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Solutions Investissement

    • Romain Mayer
    • Head Switzerland
    • BDL Capital Management

La qualité au bon prix en Europe : l’opportunité d’une décennie

Alors que les marchés européens évoluent à des niveaux élevés, une fenêtre d’opportunité rare s’ouvre pour les investisseurs disciplinés. Après une décennie marquée par les distorsions liées aux taux négatifs et à l’essor des gestions passives, les valorisations des entreprises de qualité redeviennent attractives, offrant un point d’entrée inédit depuis plus de dix ans.

Les bons investisseurs ont un point commun : la discipline. Ils achètent des actifs de qualité à des prix raisonnables. Dès que l’un des deux paramètres fait défaut, l’investissement se transforme en spéculation et la prise de risque calculée devient un pari incertain.

Cette discipline requiert parfois une patience presque inhumaine car les marchés financiers sont rarement disposés à satisfaire les exigences de l’investisseur discipliné. Le plus souvent, les entreprises de meilleure qualité sont trop chères et les bons prix reflètent la médiocrité des entreprises les plus fragiles.

Chercher à investir dans des entreprises de qualité à des prix raisonnables semble évident en théorie mais se révèle difficile en pratique. Et pourtant, cette opportunité se dévoile aujourd’hui en Europe, il faut savoir la saisir.

Le modèle économique d’une entreprise de qualité s’écrit ainsi : une croissance régulière, du chiffre d’affaires comme des profits, financée par des investissements rentables et protégés grâce à des barrières à l’entrée qui maintiennent les concurrents à distance raisonnable. Ces barrières sont de nature variée comme des marques emblématiques, des brevets ou des effets de réseau par exemple.

La valorisation de certaines de ces entreprises est enfin à portée de tir de l’investisseur discipliné, il aura fallu attendre plus de 10 ans. En effet, mi-2014, la BCE s’embarque dans une stratégie nouvelle et encore jamais éprouvée, elle fonde sa politique monétaire sur des taux d’intérêts négatifs. Instantanément, la règle immuable de la finance, un euro aujourd’hui vaut plus qu’un euro dans un an, est devenue obsolète car lorsque les taux sont négatifs, plus les cash flows sont lointains, plus ils ont de valeur.

Une aberration intellectuelle qui s’est transformée en dysfonctionnements réels. Les taux négatifs ont engendré la disparition du coût du capital, cette force de rappel qui empêche les valorisations des actifs à duration longue de s’envoler vers des sommets irrationnels et insoutenables.

Par nature, les entreprises de qualité ont des durations supérieures à la moyenne car leurs cash flows offrent plus de visibilité et de résilience dans le futur.  Elles ont donc particulièrement réagi à cette nouvelle donne. Leur prime de valorisation par rapport au marché européen a progressivement augmenté pendant toute cette période de taux négatifs.

Dans le secteur de la consommation non discrétionnaire par exemple (agroalimentaire, boissons, produits de soins courants), caractérisé par une rentabilité et une visibilité supérieure à la moyenne, la prime est passé de 20% en 2014 à 70% en 2022, date à laquelle la BCE a commencé à relever agressivement son taux directeur. Dans d’autres secteurs et sur d’autres entreprises estampillés « qualité », ce phénomène a encore été plus marqué, les PE passant au-dessus de 30x en 2022 quand ils n’étaient que de 15x en 2014.

Aux taux négatifs s’est ajoutée un autre développement qui a amplifié ces excès : l’essor des gestions passives, thématique et factorielles. Ces types de gestion ont un point commun : dans leur équation de l’investissement, la notion de prix raisonnable ne rentre pas en compte. Elles n’achètent que ce qui a déjà monté et nourrissent cette dynamique ascensionnelle jusqu’à ce que la rationalité réapparaisse, tôt ou tard.

En l’occurrence, il aura donc fallu attendre que la BCE remonte ses taux en 2022 et revienne à une politique monétaire plus classique pour que le coût du capital reprenne ses droits et que les valorisations retombent à des prix raisonnables. Depuis 20022, les cours de bourse de ces entreprises de qualité sous-performent alors que généralement leurs profits progressent, c’est la conséquence directe de leurs valorisations qui étaient devenues insoutenables.

Les mêmes effets se produisent désormais en sens inverse. Lds gestions passives et thématiques vendent ces cours de bourse qui baissent car leur « momentum » est devenu négatif. C’est une aubaine pour l’investisseur qui a su rester discipliné. Ces entreprises, comme celles du secteur de la medtech, des biens de consommation courante ou des boissons (bière, spiritueux) ont gardé leurs atouts et, pour certaines, leurs valorisations sont à nouveau très attractives. Pour reprendre des exemples dans le secteur de la consommation discrétionnaire, comme Diageo ou Carlsberg, la prime de valorisation est passée de 70% en 2022 à seulement 5% aujourd’hui, un plus bas depuis 20 ans.

Les marchés européens sont sur leurs sommets mais du point de vue de l’investisseur discipliné qui recherche des entreprises de qualité à des prix raisonnables, ils n’ont jamais été aussi attrayants depuis 10 ans. La patience est enfin récompensée, le temps est venu d’agir et d’investir pour en profiter. Sur cette thématique, Carslberg va profiter avec le rachat de Britvic, distributeur de Pepsi en Angleterre, de belles synergies ainsi qu’une hausse de marge de 150bps. Un autre exemple est Diageo qui profite de baisse de coût marketing et dont sa marge devrait s’améliorer de 160bps.

Romain Mayer

BDL Capital Management

Romain Mayer est à la tête de la filiale suisse de BDL Capital Management depuis 2019. Il a précédemment été cogérant du fonds Durandal. Il a rejoint BDL Capital Management en 2015, où il a notamment participé à la modélisation des risques et à l’optimisation des portefeuilles. Romain est diplômé d’HEC Lausanne.

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    « La croissance n’a de sens que si elle s’appuie sur les bons talents et les bons outils »

    Nommé CEO de NS Partners en décembre dernier- une première dans l’histoire du groupe – Frédéric de Poix a pris la direction de l’une des plus importantes sociétés de gestion en Suisse, dans un contexte de transformation profonde du secteur. Entre enjeux de croissance, transition générationnelle et pression réglementaire, il détaille les priorités du groupe.

    Par Jérôme Sicard

    Quelles sont les priorités associées à votre nouveau mandat ?

    Lorsque l’on devient CEO d’une société comme la nôtre, deux axes s’imposent naturellement. Le premier consiste à en organiser la croissance et le deuxième à en améliorer l’efficience. Au-delà de ces deux dimensions, un troisième enjeu est essentiel. Il faut assurer une parfaite cohérence entre nos trois métiers – wealth management, asset management et structuration de fonds – afin d’aligner les objectifs et renforcer la lisibilité de notre modèle.

    Organiser la croissance, dans notre métier, porte avant tout sur le développement des actifs sous gestion. Cela peut passer par des acquisitions ou des rapprochements, mais aussi et surtout par de la croissance interne, via le recrutement de nouveaux relationship managers. Les deux approches sont complémentaires, mais elles s’inscrivent dans le temps long. Aujourd’hui, ce type de développement se construit sur plusieurs années.

    Et cette croissance repose avant tout sur notre capacité à délivrer de la performance, en particulier au travers de nos expertises dans la gestion alternative et la sélection de fonds. C’est un élément central, car c’est cette performance qui nourrit durablement la confiance de nos clients.

    Le second axe, c’est l’efficience. Il s’agit de s’assurer que notre modèle fonctionne correctement, avec les bons systèmes et les bonnes personnes pour les faire fonctionner Une organisation bien dimensionnée est essentielle pour garantir la pérennité et l’indépendance de la société.

    Au-dessus de ces deux dimensions, il y a un élément fondamental à prendre en compte. Ce sont les talents. Notre métier repose entièrement sur eux. Il faut être capable de les identifier, de les attirer, mais aussi de les encadrer et de les faire évoluer. Cela vaut autant pour les gérants que pour les profils en relation avec les clients.

    Depuis notre installation dans nos nouveaux bureaux de la rue du Mont-Blanc, nous nous inscrivons dans une dynamique très positive Il y a une énergie nouvelle, les équipes prennent du plaisir, et cela se ressent au quotidien. C’est aussi le rôle du CEO d’entretenir cet enthousiasme et de créer un environnement dans lequel les talents peuvent s’exprimer pleinement.

    NS Partners a choisi de renforcer à la fois son comité exécutif et son actionnariat, avec l’entrée de nouveaux associés. En quoi cette gouvernance élargie change-t-elle la dynamique entrepreneuriale du groupe ?

    Cette évolution répond d’abord à un enjeu de succession. Comme beaucoup de sociétés indépendantes, nous avons une génération d’associés historiques qui approche d’une phase de transition.

    Nous avons fait le choix de rester indépendants, ce qui implique de préparer l’avenir en interne. Cela passe par l’intégration de nouveaux associés plus jeunes, qui vont progressivement prendre le relais. Cette transition se fait sur une période longue, avec un accompagnement étroit des générations actuelles.

    En parallèle, nous avons repensé notre gouvernance. Le comité exécutif a été renouvelé, avec une volonté de clarifier les responsabilités. Mon rôle est désormais transversal. Je ne représente plus une activité spécifique, mais l’ensemble du groupe, avec des arbitrages à faire entre différentes lignes métiers. Ce nouveau cadre permet également d’accélérer la prise de décision dans un environnement plus exigeant.

    L’arrivée de nouveaux associés apporte aussi une dynamique très positive. Ils questionnent nos pratiques, challengent nos systèmes, proposent des évolutions. Cela nous pousse à revoir certains sujets en profondeur, qu’il s’agisse des outils, des processus ou même des schémas de rémunération, toujours avec une attention particulière portée à l’alignement des intérêts avec nos clients, qui reste au cœur de notre modèle.

    Le modèle des gérants indépendants se transforme avec la montée des exigences réglementaires, technologiques et organisationnelles. Comment voyez-vous évoluer le rôle du management au sein des structures EAM dans ce nouveau contexte ?

    Il est devenu beaucoup plus exigeant qu’auparavant. Nous faisons face à une augmentation continue des contraintes réglementaires, à des exigences accrues en matière de compliance, ainsi qu’à des contrôles plus fréquents, qu’ils soient internes ou externes. À cela s’ajoutent les évolutions technologiques, qui obligent à repenser certains processus, notamment sur les tâches répétitives.

    Dans ce contexte, le management doit en permanence trouver un équilibre entre les systèmes et les personnes. Il ne s’agit plus simplement de gérer une activité, mais de piloter une organisation en évolution constante.

    Ce qui a changé, c’est l’impossibilité de considérer qu’un modèle est stabilisé. Tout doit être régulièrement remis en question que ce soit les outils, les équipes, ou les processus. L’amélioration en continu est devenue une obligation.

    On assiste d’ailleurs à une transformation plus large du secteur, avec un passage progressif d’un modèle artisanal à un modèle plus institutionnalisé, qui devrait s’accompagner d’une certaine consolidation.

    NS Partners s’articule autour de trois activités qui sont le wealth management, l’asset management et la manco luxembourgeoise. Quelle est la logique stratégique qui sous-tend cette organisation ?

    Notre modèle repose sur une logique d’intégration. Le wealth management permet d’attirer et d’accompagner les clients. L’asset management constitue le cœur de notre expertise, avec notamment un savoir-faire reconnu en gestion alternative et en sélection de fonds. Enfin, la management company au Luxembourg assure la structuration et l’administration des fonds. Lorsque ces trois activités fonctionnent ensemble, elles nous permettent de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’investissement, de la relation client à la structuration des produits, dans un cadre cohérent et lisible pour nos clients.

    Cela étant, leurs dynamiques sont différentes. La management company connaît une croissance rapide, portée par des volumes importants mais avec des marges plus faibles. À l’inverse, les activités de gestion se développent plus lentement, mais avec une rentabilité plus élevée. L’enjeu pour NS Partners est donc de faire coexister ces deux dynamiques de manière équilibrée.

    Quels sont aujourd’hui vos principaux relais de croissance ?

    Ils s’articulent autour de plusieurs axes complémentaires. Le premier reste le développement de la clientèle privée, principalement en Suisse, via le recrutement de nouveaux gérants de fortune.  Le deuxième concerne le renforcement de notre expertise en gestion alternative et en sélection de fonds, qui constitue un avantage compétitif clé et un moteur essentiel de performance. Nous explorons également certains segments comme les marchés privés, notamment au travers de structures evergreen, mais nous avons là une approche plus mesurée. Ce sont des univers différents, avec d’autres acteurs et d’autres dynamiques. Enfin, nous poursuivons le développement de notre plateforme de structuration de fonds, notamment au Luxembourg.

    Les gérants de fortune indépendants, de mieux en mieux structurés, sont-ils capables de se poser en alternative aux banques privées traditionnelles ?

    Ils peuvent l’être, à condition d’assumer leur différence. Les banques ont des modèles de plus en plus industrialisés, ce qui est logique compte tenu de leur taille. À l’inverse, nous pouvons offrir un service sur mesure, adapté aux besoins spécifiques de chaque client, en nous appuyant sur une architecture ouverte qui nous permet de sélectionner librement les meilleures solutions du marché.

    Cette capacité de personnalisation est un élément clé de différenciation. Mais elle implique aussi des contraintes importantes. Pour offrir ce niveau de service dans un environnement réglementaire strict, il faut des systèmes solides et des équipes de contrôle robustes. Le modèle indépendant est donc plus flexible, mais aussi plus exigeant.

    Au vu du volume que prennent aujourd’hui des structures EAM telles que NS Partners, faut-il s’attendre à un durcissement réglementaire ?

    Il est déjà en cours et ne s’est jamais vraiment arrêté. Les exigences augmentent constamment, qu’il s’agisse des régulateurs, des banques ou des auditeurs. Cela se traduit par une complexité accrue et une pression croissante sur les coûts.  Pour les acteurs les mieux structurés, cette évolution constitue aussi une opportunité de différenciation. Chez NS Partners, nous avons anticipé ces évolutions depuis plusieurs années.

    Par ailleurs, une nouvelle dimension s’impose, celle du temps. Nous devons désormais anticiper la manière dont certaines décisions pourraient être perçues dans plusieurs années, ce qui impose une vigilance accrue dans chacune de nos opérations.

    Dans un environnement de marché plus incertain et plus fragmenté, comment un gérant indépendant comme NS Partners adapte-t-il aujourd’hui la construction et la gestion de ses portefeuilles ?

    Nous avons structuré notre approche autour d’un équilibre relativement stable : environ un tiers de fonds internes, un tiers de fonds externes et un tiers de positions directes. Cette architecture présente plusieurs avantages. Elle nous oblige d’abord à rester concurrentiels avec les meilleurs acteurs du marché. Si une solution externe est plus pertinente, nous l’intégrons sans hésitation.

    Elle nous permet ensuite de bénéficier d’un flux d’information exceptionnel. Nos équipes rencontrent entre 600 et 800 gérants chaque année, ce qui reflète l’étendue de notre réseau et constitue un élément clé de notre savoir-faire. Enfin, elle offre une grande flexibilité dans la construction des portefeuilles. Nous pouvons adapter les allocations aux préférences des clients, tout en maintenant une discipline d’investissement rigoureuse. Dans un environnement plus incertain et plus fragmenté, cette capacité d’adaptation constitue un atout qui me semble décisif.

    Frédéric de Poix

    NS Partners

    Frédéric de Poix a rejoint NS Partners en 2013 et il en a été nommé CEO en décembre 2025, après dirigé pendant plusieurs années le pôle wealth management. Frédéric a débuté sa carrière en 1985 en tant que négociant en café chez Sucres et Denrées, puis en tant que Regional Manager chez Finagrain, filiale de Continental Grain Company. Il a ensuite passé 15 ans dans la gestion privée chez Morgan Stanley et Hyposwiss, où il a acquis une solide expérience dans l’accompagnement de clients privés et la gestion de portefeuilles sophistiqués. Il est diplômé du programme Bachelor of Business Administration de l’EPSCI / Groupe ESSEC (France).

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    LEADERS

    • Mathias Baitan
    • Directeur général
    • Institut Supérieur de Formation Bancaire

    « La question des compétences est devenue stratégique pour l’ensemble du secteur »

    Les métiers bancaires évoluent à grande vitesse, sous l’effet de la digitalisation, de la réglementation et de nouvelles attentes des clients. Avec la création de son Observatoire, l’ISFB souhaite mieux analyser ces transformations et anticiper les besoins futurs du secteur. Son directeur, Mathias Baitan, revient sur les objectifs de cette initiative et sur le bilan 2025 d’un institut qui étend intelligemment son action.

    Par Jérôme Sicard

    L’Observatoire ISFB des compétences bancaires et financières, que vous avez initié, est entré en phase opérationnelle. Quels en sont les objectifs ?

    Le principal objectif est de mieux comprendre l’évolution des métiers bancaires afin d’anticiper les compétences dont le secteur aura besoin demain. La place financière évolue rapidement, sous l’effet de la réglementation, de la digitalisation, de l’évolution démographique, mais aussi des transformations des attentes des clients. Dans ce contexte, il est essentiel de disposer d’un dispositif capable d’analyser ces évolutions de manière structurée et indépendante.

    L’Observatoire ISFB vise précisément à documenter ces transformations et à fournir aux institutions financières des éléments d’analyse qui leur permettront d’orienter leurs stratégies de formation, de recrutement et de développement des compétences.

    Quelles sont les priorités de cet Observatoire ?

    La première priorité consiste à engager la discussion au sein de la place financière sur l’évolution des compétences. Les transformations à l’œuvre dans le secteur sont réelles, et il est important d’en prendre conscience collectivement afin d’anticiper les adaptations nécessaires.

    En tant qu’institut de référence pour les compétences bancaires et financières en Suisse romande, nous avons un rôle de catalyseur à jouer. Nous devons donc engager le dialogue avec nos membres, mais aussi avec nos partenaires et les autorités, afin de réfléchir ensemble aux évolutions à venir.

    À plus long terme, l’ambition est de mieux comprendre comment se transforment les grandes fonctions du secteur. Quelles compétences émergent ? Lesquelles se transforment ? Et lesquelles pourraient progressivement disparaître ? C’est ce travail d’observation et d’anticipation qui permettra de se préparer efficacement aux mutations en cours.

    Huit banques fondatrices sont aussi à l’origine de ce projet. Que révèle selon vous cette mobilisation sur les préoccupations actuelles du secteur ?

    Cette mobilisation montre que la question des compétences est devenue stratégique pour l’ensemble du secteur. Les banques sont confrontées à des transformations rapides de leurs métiers. Elles doivent à la fois intégrer de nouvelles exigences réglementaires, développer des compétences technologiques et continuer à offrir un conseil de haute qualité à leurs clients.

    Le fait que plusieurs établissements aient souhaité soutenir la création de cet Observatoire de l’ISFB traduit une volonté commune de mieux anticiper ces évolutions et d’y apporter des réponses collectives. Nous savons toutefois que les capacités d’anticipation ou de prospective ne sont pas les mêmes selon la taille des organisations. L’un des objectifs de l’Observatoire est précisément de partager ces analyses avec l’ensemble de la place financière romande, afin que tous les acteurs puissent en bénéficier, indépendamment de leur capacité propre à mobiliser des ressources sur ces questions.

    Concrètement, quels types d’analyses ou d’outils allez-vous mettre à disposition des institutions financières en Suisse romande ?

    L’Observatoire produira plusieurs types de travaux.

    D’une part, des analyses régulières sur l’évolution des métiers et des compétences dans le secteur financier. L’objectif est de mieux documenter les transformations en cours et d’identifier les domaines dans lesquels les besoins en compétences évoluent le plus rapidement. Pour cela, nous collaborons avec la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève, ainsi qu’avec la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Fribourg.

    D’autre part, nous souhaitons rendre plus accessible notre référentiel de fonctions et de compétences afin de contribuer à une meilleure compréhension des métiers du secteur et de leur évolution.

    Nous avons également initié une collaboration avec la Fondation Nomads afin d’explorer les synergies possibles entre différentes industries. Dans ce cadre, nous souhaitons nous inspirer d’une méthode de prospective développée par Nomads en collaboration avec l’Université de Genève et différents acteurs romands, qui vise à mieux identifier les compétences et les métiers du futur.

    L’ambition est de combiner ces différentes approches afin de fournir à la place financière romande des analyses utiles pour anticiper les transformations à venir.

    Vous venez de publier le rapport annuel 2025 de l’ISFB. Comment résumeriez-vous les progrès accomplis par l’Institut au cours de l’année écoulée ?

    L’Institut se porte bien. L’année 2025 a été une année de consolidation et de développement pour l’ISFB. Nous avons poursuivi le renforcement de nos programmes de formation et développé de nouvelles offres dans des domaines clés pour la place financière, notamment autour de l’intelligence artificielle, de la gestion des données ou encore de la gestion des risques. Nous avons également intensifié nos collaborations avec les institutions de la place financière.

    La création de l’Observatoire des compétences bancaires et financières constitue une étape importante, car elle élargit le rôle de l’Institut au-delà de la formation. Dans ce cadre, nous avons notamment renforcé nos capacités de recherche avec l’arrivée de Christelle Zagato.

    Par ailleurs, notre pôle développement de carrière a véritablement pris son envol avec l’arrivée de sa responsable, Evelyne Rechemann. Ce pôle permet aujourd’hui d’accompagner nos institutions membres à travers des prestations d’assessment, de bilans de compétences ou encore d’aide au recrutement.

    Quels sont les chiffres clés à retenir de ce rapport annuel ?

    Notre rapport annuel met surtout en évidence l’ampleur des prestations délivrées par l’Institut au service de la place financière. L’ISFB est une association à but non lucratif reconnue d’utilité publique, dont la mission consiste à renforcer la compétence collective et individuelle du secteur bancaire et financier en Suisse romande, au bénéfice à la fois de la compétitivité des établissements et de l’employabilité de ses salariés.

    Parmi les tendances marquantes, nous observons depuis 2022 une augmentation constante du nombre de professionnels certifiés dans le cadre des programmes de l’ISFB, ainsi qu’un renforcement progressif de la visibilité de notre marque collective, qui représente aujourd’hui un repère reconnu en matière de compétences pour le secteur en Suisse romande.

    L’annexe au rapport annuel, qui présente les résultats financiers détaillés, sera quant à elle communiquée aux membres lors de notre assemblée générale. Je peux néanmoins déjà indiquer que les résultats financiers de l’année 2025 sont excellents et pleinement conformes à nos attentes.

    Vous évoquez de plus en plus l’ISFB comme une plateforme de compétences et de carrière, au-delà de la formation continue. Comment cette évolution redéfinit-elle le rôle de l’Institut au sein de la place financière ?

    Effectivement, le modèle traditionnel des associations professionnelles doit évoluer pour répondre aux besoins et aux attentes de son époque. L’ISFB ne fait pas exception. Depuis début 2023, nous avons engagé une transformation en profondeur de l’Institut afin d’élargir sa mission et de mieux accompagner nos membres dans les enjeux de compétitivité des établissements et d’employabilité des professionnels.

    L’ISFB n’est plus uniquement un centre de formation continue. Il est devenu un véritable centre de compétences et de carrière pour la place financière romande. Nous voulons à la fois constituer un socle de référence en matière de compétences pour les professionnels de la branche et offrir aux employeurs un lieu d’échange et de réflexion sur l’évolution des métiers.

    Dans cette perspective, nous avons adopté une vision plus holistique des parcours professionnels. Une carrière ne se résume pas à une succession de formations. Elle s’inscrit dans un continuum fait d’étapes, parfois positives, parfois plus complexes : l’entrée sur le marché du travail, les phases d’évolution, les périodes de transition, les moments plus difficiles ou encore la préparation à la retraite.

    La formation continue reste évidemment un levier essentiel d’évolution et d’employabilité dans ce parcours. Mais elle s’inscrit aux côtés d’autres dimensions tout aussi importantes, comme l’accès aux réseaux professionnels, l’observation des pratiques du secteur ou encore le développement des capacités d’adaptation face aux transformations du métier.

    Mathias Baitan

    Institut Supérieur de Formation Bancaire

    Mathias Baitan dirige l’ISFB depuis fin 2022. Auparavant, il a travaillé pendant plus de 20 ans pour la BCGE en tant que Responsable RH, chef d’état-major du CEO, et responsable de l’administration, en parallèle d’un poste de chargé de cours HES auprès de la Haute Ecole de Gestion de Genève. Il est titulaire d’un doctorat en sciences économiques et sociales de l’université de Genève, d’un master en gestion d’entreprise, d’un bachelor of science en psychologie ainsi que du diplôme fédéral de directeur des ressources humaines.

     

     

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      • Jérôme Sicard
      • Co-fondateur
      • SPHERE

    L’irrésistible ascension des marchés privés

    En l’espace de vingt ans, les marchés privés ont profondément redessiné les circuits du capital, du financement des entreprises et de la création de valeur. Longtemps cantonnés à un rôle d’alternative, le private equity, le venture capital et la dette privée s’imposent aujourd’hui comme des piliers de l’économie réelle. Une mutation structurelle qui marque le déplacement durable de l’innovation et de l’investissement hors des marchés cotés.

    Depuis le milieu des années 2000, l’économie mondiale a connu une transformation profonde qui a redéfini les mécanismes de création de valeur et de financement. Pour les investisseurs professionnels, cette évolution s’est traduite par la montée en puissance progressive des marchés privés. En 2005, l’essentiel de l’investissement institutionnel et du financement des entreprises passait encore par les marchés cotés ou le système bancaire. Vingt ans plus tard, le paysage est profondément différent. Le private equity, le venture capital et la dette privée occupent désormais une place centrale dans l’économie réelle mondiale. Leur développement rapide et structuré les a fait passer du statut d’alternative à celui d’un écosystème à part entière, massif, organisé, en expansion continue.

    Ce mouvement doit être replacé dans le cadre général de la finance mondiale. En 2025, le PIB planétaire avoisine 113’000 milliards de dollars. La capitalisation boursière globale se situe entre 125’000 et 150’000 milliards. Les États-Unis dominent toujours largement les marchés cotés, avec une capitalisation proche des 70’000 milliards de dollars, ce qui en fait le plus grand marché actions de l’histoire économique. Pourtant, derrière cette solidité apparente, le nombre d’entreprises cotées n’a cessé de reculer. En 2005, on comptait environ 52’000 sociétés listées dans le monde ; leur nombre est tombé à un peu plus de 43’000 en 2015, avant de se stabiliser autour de 44’000 aujourd’hui. Cette contraction n’est pas un simple hasard statistique. Elle révèle l’épuisement progressif du modèle de la cotation comme voie naturelle du financement entrepreneurial. Sarbanes-Oxley a encadré lourdement le marché américain. Les fusions-acquisitions ont asséché la diversité des émetteurs. Le private equity a retiré de la cote des milliers de sociétés. Les IPO, longtemps moteur de la bourse, se sont raréfiées. Et surtout, la préférence des entreprises, en particulier dans la tech, s’est déplacée vers des capitaux privés plus flexibles, plus rapides, moins exposés, permettant de croître hors de la lumière des marchés.

    Alors que l’univers coté se contractait, le non coté connaissait une dynamique inverse. En 2005, on estimait aux alentours des 20’000 le nombre d’entreprises financées par des fonds de private equity ou de venture capital. Dix ans plus tard, elles étaient déjà plus de 50’000. Et en 2025, ce chiffre atteint environ 215’000 entreprises. Cette progression spectaculaire s’inscrit dans une trajectoire de long terme, proche d’un doublement tous les huit à dix ans. Elle a fait du non coté le principal espace de développement entrepreneurial à l’échelle mondiale. Il constitue aujourd’hui un réservoir majeur d’innovation, contribuant directement à la création d’emplois, à la transformation numérique, à la transition énergétique et à l’entière recomposition de chaînes de valeur.

    Cette évolution se lit aussi en termes de contribution macroéconomique. En 2005, les marchés privés ne représentaient sans doute pas plus d’un pour cent du PIB mondial en valeur ajoutée. En 2025, avec plus de 200’000 entreprises financées et des revenus cumulés estimés entre 15’000 et 25’000 milliards de dollars, ils pèsent désormais entre quatre et six pour cent du PIB planétaire. En l’espace de vingt ans, leur contribution à la création de richesse a ainsi été multipliée par quatre, tandis que le nombre d’entreprises concernées a été multiplié par dix et les actifs sous gestion par cinq. Cette montée en puissance illustre clairement le basculement structurel à l’œuvre : une part croissante de l’activité économique se développe désormais en dehors des marchés cotés.

    La montée en puissance des marchés privés se reflète aussi dans l’évolution de leurs actifs sous gestion. En 2005, le private equity totalisait environ 1’000 milliards de dollars. Vingt ans plus tard, il dépasse les 5’000 milliards. Sur la même période, le venture capital, porté par le développement des technologies digitales, de l’intelligence artificielle et des biotechnologies, est passé d’environ 180 milliards à près de 600 milliards. À eux deux, private equity et venture capital représentent aujourd’hui près de 6^’000 milliards d’actifs.

    Ce panorama reste toutefois incomplet sans la dette privée. En 2005, elle pesait à peine 120 milliards de dollars. En 2025, elle approche les 2’000 milliards, ce qui en fait la classe d’actifs la plus dynamique des deux dernières décennies, avec une taille multipliée par quinze. Son essor s’explique d’abord par le retrait progressif des banques du financement des PME et des ETI après la crise de 2008, sous l’effet du durcissement des exigences prudentielles. Les fonds de dette privée ont progressivement occupé cet espace, jusqu’à faire du direct lending une composante centrale du financement non coté. La remontée des taux à partir de 2022 a encore renforcé cette dynamique, en offrant des rendements attractifs face aux obligations traditionnelles.

    Dans ce paysage, les États-Unis occupent une position largement dominante sur l’ensemble des segments des marchés privés. Ils concentrent environ 50 à 55 % du private equity mondial, 60 à 65 % de la dette privée, ainsi qu’une part comparable du venture capital. Cette domination s’explique par la profondeur du marché domestique, la puissance des investisseurs institutionnels, une culture du risque historiquement ancrée et un écosystème d’innovation sans équivalent. Cette centralité ne devrait pas être remise en cause à l’horizon 2030. Si la montée en puissance de l’Asie et des pays du Golfe pourrait légèrement réduire la part américaine dans le private equity, la suprématie des États-Unis dans la dette privée apparaît, en revanche, beaucoup plus difficile à contester.

    À l’horizon 2030, la trajectoire des marchés privés devrait rester clairement orientée à la hausse. La progression des actifs sous gestion, l’augmentation du nombre d’entreprises financées et la montée en gamme des sociétés qui demeurent privées devraient porter les revenus cumulés des entreprises financées par le private equity et le venture capital entre 20’000 et 30’000 milliards de dollars. Cela correspondrait à une valeur ajoutée comprise entre 5’000 et 8’000 milliards. Dans un scénario où le PIB mondial tournerait autour des 130’000 milliards de dollars, la contribution de ces entreprises se situerait aux environs des cinq à six pour cent.

    Les projections à l’horizon 2030 confirment la poursuite d’une expansion solide des marchés privés. Le private equity pourrait atteindre 7’500 milliards de dollars d’actifs sous gestion, tandis que la dette privée progresserait vers les 3’000 milliards. Le venture capital pourrait approcher les 1’000 milliards. Cette dynamique repose sur des moteurs structurels bien identifiés : la recherche de rendement, la mondialisation des investisseurs, l’essor du direct lending, la montée en puissance de l’Asie et la recomposition des chaînes de valeur industrielles et énergétiques. La normalisation progressive des sorties, via les IPO ou les transactions secondaires, devrait également soutenir cette trajectoire.

    Ce scénario n’est toutefois pas exempt de risques. Une récession mondiale prolongée fragiliserait les entreprises financées par le private equity. Un durcissement réglementaire pourrait freiner l’expansion de la dette privée. Une hausse durable des taux renchérirait le coût de la dette dans les opérations de LBO. Aucun de ces facteurs ne remet cependant en cause la tendance de fond. En l’espace de vingt ans, les marchés privés se sont imposés comme un pilier central de la finance mondiale et un moteur clé de la création de valeur. Le déplacement du capital vers le hors-cote ne relève plus d’un cycle conjoncturel : il constitue désormais un changement structurel durable du système économique.

    Dynamiques d’investissements

    Si l’on agrège tous les segments des marchés privés — private equity, venture capital, dette privée, infrastructures, immobilier non coté, fonds secondaires et stratégies hybrides — leur masse totale dépasse désormais 10’000 milliards de dollars d’actifs. Une partie significative de la création de valeur économique s’est donc déplacée vers le hors-cote. Pourtant, leur contribution au PIB reste encore modeste en proportion, entre quatre et six pour cent. Leur poids économique reste peut-être inférieur à celui des grands groupes cotés, mais leur rôle dans l’innovation, la transformation et la croissance future dépasse largement leur contribution immédiate à la richesse produite.

    À l’inverse, les entreprises cotées génèrent un chiffre d’affaires cumulé entre 60’000 et 80’000 milliards de dollars. Les 2’000 plus grandes d’entre elles réalisent près de la moitié du chiffre d’affaires mondial. En revanche, elles ne contribuent qu’à hauteur de 10 à 12 % à cette mesure de la valeur ajoutée qu’est le PIB mondial. Ces écarts rappellent que le chiffre d’affaires ne reflète qu’imparfaitement la création de richesse. Il est vrai que les entreprises cotées concentrent l’activité économique existante, mais les marchés privés captent une part croissante des dynamiques d’investissement, d’innovation et de croissance future. C’est une clé de lecture devenue déterminante aujourd’hui pour les investisseurs.

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      Là-haut

      Solutions Investissement

        • Alicia Daurignac
        • Analyste-gérante
        • La Financière de l’Echiquier

      Communication, la révolution satellitaire

      La communication par satellite change d’échelle. Portée par la baisse des coûts de lancement, la multiplication des constellations et l’essor du Direct-to-Device, qui permet aux smartphones de se connecter directement aux satellites, elle devient un moteur clé de croissance pour l’industrie spatiale.

       

      Nous vivons une véritable révolution. Les infrastructures de communication ne se construisent plus uniquement sur Terre. Elles s’installent désormais en orbite. Depuis le lancement du premier satellite en 1957, le secteur a changé d’échelle. Aujourd’hui, ils sont près de 15’000 satellites à graviter autour de la planète. La communication satellitaire s’impose ainsi comme l’un des principaux moteurs de croissance de l’industrie spatiale. Estimé à plus de 20 milliards de dollars, le marché mondial devrait enregistrer un taux de croissance annuel proche de 20 % d’ici 2034. Une dynamique soutenue qui ouvre des perspectives attractives pour les investisseurs.

      Un rythme effréné

      Réceptionner un signal provenant de la Terre, l’amplifier et le relayer :  le rôle des satellites est au cœur des télécommunications. Favorisée par la baisse drastique des coûts de lancement, l’industrie des satellites connaît un remarquable essor. SpaceX s’impose aujourd’hui comme le leader du secteur avec sa constellation Starlink. Grâce à l’innovation du lanceur Falcon 9 et à la réutilisation de son premier étage, l’entreprise a atteint une cadence de lancements inédite, à des coûts largement inférieurs à ceux de ses concurrents. En 2025, la société américaine a réalisé plus de lancements que l’ensemble des autres acteurs mondiaux réunis. Et la dynamique s’accélère : début janvier 2026, Starlink, qui compte déjà plus de 9’000 satellites en orbite, a obtenu l’autorisation d’en déployer 7’000 supplémentaires.

      La course est lancée. Aux côtés des Etats-Unis, la Chine tente de combler son retard et envisage le déploiement d’une constellation de plus de 200’000 satellites, et, loin derrière, l’Europe, mise sur la constellation « Iris² » à l’horizon 2030.

      La course aux licences de spectre 

      Si la cadence des lancements ne cesse d’accélérer, stimulant tout l’écosystème et favorisant l’émergence de nouveaux acteurs, le cadre réglementaire demeure déterminant. Pour transmettre des données de l’espace vers la Terre, les opérateurs doivent disposer d’autorisations d’utilisation du spectre, indispensables pour éviter les interférences et organiser la coexistence des constellations. Strictement encadrées et en nombre limité, ces autorisations sont devenues un actif stratégique dont la valeur s’apprécie fortement. Leur rareté alimente une compétition mondiale, où la croissance passe désormais souvent par des opérations de rachat. L’été dernier, SpaceX a ainsi acquis une partie des fréquences détenues par l’Américain Echostar pour 17 milliards de dollars.

      L’avènement du Direct to Device

      Parmi les évolutions majeures du secteur figure le Direct-to-Device, une technologie appelée à transformer en profondeur l’univers des télécommunications. Elle permet à un smartphone de se connecter directement à un satellite, sans infrastructure terrestre intermédiaire. Les satellites agissent alors comme des antennes spatiales, rendant possible une couverture quasi globale, notamment dans les zones blanches non desservies par les réseaux terrestres. Plusieurs acteurs américains, dont SpaceX, Amazon et AST SpaceMobile, déploient déjà des satellites en orbite basse, entre 500 et 1 200 km d’altitude. Cette proximité avec la Terre renforce la puissance du signal et rend techniquement possible la connexion directe aux smartphones. Dans un contexte de demande croissante de connectivité, la communication satellitaire s’impose ainsi comme un levier structurant pour l’ensemble de l’industrie spatiale.

      Alicia Daurignac

      La Financière de l’Echiquier

      Alicia Daurignac a débuté sa carrière en 2019 chez Fidelity International en tant qu’analyste crédit sur les sociétés industrielles. Par la suite, elle a rejoint Exane en 2022 où elle s’est spécialisée comme analyste actions sell-side dans le domaine de l’aérospatiale et de la défense. Elle a intégré La Financière de l’Echiquier en janvier 2024, année du rapprochement de Tocqueville Finance et LFDE, au poste d’analyste financier au sein du pôle Technologie. Alicia est diplômée d’un bachelor en sciences informatiques et mathématiques de l’université d’Exeter et d’un master en finance internationale à HEC.

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