Intentions
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
Dans un univers en pleine recomposition, celui de la gestion de fortune, Yohan Palleau défend une approche exigeante du multi-family office : indépendance réelle, architecture ouverte et transparence totale sur la performance. À l’heure où les clients comparent et arbitrent de plus en plus, il plaide pour une gestion où la performance ne se proclame plus, mais se mesure et s’audite.
Par Levi-Sergio Mutemba
Le terme de family office est souvent galvaudé. Quelle distinction faites-vous entre multi-family office et gestion patrimoniale classique?
C’est un point crucial. Un vrai family office nécessite une masse critique, généralement au-dessus des 50 millions de francs de capital, pour justifier la complexité des services allant de la fiscalité et de la gestion de portefeuille à la planification successorale intergénérationnelle, voire à des services de conciergerie. Le modèle de multi-family office, tel que nous le pratiquons, permet de mutualiser ces ressources expertes pour plusieurs familles. Cela nous permet d’offrir une ingénierie patrimoniale complète que des structures informelles ou trop petites ne peuvent tout simplement pas assumer professionnellement.
Votre modèle repose sur une architecture ouverte. Pourquoi refuser les fusions au profit de partenariats?
L’indépendance est notre actif le plus précieux. En privilégiant des partenariats stratégiques avec des spécialistes tels que des trustees, des fondations et des experts fiscalistes ou juridiques plutôt que des fusions, nous conservons notre agilité et évitons les conflits d’intérêts. Le cadre réglementaire actuel, défini par la LSFin et la LEFin, impose des standards de conformité particulièrement élevés. Loin d’être une contrainte, cette exigence renforce des structures comme la nôtre et nous permet d’offrir une neutralité totale dans le choix de nos prestataires clés, au seul bénéfice de nos clients.
En matière de communication, vous semblez vouloir casser les codes du marketing traditionnel. Quelle est votre approche?
Nous fuyons le marketing lisse qui manque de substance. Nous souhaitons éduquer le marché en utilisant des formats plus interactifs, comme des interviews directs avec notre CIO et autres membres de notre équipe, pour offrir une lecture décryptée des marchés. La gestion indépendante repose aussi sur la cohérence entre les actes, les analyses et le discours public.
Dans un marché saturé, comment prouvez-vous concrètement que votre performance est supérieure à celle de vos concurrents, notamment les grandes banques privées?
La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée. C’est pour cette raison que nous avons soumis notre track record à Asset Risk Consultants Research, une référence mondiale qui supervise plus de 525’000 portfolios. Le resultat est sans appel: ARC nous a décerné un rating A pour l’intégralité de nos mandats, sur notre track record de 10 ans. Cela place nos performances dans le premier décile au niveau mondial, analysées, par type de mandat et par monnaie de référence, tandis qu’un rating B correspond au premier quartile. Cette rigueur répond à une mutation profonde du marché. Ces dernières années, la performance nette est devenue le critère de survie. Aujourd’hui, les clients n’hésitent plus à quitter leurs banques privées si les résultats ne sont pas au rendez-vous.
NFG Partners a franchi une étape majeure en 2023 avec l’acquisition de Harvard Capital. Quel en était l’objectif stratégique?
L’objectif était de consolider notre crédibilité sur le marché. En intégrant Harvard Capital, et son CIO Glenn Coxon, nous avons acquis un track record solide sur des mandats discrétionnaires. Pour nous, la performance ne doit pas être une promesse, mais un fait vérifiable. C’est pourquoi nous avons fait valider ce track record par ARC. Être positionné dans le premier quartile avec un rating entre B et A nous permet d’établir avec nos clients des relations de totale confiance, loin de l’opacité que l’on reproche parfois aux banques traditionnelles.
Justement, vous parlez de transparence. Est-ce là l’exigence principale de vos clients aujourd’hui?
Absolument. Le client moderne veut comprendre précisément ce qu’il paie. Il accepte de payer un premium, mais seulement s’il est justifié par un service et une performance supérieurs. Notre rôle est d’exercer un devoir fiduciaire renforcé. Nous traitons chaque demande avec une priorité immédiate, à l’image d’un service d’hôtellerie cinq étoiles. Que le patrimoine soit massif ou plus modeste, le niveau d’excellence doit être le même pour tous.
Yohann Palleau
NFG Partners
Yohan Palleau est co-fondateur et directeur de NFG Partners, gestionnaire de fortune basée à Genève et régulé par la FINMA. Spécialisé dans des solutions de gestion de fortune sur un plan international, il accompagne entrepreneurs et familles fortunées dans la structuration et la croissance de leur patrimoine. Passé par BPCE, ACE & Company et Banque SYZ, il combine expertise institutionnelle et approche entrepreneuriale. Yohann Palleau est diplômé de HEC Lausanne et de l’Université de Genève.
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Les marchés privés occupent une place croissante dans les allocations des investisseurs professionnels en Suisse. Dans cet entretien, Véronique Fournier analyse les facteurs structurels à l’origine de cette évolution, l’élargissement de l’accès aux stratégies privées et les enjeux de liquidité et de pédagogie qui accompagnent leur intégration dans la construction moderne de portefeuilles.
Par Jérôme Sicard
Le private equity s’est imposé comme une classe d’actifs à part entière. Comment cette montée en puissance se traduit-elle concrètement chez les investisseurs professionnels en Suisse ?
L’adoption des marchés privés par les investisseurs professionnels et les gérants de fortune en Suisse progresse fortement. C’est le cas dans le domaine du private equity, mais aussi dans ceux du crédit et des stratégies hybrides. Concrètement, pour convaincre investisseurs et allocataires, il faut parvenir à une approche globale en termes de solutions, qui répondent à la fois aux besoins d’investissement, de devises et de liquidité. En parallèle, il est essentiel d’expliquer en profondeur ce que sont les marchés privés et le rôle qu’ils peuvent jouer dans les portefeuilles actuels.
Il est tout aussi clair que l’alignement d’intérêts partagé avec nos clients est aussi un élément déterminant à leurs yeux. Nous sommes souvent le principal investisseur dans nos propres produits via les activités d’assurance d’Apollo, ce qui signifie que nous obtenons au final les mêmes rendements que nos clients. Cette convergence d’intérêts et cette responsabilité partagée sont très favorablement perçues par nos investisseurs et nos partenaires en Suisse.
Les marchés privés semblent aujourd’hui prendre le pas sur les marchés cotés. Quels facteurs structurels expliquent ce basculement ?
Les marchés privés sont devenus un pilier de la construction moderne de portefeuilles. Les marchés publics resteront toujours essentiels, mais comme une grande partie des entreprises européennes ne sont pas cotées, ils ne reflètent plus à eux seuls l’économie réelle à laquelle les investisseurs souhaitent accéder. Environ 95 % des entreprises européennes générant plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires sont détenues de manière privée. Par ailleurs, les marchés cotés sont de plus en plus indexés et corrélés entre eux. Les marchés privés peuvent apporter de la diversification aux portefeuilles, tout en offrant un accès à un univers d’investissement plus large et souvent moins volatil que les actions cotées.
Comment décririez-vous la dynamique actuelle des marchés privés, notamment en matière de diversification des stratégies, de liquidité et de transparence ?
Le niveau d’accès et de choix dont disposent aujourd’hui les investisseurs sur les marchés privés est sans commune mesure avec celui d’il y a dix ans. Avec l’émergence de fonds evergreen et de solutions semi-liquides, les investisseurs peuvent désormais accéder à des produits de qualité institutionnelle. Ils étaient autrefois réservés aux plus grands fonds de pension et à des fonds souverains, qui investissaient dans des structures fermées à capital calls, avec des périodes de blocage de cinq, dix ans, voire davantage.
Aujourd’hui, pour prendre l’exemple d’Apollo, nous proposons sept solutions semi-liquides sur les marchés privés. Elles couvrent différentes classes d’actifs en Europe, pour mettre le meilleur de la plateforme la disposition des gestionnaires de fortune. Ces structures offrent davantage de flexibilité quant au niveau de liquidité ou d’illiquidité accepté dans les portefeuilles et permettent ainsi une exposition immédiate à des portefeuilles de grande taille, pleinement investis.
Avec le développement des fonds evergreen, un marché secondaire plus actif et une standardisation accrue, peut-on dire que les marchés privés vivent aujourd’hui une forme de « moment UCITS » ?
Les marchés privés évoluent rapidement, avec beaucoup plus de structures et de points d’accès pour les investisseurs. Mais donner accès à ces marchés sans y adjoindre de la pédagogie ne permet pas vraiment de progresser. Il est donc essentiel de continuer à renforcer la compréhension et la confiance au sein de la communauté que forment les investisseurs de tous horizons. Dans cette logique, nous avons investi des ressources importantes dans des initiatives destinées aux distributeurs, conseillers et clients afin de mieux expliquer le rôle que les marchés privés peuvent jouer dans les portefeuilles. Nous mettons par exemple à disposition des portefeuilles modèles illustrant le rôle des stratégies privées en complément des allocations traditionnelles, avec un potentiel d’alpha décorrélé des marchés cotés.
Véronique Fournier
Apollo Global Management
Véronique Fournier a rejoint Apollo en 2022 en tant que responsable de la distribution pour la région EMEA au sein de l’équipe Global Wealth Management Solutions, basée à Zurich. Avant de rejoindre Apollo, elle a passé huit ans chez Barings, où elle occupait dernièrement le poste de managing director et de co-responsable de la distribution européenne. Elle a auparavant exercé différentes fonctions commerciales chez Schroder Investment Management, Aviva Investors et InterSec Research. Véronique est titulaire d’un Bachelor of Science en économie de la London School of Economics and Political Science ainsi que d’un Master of Arts en économie internationale de l’Université d’Essex.
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La banque Heritage a fait de Zurich l’un des piliers de son développement en Suisse avec, à sa tête, Michael Welti qui revient ici sur les facteurs clés d’un ancrage réussi hors de Genève et un modèle private banking assumant une forte proximité avec le family office. Culture entrepreneuriale, indépendance du conseil et alignement des intérêts y dessinent une vision claire et différenciante de la banque privée suisse.
Par Jérôme Sicard
Vous avez rejoint Banque Heritage à la suite de la fusion avec Sallfort Privatbank. Cinq ans plus tard, comment évaluez-vous le développement de la banque à Zurich ?
J’ai rejoint Banque Heritage il y a un peu plus de quatre ans, peu après que la fusion ait été finalisée. Avec le recul, le développement du site zurichois a été remarquable. Nous sortions alors de la période Covid, qui a contraint de nombreux établissements – dont le nôtre – à repenser en profondeur leur positionnement et leur modèle opérationnel.
Zurich a très clairement été identifiée comme une priorité stratégique. Nous avons fortement investi dans les équipes, élargi notre base de clientèle, et repositionné la succursale comme un pôle private banking au même titre que Genève. Une étape marquante a été le récent déménagement de nos bureaux, de la périphérie vers le centre-ville, ce qui nous a permis de nous rapprocher sensiblement de nos partenaires et de nos clients. Aujourd’hui, Zurich est l’un des piliers de la banque.
Quels sont les principaux facteurs de réussite pour qu’une banque privée ancrée à Genève puisse s’établir durablement à Zurich ?
Trois facteurs clés entrent en jeu.
Le premier concerne la marque et la structure actionnariale. Il faut une structure actionnariale claire, indépendante, ainsi qu’un solide héritage entrepreneurial. Lorsque ces fondations sont solides, la géographie devient secondaire.
Le deuxième facteur est humain, et il est souvent sous-estimé. Il faut les bonnes personnes, aux bons postes, avec le bon état d’esprit. De nombreuses organisations échouent non pas à cause de leur stratégie, mais en raison d’un mauvais alignement des talents.
Le troisième niveau relève de la culture – ou du caractère. La curiosité, la motivation et l’ouverture au changement sont essentielles. Sans cette disposition d’esprit, aucun repositionnement n’est possible. Chez Banque Heritage, la curiosité et la pensée entrepreneuriale ont été des moteurs clés de notre croissance organique.
Banque Heritage se positionne comme une banque innovante et tournée vers l’avenir. Comment cela se traduit-il concrètement dans le private banking et la relation client à Zurich ?
Pour nous, l’innovation n’est pas une question de technologie en soi, mais d’autonomie et de responsabilisation. Nous voulons des banquiers capables de prendre des décisions dans un cadre clair et d’en assumer pleinement les conséquences. C’est ainsi que s’exprime, au quotidien, chez nous, l’esprit entrepreneurial.
Nous évitons délibérément toute sur-structuration. Lorsqu’une organisation est pilotée par des manuels plutôt que par des personnes, elle perd en agilité. Notre modèle repose sur la proximité avec les clients, la flexibilité et une architecture ouverte. Nous ne concevons pas de produits en interne. Nous sélectionnons les meilleures solutions disponibles sur le marché, ou nous les si nécessaire.
À bien des égards, notre approche s’apparente à celle d’un family office – à cette nuance près que nous disposons d’une licence bancaire. Nous partons systématiquement du point de vue du client pour concevoir nos services. Cette orientation client n’est pas un simple discours : elle structure concrètement notre manière de travailler.
La banque affiche des résultats solides, avec de forts ratios de fonds propres et une offre élargie allant du private banking au conseil. En quoi ce positionnement intégré constitue-t-il un avantage concurrentiel ?
Nos clients sont majoritairement des entrepreneurs, en activité ou retraités, avec des attentes très spécifiques vis-à-vis d’une banque. Ils s’interrogent sur l’actionnariat, la stabilité, la gouvernance et l’alignement à long terme.
Parce que nous ne commercialisons pas de produits maison, notre conseil est véritablement indépendant. Lorsque nous investissons, nous le faisons aux côtés de nos clients. Cet alignement des intérêts transforme fondamentalement la relation.
Plutôt que de distribuer des solutions standardisées, nous partons d’un besoin concret pour construire un investissement ou un service sur mesure. Cette approche résonne fortement auprès des clients entrepreneurs et nous distingue aussi bien des grandes banques universelles que des acteurs purement spécialisés dans la gestion de fortune.
Comment évaluez-vous la situation actuelle du secteur bancaire suisse ?
La Suisse demeure une place financière unique. Ses principaux atouts sont la confiance, la stabilité politique, la discrétion et une expertise réglementaire approfondie. Dans un contexte mondial marqué par la fragmentation géopolitique, la montée des tensions et l’incertitude réglementaire, ces qualités sont plus précieuses que jamais.
Pour les grandes fortunes, la question centrale aujourd’hui n’est plus la performance, mais la protection – de la famille, des actifs et du patrimoine à long terme. La Suisse offre un cadre institutionnel dont la résilience s’est vérifiée sur des décennies, voire des siècles. C’est ce qui explique son rôle central dans la planification patrimoniale internationale.
La place financière suisse n’a pas besoin d’être la plus innovante pour rester pertinente, en particulier dans le private banking. La plupart des innovations technologiques sont tirées par le segment du retail. Pour les ultra-high-net-worth individuals, les véritables enjeux se situent ailleurs : structurer des patrimoines globaux complexes, assurer une gouvernance intergénérationnelle et préserver les actifs dans un environnement juridique stable et prévisible.
En quoi le marché zurichois diffère-t-il de celui de Genève pour Banque Heritage ?
Il existe des différences dans les profils de clientèle. Zurich est davantage tournée vers l’Europe, l’Europe de l’Est et les entrepreneurs actifs à l’international, tandis que Genève entretient des liens plus forts avec l’Amérique latine et les structures familiales internationales.
Cela étant, nous ne raisonnons pas fondamentalement en termes de localisation. Nous travaillons en anglais, notre approche est internationale et nos clients naviguent naturellement entre nos différents centres. En interne, nous nous percevons comme une plateforme de private banking intégrée, et non comme une juxtaposition de silos régionaux.
Quelles sont aujourd’hui vos ambitions à Zurich ?
Notre croissance repose sur deux axes, organique et externe. Ces derniers temps, notre développement a été exclusivement organique – et très soutenu. Nous entendons poursuivre dans cette direction.
Le recrutement est un levier clé. Banque Heritage compte parmi les rares banques privées en Suisse capables d’attirer des banquiers seniors en quête d’autonomie, de proximité avec les clients et d’un cadre allégé dans tout ce qui a trait à l’administratif.
Sur le plan stratégique, nous voulons nous concentrer sur notre cœur de métier, la gestion de fortune, en travaillant par exemple de manière plus étroite avec les gérants indépendants. Nous ne cherchons pas à multiplier les lignes inutilement. Nous privilégions un modèle simple, fondé sur une architecture ouverte, des partenariats solides et un positionnement clair.
Michael Welti
Banque Heritage
Michael Welti dirige le pôle Private Banking de la Banque Heritage, dont il est l’un des managing partners. Avec plus de trente ans d’expérience, Michael Welti est aujourd’hui un expert reconnu dans les domaines de la gestion de fortune et du conseil financier. Tout au long de sa carrière, il a contribué aux développements stratégiques et dirigé des équipes de premier plan au sein de grandes institutions financières suisses telles qu’UBS, UBP et REYL Intesa Sanpaolo. Il a rejoint Banque Heritage en 2021. Michael Welti est titulaire du certificat Wealth Management Advisor. Il a suivi également plusieurs programmes exécutifs auprès du Swiss Finance Institute et de l’Université de Zurich.
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À l’ère de l’intelligence artificielle, les centres de données deviennent des infrastructures stratégiques clés.
Il y a encore quelques années, les centres de données se limitaient au stockage de fichiers et à l’exécution de logiciels standards. Aujourd’hui, ils sont en pleine mutation. Conçus comme de véritables « usines numériques », ils doivent désormais soutenir en continu des charges de travail d’intelligence artificielle toujours plus complexes, énergivores et sensibles à la latence. Cette transformation marque un changement structurel profond de l’infrastructure numérique mondiale.
L’un des principaux catalyseurs de cette évolution est la démocratisation rapide de l’IA. L’essor spectaculaire des outils d’IA générative a profondément modifié les usages numériques. Les volumes de requêtes explosent, les formats se complexifient — intégrant texte, image, vidéo — et les attentes des utilisateurs en matière de rapidité et de fluidité ne cessent de croître. Cette dynamique exerce une pression sans précédent sur les capacités de calcul existantes.
Face à cette demande, l’industrie a engagé des investissements massifs. Les dépenses mondiales consacrées aux centres de données ont atteint des niveaux record, mais l’offre peine encore à suivre le rythme. Sur les principaux marchés, les taux de vacance sont historiquement bas, révélant une pénurie structurelle de capacités adaptées à l’IA. Cette rareté confère aux opérateurs de centres de données un pouvoir accru, tant en matière de fixation des prix que de sécurisation de contrats de long terme avec les grandes entreprises technologiques.
Ce phénomène ne se limite plus aux États-Unis. Si ceux-ci restent en pointe grâce à leur leadership technologique, l’IA s’internationalise rapidement. L’Europe, la Chine et d’autres régions clés accélèrent le déploiement de leurs infrastructures numériques afin de soutenir leur souveraineté technologique et leur compétitivité économique. À l’échelle mondiale, la consommation énergétique des centres de données pourrait plus que doubler d’ici la fin de la décennie, illustrant l’ampleur des investissements encore nécessaires.
Dans ce contexte, les centres de données s’imposent comme un pilier stratégique de l’économie de l’IA. Bien au-delà de simples infrastructures techniques, ils constituent désormais des actifs critiques, au cœur des enjeux de croissance, de résilience et de transformation numérique. Pour les acteurs capables d’anticiper ces besoins et de déployer rapidement des capacités adaptées, l’opportunité est considérable
Auteur _ Andrew Ye
Andrew a rejoint Global X en 2024 en tant que stratégiste en investissement. Il est responsable de la couverture des thèmes Disruptive Technology et People & Demographics.Titulaire d’un double diplôme en commerce et en droit (Université de Nouvelle-Galles du Sud, Australie), il est également détenteur de la charte CFA.
Prospectus et documents KID disponibles sur www.globalxetfs.eu
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Aux Etats-Unis, à l’automne, les faillites de First Brands et Tricolor ont relancé le débat sur l’évolution de la dette privée. Entre pression concurrentielle, assouplissement des normes de souscription et massification d’une classe d’actifs historiquement réservée à un cercle restreint d’investisseurs, ces épisodes invitent à s’interroger sur la solidité du modèle. Markus Geiger en livre ici son analyse.
Par Levi-Sergio Mutemba
La faillite de First Brands est-elle symptomatique de la santé réelle du crédit privé?
Aux États-Unis, certains titres font la une des journaux. Comme, par exemple, First Brands. Ces cas sont cités en exemple pour illustrer la détérioration de la qualité, en l’occurrence, du crédit privé. Pour clarifier les choses, rappelons que First Brands, présente dans le secteur automobile, s’est rendu coupable de fraude. Plus précisément de nantissement multiple du même titre auprès de différents prêteurs. Et seuls 2% du bilan concernaient la dette privée. Ce n’est donc pas forcément représentatif de ce que l’on fait dans le financement de la dette privée, notamment sur le segment du corporate direct lending..
Et comment évaluez-vous les normes ou procédures de souscription, à la lumière du cas First Brands?
Un évènement comme celui de First Brands peut toujours arriver dans un marché qui devient très concurrentiel. Actuellement, les marchés de la dette privée sont favorables aux emprunteurs, mais restent inférieurs à ceux de 2021, comme l’indique par exemple l’indice William Blair. Notre premier fonds de Senior Loans a démarré en été 2020 et investit dans un contexte plus élevé qu’aujourd’hui, ce qui n’empêche pas de rechercher des investissements de qualité. De plus, par rapport aux sommets historiques des statistiques de crédit, les apports en fonds propres sont aujourd’hui beaucoup plus importants. Soit 61% contre 38% à l’époque, et les niveaux d’endettement sont plus modérés, c’est-à-dire environ cinq fois aujourd’hui contre sept fois en 2020.
Cela se traduit-il par des taux de défaut moins élevés?
Ceux-ci se situent dans la moyenne à long terme, qui est de 3%. Les opérations soutenues par des fonds de capital-investissement ont des taux de défaut inférieurs aux opérations dites «sponsorless», c’est-à-dire sans support d’un fonds d’investissement. Le principal facteur de défaut est l’effet de levier, qui explique 26% des débuts. En l’occurrence, le segment de marché sur lequel nous sommes actifs, à savoir le lower-mid market, présente des structures plus restrictives que les grands deals, c’est-à-dire avec un effet de levier plus faible et un ratio prêt/valeur d’entreprise plus bas.
Quelle est votre approche des clauses de sûreté, ou « covenants»? Quel niveau de protection exigez-vous?
Nous ne nous engageons pas, lorsque la structure des covenants n’est pas satisfaisante. 100% de nos investissements intègrent des covenants, avec de fortes protections. Comme, par exemple, un niveau de normalisation du EBITDA limité, des tests trimestriels etc..
Qu’expliquez-vous à votre clientèle quant à votre approche du crédit privé, suite aux événements précités?
Notre approche a toujours été prudente. Elle est restée constante depuis le lancement, en 2018, de notre stratégie, qui a pour objectif de s’engager sur des dossiers de qualité. Nous avons donc poursuivi cette démarche. Cela devient de plus en plus important. Nous expliquons à nos clients de s’engager avec prudence et de ne pas regarder seulement l’aspect rendement, mais d’analyser également les risques des sous-jacents.
Selon vous, le crédit privé peut-il être massifié sans poser de risques pour la stabilité financière, dès lors que les opportunités profitables de placement privé sont limitées par nature?
Le marché de la dette privée se développe et devient de plus en plus intéressant, mais il faut en effet rester prudent. Le marché devrait continuer à croître, ce qui devrait offrir suffisamment de dossiers de qualité. L’important, en tant que gérant, est d’être expérimenté pour savoir faire la part des choses. Analyser la qualité du gérant est peut-être un peu moins facile à appréhender par une clientèle retail, mais le développement de cette offre devrait aussi générer une attention supplémentaire de la part des régulateurs sur ce type de produits.
L’autre risque pour les clients retail est la liquidité, face à des produits dans lesquels on peut être bloqués entre huit et dix ans. Il faut que le client soit clairement informé des risques et qu’il comprenne l’illiquidité du sous-jacent reste illiquide. Des solutions semi-liquides telles que ELTIF 2.0 ont été mises en place pour tenir compte de ces risques.
N’est-il pas préférable pour le shadow banking de demeurer dans « l’ombre»?
C’est une bonne question, qui devrait aussi venir du côté du régulateur. Il y a de plus en plus de levier du côté des fonds de dette, c’est-à-dire dont le levier est fourni par les banques. Cela peut créer un risque systémique. Ce marché n’est certes plus un marché de niche, mais devient de plus en plus important, ce qui devrait aussi conduire à un engagement plus important de la part des acteurs comme les régulateurs ou les banques centrales en particulier.
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Markus a rejoint Oddo BHF en 2018. Il en est le directeur général. Il préside le Advisor Credit Committee et il est responsable de la gestion et du développement de la dette privée au sein du groupe. Markus est titulaire d’un doctorat de l’université de Cologne et d’un master de l’ESCP Europe.
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