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« Tous les avantages d’une adresse au Liechtenstein pour les GFI»

La localisation au Liechtenstein et l’obtention d’une licence MiFID permettent aux gestionnaires suisses, wealth managers et asset managers, de proposer leurs services d’investissement au sein de l’Union européenne. Viktor Fischer explique la stratégie mise en place pour Reuss dans cette optique.

Vous avez récemment reçu de l’autorité de surveillance des marchés financiers du Liechtenstein, la FMA, l’autorisation MiFID, qui permet la distribution transfrontalière de services d’investissement dans l’Union européenne. Pourquoi avoir effectué ce choix et quelles en sont les conséquences ?

Nous voyons tout d’abord s’ouvrir de nouvelles possibilités. Grâce à notre autorisation et à l’orientation de notre modèle d’affaires, nous pouvons proposer aux wealth managers et aux asset managers suisses des solutions pour entrer sur le marché européen et assurer ainsi la distribution transfrontalière de leurs fonds. En principe, l’entrée sur le marché de l’UE, notamment pour les personnes originaires de Suisse, est liée à des obstacles administratifs et financiers importants, comme la création d’une filiale réglementée dans le pays concerné. Nous en avons pris acte et nous apportons des solutions. En tant que société MiFID gérée par ses propriétaires, basée au Liechtenstein, nous étendons nos services pour que nos clients puissent générer davantage de croissance.

Les coûts et, bien entendu, les risques liés à la distribution restent un sujet de préoccupation. Une telle structure a-t-elle donc un sens pour un gestionnaire d’actifs suisse qui distribue ses fonds dans l’UE ?

Effectivement, s’attaquer au marché européen entraîne des risques supplémentaires. La FINMA s’accorde sur ce point et elle y prête d’autant plus d’attention lorsqu’il s’agit de gestionnaires de fortune indépendants. Dans ce contexte, une structure de type ombrelle se présente comme une solution intéressante. En substance, elle permet à une personne morale ou physique de se rattacher à une entreprise agréée MiFID en tant qu’intermédiaire, dit lié par contrat, et de fournir ainsi certains services financiers dans plusieurs pays de l’UE.  Il peut alors s’agir de distribution de fonds ou de services d’intermédiation pour la gestion de fortune.

Il est important de noter que dans le cas d’une personne morale, il faut au moins une succursale non réglementée au sein de l’UE qui puisse agir en tant qu’intermédiaire lié par contrat. Le Liechtenstein se prête idéalement à cet effet grâce à ses courtes procédures administratives et à ses coûts raisonnables. L’ombrelle est donc l’une des méthodes les plus efficaces pour accéder rapidement à l’UE sans avoir à demander une autorisation MiFID pour toute l’Europe.

Vous connaissez les deux côtés – aussi bien celui de la Suisse que celui de l’UE. À partir de quel moment est-il judicieux pour un gestionnaire de fortune d’ouvrir une succursale ?

Cela dépend des ambitions et de l’ampleur de l’engagement. Si une autorisation MIFID complète avec la création de succursale, nous pouvons là encore offrir notre soutien dans l’accomplissement de la plupart des tâches administratives et réglementaires, ainsi que dans la mise en place et le suivi permanent.

Le thème de l’entrée sur le marché de l’UE est complexe et la solution appropriée dépend toujours du cas particulier. Nous menons de nombreux entretiens avec des sociétés qui souhaitent exercer des activités transfrontalières et nous élaborons ensemble une stratégie.

Pourquoi avez-vous, pour Reuss Private Access, choisi le Liechtenstein comme site d’implantation?

Le Liechtenstein présente de nombreux avantages. C’est un pays très dynamique, soumis à une réglementation complète de l’UE dans le domaine des banques et de la gestion d’actifs. De plus, le Liechtenstein est devenu un acteur important dans l’industrie des fonds. Ce qui nous plaît au Liechtenstein, c’est surtout la rapidité des décisions. Alors qu’au Luxembourg, les initiateurs de fonds se battent encore avec la CSSF après six mois, au Liechtenstein, la FMA a déjà mis en place le produit dans les dix jours ouvrables prescrits par la loi. Le temps de mise sur le marché n’est pas le seul facteur décisif, l’accès à la FMA l’est tout autant.

Viktor Fischer

Reuss Private Access

Viktor Fischer a plus de 20 ans d’expérience dans le domaine réglementaire transfrontalier. Après avoir occupé différentes fonctions de management chez UBS, il a travaillé au sein du groupe Acolin entre 2014 et 2021 comme membre de la direction et administrateur unique des activités européennes MiFID, sous la surveillance de la BaFin et de la Bundesbank. Dans ce cadre, il a joué un rôle de premier plan dans le développement stratégique et la direction des activités opérationnelles en Europe.

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