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PUBLISPHERE

  • Andy Jenk
  • Head Investment Partnerships
  • Splint Invest

« Pourquoi les gestionnaires de fortune se tournent de plus en plus vers les actifs réels »

Pendant des décennies, la construction de portefeuilles reposait sur une formule simple : investir en actions, y ajouter des obligations et compter sur leur effet de diversification. Ce modèle a longtemps fait ses preuves. Aujourd’hui, il est de plus en plus remis en question, et les actifs réels prennent de plus en plus d’importance dans l’environnement actuel. Andy Jenk détaille ici les trois évolutions structurelles expliquant cet intérêt croissant.

Splint Invest organise d’ailleurs un webinar sur ce thème le 6 mai.
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Inflation persistante, fragmentation géopolitique et évolution des corrélations entre classes d’actifs traditionnelles contraignent les gestionnaires de fortune à repenser la diversification. Dans ce contexte, les actifs réels — tels que l’art, les objets de collection, le vin, les montres ou encore les biens de luxe rares — gagnent en importance stratégique au sein des portefeuilles.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Les ultra-high-net-worth individuals (UHNWIs) et les family offices investissent dans ces actifs depuis des décennies. Ce qui change aujourd’hui, c’est la professionnalisation, l’institutionnalisation et, dans une certaine mesure, la démocratisation de l’accès à ces marchés.

Risque inflationniste et rareté

Les actifs financiers traditionnels reposent sur des flux de trésorerie futurs, dont la valeur dépend fortement des taux d’actualisation, de la politique monétaire et des taux d’intérêt.

Les actifs réels, eux, obéissent à une logique différente. Il s’agit de biens physiques rares, à l’offre limitée, dont la valeur est souvent soutenue par la demande des collectionneurs et leur dimension culturelle. En période inflationniste, cette rareté peut préserver la valeur d’une manière que les actifs financiers ne garantissent pas toujours.

L’offre d’une œuvre d’art, d’une série limitée de montres ou d’un millésime de vin est, par définition, fixe — créant une rareté structurelle susceptible de soutenir les prix à long terme.

Fragmentation géopolitique

Les tensions géopolitiques tendent à fragiliser la confiance dans les systèmes financiers, les devises et les cadres juridiques.

Historiquement, la détention d’actifs physiques recherchés à l’échelle mondiale a constitué un moyen de préservation du patrimoine. Les œuvres d’art majeures, les objets de collection rares ou les biens de luxe d’investissement agissent comme des réserves de valeur internationales, indépendantes d’un système financier spécifique.

Cette caractéristique les rend particulièrement attractifs dans des portefeuilles globalisés.

Évolution des corrélations

Pendant longtemps, les obligations ont servi de principal amortisseur face à la volatilité des marchés actions.

Or, les dernières années ont montré que ces deux classes d’actifs pouvaient simultanément reculer, notamment lors de chocs inflationnistes. Cette dynamique remet en cause l’efficacité du modèle classique de portefeuille 60/40.

Dans ce contexte, les gestionnaires recherchent de nouvelles sources de diversification — et les actifs réels s’imposent progressivement comme une alternative.

L’intégration des actifs de collection dans les portefeuilles

Une erreur fréquente consiste à considérer l’art et les objets de collection comme des investissements de passion. D’un point de vue institutionnel, ils doivent être abordés comme des investissements comparables à du private equity appliqué à des actifs individuels, avec le même niveau de rigueur analytique.

Trois piliers sont essentiels à leur intégration professionnelle.

  1. Discipline dans l’allocation

Dans la majorité des portefeuilles institutionnels, les actifs réels représentent une allocation limitée mais stratégique, généralement comprise entre 1 % et 5 %. L’objectif n’est pas la spéculation, mais la diversification via des moteurs de performance distincts de ceux des marchés financiers.

  1. Sélection et due diligence

Le succès dans les marchés de collection dépend fortement de la qualité de l’acquisition et de la rigueur de l’analyse. Une approche professionnelle repose notamment sur :

  • une analyse de marché fondée sur les données
  • l’exploitation de bases de données transactionnelles et d’enchères
  • l’évaluation de la rareté et des contraintes de production
  • des horizons d’investissement clairement définis (souvent entre 12 et 36 mois)
  • des stratégies de sortie anticipées (enchères, marchands, collectionneurs)
  1. Structuration institutionnelle

L’un des principaux obstacles historiques résidait dans l’absence de structures d’investissement adaptées. Une intégration professionnelle nécessite :

  • des véhicules réglementés
  • une compatibilité ISIN
  • l’intégration de dépositaires
  • des standards de reporting institutionnels

Ces éléments contribuent à transformer des marchés historiquement fragmentés en classes d’actifs structurées et investissables.

Les spécificités des actifs réels

Comme toute classe d’actifs, les actifs réels présentent des particularités. Leur liquidité est événementielle plutôt que continue. Leur valorisation requiert une expertise spécifique. Enfin, leur accès a longtemps été fragmenté.

C’est précisément sur ces points que s’opère aujourd’hui une transformation : professionnalisation, accès accru aux données et structuration réglementée rendent ces marchés de plus en plus accessibles aux investisseurs institutionnels.

Une nouvelle dimension de diversification

À mesure que l’environnement macroéconomique évolue, la construction des portefeuilles doit s’adapter.

Les actifs réels n’ont pas vocation à remplacer les investissements traditionnels. Ils offrent en revanche une couche supplémentaire de diversification, reposant sur des dynamiques de marché différentes.

Pour les gestionnaires de fortune, la question n’est désormais plus de savoir s’ils doivent intégrer ces actifs — mais comment y accéder de manière structurée et institutionnelle.

Deep Dive

Pour les gestionnaires souhaitant approfondir le sujet, une analyse plus détaillée des méthodologies de valorisation, des structures d’investissement et de l’intégration en portefeuille s’impose.

Ces enjeux seront au cœur de notre webinar du 6 mai 2026.

Les personnes intéressées peuvent également demander le factsheet du fonds lancé par Splint Invest ou entrer en contact directement via : andy.jenk@splintinvest.com ou aif.splintinvest.com.

 

SOLUTIONS EAM
Sondage IA

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Dr. Tatiana Agnesens, Prof. Dr. Manfred Stüttgen
« Fournir un état des lieux précis du degré d’adoption de l’intelligence artificielle chez les GFI »

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Dr. Tatiana Agnesens, Prof. Dr. Manfred Stüttgen
« Fournir un état des lieux précis du degré d’adoption de l’intelligence artificielle chez les GFI »

Sphere

The Swiss Financial Arena

Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Sondage IA

SONDAGE

  • Utilisation IA
  • Gérants indépendants
  • Dr. Tatiana Agnesens, Maître de conférences en mathématiques financières et cheffe de projet, Haute école spécialisée de Lucerne
  • Prof. Dr. Manfred Stüttgen, professeur de banque et de finance, Haute école spécialisée de Lucerne

« Fournir un état des lieux précis du degré d’adoption de l’intelligence artificielle chez les GFI »

Alors que l’intelligence artificielle suscite un intérêt croissant sur la place financière, la Haute école spécialisée de Lucerne lance un sondage d’ampleur auprès des gérants indépendants suisses pour mieux comprendre la façon dont ils l’exploitent. Voici le lien de ce sondage :

Voici le lien de ce sondage : https://www.unipark.de/uc/AI_HSLU_Study/

Son objectif est de à mieux cerner les conditions nécessaires à une adoption plus large au sein d’un secteur confronté à des contraintes opérationnelles et réglementaires spécifiques. Tatiana Agnesens et Manfred Stüttgen, initiateurs de cette étude, s’en expliquent.

À ce stade, avant même les résultats de l’enquête, comment évaluez-vous l’état actuel de l’adoption de l’IA générative parmi les gestionnaires de fortune indépendants suisses ?

Ce que nous savons à ce jour, c’est que certains relationship managers, au sein de structures EAM en Suisse, utilisent occasionnellement, à titre individuel, des outils publics comme ChatGPT ou Microsoft Copilot pour les assister dans certaines tâches. Il s’agit toutefois d’une manière plutôt peu structurée et non systématique d’exploiter les bénéfices de l’IA générative. Nous estimons que seuls quelques gérants déploient actuellement des outils spécifiques de façon structurée et à l’échelle de l’entreprise. Parallèlement, nous constatons que le débat est en train de passer de « qu’est-ce que l’IA ? » à « il nous faut un plan pour tirer parti de l’IA ». C’est précisément sur ce point que notre recherche entend apporter un éclairage quant aux principaux enjeux auxquels les GFI sont confrontés aujourd’hui.

Quels sont les principaux objectifs de cette recherche ?

Notre recherche vise à évaluer le statu quo de l’adoption de l’IA générative par les gérants indépendants suisses. Quels cas d’usage de l’IA sont d’ores et déjà pertinents pour eux ? Quelles sont les applications et les cas d’usage susceptibles d’accroître la productivité d’un GFI à l’avenir ? Notre étude réalise un travail de fond très attendu dans l’élaboration d’un cadre spécifique à l’utilisation de l’IA générative par les GFI. Elle servira de base pour identifier le potentiel de l’IA, mais également les obstacles à sa mise en œuvre. Elle contribuera à créer une compréhension partagée entre les acteurs du secteur et leurs parties prenantes, comme par exemple les régulateurs.

Quelles sont les questions clés auxquelles vous cherchez à répondre ?

Nous souhaitons apporter un éclairage sur des questions du type « qui expérimente les outils d’IA générative et pourquoi ? », « quels sont les principaux processus métier impactés aujourd’hui et demain ? », « comment le potentiel de l’IA peut-il être exploité par les GFI ? » et « quels sont les obstacles actuels à l’utilisation de l’IA ? »

Où voyez-vous l’IA apporter les capacités les plus impactantes au sein de la chaîne de valeur chez les GFI suisses ?

Nous pensons que l’IA générative aura un impact sur l’activité des GFI tant au niveau des processus de middle et back office qu’au niveau de la production de contenu destiné aux clients. Aujourd’hui, l’activité des GFI comporte de nombreux flux de travail à forte intensité documentaire et à faible valeur de jugement, qui sont très chronophages. C’est le cas par exemple de la brique KYC, des contrôles d’adéquation, de la documentation des flux de fonds, ou encore de la réconciliation. L’IA pourrait contribuer à améliorer certains de ces processus en termes d’efficacité et/ou de qualité.

Nous nous attendons également à un impact de l’IA sur la production de contenu destiné aux clients comme les propositions d’investissement, les points de discussion pour la préparation d’entretiens ou les revues de portefeuille. Les modèles de langage pourraient être très performants pour soutenir certains de ces maillons dans la chaîne de valeur. Nous sommes impatients d’en apprendre davantage sur les potentiels de l’IA dans ce domaine, mais aussi sur la faisabilité de sa mise en œuvre.

Quant à savoir si l’IA aura un impact majeur sur le processus d’investissement lui-même, nous ne le savons pas encore. Certains éléments du processus de recherche pourraient peut-être en bénéficier.

Où voyez-vous aujourd’hui les plus grands écarts entre les solutions d’IA existantes et les besoins réels des GFI suisses ?

Les GFI ont des besoins très spécifiques. Les outils génériques comme Microsoft Copilot ou ChatGPT Enterprise ne sont pas adaptés aux flux de travail propres aux GFI ni aux exigences de la culture et de la réglementation suisses. Les enjeux liés à la gouvernance et la sécurité des données constituent également un obstacle. À l’inverse, les solutions des grands fournisseurs internationaux pourraient être mieux adaptées à la chaîne de valeur des GFI. Elles sont cependant généralement coûteuses et exigent d’importants efforts d’intégration. Elles ne conviennent pas bien à des structures de petite et moyenne taille.

Avec cette étude, qu’espérez-vous apporter à la discussion autour de l’IA générative sur le marché suisse des GFI ?

Le but de cette étude est de fournir un état des lieux précis du degré d’adoption de l’intelligence artificielle chez les GFI. Elle contribuera également à créer une compréhension partagée du potentiel de l’IA au sein de ce secteur. Nous espérons participer à la définition de l’agenda à venir, notamment en adressant les points de blocage, qu’il s’agisse de clarification réglementaire ou de requalification des collaborateurs.

Comment cette étude se traduira-t-elle en résultats concrets pour les GFI suisses et le développement de solutions ?

Les GFI suisses bénéficieront d’un cadre de décision concret : par où commencer et quoi prioriser. Ils découvriront à quoi ressemble une « bonne » adoption de l’IA. Leurs partenaires – régulateurs ou fournisseurs de solutions – pourront également en tirer profit.

Quelle serait la bonne manière, pour les GFI suisses, d’évaluer si l’IA générative leur apporte réellement de la valeur ?

Ils devraient bien évidemment examiner de près les résultats de notre étude, c’est-à-dire comprendre les cas d’usage possibles de l’IA. Ils devraient ensuite se comparer aux pionniers de l’IA parmi leurs pairs et voir s’ils peuvent adopter certaines des bonnes pratiques identifiées.

Alternativement, les GFI peuvent effectuer leur propre travail de fond : identifier les points de friction dans le modèle et les processus opérationnels pour lesquels ils estiment que l’IA pourrait apporter une réponse, et conduire l’inévitable analyse coûts-bénéfices.

 

Sondage « Artificial Intelligence (AI) Applications for Independent Wealth Managers » : https://www.unipark.de/uc/AI_HSLU_Study/

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Dr. Tatiana Agnesens, Prof. Dr. Manfred Stüttgen
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Dr. Tatiana Agnesens, Prof. Dr. Manfred Stüttgen
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Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Consolidation

MOMENT FORT

  • Consolidation
  • Gérants indépendants

Corient rachète Bedrock et envoie un signal fort aux gérants suisses 

L’arrivée du groupe américain marque la transaction la plus significative de ces dernières années dans la gestion de fortune en Suisse. Une vague de consolidation, déjà bien engagée aux États-Unis, gagne désormais la place helvétique.

Par Florian Schwab, publishing director, finews

Kurt MacAlpine, CEO, Corient

 

Depuis plusieurs années, la société genevoise Bedrock Group s’est imposée comme l’une des plus belles références sur le marché suisse des gérants indépendants. Présente à Genève, Londres, Monaco et Lisbonne, la firme administre 8,4 milliards de francs d’actifs et figure parmi les acteurs les plus importants dans sa catégorie. Fondée en 2004 par Ariel Arazi, Maurice Ephrati et David Joory, elle s’est distinguée par une approche résolument inspirée du modèle du family office, qui reste aujourd’hui sa signature.

Un autre chemin, bien plus décisif, s’ouvre désormais pour elle. En 2017, Bedrock avait envisagé une expansion à Zurich sous l’impulsion d’Alexander Classen, aujourd’hui président d’EFG International. Ce projet n’a jamais abouti. À la place, le groupe opère aujourd’hui un mouvement d’une tout autre ampleur en rejoignant Corient, géant du wealth management, basé à Miami, qui ambitionne de bâtir le premier véritable gestionnaire de fortune à l’échelle mondiale.

 

Une consolidation accélérée

Jeudi, Corient a officialisé l’acquisition de Bedrock. L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large, réalisée aux côtés de Stonehage Fleming, plus grand gérant indépendant d’Europe, et de Stanhope Capital Group, fondée par Daniel Pinto et présente de longue date à Genève. Ces trois transactions portent les actifs sous gestion de Corient à près de 468 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 220 milliards. L’ensemble donne naissance à une plateforme mondiale regroupant quelque 12’000 collaborateurs. Dans le paysage suisse, l’entrée de Corient constitue un événement sans précédent. Jamais un acteur indépendant de cette envergure n’avait émergé sur le marché local.


Une ambition transatlantique

À l’origine de cette expansion, deux profils complémentaires. Kurt MacAlpine, 44 ans, fondateur et CEO de Corient, a construit sa carrière en analysant les failles structurelles du wealth management. Ancien dirigeant de CI Financial, passé par WisdomTree et McKinsey, il entend aujourd’hui y apporter une réponse globale.

À ses côtés, Daniel Pinto, 58 ans, fondateur de Stanhope Capital, a bâti l’une des principales plateformes indépendantes européennes. Il prendra le rôle de CEO EMEA au sein de Corient à l’issue de la transaction, bouclée en septembre 2025.

Le diagnostic qu’ils partagent est sans appel.

« Il n’existe pas aujourd’hui de véritable gestionnaire de fortune global », estime MacAlpine. « Certains acteurs disposent de bureaux dans plusieurs pays, mais aucun ne parvient à accompagner les familles de manière réellement intégrée à travers les juridictions. »


Des frictions structurelles

Le problème est systémique. Structures bancaires cloisonnées, modèles de rémunération conflictuels, manque de coordination entre équipes : autant de facteurs qui fragmentent l’expérience client.

MacAlpine illustre cette réalité par un exemple simple. Lorsqu’une famille décide de regrouper ses actifs dans une seule juridiction, le conseiller local voit sa rémunération multipliée, tandis que les autres intervenants sont écartés. Une mécanique qui, selon lui, rend impossible une approche véritablement globale.

Pinto, lui, met en lumière une autre fracture. Le marché, explique-t-il, ressemble aujourd’hui à des haltères. D’un côté, les grandes banques, riches en ressources mais grevées par les conflits d’intérêts. De l’autre, une multitude d’acteurs indépendants, agiles mais trop fragmentés pour investir à grande échelle.


Trouver le point d’équilibre

L’ambition de Corient est de combler cet écart. Allier l’alignement d’intérêts et la qualité de service propres aux indépendants, à la puissance d’investissement et l’accès aux meilleures opportunités qu’offre la taille. Une synthèse que Pinto décrit comme le véritable « point d’équilibre » du secteur.

Cette stratégie n’a rien d’improvisé. Corient a d’abord consolidé son modèle aux États-Unis pendant plus de cinq ans avant d’engager son expansion européenne. Trois conditions étaient nécessaires : atteindre une masse critique sur le plan local, développer une capacité multi-juridictionnelle réelle, et déployer un modèle de partenariat inédit.


Une structure de rémunération repensée

Ce modèle repose sur un principe central : la rémunération collective. Les revenus ne sont pas liés à un individu en particulier, mais mis en commun puis répartis entre les associés. Une approche qui élimine les tensions internes et facilite la gestion transfrontalière des patrimoines.

L’objectif est clair. Il s’agit d’offrir une expérience globale sans friction, quel que soit le lieu de résidence du client.


La Suisse, pivot stratégique

Dans cette vision, la Suisse occupe une place singulière. Pour Corient, elle ne constitue pas un marché parmi d’autres, mais l’un des deux véritables hubs globaux en Europe, aux côtés de Londres.

« La Suisse est capable de répondre aux besoins d’une clientèle internationale, qu’elle soit européenne, moyen-orientale ou latino-américaine », souligne Daniel Pinto.

Avec l’intégration de Bedrock, Stonehage Fleming et Stanhope Capital, Corient comptera environ 200 collaborateurs en Suisse. C’est une taille inédite pour un acteur indépendant, là où les plus grands concurrents locaux emploient généralement entre 50 et 60 personnes.


Changer d’échelle sans perdre en qualité

À rebours d’une idée largement répandue, Pinto défend l’idée que la taille peut renforcer la qualité du service. Selon lui, les outils technologiques, et notamment l’intelligence artificielle, permettent désormais de maintenir un niveau d’excellence même à grande échelle.

Toutes les entités intégrées opéreront sous une marque unique. Bedrock, Stanhope Capital et Stonehage Fleming disparaîtront progressivement au profit de Corient.


Une dynamique appelée à se poursuivre

Les fondateurs de Bedrock rejoindront un partnership qui regroupe aujourd’hui plus de 250 associés. Un mécanisme conçu pour aligner les intérêts de l’ensemble des parties prenantes avec ceux des clients. Et l’expansion ne s’arrêtera pas là. Corient entend poursuivre sa croissance, tant organique qu’externe. La Suisse, décrite comme un « marché domestique exceptionnel » et un hub mondial, restera au cœur de cette stratégie.


Un signal pour toute la place

Pour une industrie historiquement fragmentée, attachée à son indépendance et à des structures de taille modeste, cette opération adresse un signal fort. La combinaison d’une clientèle internationale, d’un patrimoine domestique important et d’une infrastructure financière sophistiquée place la Suisse au centre d’une recomposition en cours. Les acquisitions de Bedrock et de Stanhope Capital restent soumises bien évidemment aux autorisations réglementaires. Mais le mouvement est lancé.

 

 

 

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Dr. Tatiana Agnesens, Prof. Dr. Manfred Stüttgen
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Dosage

LEADERS

  • Interview Kim-Andrée Potvin
  • Chief Executive Officer
  • Banque Bonhôte

« L’enjeu est de réussir à faire fonctionner ensemble intelligence artificielle et intelligence humaine. »

Dans un environnement marqué par la pression réglementaire, l’évolution des attentes clients et l’irruption des agents IA, les banques privées doivent repenser en profondeur leur modèle. Kim-André Potvin revient sur les leviers d’adaptation d’une banque de niche, entre différenciation, proximité et intégration des nouvelles technologies.

Par Jérôme Sicard

Quelles sont les transformations indispensables auxquelles doivent se résoudre aujourd’hui les banques privées en Suisse ?

Les mutations sont profondes. D’abord, la relation client a radicalement évolué et c’est une tendance appelée à durer. Elle ne répond plus aux mêmes codes. Les attentes en matière d’interaction, de réactivité et de personnalisation sont sans commune mesure avec celles qui étaient en cours voilà peu.

Parallèlement, le cadre réglementaire s’est intensifié au point de s’imposer aujourd’hui comme une réalité avec laquelle le secteur doit composer. Dans un environnement marqué par de fortes turbulences, les exigences de transparence et de contrôle se renforcent, avec des implications opérationnelles et économiques pour tous les établissements.

Enfin, dans un marché arrivé à maturité, il est évident que la diversité tout comme la profondeur de l’offre rendent la différenciation plus déterminante que jamais.

Sur quels axes Bonhôte concentre-t-elle aujourd’hui ses investissements pour soutenir sa croissance et sa différenciation ?

 Notre positionnement est celui d’une banque de niche, qui s’est construit au fil du temps sur des expertises clés, complémentaires les unes des autres. La gestion de fortune en constitue bien évidemment le socle. Il s’agit de notre cœur de métier. Nous en avons élargi le périmètre ces dernières années en y incluant des services de planification patrimoniale ainsi que de consolidation.  Au-delà de la gestion de fortune, la banque a développé des expertises spécifiques, notamment dans l’immobilier, les métaux précieux et les fonds propriétaires, qui lui permettent d’étendre son offre tout en restant cohérente avec son positionnement.

À cela s’ajoutent des axes identitaires qui nous semblent forts. C’est le cas par exemple de l’accompagnement que nous proposons aux entrepreneurs, des services aux tiers gérants, de notre engagement dans l’art et la philanthropie, ainsi de notre couverture à l’échelle régionale. Nous avons des bureaux à Neuchâtel, Genève, Lausanne, Berne, Bienne, Soleure et Zurich. C’est là une dimension qui illustre parfaitement notre volonté d’établir avec nos clients des relations de proximité.

Nos fondamentaux sont clairs. Nous privilégions l’indépendance, la maîtrise de la chaîne de valeur et la rapidité d’exécution. Nous avons pour chacun de nos clients une approche singulière, unique. C’est sur l’ensemble de ces axes que nous concentrons aujourd’hui nos investissements. En nous renforçant sur nos points forts, nous nous différentions encore plus et nous soutenons notre croissance.

Qu’est-ce que les banques privées devront savoir faire demain qu’elles ne savent pas faire aujourd’hui ?

L’enjeu est de réussir à faire fonctionner ensemble intelligence artificielle et intelligence humaine. L’IA permet déjà d’accélérer et d’affiner l’analyse de volumes de données considérables que nous agrégeons. Elle libère certainement du temps, elle augmente nos compétences, mais elle ne remplace en rien ce qui nous semble essentiel. Le cœur de notre métier reste la capacité à comprendre des trajectoires de vie, à accompagner des décisions sensibles, à être présent dans des moments clés comme la transmission. La banque privée de demain sera donc celle qui saura utiliser la technologie pour renforcer, et non diluer, la qualité de ses conseils comme de ses services.

Comment les banques privées peuvent-elles renouveler leur image auprès des nouvelles générations ?

C’est un point très sensible, car la question n’est pas de rompre avec les codes traditionnels, mais de les réinterpréter. Quand il s’agit de crédibilité, la solidité, la rigueur et la discrétion restent des marqueurs essentiels pour les banques. Mais ils ne suffisent plus. Les nouvelles générations attendent davantage d’accessibilité, de fluidité dans les interactions, et une forme de proximité qui passe aussi par la compréhension de leurs référentiels — culturels, générationnels, voire sociétaux.

Ces évolutions obligent à repenser la relation client, en diversifiant les canaux, en proposant des échanges plus ciblés, en apportant davantage de contenu, et en ouvrant l’accès à des réseaux et à des expertises externes. Autrement dit, il s’agit moins de moderniser l’image que d’étendre le champ de la relation, de lui donner une nouvelle ampleur.

Les néobanques offrent-elles des éléments dont les banques privées pourraient s’inspirer ?

Les attentes des clientèles sont fondamentalement différentes. La banque privée repose sur une relation de long terme, personnalisée, incarnée. En revanche, les néobanques ont su imposer de très bons standards en matière de simplicité et d’accessibilité digitale. C’est sur ce terrain que des enseignements peuvent être tirés, notamment à travers le développement d’offres e-banking plus fluides.

Où se situent aujourd’hui vos principales opportunités de croissance ?

Les 30 dernières années, la banque a connu une croissance exponentielle, et cette dynamique demeure aujourd’hui encore au cœur de notre stratégie. Nous entendons la poursuivre en combinant croissance organique et acquisitions ciblées, en ligne avec nos domaines de prédilection. Nous y travaillons activement avec Jean Berthoud, président du conseil d’administration et actionnaire principal de la banque.

Quelles pratiques normalisées dans les grandes banques souhaitez-vous éviter?

La standardisation excessive, et plus particulièrement la segmentation rigide de la clientèle. Chez Bonhôte, nous défendons une approche fondamentalement différente. Chaque client est considéré dans sa singularité, avec une offre unique. Nos circuits de décision courts et notre intégration de la chaîne de valeur sont des atouts déterminants pour préserver cette agilité.

À l’inverse, que pouvez-vous encore apprendre des grandes banques ?
Les grandes institutions ont pris une longueur d’avance dans l’exploitation des leviers marketing et digitaux. Pour une banque à taille humaine, l’enjeu n’est pas de rivaliser en moyens, mais de s’approprier les meilleures pratiques pour renforcer sa visibilité, affirmer son positionnement et mieux mettre en valeur son expertise, notamment sur les canaux digitaux et les réseaux sociaux. C’est un axe de développement qui me semble d’autant plus pertinent qu’il vient enrichir un modèle fondé sur la proximité et la relation personnalisée.

Quel est aujourd’hui le rôle d’un CEO dans une banque privée ?

Il s’est considérablement densifié au cours des dernières années. Il ne s’agit plus seulement de définir une stratégie ou de superviser les risques, mais de faire le lien, en permanence, entre une vision stratégique et sa traduction opérationnelle. Il faut être capable d’orchestrer l’exécution, de veiller à la mise en œuvre effective des décisions et d’aligner l’organisation avec les attentes des clients. Dans un environnement devenu plus complexe, notamment du fait des exigences réglementaires beaucoup plus lourdes qu’il y a vingt ans ainsi que de marchés plus volatils en liens avec les situations géopolitiques et économiques denses le CEO doit également jouer un rôle clé de clarification. Il lui revient la charge de rendre lisibles des enjeux techniques, d’expliquer, de fédérer. En ce sens, il est à la fois stratège, opérateur et pédagogue.

Kim-Andrée Potvin

Banque Bonhôte

Depuis l’an passé, Kim-Andrée Potvin occupe les fonctions de Chief Executive Officer pour la banque Bonhôte, après y avoir officié comme COO pendant un an. Elle était responsable auparavant des opérations de Bamboo Capital Partners, la boutique genevoise active dans l’impact investing. Kim-Andrée a travaillé pour la banque Landolt dans un même rôle de COO et pour le groupe BNP Paribas où elle a occupé différents postes de direction. En 2014, elle avait été nommée COO de BNP Paribas en Suisse pour y piloter l’évolution des plateformes financières, opérationnelles et informatiques. Kim-Andrée est diplômée de l’Université McGill, où elle a obtenu un bachelor en finance et commerce international.

 

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SPBIX

LEADERS

  • Interview Sylvia Demeyrier
  • Head of Marketing & Communication
  • Banque Heritage

« Une marque forte s’impose par sa justesse et se construit patiemment, dans la durée. »

Classée troisième du SPBIX, la banque Heritage fonde son branding sur la cohérence et la durée. Dans un secteur où les discours tendent à s’uniformiser, elle revendique une logique d’alignement entre identité, positionnement et pratiques. Sylvia Demeyrier revient ici sur une démarche construite dans le temps, où la justesse s’impose comme principal vecteur de différenciation.

Par Jérôme Sicard

Banque Heritage s’est classée troisième de l’indice SPBIX, qui évalue la façon dont les banques suisses construisent leur identité de marque. Sur quels éléments porte plus précisément cet indice ?

Le SPBIX est un indice annuel qui analyse et évalue la manière dont les banques privées suisses, près d’une soixantaine, expriment leur identité et la traduisent concrètement dans leurs actions. Il mesure la cohérence entre positionnement, raison d’être, valeurs, culture et communication, pour identifier les établissements capables de vraiment se différencier.

Quels sont les principaux critères pris en compte dans le SPBIX ?

Il s’appuie sur une trentaine de critères qui se structurent autour de deux dimensions complémentaires, Identity et Activation. La dimension Identity analyse les fondations de la marque. La dimension Activation en mesure la mise en œuvre. La première évalue notamment la clarté du positionnement, la pertinence de la raison d’être et la cohérence des valeurs. La seconde se concentre sur leur traduction concrète à travers la culture, les équipes et la communication.

Comment avez-vous réussi à obtenir cette excellente troisième place ?

Cette reconnaissance est l’aboutissement d’un travail de fond mené sur six mois, en étroite collaboration avec l’équipe Marketing & Communication, plusieurs collaborateurs, le comité exécutif et notre Chairman.

Nous avons choisi de revenir à l’essentiel : notre ancrage entrepreneurial, l’histoire de la famille fondatrice, présente de longue date dans le secteur des matières premières, et nos origines en tant que family office.

Ce n’était pas seulement un travail rétrospectif. Nous avons tenu aussi à clarifier notre trajectoire, préciser nos objectifs et expliquer la manière dont nous souhaitons évoluer dans un environnement en pleine transformation.

Notre raison d’être – Sharing Success – en est la traduction directe. Il s’agit, pour la banque, de mettre au service de ses clients ce qui a fait la réussite des familles fondatrices. De cette façon, nous exprimons à la fois notre héritage et notre ambition.

Comment définiriez-vous ce concept de branding pour une banque comme Heritage ?

Il ne s’agit pas d’esthétique, mais d’alignement, entre ce que l’on est, ce que l’on dit et ce que l’on fait. C’est aussi assumer un positionnement clair. Nous ne cherchons pas à plaire à tous ; nous ne cherchons pas non plus à tout couvrir. De cette façon, nous voulons rester véritablement pertinents. C’est un choix. Et ce choix oblige à des renoncements. À vouloir parler à tout le monde, on finit par ne plus rien dire. Une marque forte, au contraire, sait précisément à qui elle s’adresse et pourquoi. Chez Heritage, nous nous adressons avant tout à des entrepreneurs et à des familles entrepreneuriales qui recherchent une banque capable de comprendre la logique de création de valeur à l’origine de leur patrimoine, et pas seulement sa gestion.

Vous avez récemment travaillé sur l’image de la banque. Qu’avez-vous cherché à faire évoluer en priorité ?

Nous voulions faire évoluer notre image de banque privée traditionnelle vers celle d’un partenaire plus dynamique, qui réfléchit avec ses clients et agit à leurs côtés. Notre nom, Heritage, est une force. Il est hautement évocateur, presque autoporteur. Mais il peut aussi enfermer dans une lecture trop conservatrice. Nous avons donc redéfini notre discours, pour aller vers plus de modernité. Nous sommes passés d’une posture implicite « nous sommes là depuis longtemps » à une promesse plus engageante : « nous sommes là pour vous faire avancer… et prospérer, génération après génération. »

Enfin, nous avons souhaité réaffirmer une conviction simple mais essentielle : la banque privée reste avant tout un métier de personnes. Nous avons ainsi cherché à créer des liens émotionnels durables – un registre que l’on n’associe pas toujours spontanément à une banque – en montrant que derrière les chiffres et l’analyse, il se trouve avant tout des personnes, de l’empathie, de la proximité et un engagement sincère.

De quelle manière souhaitez-vous que vos clients et prospects perçoivent Heritage ?

Comme une maison solide, engagée et qui tient ses promesses, mais surtout comme une banque qui comprend la réalité entrepreneuriale et sait accompagner les décisions qui façonnent un patrimoine dans la durée.
Comme une banque qui vous comprend, vous interpelle quand il le faut et agit à vos côtés, sans solutions standardisées, mais avec des réponses construites pour vous, dans une logique résolument entrepreneuriale. Think. Act. Thrive. Ce n’est pas un slogan, c’est l’expérience que nous offrons.

Sur quels axes structurez-vous désormais votre discours de marque ?

Nous disposons de trois piliers.  L’indépendance, garantie par notre structure familiale et notre architecture ouverte. La vision à long terme, inhérente à notre ADN d’entreprise familiale. Et la proximité, qui nous permet d’entretenir des relations vraiment différenciantes, avec nos clients.

Rien de nouveau en apparence. La différence se joue dans la manière de les incarner réellement. Cela se traduit dans notre gouvernance, dans notre architecture ouverte et dans la proximité réelle entre nos équipes et les familles que nous accompagnons.

Dans le monde des services financiers, quels sont, selon vous, les éléments indispensables à la construction d’une marque forte ?

La crédibilité, d’abord. Elle se fonde sur la compétence.
Puis la constance, qui transforme cette crédibilité en confiance. Dans un environnement en perpétuel mouvement, la marque constitue souvent l’actif le plus stable. C’est elle qui ancre la relation quand tout le reste fluctue.

La communication joue ici un rôle fondamental. Elle ne consiste pas simplement à diffuser des messages. Elle exprime ce qu’est réellement l’entreprise et la manière dont elle évolue dans le temps. D’une certaine façon, la valeur d’une marque est aussi l’expression de l’énergie de l’entreprise — l’énergie qu’elle libère, et qu’elle diffuse.

Dans les périodes plus incertaines, cette communication révèle aussi les valeurs profondes comme le sens des responsabilités, la maîtrise, la rigueur, la confiance ou encore la persévérance. Une marque forte ne cherche pas à séduire. Elle s’impose par sa justesse et se construit patiemment, dans la durée.

Quelles valeurs vous semblent réellement déterminantes ?

L’authenticité avant tout. Nous devons rester alignés avec ce que nous sommes, sans posture. Et cela commence au niveau de la direction, car une marque ne peut exister pleinement que si elle est incarnée au quotidien.

La responsabilité ensuite. Dans une structure comme la nôtre, chaque collaborateur est responsable de son propre impact. Chaque interaction compte. Enfin, l’exigence dans la réflexion comme dans l’exécution. Au fond, tout repose aussi sur la cohérence.

Comment voulez-vous désormais faire évoluer le positionnement de la Banque Heritage ?

L’évolution est déjà en cours. Nous souhaitons renforcer notre lisibilité et notre singularité, sans nous éloigner de ce qui fait notre identité, celle d’une banque entrepreneuriale, indépendante, avec une vision à long terme pour la création, la structuration et la transmission du patrimoine.

Dans un environnement où les offres tendent à converger, la différence repose moins dans l’offre que dans son exécution, et dans la manière de l’exprimer. Dans un environnement saturé, la clarté devient une forme de distinction, un avantage décisif.

Sylvia Demeyrier

Banque Heritage

Sylvia Demeyrier dirige le pôle est Marketing & Communications de la Banque Heritage à Genève. Elle bénéficie de plus de vingt ans d’expérience en marketing, stratégie de marque et communication dans les secteurs de la finance, des matières premières et du luxe, avec des expériences notamment chez Edmond de Rothschild, Cargill et Unilever. Elle est diplômée de l’ESSEC à Paris, titulaire d’un MBA de l’IFM à Genève et a suivi un programme exécutif en leadership à l’INSEAD.

Le Top 10 Switzerland SPBIx 2026

  1. Pictet
  2. Piguet Galland
  3. Banque Heritage
  4. UBS
  5. PKB Private Bank
  6. Vontobel
  7. Zürcher Kantonalbank
  8. Graubündner Kantonalbank
  9. Lienhardt & Partner
  10. Mirabaud

 

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