Ballottage

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    • Gianluca Lobefalo
    • Analyste senior
    • Varenne Capital

Les marchés entre volatilité et anticipation

Alors que le troisième trimestre s’achève, les marchés restent ballottés par les secousses accumulées depuis janvier et le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Parmi les tendances les plus marquantes, la faiblesse du dollar a surpris bon nombre d’observateurs, comme le rappelle Gianluca Lobefalo qui passe ici au crible les indicateurs clés à surveiller.

« Si on regarde depuis le début de l’année, le dollar a perdu 10% par rapport à un panier de devises de référence », souligne Gianluca Lobefalo. « Ce n’est sans doute pas un hasard si, dans le même temps, la Bourse américaine (indice S&P 500) a progressé d’environ 10%. » En d’autres termes, une fois ajustée des taux de change, la performance des actions américaines s’avère quasiment nulle.

Le grand gagnant de la fébrilité du billet vert est ainsi avant tout l’or. « Depuis le début de l’année, le cours de l’or a bondi de 38%, notamment sous l’effet des achats des banques centrales, et les cours des exploitants de mines d’or affichent même un gain de près de 100%. »

Pentification de la courbe

Un autre phénomène marquant des derniers mois est la pentification de la courbe des taux, c’est-à-dire l’élargissement de l’écart entre les taux longs (10 à 30 ans) et les taux courts (jusqu’à quelques années).

« La pentification de la courbe des taux est traditionnellement le signe de perspectives favorables pour la croissance économique et/ou pour l’inflation, surtout lorsqu’elle s’exprime entre les taux à 2 ans et à 10 ans. Mais récemment, la pentification s’est concentrée sur la fin de la courbe, entre les taux à 10 ans et à 30 ans. Ce qui peut aussi signifier que les marchés estiment que la politique fiscale des États n’est pas soutenable. » Un signal à suivre de près, même si, pour l’heure, il s’agit davantage d’une inquiétude diffuse — y compris en France, malgré la récente dégradation de la note souveraine du pays.

Tarifs douaniers

Un autre enjeu majeur dans l’environnement actuel est l’impact des mesures protectionnistes de Donald Trump, qui a multiplié par six les droits de douane moyens applicables aux importations aux États-Unis.

« Actuellement, il est encore trop tôt pour une évaluation complète de l’impact de ces tarifs douaniers », avertit Gianluca Lobefalo. « Les importateurs américains les ont anticipés et ont avancé leurs achats en début d’année. Selon les données disponibles, ce sont surtout ces mêmes importateurs qui ont absorbé le coût des droits de douane, ce qui explique que l’inflation des consommateurs ait peu bougé. Mais il faudra attendre six mois pour tirer des conclusions plus claires. »

Indicateurs à surveiller

Cette répercussion des droits de douane est d’autant plus cruciale que l’inflation américaine est aujourd’hui un des indicateurs les plus surveillés par les marchés. « Selon le Mood Indicator, un modèle développé par le Financial Times, elle devrait légèrement accélérer autour de 3,3% à la fin de l’année. Un niveau qui n’est pas considéré comme dangereux, mais ne justifie pas non plus une politique dynamique de réduction des taux », détaille Gianluca Lobefalo. Toute pression inflationniste supplémentaire pourrait donc contraindre la Réserve fédérale américaine à trancher entre ses deux mandats : le plein emploi (baisser les taux) et la stabilité des prix (relever les taux).

Enfin, « un second thème important pour les prochains mois et même années est la question de la domination du dollar, qui est certainement centrale dans de nombreuses tensions géopolitiques actuelles ».

Un risque extrême, mais bien réel, que Varenne couvre via son modèle de Tail Risk Hedging, permettant de protéger certains de ses portefeuilles contre les chocs extrêmes moyennant un budget annuel de maximum 1,5%.

Gianluca Lobefalo

Varenne Capital

Basé à Londres, Gianluca Lobefalo est conseiller en macroéconomie. Il apporte plus de 20 ans d’expérience. Pendant plus de dix ans, il a renforcé son expertise en tant que gérant de sa propre société spécialisée sur la gestion des risques extrêmes, QW Capital. Gianluca a commencé sa carrière en 1997 en tant qu’analyste FX et Quant chez JP Morgan, puis travaillé deux ans comme analyste Quant et gérant de portefeuille chez Schroders. Il a passé enfin huit ans chez Morgan Stanley en tant que responsable des produits dérivés Fixed Income. Gianluca est titulaire d’un Master en économie de l’Université Bocconi à Milan et d’un Master en économétrie et économie de l’Université catholique de Louvain, en Belgique. 

Varenne Capital Partners

Varenne Capital Partners est une société de gestion de portefeuille indépendante, détenue par son équipe dirigeante, fondée en 2003. L’objectif de la gestion est de délivrer une performance d’excellence, dans la durée, avec le minimum de prise de risque nécessaire pour l’obtenir. Pour ce faire, Varenne a développé et associé, sur plus de 20 ans, plusieurs moteurs de performance : Long Actions, Short Actions, Situations Spéciales et Couvertures Macroéconomiques. La gestion repose sur une activité de recherche entièrement propriétaire fondée sur un processus d’investissement structuré et formalisé, ayant en son sein un module avant-gardiste d’analyse des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

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    Solutions d’investissement

      • Arnaud Dubois
      • Co-fondateur et directeur des investissements 
      • Matis

    L’art contemporain renforce son statut de valeur refuge

    Dans un contexte mondial toujours marqué par des incertitudes économiques, géopolitiques et financières, le segment haut de gamme du marché de l’art contemporain confirme sa résilience et son rôle moteur. Quant à la Suisse, elle rassure. Avec Art Basel, devenu l’un des rendez-vous les plus influents du calendrier international, elle s’impose comme une place incontournable du marché de l’art.

    La Suisse ne dispose peut-être pas de la même profondeur de marché que les grandes places de l’art, mais elle sait attirer les collectionneurs internationaux en quête d’une plateforme neutre et efficace. Avec Art Basel – au même titre que les grandes ventes aux enchères de mai et novembre – elle contribue même à donner le tempo du marché de l’art mondial.

    L’édition 2025 d’Art Basel, organisée en juin dernier dans un climat d’expectative, a mis en lumière une exigence accrue de cohérence dans les propositions des galeries. Le recentrage sur des valeurs sûres s’est imposé, avec des œuvres de haute qualité proposées à des prix raisonnables, visant un public de collectionneurs plus sélectif, parfois discret ou en retrait. L’attention se tourne désormais vers d’autres rendez-vous, en particulier Art Basel Paris en octobre. Cette évolution reflète une nouvelle logique de marché : moins focalisé sur la hausse continue des prix, davantage orienté vers la qualité – des œuvres comme de l’expérience d’achat.

    Avant le rendez-vous dans la cité rhénane, c’est en mai et à New York que la saison de ventes aux enchères a démarré. Avec un total de 1,19 milliard de dollars de ventes pour les deux maisons leaders, Sotheby’s et Christie’s, le marché reste stable, en léger recul par rapport à 2024, mais bien au-dessus de nombreuses attentes.

    Plutôt qu’un simple repli conjoncturel, cette saison illustre un recentrage net du marché. Les collectionneurs privilégient désormais les œuvres blue chip, reconnues et établies, se montrant plus prudents à l’égard du segment red chip. Dans ce climat sélectif, plus de 90 % des lots présentés par Christie’s et Sotheby’s ont trouvé preneur — un taux nettement supérieur aux moyennes historiques proches de 70 %. Un résultat qui traduit un appétit toujours soutenu pour des œuvres choisies avec discernement.

    Dans ce duel toujours très scruté. c’est Christie’s qui s’impose nettement face à Sotheby’s. Avec 693 millions de dollars de ventes, Christie’s progresse de 8 % sur un an, portée par l’exceptionnelle Riggio Collection, qui a généré à elle seule près de 272 millions. Sotheby’s, en revanche, recule de 21 % et termine juste sous la barre des 500 millions, malgré un nombre supérieur de lots proposés (650 contre 550 chez Christie’s).

    Plusieurs facteurs expliquent l’écart entre les deux maisons. Christie’s a misé sur une sélection plus ciblée, avec des lots emblématiques et des estimations ambitieuses mais crédibles. De son côté, Sotheby’s a bénéficié de l’«effet collection» avec la dispersion des œuvres de Barbara Gladstone, confirmant une fois encore l’importance décisive de ce levier dans la dynamique des ventes.

    L’un des principaux leviers de performance de ces ventes est désormais bien connu : le système des garanties. Devenu pratique courante aux États-Unis, il permet à une maison ou à un tiers de s’engager sur un prix plancher, sécurisant ainsi le vendeur. En mai, près de 70 % des lots des ventes du soir chez Sotheby’s et Christie’s bénéficiaient de ce mécanisme. Il offre une prévisibilité accrue et illustre la financiarisation croissante du marché de l’art : une première étape de sécurisation en amont, suivie d’une compétition en salle pour capter une éventuelle marge. Un équilibre subtil, mais souvent gagnant.

    Le marché devient plus stratégique et extrêmement sélectif. La demande se concentre désormais sur les artistes blue chip, grandes figures du XXᵉ siècle, avec Calder, Lichtenstein ou Hockney toujours au premier plan. On observe toutefois une certaine rationalisation : les prix n’arrachent plus de records spectaculaires, mais s’alignent davantage sur leur valeur de Une toile de Rothko s’est vendue ainsi 37 millions de dollars – une performance solide mais cohérente avec son historique. Une œuvre de Calder a atteint plus de 8 millions, tandis qu’une autre, pourtant de grande qualité, n’a pas dépassé 1,8 million. L’époque de l’emballement et des records systématiques semble révolue. Les acheteurs se montrent plus prudents, et privilégient les pièces dont les estimations sont réalistes. Résultat : les vendeurs qui acceptent de rester dans une fourchette crédible en sortent gagnants. En clair, le marché ne veut plus surpayer.

    Il semble désormais préférer un corpus restreint d’une centaine d’artistes majeurs, impressionnistes et modernes compris. La logique de collection s’impose : les grandes maisons privilégient la sécurité en misant sur des valeurs historiques, validées par les musées et les galeries internationales.

    À l’issue de cette saison entre Bâle et New York, une conclusion s’impose : le marché de l’art ne s’essouffle pas, il se transforme. Plus lisible, plus transparent, mais aussi plus exigeant, il offre aux collectionneurs comme aux professionnels l’opportunité de privilégier le long terme, la qualité et la cohérence. Dans un monde instable, l’art demeure une valeur-refuge — à condition de savoir où porter son regard.

    Arnaud Dubois

    Matis

    Arnaud Dubois est le co-fondateur de matis où il dirige aujourd’hui les investissements. Spécialisé sur le marché de l’art contemporain, Arnaud Dubois accompagne depuis une décennie les collectionneurs et les investisseurs en les assistant dans la gestion de leurs actifs artistiques. Depuis 2014, Arnaud enseigne la gestion des actifs artistiques privés dans le cadre du programme de Master en Droit Privé, spécialisé dans le marché de l’art et la gestion des actifs artistiques, à l’Université d’Assas à Paris.

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      • Interview Pierre-Alexandre Rousselot
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      « L’idée de cette certification est de créer pour les gérants un gage de qualité »

      À la demande des gérants présents sur sa plateforme, Performance Watcher a lancé un programme de certification qui répond à un double objectif : mettre en valeur la qualité de leur travail et renforcer au final la confiance de leurs clients finaux dans une relation de long terme.

      Par Jérôme Sicard

      Pourquoi avoir lancé ce programme de certification ?
      Nous l’avons lancé tout simplement parce que nos clients nous l’ont demandé. Les gérants utilisent nos rapports comme outil de communication avec leurs propres clients, et Performance Watcher intervient alors comme tiers de confiance. Ces derniers temps, ils nous ont de plus en plus sollicité pour que nous nous engagions davantage dans cette dimension de communication et de marketing. De notre côté, il devenait aussi essentiel de nous assurer que les gérants qui s’appuient sur nos services le fassent de manière correcte et transparente. La certification répond donc à un double objectif : elle apporte de réels avantages au gérant, mais elle les soumet aussi à certaines obligations. Elle est d’ailleurs renouvelée chaque année, ce qui garantit la rigueur et la continuité de l’engagement.

      Comment cette initiative s’inscrit-elle dans la stratégie globale de Performance Watcher ?
      C’est une initiative qui s’inscrit dans une logique win-win. Les gérants avaient besoin d’un label pour se distinguer. Quant à nous, c’est l’occasion de valoriser nos clients et de renforcer notre propre marque. Les gérants certifiés sont désormais mis en avant, non seulement grâce aux outils marketing que nous leur fournissons — certains les utilisent déjà activement — mais aussi parce que nous pouvons communiquer beaucoup plus librement sur eux. En étant certifiés, ils entrent dans une démarche claire de transparence et d’excellence. Cela nous permet d’assumer pleinement notre rôle de vitrine et de relais de confiance pour ces gérants.

      Comment avez-vous conçu le contenu de la certification ?
      L’idée était vraiment de créer un gage de qualité. Nous voulions offrir aux gérants un label qui mette en valeur leur sérieux, leur rigueur et leur transparence, pour donner confiance à leurs clients finaux. Ce label leur apporte une certaine forme de sérénité, dans la mesure où ils signalent clairement leur volonté de faire du mieux possible pour leur clientèle. C’est ce que recherchent les clients aujourd’hui : savoir qu’ils ont en face d’eux un professionnel complètement engagé dans une démarche de qualité.

      Sur quels critères repose la certification ?
      Les critères sont stricts et les gérants sont tenus de les revalider chaque année. Nous leur envoyons un questionnaire, nous menons une interview avec eux, et nous veillons à ce que tout le processus soit automatisé de manière à ce qu’il ne soit pas falsifiable. Nous exigeons par exemple que 60 % au minimum des portefeuilles discrétionnaires soient intégrés dans notre plateforme. Nous imposons également un envoi quotidien des données, avec 30 jours d’historique, afin de garantir la parfaite correspondance avec le core system du gérant. Les données sont bien sûr anonymisées de bout en bout. Enfin, il faut être utilisateur de Performance Watcher depuis au moins six mois, avec un an d’historique complet, pour que nous puissions certifier en toute sécurité. Ce qu’il faut retenir, c’est que Performance Watcher engage aussi sa propre réputation à travers cette certification. C’est pour cela que nous devons être nous-mêmes très exigeants.

      Quel est l’intérêt concret pour les gérants indépendants ?
      C’est avant tout de pouvoir communiquer différemment avec leurs clients. Ce label leur apporte un outil marketing puissant, mais surtout un élément tangible de crédibilité. Aujourd’hui, les chiffres circulent dans tous les sens et ils peuvent être interprétés de mille façons différentes. Là, le gérant dispose d’un reporting validé par un tiers indépendant, ce qui renforce considérablement la confiance. J’ai encore en tête l’exemple d’un client qui m’a dit : « Dans vos rapports, ajoutez bien un paragraphe sur qui vous êtes, sur votre indépendance ». Pour lui, c’était un argument clé vis-à-vis de ses propres clients. Au-delà de l’image, la certification engage aussi dans une démarche de long terme : transparence, amélioration continue, recherche de la meilleure qualité de service. Pour un client final, cela change la relation avec son gérant. On se dit : « Voilà quelqu’un qui met tout en œuvre pour être irréprochable. »

      Comment intégrez-vous des enjeux spécifiques comme la gestion des risques et la conformité ?
      La conformité est au cœur de notre plateforme, notamment grâce à l’anonymisation totale des données. Mais il y a aussi la dimension du risque. Je dis souvent, en plaisantant, qu’on aurait pu s’appeler « Risk Watcher » ! Nous attachons une importance primordiale au suivi du budget de risque. La force de Performance Watcher, c’est de transformer des indicateurs complexes, parfois très mathématiques, en signaux simples et intuitifs. Les professionnels eux-mêmes apprécient cette clarté, et le client final y trouve une vraie valeur : il peut dialoguer avec son gérant à partir d’outils faciles à comprendre et à manipuler. Cela rend l’échange plus fluide, plus transparent, et surtout plus rassurant.

      De manière plus générale, où les gérants doivent-ils se renforcer aujourd’hui ?
      Chaque gérant est dans une situation particulière, mais il y a des tendances. Nous voyons par exemple que certains n’utilisent pas pleinement leur budget de risque, ou qu’ils restent sur des approches trop prudentes, parfois héritées du passé. Or, il existe aujourd’hui de nouveaux outils, de nouveaux produits, qui permettent d’enrichir et de diversifier la gestion. Mon message est simple : un gérant doit rester acteur de son temps, utiliser les ressources disponibles, et adapter sa gestion au présent et à l’avenir. C’est une condition indispensable pour rester pertinent et compétitif.

      Pierre-Alexandre Rousselot

      Performance Watcher

      Pierre-Alexandre a pris en juin le poste de CEO au sein de la plateforme Performance Watcher. Il dirigeait auparavant KeeSystem qu’il a lui-même créée voilà un peu moins de vingt ans, avec Frédéric Gérault. Après des études en informatique, il s’est en effet spécialisé dans le développement de logiciels appliqués à la gestion d’actifs et il en est venu ainsi à lancer KeeSystem, pour permettre aux gestionnaires de fortune de gérer l’ensemble de leurs fonctions stratégiques. C’est cette expertise qu’il entend aujourd’hui mettre au service de Performance Watcher.

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        Ajustements

        PubliSphere

          • Pascal Hügli
          • Crypto investment manager
          • Maerki Baumann & Co

        Cryptomonnaies : le bon rapport rendement-risque

         Les actifs numériques sont aujourd’hui une composante incontournable dans la gestion de fortune. Longtemps moqués pour leur caractère purement spéculatif, leur faible corrélation avec les classes d’actifs traditionnelles en fait cependant un outil intéressant de diversification de portefeuille. L’ajout de 2 % de crypto-actifs soigneusement sélectionnés peut augmenter sensiblement le potentiel de rendement du portefeuille sans accroître notablement le risque.

        Les actifs numériques sont connus pour leurs fluctuations de prix parfois importantes ; raison pour laquelle de nombreux investisseurs se détournent de cette classe d’actifs. Notre expérience montre cependant que la volatilité tant redoutée des crypto-actifs peut aussi être transformée en avantage pour les clients. En effet, leur attrait réside avant tout dans leurs capacités de performance alternatives, décorrélées des classes d’actifs classiques. Le « Halving » périodique du bitcoin ou la clarté réglementaire croissante sont d’autres atouts en ce sens. L’exemple suivant illustre l’impact concret d’une part ciblée de cryptomonnaies dans un portefeuille traditionnel.

        Rendement supérieur et risque identique

        Notre comparaison va analyser deux portefeuilles quasiment identiques : tous deux se composent de 2 % de liquidités, 29 % d’obligations, 10 % d’immobilier indirect et 12 % de placements alternatifs. La différence réside dans la part d’actions : alors que le premier portefeuille détient 47 % d’actions, le second a été réorienté à hauteur de 2 % en faveur des crypto-actifs (avec 1 % de Bitcoin et 1 % d’Ethereum).

        Cette faible part de crypto améliore nettement le rapport rendement-risque : entre janvier 2021 et juin 2025, le portefeuille avec crypto a généré un rendement total de 30,83 %, contre 20,04 % sans crypto, soit un rendement supplémentaire de 10,79 %. Parallèlement, la volatilité annualisée sur 20 jours avec cryptos est de 4,46 %, contre 4,15 % sans cryptos ; soit une hausse à peine perceptible de 0,31 %, qui est largement compensée par l’avantage en termes de performance. En résumé : une toute petite part de crypto dans un portefeuille augmente donc le risque de manière minime, tout en améliorant significativement le rapport rendement-risque.

        La gestion active est préférable

        Pour que les avantages cités puissent profiter à l’investisseur, le portefeuille avec part de crypto doit être rééquilibré à intervalles réguliers afin de respecter la répartition initiale. Dans la pratique, un rééquilibrage trimestriel s’est avéré presque optimal.

        Des ajustements plus fréquents compensent trop fortement les fluctuations à court terme, de sorte que l’effet positif de la part de crypto ne se fait pas pleinement sentir. En revanche, si le rééquilibrage est effectué moins souvent (par exemple tous les six mois ou tous les ans), le rendement augmente certes davantage, mais le risque du portefeuille augmente lui aussi sensiblement. Un rééquilibrage bien géré est donc une condition préalable à l’ajout réussi d’une part d’actifs numériques dans un portefeuille.

        Penser à long terme

        L’ajout d’actifs numériques convient en premier lieu aux investisseurs qui ont une vision à long terme. La spéculation à court terme peut certes faire espérer des gains plus élevés, mais elle comporte également des risques de perte plus importants. Ceux qui sont prêts à rester investis pendant un cycle entier sur le marché crypto (typiquement quatre ans) peuvent quant à eux tirer pleinement parti des avantages structurels de cette classe d’actifs.

        De nombreux investisseurs institutionnels l’ont compris. De grands noms du secteur comme BlackRock recommandent désormais à leurs clients d’investir jusqu’à 2 % dans le Bitcoin afin d’améliorer la diversification. D’autres gestionnaires d’actifs mondiaux, comme Fidelity, parviennent à des conclusions similaires.

        Conclusion : les cryptos font la différence

        Les actifs numériques se sont imposés depuis quelques années comme une composante incontournable dans un portefeuille. Leur faible corrélation avec les classes d’actifs traditionnelles en fait un complément judicieux dans une stratégie d’investissement équilibrée. Les personnes qui investissent avec une part ciblée de crypto gérée activement peuvent profiter d’opportunités de rendement intéressantes et d’une meilleure diversification, sans pour autant augmenter le risque de manière significative.

         

        Maerki Baumann & Co.

        La banque privée Maerki Baumann & Co. AG, dont le siège est à Zurich, a été fondée en 1932. Elle se concentre sur ses compétences clés en matière de conseil en investissement et de gestion de fortune ainsi que sur le suivi des gestionnaires de patrimoine indépendants. Maerki Baumann est l’une des premières banques privées suisses réglementées à se positionner dès 2019 sur le secteur des actifs numériques. La vaste offre de services crypto pour les particuliers, les institutions et les entreprises est regroupée sous la marque « ARCHIP ». L’entreprise familiale emploie une centaine de collaborateurs et gère plus de CHF 11 milliards d’actifs de clients, principalement en Suisse et en Allemagne.

         

        Pour plus d’informations :

        www.maerki-baumann.ch

        www.archip.ch

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            • Andrew Ye
            • Stratège en investissements
            • Global X ETFs

          Les infrastructures européennes : un pilier stratégique pour l’avenir

          L’Europe engage une stratégie à long terme pour bâtir une économie durable, numérique et compétitive, en misant sur des investissements massifs dans ses infrastructures stratégiques. Soutenus par des financements publics et privés via des initiatives comme NextGenerationEU, ces projets visent à répondre aux défis économiques, climatiques et sécuritaires. Le rôle croissant des dépenses de défense et la création de fonds nationaux, comme en Allemagne, renforcent encore la place des infrastructures comme levier économique et nécessité géopolitique.

          Transition numérique
          L’UE déploie un plan d’action ambitieux pour l’intelligence artificielle et le cloud, mobilisant 200 milliards € pour créer des « gigafactories » et tripler la capacité des centres de données d’ici 2030, avec un objectif de 100 % d’énergie sans carbone. Le plan prévoit également la création d’au moins 13 usines d’IA pour soutenir startups, industrie et recherche. L’infrastructure numérique est également considérée comme stratégique pour la défense, notamment en cybersécurité et en communications robustes. La Commission européenne envisage d’intégrer les réseaux de télécommunications dans la taxonomie des activités durables afin de faciliter l’accès à des financements verts, tout en simplifiant les procédures d’octroi de licences pour accélérer le déploiement de la 5G et des futures technologies.

          Énergie et climat
          L’UE vise une réduction de 90 % des émissions d’ici 2040 et la neutralité carbone en 2050. Elle investit plus de 100 milliards € dans l’industrie propre et renforce le rôle des obligations vertes, déjà émises à hauteur de 68 milliards €. Le Fonds pour la reprise et la résilience consacre 42 % de ses dépenses aux objectifs climatiques, permettant de réduire chaque année 55 millions de tonnes de CO₂. Les collectivités locales contribuent à cette dynamique en augmentant leurs investissements dans l’adaptation climatique. Plus de la moitié des municipalités prévoient de renforcer leurs projets liés au climat dans les trois prochaines années, signe d’un alignement croissant entre politiques européennes et initiatives locales.

          Transports et mobilité
          Le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) doit être complété d’ici 2030 pour son noyau central. L’UE identifie également 500 projets à double usage civil et militaire pour renforcer la mobilité et la préparation stratégique. Le coût total de finalisation du réseau central et étendu est estimé à 866 milliards €, illustrant l’ampleur des besoins d’investissement. Des pays comme l’Allemagne allouent des budgets record – 500 milliards € – pour moderniser routes, rails et infrastructures critiques. Le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) a reçu pour ses appels 2024 près de quatre fois plus de demandes de financement que le budget disponible, montrant la forte pression sur les ressources.

          Opportunités d’investissement
          Dans ce contexte, le Global X European Infrastructure Development UCITS ETF (BRIJ LN) offre une exposition ciblée à 30-40 entreprises actives dans quatre domaines clés que sont les infrastructures traditionnelles, du numérique, énergétiques et de réseaux, positionnées pour bénéficier du développement de ce secteur en Europe. Ces sociétés couvrent des segments clés tels que l’énergie propre, la logistique, les télécommunications et les technologies de défense, offrant ainsi une diversification face aux enjeux économiques et géopolitiques actuels.

          Conclusion : un cycle porteur aussi lie à la défense ?
          La réorientation stratégique américaine et le contexte géopolitique actuel poussent l’Europe à renforcer son autonomie militaire, créant un environnement propice au développement des chaînes de valeur intégrant logiciels, composants, drones, capteurs et du besoin de développer de nouvelles infrastructures. Dans ce contexte, pour les investisseurs, une approche diversifiée intégrant la tech défense et les infrastructures stratégiques pourrait offrir des perspectives de croissance durables.

          Auteur _ Andrew Ye

          Andrew a rejoint Global X en 2024 en tant que stratégiste en investissement. Il est responsable de la couverture des thèmes Disruptive Technology et People & Demographics.Titulaire d’un double diplôme en commerce et en droit (Université de Nouvelle-Galles du Sud, Australie), il est également détenteur de la charte CFA.

          Global X ETFs

          Fondée en 2008, Global X ETFs propose une large gamme de stratégies ETF et gère environ 111 milliards de dollars d’actifs à l’échelle mondiale. Global X fait partie du groupe Mirae Asset Financial, acteur mondial des services financiers, avec plus de 632 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

          Prospectus et documents KID disponibles sur www.globalxetfs.eu

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            Sphere

            The Swiss Financial Arena

            Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.