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Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
Créer des ponts, faire entendre la voix des étudiants et ouvrir les portes de la finance suisse : Orégane Chérel partage sa vision d’un SPHERE LAB pensé comme un véritable tremplin pour les jeunes talents.
Par Arnaud Favre
Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans le SPHERE LAB et d’en prendre aujourd’hui la présidence ?
Ce qui m’a tout de suite séduite, c’est l’idée du SPHERE LAB comme pont entre le monde de la finance suisse et les étudiants. Je trouve ce concept vraiment génial, parce qu’il permet de donner une voix aux étudiants, de porter nos perspectives et de nous offrir une vraie visibilité.
En tant que présidente, j’ai envie de m’investir pleinement pour construire un SPHERE LAB dynamique, tourné vers l’avenir. Mon objectif est de contribuer à un projet porteur, qui ouvre de belles perspectives aux étudiants et les aide à se projeter dans leur futur professionnel.
Quelle direction aimerais-tu donner au SPHERE LAB pour l’année 2026 ?
J’aimerais donner au SPHERE LAB une direction portée par l’ambition, la collaboration et l’impact. Mon objectif est de renforcer son rôle comme plateforme de référence pour la nouvelle génération en finance.
Concrètement, cela signifie développer des synergies fortes avec SPHERE et avec la communauté des gestionnaires de patrimoine. Pour moi, le SPHERE LAB doit être un véritable laboratoire d’idées, un espace de connexion entre les personnes, où chacun peut exprimer ses ambitions. Je souhaite qu’il soit perçu comme un catalyseur de carrière et un moteur de transformation positive pour le secteur.
Selon toi, qu’est-ce que le SPHERE LAB peut apporter de concret aux étudiants qui s’y engagent ?
Le SPHERE LAB offre quelque chose de très précieux : de la visibilité, de l’expérience concrète et un accès direct à l’écosystème financier suisse.
Les étudiants ne sont pas de simples spectateurs, ils deviennent acteurs. Ils développent des compétences clés comme la communication, l’esprit critique, le travail en équipe, tout en construisant un réseau solide pour leur avenir. C’est une expérience qui va bien au-delà d’une ligne sur un CV : c’est un accélérateur de confiance, de maturité professionnelle et d’opportunités.
Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus dans l’idée de créer des liens directs entre étudiants et professionnels de la finance suisse ?
Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de réduire la distance entre deux mondes qui, parfois, se connaissent très mal. Créer ces liens permet aux étudiants de se projeter concrètement, de bénéficier de l’expérience des professionnels, et inversement, aux professionnels de découvrir la créativité, les valeurs et les nouvelles perspectives de la jeune génération.
Le monde évolue très vite, notamment avec la technologie et l’IA. Les jeunes ont une vision du futur parfois différente, et je pense que cet échange à double sens est extrêmement riche.
À titre personnel, qu’espères-tu retirer de cette expérience en tant que présidente du SPHERE LAB ?
À titre personnel, j’espère apprendre énormément et développer des compétences en leadership, en gestion de projet, en communication et en travail d’équipe.
Mais surtout, j’aimerais grandir humainement, construire des projets porteurs de sens avec des personnes engagées et ressortir avec le sentiment d’avoir contribué à quelque chose de plus grand que moi. Aider des talents à se révéler, à trouver leur place dans le monde du Wealth Management, et faire du SPHERE LAB un véritable catalyseur, c’est ce qui me motive profondément.
Comment imagines-tu le fonctionnement interne et l’esprit du comité du SPHERE LAB ?
J’imagine un fonctionnement basé sur une hiérarchie horizontale, où chacun est libre d’apporter ses idées, de tester, de créer. L’objectif est que chaque membre puisse mettre à profit ses compétences spécifiques au service du SPHERE LAB.
Chacun peut se spécialiser dans un domaine — communication, événements, interviews, médias — et, lorsque les profils se complètent, former de petites équipes. L’idée est que chaque personne apporte une vraie valeur ajoutée au collectif.
Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus aujourd’hui quand tu penses au SPHERE LAB ?
Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est l’accès à un milieu qui est souvent perçu comme opaque et difficile d’accès : celui des gestionnaires de patrimoine.
J’ai hâte d’échanger avec eux, mais aussi de développer notre propre identité SPHERE LAB : nos vidéos, nos interviews, nos initiatives. Cette liberté de création est extrêmement motivante, et je remercie SPHERE de nous offrir cette opportunité.
Un moment fort à venir pour le SPHERE LAB ?
Oui, un moment clé sera l’événement des 10 ans de SPHERE, le 7 septembre au Président Wilson à Genève. Un panel spécial SPHERE LAB est prévu, avec des étudiants, devant environ 400 gestionnaires de fortune indépendants.
Avec les membres du comité, nous en avons déjà beaucoup discuté et nous sommes très enthousiastes. C’est une occasion unique de porter nos voix et de nous exprimer. Nous avons hâte de commencer à travailler sur ce projet.
Et concernant le Stock Pitch Challenge à venir ?
C’est encore en phase de réflexion, car c’est un prototype. Nous avons déjà quelques idées, notamment sur le format et le temps de parole, mais nous allons construire le projet progressivement ensemble.
L’objectif reste clair : permettre à chacun de s’exprimer, de porter sa voix et de montrer le regard innovant que nous avons sur le futur, face aux professionnels de la gestion de patrimoine.
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Dans un univers en pleine recomposition, celui de la gestion de fortune, Yohan Palleau défend une approche exigeante du multi-family office : indépendance réelle, architecture ouverte et transparence totale sur la performance. À l’heure où les clients comparent et arbitrent de plus en plus, il plaide pour une gestion où la performance ne se proclame plus, mais se mesure et s’audite.
Par Levi-Sergio Mutemba
Le terme de family office est souvent galvaudé. Quelle distinction faites-vous entre multi-family office et gestion patrimoniale classique?
C’est un point crucial. Un vrai family office nécessite une masse critique, généralement au-dessus des 50 millions de francs de capital, pour justifier la complexité des services allant de la fiscalité et de la gestion de portefeuille à la planification successorale intergénérationnelle, voire à des services de conciergerie. Le modèle de multi-family office, tel que nous le pratiquons, permet de mutualiser ces ressources expertes pour plusieurs familles. Cela nous permet d’offrir une ingénierie patrimoniale complète que des structures informelles ou trop petites ne peuvent tout simplement pas assumer professionnellement.
Votre modèle repose sur une architecture ouverte. Pourquoi refuser les fusions au profit de partenariats?
L’indépendance est notre actif le plus précieux. En privilégiant des partenariats stratégiques avec des spécialistes tels que des trustees, des fondations et des experts fiscalistes ou juridiques plutôt que des fusions, nous conservons notre agilité et évitons les conflits d’intérêts. Le cadre réglementaire actuel, défini par la LSFin et la LEFin, impose des standards de conformité particulièrement élevés. Loin d’être une contrainte, cette exigence renforce des structures comme la nôtre et nous permet d’offrir une neutralité totale dans le choix de nos prestataires clés, au seul bénéfice de nos clients.
En matière de communication, vous semblez vouloir casser les codes du marketing traditionnel. Quelle est votre approche?
Nous fuyons le marketing lisse qui manque de substance. Nous souhaitons éduquer le marché en utilisant des formats plus interactifs, comme des interviews directs avec notre CIO et autres membres de notre équipe, pour offrir une lecture décryptée des marchés. La gestion indépendante repose aussi sur la cohérence entre les actes, les analyses et le discours public.
Dans un marché saturé, comment prouvez-vous concrètement que votre performance est supérieure à celle de vos concurrents, notamment les grandes banques privées?
La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée. C’est pour cette raison que nous avons soumis notre track record à Asset Risk Consultants Research, une référence mondiale qui supervise plus de 525’000 portfolios. Le resultat est sans appel: ARC nous a décerné un rating A pour l’intégralité de nos mandats, sur notre track record de 10 ans. Cela place nos performances dans le premier décile au niveau mondial, analysées, par type de mandat et par monnaie de référence, tandis qu’un rating B correspond au premier quartile. Cette rigueur répond à une mutation profonde du marché. Ces dernières années, la performance nette est devenue le critère de survie. Aujourd’hui, les clients n’hésitent plus à quitter leurs banques privées si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
NFG Partners a franchi une étape majeure en 2023 avec l’acquisition de Harvard Capital. Quel en était l’objectif stratégique?
L’objectif était de consolider notre crédibilité sur le marché. En intégrant Harvard Capital, et son CIO Glenn Coxon, nous avons acquis un track record solide sur des mandats discrétionnaires. Pour nous, la performance ne doit pas être une promesse, mais un fait vérifiable. C’est pourquoi nous avons fait valider ce track record par ARC. Être positionné dans le premier quartile avec un rating entre B et A nous permet d’établir avec nos clients des relations de totale confiance, loin de l’opacité que l’on reproche parfois aux banques traditionnelles.
Justement, vous parlez de transparence. Est-ce là l’exigence principale de vos clients aujourd’hui?
Absolument. Le client moderne veut comprendre précisément ce qu’il paie. Il accepte de payer un premium, mais seulement s’il est justifié par un service et une performance supérieurs. Notre rôle est d’exercer un devoir fiduciaire renforcé. Nous traitons chaque demande avec une priorité immédiate, à l’image d’un service d’hôtellerie cinq étoiles. Que le patrimoine soit massif ou plus modeste, le niveau d’excellence doit être le même pour tous.
Yohann Palleau
NFG Partners
Yohan Palleau est co-fondateur et directeur de NFG Partners, gestionnaire de fortune basée à Genève et régulé par la FINMA. Spécialisé dans des solutions de gestion de fortune sur un plan international, il accompagne entrepreneurs et familles fortunées dans la structuration et la croissance de leur patrimoine. Passé par BPCE, ACE & Company et Banque SYZ, il combine expertise institutionnelle et approche entrepreneuriale. Yohann Palleau est diplômé de HEC Lausanne et de l’Université de Genève.
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Les marchés privés occupent une place croissante dans les allocations des investisseurs professionnels en Suisse. Dans cet entretien, Véronique Fournier analyse les facteurs structurels à l’origine de cette évolution, l’élargissement de l’accès aux stratégies privées et les enjeux de liquidité et de pédagogie qui accompagnent leur intégration dans la construction moderne de portefeuilles.
Par Jérôme Sicard
Le private equity s’est imposé comme une classe d’actifs à part entière. Comment cette montée en puissance se traduit-elle concrètement chez les investisseurs professionnels en Suisse ?
L’adoption des marchés privés par les investisseurs professionnels et les gérants de fortune en Suisse progresse fortement. C’est le cas dans le domaine du private equity, mais aussi dans ceux du crédit et des stratégies hybrides. Concrètement, pour convaincre investisseurs et allocataires, il faut parvenir à une approche globale en termes de solutions, qui répondent à la fois aux besoins d’investissement, de devises et de liquidité. En parallèle, il est essentiel d’expliquer en profondeur ce que sont les marchés privés et le rôle qu’ils peuvent jouer dans les portefeuilles actuels.
Il est tout aussi clair que l’alignement d’intérêts partagé avec nos clients est aussi un élément déterminant à leurs yeux. Nous sommes souvent le principal investisseur dans nos propres produits via les activités d’assurance d’Apollo, ce qui signifie que nous obtenons au final les mêmes rendements que nos clients. Cette convergence d’intérêts et cette responsabilité partagée sont très favorablement perçues par nos investisseurs et nos partenaires en Suisse.
Les marchés privés semblent aujourd’hui prendre le pas sur les marchés cotés. Quels facteurs structurels expliquent ce basculement ?
Les marchés privés sont devenus un pilier de la construction moderne de portefeuilles. Les marchés publics resteront toujours essentiels, mais comme une grande partie des entreprises européennes ne sont pas cotées, ils ne reflètent plus à eux seuls l’économie réelle à laquelle les investisseurs souhaitent accéder. Environ 95 % des entreprises européennes générant plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires sont détenues de manière privée. Par ailleurs, les marchés cotés sont de plus en plus indexés et corrélés entre eux. Les marchés privés peuvent apporter de la diversification aux portefeuilles, tout en offrant un accès à un univers d’investissement plus large et souvent moins volatil que les actions cotées.
Comment décririez-vous la dynamique actuelle des marchés privés, notamment en matière de diversification des stratégies, de liquidité et de transparence ?
Le niveau d’accès et de choix dont disposent aujourd’hui les investisseurs sur les marchés privés est sans commune mesure avec celui d’il y a dix ans. Avec l’émergence de fonds evergreen et de solutions semi-liquides, les investisseurs peuvent désormais accéder à des produits de qualité institutionnelle. Ils étaient autrefois réservés aux plus grands fonds de pension et à des fonds souverains, qui investissaient dans des structures fermées à capital calls, avec des périodes de blocage de cinq, dix ans, voire davantage.
Aujourd’hui, pour prendre l’exemple d’Apollo, nous proposons sept solutions semi-liquides sur les marchés privés. Elles couvrent différentes classes d’actifs en Europe, pour mettre le meilleur de la plateforme la disposition des gestionnaires de fortune. Ces structures offrent davantage de flexibilité quant au niveau de liquidité ou d’illiquidité accepté dans les portefeuilles et permettent ainsi une exposition immédiate à des portefeuilles de grande taille, pleinement investis.
Avec le développement des fonds evergreen, un marché secondaire plus actif et une standardisation accrue, peut-on dire que les marchés privés vivent aujourd’hui une forme de « moment UCITS » ?
Les marchés privés évoluent rapidement, avec beaucoup plus de structures et de points d’accès pour les investisseurs. Mais donner accès à ces marchés sans y adjoindre de la pédagogie ne permet pas vraiment de progresser. Il est donc essentiel de continuer à renforcer la compréhension et la confiance au sein de la communauté que forment les investisseurs de tous horizons. Dans cette logique, nous avons investi des ressources importantes dans des initiatives destinées aux distributeurs, conseillers et clients afin de mieux expliquer le rôle que les marchés privés peuvent jouer dans les portefeuilles. Nous mettons par exemple à disposition des portefeuilles modèles illustrant le rôle des stratégies privées en complément des allocations traditionnelles, avec un potentiel d’alpha décorrélé des marchés cotés.
Véronique Fournier
Apollo Global Management
Véronique Fournier a rejoint Apollo en 2022 en tant que responsable de la distribution pour la région EMEA au sein de l’équipe Global Wealth Management Solutions, basée à Zurich. Avant de rejoindre Apollo, elle a passé huit ans chez Barings, où elle occupait dernièrement le poste de managing director et de co-responsable de la distribution européenne. Elle a auparavant exercé différentes fonctions commerciales chez Schroder Investment Management, Aviva Investors et InterSec Research. Véronique est titulaire d’un Bachelor of Science en économie de la London School of Economics and Political Science ainsi que d’un Master of Arts en économie internationale de l’Université d’Essex.
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La banque Heritage a fait de Zurich l’un des piliers de son développement en Suisse avec, à sa tête, Michael Welti qui revient ici sur les facteurs clés d’un ancrage réussi hors de Genève et un modèle private banking assumant une forte proximité avec le family office. Culture entrepreneuriale, indépendance du conseil et alignement des intérêts y dessinent une vision claire et différenciante de la banque privée suisse.
Par Jérôme Sicard
Vous avez rejoint Banque Heritage à la suite de la fusion avec Sallfort Privatbank. Cinq ans plus tard, comment évaluez-vous le développement de la banque à Zurich ?
J’ai rejoint Banque Heritage il y a un peu plus de quatre ans, peu après que la fusion ait été finalisée. Avec le recul, le développement du site zurichois a été remarquable. Nous sortions alors de la période Covid, qui a contraint de nombreux établissements – dont le nôtre – à repenser en profondeur leur positionnement et leur modèle opérationnel.
Zurich a très clairement été identifiée comme une priorité stratégique. Nous avons fortement investi dans les équipes, élargi notre base de clientèle, et repositionné la succursale comme un pôle private banking au même titre que Genève. Une étape marquante a été le récent déménagement de nos bureaux, de la périphérie vers le centre-ville, ce qui nous a permis de nous rapprocher sensiblement de nos partenaires et de nos clients. Aujourd’hui, Zurich est l’un des piliers de la banque.
Quels sont les principaux facteurs de réussite pour qu’une banque privée ancrée à Genève puisse s’établir durablement à Zurich ?
Trois facteurs clés entrent en jeu.
Le premier concerne la marque et la structure actionnariale. Il faut une structure actionnariale claire, indépendante, ainsi qu’un solide héritage entrepreneurial. Lorsque ces fondations sont solides, la géographie devient secondaire.
Le deuxième facteur est humain, et il est souvent sous-estimé. Il faut les bonnes personnes, aux bons postes, avec le bon état d’esprit. De nombreuses organisations échouent non pas à cause de leur stratégie, mais en raison d’un mauvais alignement des talents.
Le troisième niveau relève de la culture – ou du caractère. La curiosité, la motivation et l’ouverture au changement sont essentielles. Sans cette disposition d’esprit, aucun repositionnement n’est possible. Chez Banque Heritage, la curiosité et la pensée entrepreneuriale ont été des moteurs clés de notre croissance organique.
Banque Heritage se positionne comme une banque innovante et tournée vers l’avenir. Comment cela se traduit-il concrètement dans le private banking et la relation client à Zurich ?
Pour nous, l’innovation n’est pas une question de technologie en soi, mais d’autonomie et de responsabilisation. Nous voulons des banquiers capables de prendre des décisions dans un cadre clair et d’en assumer pleinement les conséquences. C’est ainsi que s’exprime, au quotidien, chez nous, l’esprit entrepreneurial.
Nous évitons délibérément toute sur-structuration. Lorsqu’une organisation est pilotée par des manuels plutôt que par des personnes, elle perd en agilité. Notre modèle repose sur la proximité avec les clients, la flexibilité et une architecture ouverte. Nous ne concevons pas de produits en interne. Nous sélectionnons les meilleures solutions disponibles sur le marché, ou nous les si nécessaire.
À bien des égards, notre approche s’apparente à celle d’un family office – à cette nuance près que nous disposons d’une licence bancaire. Nous partons systématiquement du point de vue du client pour concevoir nos services. Cette orientation client n’est pas un simple discours : elle structure concrètement notre manière de travailler.
La banque affiche des résultats solides, avec de forts ratios de fonds propres et une offre élargie allant du private banking au conseil. En quoi ce positionnement intégré constitue-t-il un avantage concurrentiel ?
Nos clients sont majoritairement des entrepreneurs, en activité ou retraités, avec des attentes très spécifiques vis-à-vis d’une banque. Ils s’interrogent sur l’actionnariat, la stabilité, la gouvernance et l’alignement à long terme.
Parce que nous ne commercialisons pas de produits maison, notre conseil est véritablement indépendant. Lorsque nous investissons, nous le faisons aux côtés de nos clients. Cet alignement des intérêts transforme fondamentalement la relation.
Plutôt que de distribuer des solutions standardisées, nous partons d’un besoin concret pour construire un investissement ou un service sur mesure. Cette approche résonne fortement auprès des clients entrepreneurs et nous distingue aussi bien des grandes banques universelles que des acteurs purement spécialisés dans la gestion de fortune.
Comment évaluez-vous la situation actuelle du secteur bancaire suisse ?
La Suisse demeure une place financière unique. Ses principaux atouts sont la confiance, la stabilité politique, la discrétion et une expertise réglementaire approfondie. Dans un contexte mondial marqué par la fragmentation géopolitique, la montée des tensions et l’incertitude réglementaire, ces qualités sont plus précieuses que jamais.
Pour les grandes fortunes, la question centrale aujourd’hui n’est plus la performance, mais la protection – de la famille, des actifs et du patrimoine à long terme. La Suisse offre un cadre institutionnel dont la résilience s’est vérifiée sur des décennies, voire des siècles. C’est ce qui explique son rôle central dans la planification patrimoniale internationale.
La place financière suisse n’a pas besoin d’être la plus innovante pour rester pertinente, en particulier dans le private banking. La plupart des innovations technologiques sont tirées par le segment du retail. Pour les ultra-high-net-worth individuals, les véritables enjeux se situent ailleurs : structurer des patrimoines globaux complexes, assurer une gouvernance intergénérationnelle et préserver les actifs dans un environnement juridique stable et prévisible.
En quoi le marché zurichois diffère-t-il de celui de Genève pour Banque Heritage ?
Il existe des différences dans les profils de clientèle. Zurich est davantage tournée vers l’Europe, l’Europe de l’Est et les entrepreneurs actifs à l’international, tandis que Genève entretient des liens plus forts avec l’Amérique latine et les structures familiales internationales.
Cela étant, nous ne raisonnons pas fondamentalement en termes de localisation. Nous travaillons en anglais, notre approche est internationale et nos clients naviguent naturellement entre nos différents centres. En interne, nous nous percevons comme une plateforme de private banking intégrée, et non comme une juxtaposition de silos régionaux.
Quelles sont aujourd’hui vos ambitions à Zurich ?
Notre croissance repose sur deux axes, organique et externe. Ces derniers temps, notre développement a été exclusivement organique – et très soutenu. Nous entendons poursuivre dans cette direction.
Le recrutement est un levier clé. Banque Heritage compte parmi les rares banques privées en Suisse capables d’attirer des banquiers seniors en quête d’autonomie, de proximité avec les clients et d’un cadre allégé dans tout ce qui a trait à l’administratif.
Sur le plan stratégique, nous voulons nous concentrer sur notre cœur de métier, la gestion de fortune, en travaillant par exemple de manière plus étroite avec les gérants indépendants. Nous ne cherchons pas à multiplier les lignes inutilement. Nous privilégions un modèle simple, fondé sur une architecture ouverte, des partenariats solides et un positionnement clair.
Michael Welti
Banque Heritage
Michael Welti dirige le pôle Private Banking de la Banque Heritage, dont il est l’un des managing partners. Avec plus de trente ans d’expérience, Michael Welti est aujourd’hui un expert reconnu dans les domaines de la gestion de fortune et du conseil financier. Tout au long de sa carrière, il a contribué aux développements stratégiques et dirigé des équipes de premier plan au sein de grandes institutions financières suisses telles qu’UBS, UBP et REYL Intesa Sanpaolo. Il a rejoint Banque Heritage en 2021. Michael Welti est titulaire du certificat Wealth Management Advisor. Il a suivi également plusieurs programmes exécutifs auprès du Swiss Finance Institute et de l’Université de Zurich.
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À l’ère de l’intelligence artificielle, les centres de données deviennent des infrastructures stratégiques clés.
Il y a encore quelques années, les centres de données se limitaient au stockage de fichiers et à l’exécution de logiciels standards. Aujourd’hui, ils sont en pleine mutation. Conçus comme de véritables « usines numériques », ils doivent désormais soutenir en continu des charges de travail d’intelligence artificielle toujours plus complexes, énergivores et sensibles à la latence. Cette transformation marque un changement structurel profond de l’infrastructure numérique mondiale.
L’un des principaux catalyseurs de cette évolution est la démocratisation rapide de l’IA. L’essor spectaculaire des outils d’IA générative a profondément modifié les usages numériques. Les volumes de requêtes explosent, les formats se complexifient — intégrant texte, image, vidéo — et les attentes des utilisateurs en matière de rapidité et de fluidité ne cessent de croître. Cette dynamique exerce une pression sans précédent sur les capacités de calcul existantes.
Face à cette demande, l’industrie a engagé des investissements massifs. Les dépenses mondiales consacrées aux centres de données ont atteint des niveaux record, mais l’offre peine encore à suivre le rythme. Sur les principaux marchés, les taux de vacance sont historiquement bas, révélant une pénurie structurelle de capacités adaptées à l’IA. Cette rareté confère aux opérateurs de centres de données un pouvoir accru, tant en matière de fixation des prix que de sécurisation de contrats de long terme avec les grandes entreprises technologiques.
Ce phénomène ne se limite plus aux États-Unis. Si ceux-ci restent en pointe grâce à leur leadership technologique, l’IA s’internationalise rapidement. L’Europe, la Chine et d’autres régions clés accélèrent le déploiement de leurs infrastructures numériques afin de soutenir leur souveraineté technologique et leur compétitivité économique. À l’échelle mondiale, la consommation énergétique des centres de données pourrait plus que doubler d’ici la fin de la décennie, illustrant l’ampleur des investissements encore nécessaires.
Dans ce contexte, les centres de données s’imposent comme un pilier stratégique de l’économie de l’IA. Bien au-delà de simples infrastructures techniques, ils constituent désormais des actifs critiques, au cœur des enjeux de croissance, de résilience et de transformation numérique. Pour les acteurs capables d’anticiper ces besoins et de déployer rapidement des capacités adaptées, l’opportunité est considérable
Auteur _ Andrew Ye
Andrew a rejoint Global X en 2024 en tant que stratégiste en investissement. Il est responsable de la couverture des thèmes Disruptive Technology et People & Demographics.Titulaire d’un double diplôme en commerce et en droit (Université de Nouvelle-Galles du Sud, Australie), il est également détenteur de la charte CFA.
Prospectus et documents KID disponibles sur www.globalxetfs.eu
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