Transition
Dominik Buholzer
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Aquila Investment Partner : un nouveau relais de croissance au sein du groupe
Dans un environnement marqué par la pression réglementaire, l’évolution des attentes clients et l’irruption des agents IA, les banques privées doivent repenser en profondeur leur modèle. Kim-André Potvin revient sur les leviers d’adaptation d’une banque de niche, entre différenciation, proximité et intégration des nouvelles technologies.
Par Jérôme Sicard
Quelles sont les transformations indispensables auxquelles doivent se résoudre aujourd’hui les banques privées en Suisse ?
Les mutations sont profondes. D’abord, la relation client a radicalement évolué et c’est une tendance appelée à durer. Elle ne répond plus aux mêmes codes. Les attentes en matière d’interaction, de réactivité et de personnalisation sont sans commune mesure avec celles qui étaient en cours voilà peu.
Parallèlement, le cadre réglementaire s’est intensifié au point de s’imposer aujourd’hui comme une réalité avec laquelle le secteur doit composer. Dans un environnement marqué par de fortes turbulences, les exigences de transparence et de contrôle se renforcent, avec des implications opérationnelles et économiques pour tous les établissements.
Enfin, dans un marché arrivé à maturité, il est évident que la diversité tout comme la profondeur de l’offre rendent la différenciation plus déterminante que jamais.
Sur quels axes Bonhôte concentre-t-elle aujourd’hui ses investissements pour soutenir sa croissance et sa différenciation ?
Notre positionnement est celui d’une banque de niche, qui s’est construit au fil du temps sur des expertises clés, complémentaires les unes des autres. La gestion de fortune en constitue bien évidemment le socle. Il s’agit de notre cœur de métier. Nous en avons élargi le périmètre ces dernières années en y incluant des services de planification patrimoniale ainsi que de consolidation. Au-delà de la gestion de fortune, la banque a développé des expertises spécifiques, notamment dans l’immobilier, les métaux précieux et les fonds propriétaires, qui lui permettent d’étendre son offre tout en restant cohérente avec son positionnement.
À cela s’ajoutent des axes identitaires qui nous semblent forts. C’est le cas par exemple de l’accompagnement que nous proposons aux entrepreneurs, des services aux tiers gérants, de notre engagement dans l’art et la philanthropie, ainsi de notre couverture à l’échelle régionale. Nous avons des bureaux à Neuchâtel, Genève, Lausanne, Berne, Bienne, Soleure et Zurich. C’est là une dimension qui illustre parfaitement notre volonté d’établir avec nos clients des relations de proximité.
Nos fondamentaux sont clairs. Nous privilégions l’indépendance, la maîtrise de la chaîne de valeur et la rapidité d’exécution. Nous avons pour chacun de nos clients une approche singulière, unique. C’est sur l’ensemble de ces axes que nous concentrons aujourd’hui nos investissements. En nous renforçant sur nos points forts, nous nous différentions encore plus et nous soutenons notre croissance.
Qu’est-ce que les banques privées devront savoir faire demain qu’elles ne savent pas faire aujourd’hui ?
L’enjeu est de réussir à faire fonctionner ensemble intelligence artificielle et intelligence humaine. L’IA permet déjà d’accélérer et d’affiner l’analyse de volumes de données considérables que nous agrégeons. Elle libère certainement du temps, elle augmente nos compétences, mais elle ne remplace en rien ce qui nous semble essentiel. Le cœur de notre métier reste la capacité à comprendre des trajectoires de vie, à accompagner des décisions sensibles, à être présent dans des moments clés comme la transmission. La banque privée de demain sera donc celle qui saura utiliser la technologie pour renforcer, et non diluer, la qualité de ses conseils comme de ses services.
Comment les banques privées peuvent-elles renouveler leur image auprès des nouvelles générations ?
C’est un point très sensible, car la question n’est pas de rompre avec les codes traditionnels, mais de les réinterpréter. Quand il s’agit de crédibilité, la solidité, la rigueur et la discrétion restent des marqueurs essentiels pour les banques. Mais ils ne suffisent plus. Les nouvelles générations attendent davantage d’accessibilité, de fluidité dans les interactions, et une forme de proximité qui passe aussi par la compréhension de leurs référentiels — culturels, générationnels, voire sociétaux.
Ces évolutions obligent à repenser la relation client, en diversifiant les canaux, en proposant des échanges plus ciblés, en apportant davantage de contenu, et en ouvrant l’accès à des réseaux et à des expertises externes. Autrement dit, il s’agit moins de moderniser l’image que d’étendre le champ de la relation, de lui donner une nouvelle ampleur.
Les néobanques offrent-elles des éléments dont les banques privées pourraient s’inspirer ?
Les attentes des clientèles sont fondamentalement différentes. La banque privée repose sur une relation de long terme, personnalisée, incarnée. En revanche, les néobanques ont su imposer de très bons standards en matière de simplicité et d’accessibilité digitale. C’est sur ce terrain que des enseignements peuvent être tirés, notamment à travers le développement d’offres e-banking plus fluides.
Où se situent aujourd’hui vos principales opportunités de croissance ?
Les 30 dernières années, la banque a connu une croissance exponentielle, et cette dynamique demeure aujourd’hui encore au cœur de notre stratégie. Nous entendons la poursuivre en combinant croissance organique et acquisitions ciblées, en ligne avec nos domaines de prédilection. Nous y travaillons activement avec Jean Berthoud, président du conseil d’administration et actionnaire principal de la banque.
Quelles pratiques normalisées dans les grandes banques souhaitez-vous éviter?
La standardisation excessive, et plus particulièrement la segmentation rigide de la clientèle. Chez Bonhôte, nous défendons une approche fondamentalement différente. Chaque client est considéré dans sa singularité, avec une offre unique. Nos circuits de décision courts et notre intégration de la chaîne de valeur sont des atouts déterminants pour préserver cette agilité.
À l’inverse, que pouvez-vous encore apprendre des grandes banques ?
Les grandes institutions ont pris une longueur d’avance dans l’exploitation des leviers marketing et digitaux. Pour une banque à taille humaine, l’enjeu n’est pas de rivaliser en moyens, mais de s’approprier les meilleures pratiques pour renforcer sa visibilité, affirmer son positionnement et mieux mettre en valeur son expertise, notamment sur les canaux digitaux et les réseaux sociaux. C’est un axe de développement qui me semble d’autant plus pertinent qu’il vient enrichir un modèle fondé sur la proximité et la relation personnalisée.
Quel est aujourd’hui le rôle d’un CEO dans une banque privée ?
Il s’est considérablement densifié au cours des dernières années. Il ne s’agit plus seulement de définir une stratégie ou de superviser les risques, mais de faire le lien, en permanence, entre une vision stratégique et sa traduction opérationnelle. Il faut être capable d’orchestrer l’exécution, de veiller à la mise en œuvre effective des décisions et d’aligner l’organisation avec les attentes des clients. Dans un environnement devenu plus complexe, notamment du fait des exigences réglementaires beaucoup plus lourdes qu’il y a vingt ans ainsi que de marchés plus volatils en liens avec les situations géopolitiques et économiques denses le CEO doit également jouer un rôle clé de clarification. Il lui revient la charge de rendre lisibles des enjeux techniques, d’expliquer, de fédérer. En ce sens, il est à la fois stratège, opérateur et pédagogue.
Kim-Andrée Potvin
Banque Bonhôte
Depuis l’an passé, Kim-Andrée Potvin occupe les fonctions de Chief Executive Officer pour la banque Bonhôte, après y avoir officié comme COO pendant un an. Elle était responsable auparavant des opérations de Bamboo Capital Partners, la boutique genevoise active dans l’impact investing. Kim-Andrée a travaillé pour la banque Landolt dans un même rôle de COO et pour le groupe BNP Paribas où elle a occupé différents postes de direction. En 2014, elle avait été nommée COO de BNP Paribas en Suisse pour y piloter l’évolution des plateformes financières, opérationnelles et informatiques. Kim-Andrée est diplômée de l’Université McGill, où elle a obtenu un bachelor en finance et commerce international.
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Classée troisième du SPBIX, la banque Heritage fonde son branding sur la cohérence et la durée. Dans un secteur où les discours tendent à s’uniformiser, elle revendique une logique d’alignement entre identité, positionnement et pratiques. Sylvia Demeyrier revient ici sur une démarche construite dans le temps, où la justesse s’impose comme principal vecteur de différenciation.
Par Jérôme Sicard
Banque Heritage s’est classée troisième de l’indice SPBIX, qui évalue la façon dont les banques suisses construisent leur identité de marque. Sur quels éléments porte plus précisément cet indice ?
Le SPBIX est un indice annuel qui analyse et évalue la manière dont les banques privées suisses, près d’une soixantaine, expriment leur identité et la traduisent concrètement dans leurs actions. Il mesure la cohérence entre positionnement, raison d’être, valeurs, culture et communication, pour identifier les établissements capables de vraiment se différencier.
Quels sont les principaux critères pris en compte dans le SPBIX ?
Il s’appuie sur une trentaine de critères qui se structurent autour de deux dimensions complémentaires, Identity et Activation. La dimension Identity analyse les fondations de la marque. La dimension Activation en mesure la mise en œuvre. La première évalue notamment la clarté du positionnement, la pertinence de la raison d’être et la cohérence des valeurs. La seconde se concentre sur leur traduction concrète à travers la culture, les équipes et la communication.
Comment avez-vous réussi à obtenir cette excellente troisième place ?
Cette reconnaissance est l’aboutissement d’un travail de fond mené sur six mois, en étroite collaboration avec l’équipe Marketing & Communication, plusieurs collaborateurs, le comité exécutif et notre Chairman.
Nous avons choisi de revenir à l’essentiel : notre ancrage entrepreneurial, l’histoire de la famille fondatrice, présente de longue date dans le secteur des matières premières, et nos origines en tant que family office.
Ce n’était pas seulement un travail rétrospectif. Nous avons tenu aussi à clarifier notre trajectoire, préciser nos objectifs et expliquer la manière dont nous souhaitons évoluer dans un environnement en pleine transformation.
Notre raison d’être – Sharing Success – en est la traduction directe. Il s’agit, pour la banque, de mettre au service de ses clients ce qui a fait la réussite des familles fondatrices. De cette façon, nous exprimons à la fois notre héritage et notre ambition.
Comment définiriez-vous ce concept de branding pour une banque comme Heritage ?
Il ne s’agit pas d’esthétique, mais d’alignement, entre ce que l’on est, ce que l’on dit et ce que l’on fait. C’est aussi assumer un positionnement clair. Nous ne cherchons pas à plaire à tous ; nous ne cherchons pas non plus à tout couvrir. De cette façon, nous voulons rester véritablement pertinents. C’est un choix. Et ce choix oblige à des renoncements. À vouloir parler à tout le monde, on finit par ne plus rien dire. Une marque forte, au contraire, sait précisément à qui elle s’adresse et pourquoi. Chez Heritage, nous nous adressons avant tout à des entrepreneurs et à des familles entrepreneuriales qui recherchent une banque capable de comprendre la logique de création de valeur à l’origine de leur patrimoine, et pas seulement sa gestion.
Vous avez récemment travaillé sur l’image de la banque. Qu’avez-vous cherché à faire évoluer en priorité ?
Nous voulions faire évoluer notre image de banque privée traditionnelle vers celle d’un partenaire plus dynamique, qui réfléchit avec ses clients et agit à leurs côtés. Notre nom, Heritage, est une force. Il est hautement évocateur, presque autoporteur. Mais il peut aussi enfermer dans une lecture trop conservatrice. Nous avons donc redéfini notre discours, pour aller vers plus de modernité. Nous sommes passés d’une posture implicite « nous sommes là depuis longtemps » à une promesse plus engageante : « nous sommes là pour vous faire avancer… et prospérer, génération après génération. »
Enfin, nous avons souhaité réaffirmer une conviction simple mais essentielle : la banque privée reste avant tout un métier de personnes. Nous avons ainsi cherché à créer des liens émotionnels durables – un registre que l’on n’associe pas toujours spontanément à une banque – en montrant que derrière les chiffres et l’analyse, il se trouve avant tout des personnes, de l’empathie, de la proximité et un engagement sincère.
De quelle manière souhaitez-vous que vos clients et prospects perçoivent Heritage ?
Comme une maison solide, engagée et qui tient ses promesses, mais surtout comme une banque qui comprend la réalité entrepreneuriale et sait accompagner les décisions qui façonnent un patrimoine dans la durée.
Comme une banque qui vous comprend, vous interpelle quand il le faut et agit à vos côtés, sans solutions standardisées, mais avec des réponses construites pour vous, dans une logique résolument entrepreneuriale. Think. Act. Thrive. Ce n’est pas un slogan, c’est l’expérience que nous offrons.
Sur quels axes structurez-vous désormais votre discours de marque ?
Nous disposons de trois piliers. L’indépendance, garantie par notre structure familiale et notre architecture ouverte. La vision à long terme, inhérente à notre ADN d’entreprise familiale. Et la proximité, qui nous permet d’entretenir des relations vraiment différenciantes, avec nos clients.
Rien de nouveau en apparence. La différence se joue dans la manière de les incarner réellement. Cela se traduit dans notre gouvernance, dans notre architecture ouverte et dans la proximité réelle entre nos équipes et les familles que nous accompagnons.
Dans le monde des services financiers, quels sont, selon vous, les éléments indispensables à la construction d’une marque forte ?
La crédibilité, d’abord. Elle se fonde sur la compétence.
Puis la constance, qui transforme cette crédibilité en confiance. Dans un environnement en perpétuel mouvement, la marque constitue souvent l’actif le plus stable. C’est elle qui ancre la relation quand tout le reste fluctue.
La communication joue ici un rôle fondamental. Elle ne consiste pas simplement à diffuser des messages. Elle exprime ce qu’est réellement l’entreprise et la manière dont elle évolue dans le temps. D’une certaine façon, la valeur d’une marque est aussi l’expression de l’énergie de l’entreprise — l’énergie qu’elle libère, et qu’elle diffuse.
Dans les périodes plus incertaines, cette communication révèle aussi les valeurs profondes comme le sens des responsabilités, la maîtrise, la rigueur, la confiance ou encore la persévérance. Une marque forte ne cherche pas à séduire. Elle s’impose par sa justesse et se construit patiemment, dans la durée.
Quelles valeurs vous semblent réellement déterminantes ?
L’authenticité avant tout. Nous devons rester alignés avec ce que nous sommes, sans posture. Et cela commence au niveau de la direction, car une marque ne peut exister pleinement que si elle est incarnée au quotidien.
La responsabilité ensuite. Dans une structure comme la nôtre, chaque collaborateur est responsable de son propre impact. Chaque interaction compte. Enfin, l’exigence dans la réflexion comme dans l’exécution. Au fond, tout repose aussi sur la cohérence.
Comment voulez-vous désormais faire évoluer le positionnement de la Banque Heritage ?
L’évolution est déjà en cours. Nous souhaitons renforcer notre lisibilité et notre singularité, sans nous éloigner de ce qui fait notre identité, celle d’une banque entrepreneuriale, indépendante, avec une vision à long terme pour la création, la structuration et la transmission du patrimoine.
Dans un environnement où les offres tendent à converger, la différence repose moins dans l’offre que dans son exécution, et dans la manière de l’exprimer. Dans un environnement saturé, la clarté devient une forme de distinction, un avantage décisif.
Sylvia Demeyrier
Banque Heritage
Sylvia Demeyrier dirige le pôle est Marketing & Communications de la Banque Heritage à Genève. Elle bénéficie de plus de vingt ans d’expérience en marketing, stratégie de marque et communication dans les secteurs de la finance, des matières premières et du luxe, avec des expériences notamment chez Edmond de Rothschild, Cargill et Unilever. Elle est diplômée de l’ESSEC à Paris, titulaire d’un MBA de l’IFM à Genève et a suivi un programme exécutif en leadership à l’INSEAD.
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Le groupe Aquila poursuit son développement avec le lancement d’Aquila Investment Partner. Cette nouvelle entité entend se positionner comme un acteur clé dans les phases de transition sensibles du secteur de la gestion de fortune.
De gauche à droite : Nicolas Peter, Claudio Henseler et Reto Hartmann (Aquila Investment Partner). (Photo : DR)
Avec son modèle all-in-one, Aquila s’est imposé comme une plateforme de référence pour les gestionnaires de fortune indépendants en Suisse. Plus de 85 sociétés partenaires y sont aujourd’hui rassemblées, bénéficiant d’un accès mutualisé à des services juridiques, de compliance et de gestion des risques, ainsi qu’à des prestations fiduciaires, informatiques et bancaires.
Structuration progressive d’un nouveau pôle
À l’origine, l’activité reposait sur quelques mandats issus du réseau personnel, principalement des clients « friends & family ». Ce qui n’était au départ qu’une initiative ponctuelle s’est progressivement structuré en véritable modèle d’affaires.
Un premier tournant est intervenu lorsqu’une société partenaire a décidé de se retirer de la gestion de fortune traditionnelle pour se recentrer sur la planification financière. Deux autres intégrations de gérants ont suivi ces dernières années.
En 2024, Aquila franchit une nouvelle étape en créant une entité dédiée : Aquila Investment Partner. « Nous sommes en quelque sorte un spin-off de la principale plateforme suisse pour les gestionnaires de fortune indépendants », explique Nicolas Peter, Managing Partner.
L’objectif : proposer une alternative structurée à une situation fréquente dans le secteur, où les clients retournent vers les banques lors du retrait de leur gestionnaire. Pour Jürg Furrer, CEO d’Aquila AG, l’enjeu est clair : « La planification successorale devient un thème central. Nous voulons offrir une solution intégrée, en partageant notre expérience et en mobilisant les compétences de notre écosystème de partenaires. »
Un marché fragmenté, des enjeux de confiance
Le marché suisse de la gestion de fortune reste très fragmenté. Si les grands acteurs disposant de plus d’un milliard de francs d’actifs sous gestion attirent les convoitises, les structures plus petites peinent souvent à trouver des solutions de succession adaptées.
Dans ce contexte, la question clé dépasse les considérations juridiques. « La gestion de fortune reste avant tout un ‘people’s business’ », souligne Nicolas Peter. La relation de confiance avec la clientèle demeure déterminante. Aquila Investment Partner met ainsi en avant une approche pragmatique, fondée sur l’expérience acquise à travers plusieurs transactions déjà réalisées. L’entité se positionne comme partenaire de dialogue dans des phases de transition souvent délicates.
Concrètement, les processus de transmission sont étroitement accompagnés. Les anciens dirigeants restent impliqués durant une phase transitoire, participent aux échanges avec les clients et assurent le transfert des savoirs. Une méthode qui vise à limiter les risques de sortie de capitaux et à stabiliser les actifs sous gestion.
Une réponse élargie aux évolutions du secteur
Au-delà des cas classiques de succession, Aquila Investment Partner cible également les relationship managers issus du secteur bancaire, qui recherchent une solution entrepreneuriale sans pour autant se lancer de manière totalement indépendante.
Adossée à l’infrastructure du groupe Aquila, l’entité bénéficie d’effets d’échelle et d’un socle opérationnel solide. Elle entend ainsi se positionner comme une plateforme ouverte, capable d’accompagner de nouvelles trajectoires professionnelles. Dans un marché en mutation, marqué par des enjeux croissants de succession et de consolidation, Aquila fait du développement d’un modèle structuré de transmission un levier stratégique – et un élément différenciateur.
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Les secondaries ne sont plus des périphériques sur les marchés privés. À mesure que les volumes augmentent et que les structures évoluent, ils s’imposent comme un segment clé. Roman Eggler explique ici comment les portefeuilles se construisent, où se situent les points de discipline et ce que les conditions de marché actuelles impliquent en matière de valorisation et d’opportunités.
Comment se répartit l’allocation globale du portefeuille chez Coller Capital ?
À l’échelle de la plateforme, l’allocation est répartie entre les deux principaux segments du marché secondaire : les transactions LP-led et les transactions GP-led, y compris les continuation vehicles. En termes de capital, la répartition est proche de 50/50.
Ces deux types de transactions présentent des caractéristiques différentes. Les LP-led offrent une exposition diversifiée à des portefeuilles matures à des niveaux de prix attractifs, avec un déploiement efficace du capital et un profil de rendement plus régulier. Les GP-led donnent accès à des actifs à forte conviction, avec un alignement étroit avec les sponsors, permettant souvent de prolonger la création de valeur. À l’échelle de la plateforme, l’accent est mis sur la construction de portefeuilles fortement diversifiés, avec une exposition à des milliers d’entreprises via des centaines de fonds, couvrant différents millésimes, zones géographiques et secteurs.
Comment abordez-vous la construction de portefeuille afin d’équilibrer diversification, potentiel de rendement et risque ?
La construction de portefeuille est d’abord guidée par la structuration, mais la diversification en est le principe central. Le risque est géré par une large diversification entre fonds, sociétés sous-jacentes, millésimes et zones géographiques, avec l’objectif de générer des performances régulières et attractives.
Le portefeuille est principalement orienté vers les stratégies de buyout, avec une allocation plus limitée au growth equity. Pour les investisseurs, cette approche présente deux avantages concrets : une exposition immédiate à des portefeuilles d’entreprises disposant d’un historique opérationnel établi et de données de performance plus lisibles, ainsi qu’un accès à des gérants de premier plan difficilement accessibles en direct.
Une caractéristique clé des secondaries est l’investissement dans des portefeuilles existants, et non dans des fonds qui manquent de visibilité. Ce qui permet d’analyser en détail les actifs sous-jacents, de réévaluer les investissements et de gérer le risque avec un niveau élevé de transparence.
Comment équilibrez-vous actuellement l’exposition entre buyout et venture ?
L’exposition est clairement orientée vers le buyout. Le venture capital et les stratégies de growth offrent une visibilité plus limitée sur la génération de flux de trésorerie, ce qui rend l’analyse plus complexe.
Nous privilégions donc des opérations de buyout de taille intermédiaire à large, où la disponibilité des données et le niveau de transparence sont nettement supérieurs. Cela permet une analyse plus robuste et une meilleure prévisibilité des flux de trésorerie, élément central du processus d’investissement.
Dans quelle mesure la visibilité sur les actifs sous-jacents est-elle déterminante ?
Elle est absolument centrale. Contrairement au primaire, où le capital est déployé dans des fonds sans visibilité préalable, les secondaries permettent d’investir dans des portefeuilles déjà constitués et partiellement matures.
Nous intervenons généralement entre la quatrième et la cinquième année du cycle de vie des fonds, lorsque l’information disponible est déjà significative. Cela permet d’analyser en détail les entreprises sous-jacentes et de réévaluer l’ensemble du portefeuille.
Ce niveau de transparence, combiné à une diversification large — souvent sur des centaines voire des milliers d’entreprises — constitue un élément clé de la gestion du risque et de la régularité des performances.
Comment les conditions de marché actuelles influencent-elles les prix et les opportunités ?
La création de valeur provient à la fois de la croissance des actifs et de l’acquisition à décote, même si l’essentiel est lié à la performance des actifs sous-jacents. En période de tension sur les marchés ou de baisse de la liquidité, davantage de vendeurs se présentent, ce qui peut créer des points d’entrée attractifs. Les niveaux de prix restent toutefois fortement dépendants de la qualité des actifs. Les portefeuilles de buyout de qualité se négocient généralement avec des décotes modérées, souvent comprises entre 10 et 20 %, tandis que des portefeuilles de moindre qualité ou orientés venture peuvent offrir des décotes plus importantes.
Le marché est aujourd’hui large et actif. La capacité à analyser un volume important d’opérations tout en n’en exécutant qu’une fraction permet de rester très sélectif. Parmi les segments les plus attractifs figurent actuellement les secondaries de crédit, portés par la disponibilité d’actifs de qualité. Parallèlement, les transactions GP-led, notamment les continuation vehicles, restent une source majeure d’opportunités.
Les secondaries comptent parmi les segments les plus dynamiques des marchés privés. Quels facteurs expliquent cette croissance ?
La croissance du secondaire est directement liée à l’expansion du marché primaire, même s’il reste encore relativement modeste par rapport à l’ensemble des marchés privés. Il ne représente qu’une faible part des actifs totaux.
Du côté de l’offre, deux facteurs principaux se dégagent. D’une part, les investisseurs institutionnels utilisent de plus en plus les secondaries pour gérer activement et rééquilibrer leurs portefeuilles. D’autre part, les transactions GP-led sont devenues une source majeure de flux, permettant aux sponsors de conserver plus longtemps des actifs de qualité tout en offrant de la liquidité aux investisseurs existants.
Du côté de la demande, les secondaries présentent un profil rendement/risque attractif. Historiquement, ils ont généré des rendements nets de l’ordre du mid-teens, avec une volatilité plus faible et moins de pertes que d’autres stratégies de marchés privés. Cela en fait une allocation particulièrement pertinente, notamment pour les investisseurs privés cherchant à construire des portefeuilles diversifiés.
À horizon 2026, où se situent les principales opportunités ?
Le potentiel d’opportunités devrait rester élevé, tant sur les segments LP-led que GP-led. Le marché continue de croître et reste encore loin d’avoir atteint son plein développement au regard de la taille des marchés privés. La volatilité, les contraintes de liquidité et les besoins de réallocation devraient continuer d’alimenter le flux d’opérations. Les secondaries de type crédit et GP-led devraient rester des segments clés. Dans ce contexte, la sélectivité restera déterminante, compte tenu de la dispersion importante de la qualité des actifs.
Comment voyez-vous évoluer le rôle des GP-led dans les portefeuilles ?
Les GP-led ont connu une forte croissance et représentent désormais environ la moitié des volumes du marché secondaire. Ce segment, quasi inexistant il y a dix ans, est devenu une composante essentielle du marché.
Cette dynamique devrait se poursuivre, portée par les besoins de solutions de liquidité et par la volonté des gérants de prolonger la détention d’actifs de qualité. Ces transactions ne répondent pas à des situations de contrainte, mais à une logique de création de valeur supplémentaire. Dans les portefeuilles, les GP-led offrent une exposition plus concentrée et plus directe, avec un potentiel de rendement plus élevé. Les résultats restent toutefois très dépendants de la qualité des actifs, de la structuration et du niveau d’entrée.
Dans l’ensemble, les segments LP-led et GP-led devraient continuer de se développer, renforçant le rôle des secondaries comme allocation centrale au sein des marchés privés.
Roman Eggler
Coller Capital
Roman Eggler est managing director et responsable de la distribution Private Wealth DACH chez Coller Capital à Zurich. Avant de rejoindre la société, il était managing director au sein du Client Solutions Group de Goldman Sachs Asset Management. Il a également travaillé chez Deutsche Bank, Polaris Investment Advisory, EWM Global et IBM Global Business Services.
Roman Eggler est titulaire d’un BA HSG en Business Administration et d’un MA HSG en Marketing, Services and Communication Management de l’Université de Saint-Gall. Il est Chartered Alternative Investment Analyst et a suivi le Oxford Private Markets Programme à la Saïd Business School de l’Université d’Oxford.
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swisspartners et Red Speics ont décidé de se rapprocher pour proposer des solutions de reprise aux entrepreneurs engagés dans un processus de succession. En combinant expertise opérationnelle, structuration patrimoniale et compétences fiscales, les deux acteurs entendent apporter une réponse intégrée à la complexité croissante des transmissions d’entreprise.
Par Jérôme Sicard
Qu’est-ce qui a motivé le partenariat entre Red Speics et swisspartners ? Et quel est le véritable apport stratégique pour un entrepreneur qui planifie aujourd’hui sa succession ?
Le partenariat repose sur un constat simple. Un entrepreneur ne peut pas couvrir seul l’ensemble des dimensions d’une succession qui englobe des aspects fiscaux, juridiques, successoraux et qui touche également à la gestion de fortune. Développer ces expertises en interne lui demanderait trop de temps.
swisspartners dispose déjà de compétences solides dans ces domaines, mais sans une véritable profondeur opérationnelle au niveau des entreprises. C’est précisément là que s’inscrit notre contribution. En combinant nos expertises, nous dépassons une simple juxtaposition de services pour proposer une approche réellement intégrée. swisspartners couvre les dimensions fiscales, fiduciaires et patrimoniales, tandis que j’apporte une lecture opérationnelle des entreprises, à savoir leur structure, leur fonctionnement et leur positionnement stratégique.
Pourquoi de nombreux entrepreneurs sous-estiment-ils encore la complexité d’un processus de succession ?
Pris individuellement, les différents éléments ne sont pas particulièrement complexes. C’est leur combinaison dans le temps qui crée la difficulté. Beaucoup d’entrepreneurs se réfèrent à un jalon mental — souvent la retraite à 65 ou 67 ans — et ne commencent à s’y intéresser qu’à l’approche de cette échéance.
En réalité, la réflexion devrait débuter bien plus tôt. La décision est souvent repoussée pendant des années, puis, une fois prise, le processus est précipité. Or, une succession implique d’identifier un repreneur adéquat, de structurer le financement, de clarifier les questions de propriété, d’intégrer les enjeux successoraux, immobiliers et les relations clients.
À cela s’ajoute une dimension humaine. Le successeur désigné doit passer du statut de salarié à celui d’entrepreneur, en assumant des responsabilités et souvent un endettement. Par ailleurs, certains dirigeants réduisent leurs investissements en fin de parcours, ce qui peut fragiliser l’entreprise. Ce n’est donc pas un facteur isolé, mais l’ensemble des dimensions stratégiques, financières et humaines qui rend le processus complexe.
Quand un entrepreneur devrait-il, de manière réaliste, commencer à planifier sa succession ? Et quels sont les risques d’un démarrage trop tardif ?
Idéalement, la planification devrait débuter entre sept et dix ans à l’avance. Il n’existe pas de règle stricte, mais cet horizon permet d’explorer différentes options et de se préparer de manière structurée. Lorsqu’un entrepreneur commence trop tard, il se retrouve souvent dépendant d’un seul scénario — par exemple un successeur interne — sans envisager d’alternatives. Et même lorsqu’un repreneur est identifié, rien ne garantit qu’il acceptera finalement ce rôle.
La succession nécessite donc plusieurs scénarios. Les options les plus évidentes restent la vente à un tiers ou la transmission familiale, mais aucune n’est acquise. Sans temps suffisant, la flexibilité diminue et les risques de mauvaise exécution augmentent.
Vous distinguez entre une entreprise « sellable » et « transferable ». Quelles sont les différences clés entre ces deux notions ?
Ces notions permettent de différencier la manière dont une entreprise est transmise. Une entreprise « transferable » est reprise en interne, par un membre de la famille ou un collaborateur. Une entreprise « sellable » est cédée à un acteur externe. La différence principale réside dans l’information et le risque. Un successeur interne connaît l’entreprise, ses clients et ses enjeux. Un acquéreur externe doit analyser l’ensemble de ces éléments depuis l’extérieur, ce qui accroît l’incertitude.
Cette incertitude se reflète directement dans la valorisation. Les acheteurs externes intègrent davantage de risques et utilisent des méthodes structurées comme les multiples ou les flux de trésorerie actualisés. Les transmissions internes reposent davantage sur la relation, mais posent souvent des défis de financement, les repreneurs dépendant généralement de banques ou du vendeur lui-même. Le processus, la valorisation et le rôle futur du fondateur diffèrent ainsi sensiblement.
Quels facteurs, au-delà des chiffres, sont le plus souvent sous-estimés ?
Le facteur le plus sous-estimé reste la capacité à lâcher prise. De nombreux entrepreneurs pensent pouvoir transmettre la propriété tout en conservant le contrôle, par exemple via une participation majoritaire ou une forte implication opérationnelle. Dans la pratique, cela conduit souvent à des situations dysfonctionnelles. Pour qu’une transmission fonctionne, il faut accepter que l’entreprise évolue, que les décisions changent et que des erreurs puissent survenir. Ce détachement est d’autant plus difficile lorsque l’entreprise a été construite sur plusieurs décennies. Pourtant, sans cette étape, une succession ne peut pleinement réussir.
De plus en plus d’entreprises font face à des enjeux de succession, alors que de moins en moins de membres dans les familles sont prêts à reprendre. Comment cela transforme-t-il le marché ?
Les entrepreneurs doivent accepter le fait que la transmission de leur entreprise n’est plus une évidence. En l’absence de successeurs internes, les entreprises doivent se positionner comme des cibles attractives pour des acquéreurs externes. Cette évolution crée aussi des opportunités, notamment en matière de consolidation. Plusieurs entreprises peuvent être regroupées afin de gagner en efficacité, mutualiser les coûts ou renforcer leur capacité technologique. Cela nécessite toutefois une vision stratégique claire et souvent une médiation externe. Beaucoup d’entreprises restent fragmentées pour des raisons historiques ou personnelles, alors qu’un rapprochement ferait sens. Les entrepreneurs doivent donc aligner leur entreprise sur les standards du marché et s’ouvrir à des options stratégiques plus larges.
En quoi le partenariat entre Red Speics et swisspartners modifie-t-il l’approche des entrepreneurs ?
L’objectif est de proposer une approche intégrée et indépendante. Les entrepreneurs n’ont pas besoin de conseils théoriques, mais d’interlocuteurs capables de comprendre leur réalité et de les challenger de manière crédible. Cela suppose de l’expérience et du pragmatisme. Il ne s’agit pas d’imposer des solutions, mais de susciter une réflexion.
Le processus se construit par étapes. Même si l’on comprend rapidement une entreprise, il faut du temps pour instaurer la confiance. Il s’agit d’accompagner l’entrepreneur, de poser les bonnes questions et de structurer progressivement les décisions. À terme, cette approche permet de préparer de manière cohérente à la fois l’entreprise et le patrimoine privé pour la phase suivante.
Peter Schweighofer
Chief Executive Officer, Red Speics
Peter Schweighofer est CEO de Red Speics. Il totalise plus de treize années d’expérience dans le private equity, où il a exercé des fonctions opérationnelles en tant que CEO. À ce titre, il a accompagné des groupes, tant internationaux que locaux, dans leurs restructurations financières et opérationnelles, ainsi que dans leur repositionnement stratégique. Avant d’occuper des fonctions exécutives, il a acquis une solide expérience dans le secteur financier, notamment comme gérant multi-asset, dans la banque d’investissement et en tant que partner au sein d’un gestionnaire de fortune indépendant.
Dominik Buholzer
Finews
Aquila Investment Partner : un nouveau relais de croissance au sein du groupe
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