une contrainte

    Avec la LEFin, la gestion des risques organisationnels n’est plus un simple exercice de conformité. Elle conditionne l’autorisation d’exercer, structure la gouvernance et devient un facteur de crédibilité autant qu’un levier stratégique. Les gérants indépendants qui l’intègrent de manière proactive peuvent ainsi transformer une simple obligation réglementaire en avantage compétitif durable.

    Depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les établissements financiers, la LEFin, le paysage réglementaire des gestionnai­res de fortune suisses a changé de nature. Ce qui relevait autrefois de l’autorégula­tion, nourrie de codes de conduite secto­riels et d’usages professionnels, est désor­mais encadré par un dispositif légal et institutionnel qui impose une discipline organisationnelle accrue. La surveillance de la FINMA, opérée en grande partie par l’intermédiaire des Organismes de Sur­veillance, a placé la gouvernance et les contrôles internes au coeur de l’évaluation prudentielle. Dans ce contexte, la gestion proactive des risques organisationnels devient un élément central, non seulement pour satisfaire aux exigences légales, mais aussi pour affirmer sa crédibilité, préser­ver la confiance des clients et assurer la pérennité de son activité.

    La LEFin impose une organisation adéquate et proportionnée à la nature, à la complexité et au volume des affaires traitées. Cette exi­gence dépasse la simple formalité admi­nistrative : elle conditionne directe­ment l’octroi et le maintien de l’autorisation. Elle suppose des structures claires, la sépa­ration effective des fonctions de gestion, de contrôle et de surveillance, et la mise en place de procédures internes fiables et documentées. Dans la pratique, il ne s’agit pas seulement d’avoir un organigramme bien dessiné ou un recueil de directives et de procédures sur le coin du bureau, mais de garantir que les lignes de responsabilité soient comprises, appliquées, régulière­ment testées et révisées. L’expérience montre que les difficultés apparaissent souvent lorsqu’une forme de routine s’ins­talle, même là où l’on se croit le plus solide : une procédure jamais éprouvée, un rem­placement improvisé en cas d’absence d’un collaborateur clé ou encore un pro­cessus de validation et de surveillance qui s’appuie sur une seule personne.

    Les risques organisationnels spécifiques aux gestionnaires de fortune sont multiples. Ils tiennent d’abord à la gouvernance. L’ab­sence de supervision active par le conseil d’administration ou la confusion des rôles entre les organes peut fragiliser l’ensem­ble de la structure. Les auditeurs n’hésitent pas à relever ces défaillances, surtout lorsqu’elles se traduisent par une absence de contrôle des opérations ou un suivi lacunaire des obligations réglementaires.

    Le risque humain est omniprésent. Les administrateurs et les dirigeants qualifiés en particulier doivent démontrer expérience, probité et compétences techniques ; une nomination inadaptée ou une dépendance excessive à une seule personne peuvent provoquer une réaction immédiate de l’autorité de surveillance. La mise à jour des informations les concernant auprès de la FINMA et des OS est essentielle et un man­quement peut conduire à l’ouverture d’une procédure individuelle d’enforcement. Pré­venir de telles situations passe par la forma­tion continue, la mise à jour régulière des procédures et la conservation systématique des documents pertinents.

    À ces dimensions humaines s’ajoute la question des systèmes et des contrôles internes. Un dispositif de surveillance robuste n’est pas qu’un concept théorique : il doit être intégré au quotidien, périodi­quement testé et permettre de détecter puis traiter rapidement tout incident. A ce titre, la production de traces exploitables – audit trail – est essentielle. Les acteurs qui investissent dans des outils adaptés – contrôles intégrés dans les opérations, supervision indépendante par la confor­mité et la gestion des risques ainsi que l’audit – réduisent considérablement leur exposition. L’efficacité se mesure aussi à la réactivité : la mise en oeuvre rapide de mesures correctives et la documentation précise des décisions prises que le ges­tionnaire maîtrise son dispositif et sait en tirer des améliorations continues.

    La surveillance exercée par la FINMA via les OS et les auditeurs repose sur un système tripartite : le gestionnaire rend des comptes à son OS via son auditeur; la FINMA n’entre en jeu que sur les questions d’autorisation et de sanctions. Derrière cette mécanique, apparemment formelle, se joue en réalité la crédibilité de l’organi­sation. Les rapports d’audit constituent une photographie détaillée de la situation de chaque établissement. Des constats de manquements porteraient notamment sur une organisation inadaptée ou obsolète, un système de contrôle inadapté ou mal appli­qué, et des lacunes dans la mise en oeuvre des obligations LBA ou LSFin, la sur­veillance des délégataires ou encore dans la gestion des conflits d’intérêts.

    L’expérience démontre que la posture adoptée face à ces constats fait toute la dif­férence : un gestionnaire qui anticipe les observations, prépare des réponses argu­mentées et met en oeuvre sans délai les recommandations établit un climat de confiance durable. Une bonne collabora­tion continue avec son auditeur est de nature à permettre d’anticiper d’éventuel­lement manquements et de diminuer ces risques. La souscription à une assurance responsabilité civile, pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, est également un élément contribuant à la diminution du risque, financier cette fois-ci.

    Il serait pourtant réducteur de voir dans ce cadre réglementaire uniquement une contrainte. Les gestionnaires de fortune qui intègrent la gestion des risques dans leur stratégie globale transforment cette exi­gence en levier compétitif. Loin de brider l’initiative, la mise en place d’une culture de conformité favorise la clarté des décisions, fluidifie la communication interne et ren­force la relation de confiance avec les clients et partenaires. Encourager la remontée d’informations sans crainte de sanction interne, impliquer l’ensemble des collaborateurs dans l’identification et la maîtrise des risques et valoriser les contrô­les comme un gage de sérieux deviennent alors autant de marqueurs distinctifs sur un marché de plus en plus exigeant.

    Sous le régime de la LEFin, la conformité n’est pas un objectif figé, mais un proces­sus vivant qui exige anticipation, rigueur et engagement. Loin d’être un coût, la gestion proactive des risques organisationnels et la vigilance constante des organes de direc­tion constituent un investissement stratégi­que. Elles renforcent la stabilité, protègent la réputation et soutiennent la croissance. Dans un secteur où la confiance reste la première valeur, elles sont sans doute l’as­surance la plus précieuse que puisse offrir un gestionnaire de fortune.

    Guillaume de Boccard

    Geneva Compliance Group

    Guillaume de Boccard est associé fondateur de Geneva Compliance Group. Il est spécialisé dans la mise en place et la gestion de projets juridiques et réglementaires, notamment dans le secteur financier. Il supervise l’ensemble des activités de conseil. Titulaire du brevet d’avocat, et détenteur d’un MBA de l’INSEAD, il a précédemment exercé ses activités auprès de de Boccard Conseil. Il a travaillé également pour Pictet & Cie, à Genève, et Credit Suisse, à Zurich.

     

     

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    • Interview Cindy Eicher
    • Chief Executive Officer
    • DCP Client Partner

    « Les gérants indépendants vont devenir plus institutionnels, digitaux, interconnectés. »

    Les GFI sont entrés dans un nouveau cycle de leur évolution et, pour Cindy Eicher, leur croissance va désormais se décider autant sur la structure, le data et les processus que sur l’expertise et la confiance. Ceux qui sont capables aujourd’hui d’industrialiser leurs modes opératoires sans renoncer à leur agilité, leur proximité et leur indépendance sont appelés à définir les futurs standards du secteur.

    Par Jérôme Sicard

    Compte tenu de votre parcours bancaire, notamment chez JP Morgan, que peuvent apprendre les gérants indépendants de la manière dont les banques fonctionnent et s’organisent ?
    On peut difficilement comparer une grande banque internationale comme JP Morgan à un gérant indépendant localement implanté. Les banques s’adressent à une clientèle mondiale ultra-fortunée et proposent tout en interne : planification patrimoniale, investissement, philanthropie, gouvernance, acquisition et valorisation des œuvres d’art… Elles offrent aussi des expériences intégrées, presque « Instagrammables », qui séduisent aussi bien les jeunes générations que leurs parents. La Suisse, à l’inverse, valorise la discrétion, l’humilité, la précision et la fiabilité — la substance et la confiance avant la mise en scène.
    Cela dit, les gérants indépendants peuvent s’inspirer des banques sur plusieurs points. Chaque client devrait pouvoir compter sur une véritable équipe, composée de deux ou trois professionnels, dont le relationship manager. C’est ce qui assure une véritable continuité de service et une approche collaborative de la relation client. La réputation est un autre point clé. Éviter les conflits d’intérêts, rester dans le cadre des licences et ne pas opérer dans des juridictions mal maîtrisées est essentiel. L’intégrité est non négociable. Et la valeur a un prix : facturer de manière juste renforce le professionnalisme. Enfin, la spécialisation est décisive. Comme le disait Mary Erdos chez JP Morgan, «Better to be a master of one than a jack of all trades.» En fait, cela s’applique parfaitement aux gérants indépendants. Ils doivent identifier leur véritable valeur ajoutée et se concentrer dessus.
    En somme, les gérants devraient prendre modèle sur la rigueur, la structure et la discipline des banques, tout en préservant leur authenticité — l’âme même de la gestion privée suisse.

    Dans quels domaines les gérants externes doivent-ils encore progresser ?
    Les acteurs les plus en avance professionnalisent leurs opérations, investissent dans l’IT et le digital, et ils formalisent leur gestion des risques, tout en préservant leur esprit entrepreneurial. Nous connaissons tous le KYCKnow Your Client –  mais, demain, le KYDKnow Your Data — va devenir tout aussi important. Comprendre et analyser la donnée va permettre d’agir de manière proactive plutôt que réactive. C’est la base même d’une stratégie réfléchie et cohérente.
    Les gérants doivent aussi standardiser leurs processus d’investissement. Trop souvent, les décisions de portefeuille reposent encore sur les choix individuels des relationship managers, ce qui complique la maîtrise des risques et la scalabilité. La mise en place de comités d’investissement et de portefeuilles modèles apporterait davantage de cohérence et de discipline. Enfin, la succession reste un point sensible : beaucoup de structures dépendent encore trop de leurs dirigeants seniors. Associer des profils expérimentés à des profils plus jeunes, technophiles, tout en partageant revenus et indicateurs de performance, permettrait d’assurer une vraie continuité et une transmission plus facile du savoir-faire.

    Où voyez-vous les transformations les plus profondes du modèle EAM dans les prochaines années ?
    Les gérants indépendants vont devenir plus institutionnels, digitaux et interconnectés. Leur réussite dépendra de leur capacité à trouver et à maintenir de bons équilibres : croître grâce à la standardisation sans perdre en simplicité ni en proximité, adopter la digitalisation sans renoncer à l’humain, et se structurer davantage tout en préservant leur fibre entrepreneuriale.
    La mise à l’échelle passera aussi par la création d’écosystèmes digitaux : plateformes mutualisées, connexions API avec les banques dépositaires, fournisseurs de données et fintechs… Ce sera nécessaire pour fluidifier les opérations et enrichir au final l’expérience client.
    Ceux qui sauront conjuguer technologie, processus et indépendance n’auront pas de mal à définir les standards de demain.

    Les gérants qui dépassent aujourd’hui les 3, 5 ou 10 milliards d’actifs doivent-ils repenser leur modèle ?
    Oui. Ils doivent passer de boutiques dirigées par leurs fondateurs à des organisations structurées, axées sur les data, capables de changer d’échelle. L’efficacité viendra de l’automatisation et de la standardisation. La transparence dépendra d’une gestion rigoureuse des données. La stabilité résultera de cadres d’investissement institutionnalisés. Et la confiance se dégagera d’une gouvernance solide. L’enjeu consiste à préserver l’esprit entrepreneurial et la proximité client, tout en renforçant la structuration et la discipline des processus internes.

    Que signifie, concrètement, “cadre d’investissement institutionnalisés” ?
    Aujourd’hui encore, beaucoup de décisions d’investissement reposent sur des choix individuels, rarement documentés. Une structure professionnelle doit s’appuyer sur des portefeuilles modèles, des comités d’investissement et une justification claire de chaque ajustement d’allocation. Pouvoir expliquer pourquoi on augmente son exposition à l’or ou on réduit la poche Equities est une nécessité. Les mandats discrétionnaires ne signifient pas liberté totale, mais action dans un cadre clair et transparent de gestion du risque.

    Comment attirer des relationship managers issus du monde bancaire ?
    Avant de les attirer, il faut comprendre ce qui les freine. Ce n’est pas un manque de compétence client, mais plutôt la peur de perdre les fonctions de support, la technologie, ou le confort d’une structure hiérarchisée. En banque, tout est centralisé : compliance, cross-border, produits, spécialistes.
    Pour combler ce fossé, les gérants peuvent mettre en place des modèles en tandem associant managers seniors et juniors, où les seconds prennent en charge la technologie et l’administratif. Offrir plus de flexibilité dans les horaires et les lieux de travail est aussi un atout. Fournir un cadre de conformité et de gestion du risque solide rassure sur la sécurité opérationnelle. Enfin, instaurer des modèles de participation à vie — permettant aux seniors de conserver une part des revenus générés après leur retraite — favorise la loyauté, la transmission et la collaboration entre générations.

    Comment croître sans perdre en agilité ni diluer la culture d’entreprise ?
    Il n’existe pas de recette miracle, mais quelques principes clés. Ce sont par exemple des processus clairs qui soutiennent le travail sans créer de bureaucratie, des décisions proches du client, des valeurs partagées, intégrées dès le recrutement et des équipes décloisonnées entre investissement, opérations et management. Quand une équipe gagne, toute l’entreprise doit en bénéficier.
    La culture doit être entretenue activement — réunions, communication ouverte, rituels partagés. La transparence est aussi essentielle : partager des données financières simplifiées renforce la mentalité entrepreneuriale et le sentiment d’appropriation. En banque, les employés sont souvent des soldats ; dans une structure indépendante, ils doivent devenir des entrepreneurs — cela exige formation et confiance.

    En quoi les gérants indépendants conservent-ils un avantage face aux banques ?
    Leur force, ce sont les personnes. Ce qui fait la différence, c’est la relation : un lien personnel, des portefeuilles sur mesure, une défense sincère des intérêts du client — coûts compris. Comprendre les individus, pas seulement leurs actifs, c’est la clé pour instaurer la confiance, surtout dans les moments où les marchés se montrent très volatils.

    Quel est selon vous le principal défi des cinq prochaines années ?
    À court terme, la rentabilité et la croissance. Les bases de clientèle vieillissent, les actifs se concentrent, les modèles traditionnels s’essoufflent. À plus long terme, le défi sera de se digitaliser et de se structurer sans perdre l’essence de la relation. Trouver l’équilibre entre efficacité, technologie et proximité humaine déterminera les réussites de demain.

    Cindy Eicher

    DCP Client Partner

    Cindy Eicher a pris la direction de DCP Client Partner comme CEO en juin 2024. Au fil de son parcours, elle a occupé plusieurs postes de direction au sein de grandes banques suisses et internationales – notamment dans la gestion d’actifs chez Vontobel et la gestion de fortune chez Credit Suisse. Chez Deutsche Bank, elle a géré une clientèle institutionnelle avant de prendre la direction du Private Banking de J.P. Morgan à Zurich. Entre 2022 et 2024, elle a dirigé sa propre société de conseil, spécialisée dans les solutions de financement et le fundraising. Cindy Eicher a commencé sa carrière par un apprentissage bancaire chez UBS, avant d’obtenir un Bachelor en économie d’entreprise à la ZHAW de Winterthur.

     

    Sphere

    The Swiss Financial Arena

    Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

    Outil

    PubliSphere

      • Alex Roll
      • Investment strategist
      • Global X ETFs Europe

    Comment accroître le potentiel de ses revenus grâce aux ETF Covered Call

    Les stratégies optionnelles peuvent aider les investisseurs à faire face à différentes conditions de marché ou à atteindre des objectifs tels que la génération de revenus ou la gestion du risque. Les ETF investissant dans des options peuvent constituer un outil efficace pour ceux qui souhaitent intégrer ces stratégies à leur portefeuille, par souci de simplicité, de gain de temps ou afin d’éviter certains défis liés à l’exécution directe de stratégies d’options d’achat couvertes, comme la gestion des appels de marge (margin calls).

    Quelles sont les caractéristiques d’une stratégie d’options d’achat couvertes ?

    Une stratégie d’options d’achat couvertes consiste à détenir des actions tout en vendant des options d’achat sur ces mêmes titres, dans le but d’encaisser une prime. Cette approche permet de générer un revenu supplémentaire et de réduire partiellement les pertes potentielles, tout en limitant le potentiel de hausse du portefeuille, notamment lorsqu’il est entièrement couvert.

    Pourquoi avoir recours aux ETF Covered Call ?

    Les stratégies covered call offrent une alternative intéressante pour diversifier les sources de revenus d’un portefeuille, au-delà des actions et des obligations, souvent mises sous pression lors des périodes de hausse des taux ou de forte volatilité. Contrairement à une allocation traditionnelle de type 60/40 ou à une approche axée sur les dividendes, ces stratégies génèrent des revenus à partir des primes d’options, moins dépendants des bénéfices des entreprises ou du cycle économique. Elles contribuent ainsi à stabiliser le rendement global du portefeuille et à offrir des flux de revenus plus réguliers tout au long de l’année.

    Analyse approfondie des stratégies Covered Call de Global X

    Les stratégies optionnelles offrent aux investisseurs une grande flexibilité et la capacité d’ajuster leur exposition aux facteurs de marché, un atout particulièrement pertinent en période d’incertitude macroéconomique et de volatilité accrue.

    Stratégies d’options d’achat couvertes à parité (At-The-Money) : un potentiel de revenu élevé assorti d’une volatilité réduite
    Depuis dix ans, Global X propose des ETF spécialisés dans les stratégies d’options d’achat couvertes, notamment le Global X Nasdaq 100 Covered Call UCITS ETF (QYLD LN) et le Global X S&P 500 Covered Call UCITS ETF (XYLU LN). Ces fonds répliquent la performance d’indices buy-write via des accords de swap, combinant une exposition aux marchés actions avec la vente systématique d’options d’achat.

    Le Nasdaq 100, plus volatil que le S&P 500 en raison de sa forte pondération en valeurs technologiques, tend à offrir des primes d’options plus élevées, susceptibles d’atténuer les baisses de marché. Le niveau de revenu dépend du type d’options vendues (at the money, out of the money ou in the money). Les stratégies à parité privilégient la génération d’un revenu régulier au détriment du potentiel de hausse, et ont tendance à mieux se comporter dans des marchés volatils mais relativement stables que lors de phases marquées de forte hausse ou de repli

    Les options d’achat couvertes : un outil à la fois stratégique et tactique

    Les stratégies d’options d’achat couvertes peuvent être utilisées dans une optique stratégique de long terme ou dans une approche plus tactique. À long terme, elles offrent une source de revenu régulière, particulièrement utile dans des environnements où les rendements traditionnels se raréfient, tout en contribuant à diversifier le risque grâce à une exposition à des indices larges comme le Nasdaq 100 ou le S&P 500.

    D’un point de vue tactique, leur performance varie selon la dynamique du marché : ces stratégies peuvent sous-performer lors de fortes phases haussières, mais tendent à surperformer dans des marchés stables ou baissiers, où les primes encaissées permettent d’amortir, voire de compenser, les replis de l’indice sous-jacent.

    En conclusion : miser sur le potentiel de revenu d’un portefeuille

    Les stratégies optionnelles offrent aux investisseurs une flexibilité accrue pour naviguer dans des environnements complexes — marqués par des taux d’intérêt élevés, une inflation persistante ou une volatilité accrue. En combinant recherche de rendement et gestion du risque baissier, elles contribuent à un meilleur équilibre entre croissance et revenu au sein d’un portefeuille.

    Les stratégies d’options d’achat couvertes, en particulier, peuvent s’intégrer de deux manières:

    • comme position cœur, en substitut partiel à une exposition actions, afin d’atténuer les baisses grâce aux primes générées ;
    • comme position satellite, pour diversifier les sources de revenus lors de phases de volatilité ou de tension sur les taux.

    Global X ETFs

    Fondée en 2008, Global X ETFs propose une large gamme de stratégies ETF et gère environ 115 milliards de dollars d’actifs à l’échelle mondiale. Global X fait partie du groupe Mirae Asset Financial, acteur mondial des services financiers, avec plus de 729 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

    Prospectus et documents KID disponibles sur www.globalxetfs.eu

     

     

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