Transition

  • Olivier Ferrari
  • CEO
  • CONINCO Explorers in finance

Durabilité – Une histoire sans fin

« L’argent est le sang du système économique, peut-on l’humaniser durablement ? »

Sous la pression « de la rue » ou de la Société, les entreprises sont confrontées à l’intégration d’une politique de Responsabilité Sociale des Entreprises qui doit ouvrir un chemin de transition vers un nouveau modèle économique !

 

Le monde de hier n’est pas devenu obsolète !

Les entreprises, la finance, le citoyen sont tous les acteurs du développement et de la transformation de notre mode de vie et, par voie de conséquence, de notre environnement. Des offres de plus en plus « digitalisée » et invasives, ainsi que des actes « compulsifs » d’achats « de mode », sans concession environnementale, entrainent une consommation sans fin des ressources de matières premières aux stocks finis. On pense évoluer, alors même que la globalisation, après une longue période de guerre froide au sortir de la deuxième guerre mondiale, était devenue porteuse de gouvernances prospères. Sept décennies qui ont créé l’illusion ! Une crise sanitaire, une guerre dans une Europe en perte de destin commun, ont fait rejaillir les démons des extrémismes de toute nature. Le monde se barricade à nouveau. Le tout est lié à une crise de logistique, ses interdépendances avérées des sources de productions décentralisées qui n’ont eu de cesse d’exploiter des « mains d’œuvre » corvéables à souhait, pour nous faire acheter plus et moins chers, et augmenter les bénéfices, et … les cours en bourse.

La finance représente la clé de voûte de la réussite de la transition

L’investisseur doit faire un choix entre obtenir un capital qui découle d’une économie réelle ou d’une pure spéculation financière ! Les Conférences des parties sur le climat (COP) ne peuvent pas changer les comportements de 8 milliards de consommateurs. Ces COP sont des réunions annuelles qui dressent un état des progrès réalisés dans la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) et éventuellement à la signature de nouveaux accords plus ambitieux. Dans la mesure où ces conférences ne sont pas contraignantes, chaque État doit prendre des mesures appropriées pour accélérer une transition de plus en plus avérée. Si l’on parle de défendre des valeurs Environnementales, Sociales et de Gouvernances, il convient d’avoir également une création de valeurs économiques et financières. Nous avons construit un monde contre nature, aujourd’hui nous devons le rénover, le reconstruire et le pérenniser. Il convient de sortir des spéculations financières (Madoff, subprimes, FTX, etc.) pour revenir à l’intermédiation qui met en relation l’épargne disponible et l’économie réelle.

Renoncer aux énergies fossiles : le revers de la médaille !

Le développement économique repose sur les matières premières, l’eau et l’énergie. Pour cette dernière nous retenons quelques chiffres des quantités extraites du sol. Les références pour 2021 sont pour les trois énergies fossiles : pétrole 5.215.595.000.000 litres1 ; charbon 7.889.000.000.000 kg2 ou 167,58 exajoules, gaz naturel 4.176.000.000.000.000 de litres3. Celles-ci sont responsables de 36,3 gigatonnes de CO24 ou 36.300.000.000.000 Kg4 de dioxyde de carbone, en hausse de 6% sur un an.

Le remplacement des énergies fossiles, pour produire de l’énergie renouvelable, demande un accroissement d’extraction sans précédent des dites énergies fossiles et de matières premières, pour produire les solutions de substitution. Une réduction drastique de cette consommation ne pourra se faire d’un coup de baguette par les 8 milliards de consommateurs de plus en plus «énergivores».

Changer de paradigme, oui mais !

Le commerce mondial doit permettre d’offrir l’accès à un niveau de vie amélioré pour tous les pays en développement. « Que devons-nous faire? Exploiter nos ressources et nourrir nos enfants et nos petits enfants? Ou les contempler et laisser nos enfants et nos petits-enfants mourir de faim parce que nous devons protéger la planète?»5 La RDC, qui avait signé un accord de 500 millions d’Euros pour préserver ses forêts à la COP26, a lancé un appel d’offres pour 27 champs pétroliers et 3 champs gaziers nouveaux.

Le monde est confronté à une course à la croissance incompatible avec le climat. La Chine construit actuellement 300 centrales de production au charbon, d’une durée de vie de 40 ans, pour assurer ses besoins énergétiques. Selon différentes recherches, l’électricité du pays devrait provenir globalement du nucléaire et des énergies renouvelables d’ici 2050. Nous sommes face à une « guerre du climat » sans concession à court terme.

Quel est le prix de la vie ? Le « Business as usual » semble être une histoire sans fin.  Construire un partenariat avec le secteur privé, les entreprises, le secteur public envers une action climatique peut être une transformation. À condition que les investisseurs changent de paradigme aussi !

 

1bp Statistical Review of World Energy

2https://www.iea.org/data-and-statistics/charts/global-coal-production-2018-2021

3 https://yearbook.enerdata.net/natural-gas/world-natural-gas-production-statistics.html

4Agence internationale de l’énergie (AIE),

5Eve Bazaïba, vice-première ministre et ministre de l’Environnement de la République démocratique du Congo (RDC) pré-conférence sur le climat COP27

 

Olivier Ferrari

CONINCO Explorers in finance

À vingt-deux ans (1983), il développe et dirige un département bancaire de gestion de fortune institutionnelle. En 1990, il fonde CONINCO Explorers in finance SA. Olivier Ferrari est l’auteur de nombreux écrits (articles, livres, éditos, etc.) et invités périodiquement à se prononcer sur des sujets d’actualité par les médias. Il a enseigné pendant plusieurs années pour différents centres de formation continue (ASFIP, ARPIP, IFGP, CRQP, VIRGILE, …), Il est régulièrement appelé comme conférencier en Suisse et à l’étranger. Une analyse et vision de notre société à la fois générales et personnelles avec des voies exploratoires et des propositions que chacun peut s’approprier ont fait l’objet d’une publication en 2016 sous le titre « LA NOUVELLE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE » | ECONOMICA à Paris.

 

CONINCO Explorers in finance SA – Présentation de l’entreprise 

Depuis 33 ans, CONINCO Explorers in finance SA Vevey – Genève – est une société suisse indépendante, spécialisée dans le conseil et la gestion financière. CONINCO et un partenaire reconnu dans la gestion patrimoniale institutionnelle, philanthropique, et le développement durable. CONINCO est agréée par l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA, en tant que gestionnaire de placements collectifs. Depuis 2003 elle s’est engagée dans la durabilité et l’investissement d’impact. CONINCO a intégré tout son savoir en durabilité dans le conseil financier pour les clients désireux d’avoir une démarche propre. CONINCO a également développé des stratégies « Global environnement », « SRI », « Économie circulaire » ainsi que dans les infrastructures et le Private Equity. CONINCO est la direction de « ONE CREATION Société d’investissement d’impact ». CONINCO est signataire des PRI et certifiée B Corp. 

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    Formation

    • Me Céline Kohler
    • Avocat à la Cour, Barreau de Luxembourg
    • Avocate UE, Commission du barreau de Genève

    Durabilité : un atout pour le conseil en placement ?

    Dans le domaine de la durabilité, les gestionnaires de fortunes collectives et les grandes sociétés, notamment les banques[1], sont confrontés à de nouveaux défis et opportunités. D’ici 2024, trois objectifs principaux sont à atteindre : informer de manière transparente sur les risques climatiques, intégrer les facteurs de durabilité dans le conseil en placement et la gestion de fortune[2], et assurer une coordination internationale pour rester compétitifs.

     

    [1] Nouvelles obligations d’information non financières des art. 964a – 964l CO

    [2] Voir notamment le document « Asset Management durable : les messages essentiels et les recommandations de la SFAMA et de SSF » du 16 juin 2020 et Autorégulation relative à la transparence et à la publication d’informations par les fortunes collectives se référant à la durabilité au 26 septembre 2022 (AMAS)

    Ces objectifs impliquent des changements importants dans les pratiques et les compétences des prestataires financiers. Face à la complexité et à la technicité des mesures à mettre en œuvre, certains peuvent être tentés d’externaliser ces services ou de les négliger. Or, il s’agit d’une erreur stratégique qui peut nuire à leur réputation et à leur performance.

    La solution réside dans la formation continue de leurs collaborateurs et dans l’adaptation de leur organisation interne. Il ne s’agit pas de devenir des experts en environnement ou en social, mais de continuer à exercer leur métier de conseil financier tout en tenant compte des enjeux de durabilité. Cela demande un effort constant et évolutif de connaissance et de veille, ainsi qu’une capacité à dialoguer avec les clients sur leurs préférences durables.

    L’intégration des facteurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans le conseil financier est un enjeu majeur pour les professionnels du secteur. En effet, si la Loi sur les Services Financiers (LSFin) n’impose pas encore de déterminer les préférences ESG des clients privés et de leur proposer des solutions de placement adaptées, la régulation de branche est déjà en place et s’insère implicitement dans le devoir d’information de la LSFin[1]. Mais comment faire pour concilier les attentes du client final en matière de durabilité et de rentabilité ?

    Tout d’abord, il faut savoir que l’intégration des facteurs ESG ne se fait pas de manière isolée, mais s’inscrit dans le processus global de conseil de la LSFin. Ainsi, il n’est pas nécessaire de réaliser une analyse séparée et complexe des informations ESG, mais plutôt de les intégrer dans la description des caractéristiques des solutions de placement ESG. Il s’agit donc d’informer le client sur les différents types de produits durables existants, qu’ils soient d’impact (par exemple un article 9 SFDR), thématiques ou d’engagement, tout en respectant ses objectifs financiers et son profil de risque.

    Ensuite, il faut rappeler que l’investissement durable n’est pas une obligation légale, ni pour le client, ni pour le professionnel. Il s’agit plutôt d’une opportunité, qui peut apporter une valeur ajoutée au portefeuille du client et contribuer à la transition écologique et sociale. Le rôle du conseil est donc essentiel pour créer une incitation à l’investissement durable, en éduquant le client sur les enjeux ESG et en restant neutre sur les choix possibles.

    Enfin, il faut être conscient que l’intégration des facteurs ESG implique un certain savoir de la part du conseil. Celui-ci doit non seulement maîtriser les connaissances de base dans le domaine ESG, mais aussi se tenir informé des différentes règlementations internationales et européennes qui encadrent les produits durables. Il doit également être capable d’évaluer, de manière indépendante, les risques climatiques et d’impact négatif des produits financiers sur les objectifs de développement durable. Pour cela, il peut s’appuyer sur la responsabilité de l’émetteur du produit, qui doit fournir des informations transparentes et vérifiables sur ses critères ESG.

    Dès lors, l’intégration des facteurs ESG dans le conseil financier est un défi qui nécessite une adaptation du processus de conseil de la LSFin, une incitation à l’investissement durable et une expertise ESG. En relevant ce défi, les professionnels du secteur financier peuvent offrir à leurs clients privés des solutions de placement qui répondent à leurs préférences ESG et à leurs besoins financiers et gagner en indépendance et compétitivité.

     

    [1] Le guide pour l’intégration des facteurs ESG dans le processus de conseil auprès des clients privés de l’ASB de juin 2020

     

    Me Céline Kohler

    KOHLER GOTZEV

    Maître Céline Kohler est avocate inscrit aux barreaux de Genève et de Luxembourg.
    Elle conseille des fonds d’investissement, des sociétés de gestion et des professionnels MIFID2/LSFin sur les questions juridiques, réglementaires et de conformité impliquant des aspects transfrontaliers.
    Céline possède une expertise dans les domaines des fonds d’investissement alternatifs, du capital-investissement, du financement du commerce et de l’ESG/SFDR/Taxonomie européenne, du financement climatique et de la compensation carbone et couvre la Suisse, Malte et le Luxembourg.

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      ODD

      • Angelika Hernandez
      • Managing Director
      • Marcuard Heritage

      Pourquoi le secteur suisse de la gestion de fortune
      a besoin d’un cours de rattrapage urgent sur les ODD

      Le temps de détourner le regard est révolu – la durabilité n’est pas qu’une mode passagère ! Alors que le monde progresse autour de nous, certains dans le secteur suisse de la gestion de fortune semblent encore fermer les yeux sur la durabilité. Mais nous ne pouvons plus nous le permettre.

      Selon les Nations unies, nous avons besoin de 5 à 7 billions de dollars par an pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030 – une tâche dans laquelle le secteur financier a un rôle crucial à jouer. Pourtant, selon une étude d’UBS, seuls 22 % des professionnels de la finance ont une idée claire de ce que sont les ODD et de la manière de les mettre en œuvre. C’est une situation alarmante, car pour réussir à mettre en œuvre les ODD, il est nécessaire que le secteur financier s’engage également.

      Auparavant, je l’ai vécu au Credit Suisse, puis à l’UBS, et je pensais que ce serait différent dans le monde des gestionnaires de fortune externes. Mais aujourd’hui encore, je suis toujours surpris de voir combien de collègues se cachent encore derrière quelques « excuses » pour échapper au thème de la « durabilité ». Alors que certaines banques tentent, au moins superficiellement, d’aborder le sujet, ce sont justement les EVV les moins réglementés qui se dérobent à leurs responsabilités en trouvant des excuses.

      Les excuses :

      L’excuse « la durabilité ne concerne que les investisseurs institutionnels » 

      Commençons par les faits : En 2021, les banques suisses géraient au total une fortune d’environ 8 800 milliards de francs suisses, et on estime que 10% sont gérés par des gérants de fortune indépendants.

      En tant qu’EVV suisses, nous avons la responsabilité de nous assurer que nos stratégies d’investissement répondent aux objectifs de durabilité.

      L’excuse « We are no Charity » 

      Voulons-nous vraiment croire que la durabilité coûte du rendement ? Une étude de Morningstar montre que les fonds durables font aussi bien, voire mieux, que les fonds conventionnels. Et selon McKinsey, les entreprises qui investissent dans la durabilité obtiennent en moyenne des rendements supérieurs de 15% à ceux de leurs concurrents. Si cela ne suffit pas à nous convaincre, rappelons-nous que de plus en plus d’investisseurs préfèrent les investissements durables – et qu’il ne s’agit pas seulement de hippies et d’activistes écologistes. C’est un mythe que la durabilité coûte en rendement. En outre, de plus en plus d’investisseurs préfèrent les investissements durables, en particulier les Millennials, qui représenteront environ 75% de la main-d’œuvre d’ici 2025. La durabilité peut également constituer un avantage concurrentiel en améliorant la réputation et la notoriété de la marque et en fidélisant les clients et les employés. Il existe déjà en Suisse des EVV qui ont réussi et qui ont prouvé que durabilité et rendement financier peuvent aller de pair.

      L’excuse du « budget

      Il y a bien sûr des coûts liés à l’intégration des facteurs ESG dans le processus d’investissement, mais ils ont baissé de manière spectaculaire ces dernières années. Il s’agit d’une perception limitée des avantages à long terme de la durabilité, d’un manque de connaissances sur les questions de durabilité ou simplement d’une priorité accordée à d’autres objectifs commerciaux.

      Souvent, la nécessité de passer à la durabilité entraîne des préoccupations financières. Pourtant, nous ne devrions pas seulement ressentir une obligation morale, mais aussi reconnaître que la durabilité représente une opportunité financière à long terme.

      Comment les EF peuvent-elles financer cette transition ? Une possibilité consiste à partager les coûts en collaborant avec d’autres EFE, des associations sectorielles et des coopérations. En outre, il existe des programmes de soutien public qui visent les initiatives de durabilité dans l’économie. Selon Forbes, les avantages à long terme de la durabilité peuvent rapidement compenser les coûts à court terme.

      L’excuse du « greenwashing

      Le greenwashing existera malheureusement probablement toujours. Il ne dévalorise toutefois pas le concept de durabilité en soi, mais signifie simplement que les entreprises prétendent à tort être durables sans prendre réellement les mesures qui s’imposent. Il existe aujourd’hui de nombreuses normes et critères de durabilité, ainsi que des autorités de régulation et des associations sectorielles qui prennent des mesures contre l’écoblanchiment et en faveur de la durabilité dans le secteur financier. En outre, « les investisseurs sont mieux informés et ont appris à distinguer la vérité de la fiction », comme l’a déclaré le directeur de la responsabilité d’entreprise d’Intel.

      L’excuse « le client veut un retour »  

      Elle est depuis longtemps dépassée et ignore la réalité du marché. Les entreprises qui se concentrent sur la durabilité ont généralement de meilleures performances que leurs concurrents – c’est ce que prouvent non seulement la Harvard Business Review, mais aussi de nombreuses autres études. Comment le client peut-il exiger des placements durables s’il n’est pas informé à ce sujet ? Cela fait partie du devoir fiduciaire de l’EVV d’informer le client sur les différentes possibilités d’investissement et leurs risques et avantages, y compris la durabilité. En informant le client sur ces questions, l’EVV peut contribuer à sensibiliser le public aux investissements durables et à obtenir un impact positif à long terme sur la société et l’environnement. Comme le dit le proverbe : « La question de la poule et de l’œuf ». Si l’EVV n’informe pas les clients sur les placements durables, ils ne peuvent pas non plus le demander.

      L’excuse « nuit à la diversification »

      Il est important de souligner que la durabilité et la diversification ne sont pas contradictoires. Une étude de MSCI a par exemple montré que les fonds durables ont tendance à mieux performer que les fonds traditionnels dans les périodes de turbulences sur les marchés. Une autre étude de Morningstar a montré que, certaines années, les fonds durables ont même affiché une volatilité inférieure à celle des fonds traditionnels.

      L’excuse « nous n’avons pas le savoir-faire »

      Pas de problème ! Il existe un nombre croissant de fournisseurs tiers qui proposent des évaluations et des analyses de durabilité pour les entreprises et les produits d’investissement. Certains de ces fournisseurs comprennent MSCI ESG Research, Sustainalytics et ISS ESG. En collaborant avec ces fournisseurs, les APE peuvent obtenir des évaluations de durabilité pour des investissements potentiels sans avoir à développer un savoir-faire interne dans un premier temps – ou du moins pendant la « phase de transition ».

      L’excuse « la réglementation ne l’exige pas »

      Les régulateurs suisses, tels que la FINMA et SIX, ont introduit en 2020 des lignes directrices et des initiatives visant à promouvoir la durabilité. En tant que secteur, nous devons également nous préparer à d’autres changements réglementaires. Nous devons nous assurer que nous agissons de manière éthique dans tous les aspects de notre travail et que nous respectons les exigences réglementaires. « Les entreprises qui se préparent dès maintenant ont un avantage concurrentiel évident » -Financial Times. Les formations obligatoires en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de conformité sont tout aussi importantes qu’une formation complète en matière de durabilité.

      Finies les excuses : focus sur les SDG 4 et 17, clés de la gestion de fortune durable !

      Selon une étude de PwC, 72% des CEO estiment que l’éducation est le facteur le plus important pour promouvoir le changement vers plus de durabilité. Une étude de Deloitte a même révélé que les entreprises qui investissent dans l’éducation de leurs collaborateurs en matière de durabilité ont un potentiel d’investissement plus élevé que celles qui ne le font pas.

      L’ODD 4 « Éducation » peut donc contribuer de manière importante à la promotion de la durabilité dans le secteur de la gestion d’actifs. Grâce à des formations, des ateliers et des cours de perfectionnement, les EVV peuvent être informés des derniers développements et tendances en matière de durabilité, ainsi que des meilleures pratiques et stratégies pour une intégration réussie de la durabilité dans leurs pratiques commerciales.

      En outre, les initiatives éducatives peuvent contribuer à faire tomber les prétextes en montrant que la durabilité n’est pas seulement importante d’un point de vue moral, mais qu’elle offre également des avantages financiers. En comprenant mieux comment la durabilité et les finances sont liées, les TOE peuvent mieux convaincre les clients et aussi améliorer leurs propres pratiques commerciales.

      C’est pourquoi nous devrions, en tant que branche, mettre l’accent sur l’ODD 4 – l’éducation – et également conclure davantage de partenariats et de coopérations – ODD 17 – afin d’unir nos forces et d’atteindre les ODD.

      En tant qu’EVV suisses, nous avons une chance unique de jouer un rôle de premier plan dans la promotion de la durabilité dans le secteur de la gestion de fortune. Nous devons cesser de nous cacher derrière des excuses et travailler plutôt activement à la mise en œuvre des ODD. Car en fin de compte, il ne s’agit pas seulement de notre obligation morale, mais aussi d’une opportunité financière que nous ne devons pas laisser passer.

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        Durabilité : à la recherche de l’optimum pour l’environnement et le rendement

        Swiss Finance & Property Group (groupe SFP) est un prestataire de services financiers basé à Zurich, qui possède une gestion de fonds indépendante et une maison de titres. Depuis la fondation, il y a plus de 20 ans, nous nous spécialisons dans la chaîne de création de valeur des placements immobiliers de bout en bout. Nous proposons ainsi la possibilité d’investir dans des placements immobiliers tant directs qu’indirects, par exemple. Dans nos rangs, plus d’une centaine de personnes allient leurs compétences immobilières et spécialisées pour générer une valeur durable. Nous offrons une large gamme de prestations et produits immobiliers, mais aussi des solutions d’infrastructures et des transactions sur les marchés des capitaux. Les Assets under Management du groupe SFP s’élèvent à plus de CHF 8.7 milliards.

        C’est précisément parce que notre univers de placement est si diversifié que nous pouvons intégrer la durabilité sous tous les angles possibles au sein du groupe SFP. Vu l’étendue de nos prestations, cet engagement est loin d’être vain.

        Il y a quelques années à peine, la durabilité était entièrement régie par les acteurs de l’offre. Une poignée de fonds seulement utilisaient cette caractéristique pour se distinguer, comme le SF Sustainable Property Fund, qui dès son lancement en 2011, a mis l’accent sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des biens immobiliers existants. Les prestataires décidaient à leur discrétion des aspects de la durabilité qu’ils prenaient en compte et de leur pondération. Depuis quelques années, toutefois, le cercle s’est ouvert et les acteurs de la demande contribuent aujourd’hui à façonner les concepts et les exigences applicables. Ce n’est d’ailleurs que normal, car s’ils réclament un développement durable, ils doivent également pouvoir participer aux discussions et à la recherche de solutions éclairées. Mais quels sont les critères pertinents et comment les progrès peuvent-ils être mesurés dans ce domaine ?

        Nous sommes extrêmement attentifs à la mesurabilité, à la valeur informative des données et aux conséquences en termes de coûts. En effet, même sélectionnés avec le plus grand soin, les chiffres clés ne nous servent à rien s’ils n’ont aucune influence sur les décisions d’investissement dans un immeuble ou sur le choix de fonds immobiliers ou de sociétés immobilières. Un franc investi correctement (ou autrement dit, durablement) aboutit à un gain mesurable pour l’environnement, à un avantage pour le bien immobilier et pour ses usagers actuels et futurs et à un rendement attrayant du portefeuille dans l’esprit d’une démarche approchant l’optimum de Pareto. L’adéquation satisfaisante pour les usagers, il faut l’admettre, ne peut se mesurer qu’à l’aune d’une sélection de critères qualitatifs, comme l’accessibilité, par exemple, ou encore l’innovation, ainsi que le montre le développement d’un bien pour le SF Sustainable Property Fund à Saint-Gall. Ce bien idéalement situé à la Brauerstrasse 21/23 est une construction en éléments de bois. Il est remarquable non seulement pour son recours à ce matériau de construction durable en conjonction avec le béton recyclé, mais aussi pour sa certification selon le standard Construction durable Suisse (SNBS). Cette certification était une première sous cette forme, qui doit sa réussite à une franche collaboration entre les concepteurs, l’organisme de certification et le fonds en tant qu’investisseur.

        Nous sommes conscients de notre devoir d’assurer la transparence. Ce faisant, nous mettons également un point d’honneur à favoriser l’honnêteté dans les relations. Dans nos mandats indirects, nous exigeons des chiffres clés mesurables et comparables, tels que nos équipes les utilisent également dans les placements immobiliers directs. Même si la méthode de calcul soulève à présent certaines questions quant à la comparabilité, nous affinons les critères que nous appliquons pour les premières comparaisons à l’image des initiatives correspondantes déployées en Suisse. Il peut ainsi être constaté qu’une meilleure qualité des données procure une plus-value. Dans cette optique, nous mettons à disposition, pour les produits directs, un récapitulatif transparent des paramètres fondé sur les chiffres clés. Un enjeu fondamental pour le groupe SFP est de contribuer à une définition claire des données.

        Ces dernières années, l’exemple des rapports ESG a montré que les objectifs ambitieux d’hier sont d’ores et déjà une évidence aujourd’hui.

        À travers notre participation active et le plaisir de nos échanges, nous prenons sciemment les thèmes d’avenir à bras-le-corps et nous agissons pour la conception de solutions. Nous nous préparons à nous attaquer à l’énergie grise des nouveaux bâtiments et des rénovations complètes, et nous étudions dans nos projets si et dans quelle mesure nous pouvons réellement atteindre la neutralité carbone dans notre portefeuille actuel. En nous focalisant sur les solutions, nous cherchons expressément à donner les moyens à tous les acteurs du marché de réussir à réaliser leurs objectifs de durabilité.

         

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          Orientation

           

          • Interview Richard T. Miller
          • Chief Investment Officer
          • TCW Group

           « Je m’attends à une expansion du marché du crédit aux particuliers »

          Après la crise financière, les investisseurs se sont davantage tournés vers les marchés private debt. La classe d’actifs a connu une croissance rapide, mais l’environnement actuel la met en prise avec plusieurs défis. Qui appellent des réponses fortes.

          Compte tenu de l’environnement de marché actuel, comment jugez-vous le marché encore jeune de la dette privée, c’est-à-dire les investissements dans des titres de créance pour des entreprises non cotées ?

          Tout d’abord, les taux d’intérêt ont augmenté. Avec les taux directeurs, les taux des instruments de placement à taux variable ont également augmenté. C’est peut-être une bonne nouvelle pour les investisseurs mais il en va autrement pour les entreprises concernées car les frais d’intérêt ont également augmenté. Cela représente un défi pour les entreprises qui s’endettaient fortement auparavant.

          Comment cela se traduit-il ?

          Restons-en au niveau de l’endettement des entreprises. Nous avons observé une tendance claire au cours des six ou sept dernières années. Le rapport entre la dette et l’EBITDA est passé d’une valeur plutôt typique dans le milieu de la « fourchette de trois » à six et même plus. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que ces entreprises ne soient confrontées à des problèmes de liquidités si elles ne parviennent pas à augmenter leur chiffre d’affaires et leur cash-flow.

          À quoi les investisseurs doivent-ils donc faire attention ?

          Ils doivent être conscients que les sous-jacents – c’est-à-dire les entreprises – pourraient avoir des difficultés à payer leurs factures. Ils doivent donc surveiller les emprunteurs et voir si ces derniers sont en mesure de maintenir des liquidités adéquates pour honorer leurs dettes.

          Qu’en est-il des tendances générales du marché ?

          Pour les investisseurs qui cherchent une valeur refuge, les crédits directs dans le secteur des entreprises de taille moyenne sont une bonne solution. Je m’attends à une expansion du marché des crédits aux particuliers. Nous nous trouvons toutefois dans un climat incertain avec une volatilité croissante. Je suis fermement convaincu que les quatre prochaines années seront très différentes des douze dernières années. C’est pourquoi les investisseurs doivent se concentrer sur le choix des gestionnaires. Il faut des gestionnaires qui disposent d’une certaine expérience, de la capacité et des compétences nécessaires pour faire face à des situations économiques plus difficiles.

          Dans quelle direction la classe d’actifs évolue-t-elle ?

          En tant que classe d’actifs, le private debt n’a qu’une douzaine d’années. Elle ne s’est vraiment établie qu’après la crise financière de 2008. Par la suite, le marché a généré de nouvelles opportunités d’investissement. Récemment, les gestionnaires de dette privée ont franchi une étape supplémentaire en prenant des parts sur le marché plus vaste du High Yield.

          La dette privée va-t-elle se substituer au High Yield ?

          Non, je ne le pense pas. Une alternative se crée pour les entreprises et les investisseurs. Ce marché est verrouillé pour beaucoup en raison de la volatilité actuelle du marché. Jusqu’à présent, le High Yield a surtout fonctionné avec des prêts syndiqués semblables. Avec l’arrivée des acteurs du private debt, le marché va bien sûr se transformer mais il va surtout se développer globalement.

          Quel en est l’impact sur la stratégie de TCW ? Allez-vous aussi évoluer dans cette direction ?

          Non. Malgré tous les mouvements que nous voyons actuellement sur le marché, nous ne nous écarterons pas de notre stratégie actuelle, qui se concentre sur le segment intermédiaire.

           

          Richard T. Miller

          TCW Group

          Richard T. Miller a rejoint TCW en 2013 à l’occasion de l’acquisition du Special Situations Funds Group de Regiment Capital Advisors, qu’il dirigeait depuis sa création en 2001. Il a débuté sa carrière à la Chase Manhattan Bank puis à la BankBoston Securities. En 1999, il est devenu responsable du Global High Yield Research Group chez UBS. Richard est administrateur du fonds de dotation de l’Université de Rochester. Il a obtenu son BS à l’université de Syracuse et son MBA à l’université de Rochester.

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