SPHERE LAB
Adrian Cayarga
SPHERE LAB
« Les smart wallets ne constituent peut-être pas une rupture spectaculaire, mais une évolution structurelle. »
Alors que l’on observe un peu partout une baisse des prix de l’immobilier, c’est l’inverse qui se produit dans le domaine des crypto-monnaies. Quel est le rapport entre ces deux tendances ? Et que peut-on envisager sur le long terme ? C’est sur ces questions que se penche Olivier de Berranger.
A l’évidence, rien de plus réel et solide que l’immobilier : utilité, revenus, réglementations, ancienneté, profondeur de marché… On parle d’ailleurs en anglais de « real estate », de « patrimoine réel ». A l’opposé, rien de plus virtuel que les cryptomonnaies : intangibles, peu utilisées, absconses pour le commun des mortels, sans revenus intrinsèques, peu régulées, sans ancienneté…
Pourtant, l’immobilier d’investissement a vu s’évaporer en quelques mois des sommes gigantesques dans le monde entier, comme si les valorisations des dernières années n’étaient finalement que virtuelles. Pas seulement en Chine, où la faillite de certains des plus grands promoteurs alimente une défiance générale. Mais dans la plupart des pays développés également, au point de faire trembler certaines banques régionales aux Etats-Unis, ou récemment en Allemagne à l’exemple de la Deutsche Pfandbriefbank. En Suède, un des pays où l’immobilier est le plus sous pression, la banque centrale surveille de près un risque bancaire généralisé. En France, plus de vingt sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont été contraintes de revoir à la baisse la valeur de leurs parts depuis début 2023, dans des ampleurs généralement comprises entre 10 et 15%. Et, de nouvelles dépréciations sont annoncées en ce début 2024.
Dans le même temps, les monnaies virtuelles flambent. Le bitcoin vient d’atteindre 63 000 dollars américain fin février, progressant de près de 50% depuis le début de l’année, tutoyant les records établis en 2021 à plus de 67 000 dollars américains. Le virtuel pur conserverait-il donc mieux la richesse que le « réel » le plus solide en cas de hausse des taux ? Le digital vaut-il mieux que le béton ?
Certaines caractéristiques des monnaies virtuelles sont, il est vrai, à leur avantage : relative facilité de transaction par rapport à l’immobilier, prix ajustés en temps réel, diversité croissante des supports, augmentation des volumes traités, etc. Le régulateur américain lui-même vient d’accepter la création de fonds centrés sur le bitcoin, dans lesquels se sont déversés en deux mois plusieurs milliards. De surcroît, il faut leur reconnaître une certaine transparence sur le risque, les monnaies virtuelles ne cachant pas leur volatilité. A l’inverse, les investisseurs ont parfois tendance à sous-estimer le risque de l’immobilier physique, dont la volatilité ne se déclare que par à-coups, et se terre le reste du temps… Le risque immobilier n’est pas en effet régulier, mais éruptif – ou « sauvage » comme l’écrivait le mathématicien Benoît Mandelbrot.
Cela dit, les risques inhérents au pur virtuel, bien que manifestes, ne sont pas forcément si bien compris. Ainsi, qui peut expliquer – autrement que par la spéculation en premier lieu – que le Bitcoin ait gagné 520% en 7 mois, avant de reperdre peu après 75% en un an? Si le risque de l’immobilier est certes en partie caché, il correspond du moins à des données relativement intuitives – principalement les taux d’intérêt, ainsi que la qualité du bâti, l’emplacement et la solvabilité du locataire. Alors que le risque sur les monnaies virtuelles jusqu’ici, semble très difficile à relier à des paramètres fondamentaux.
Ce caractère « hors sol » constitue un des principaux arguments anti-Bitcoin développés dans le récent pamphlet issu de deux auteurs appartenant à la Banque Centrale Européenne. Selon eux, étant dénué de rendement intrinsèque ou d’autre utilité durable et légitime, sa valeur « fondamentale » serait de … 0 ! Pourtant, le risque que le Bitcoin vaille un jour 0 est certainement peu présent aux yeux des investisseurs. En ce sens, la perception de son risque profond par les épargnants n’est pas forcément adéquate. Alors que le risque immobilier est au fond limité : comment des actifs immobiliers, même de qualité moyenne, pourraient-ils valoir zéro ?
Il y a donc tout lieu de s’attendre à ce que le « réel » finisse par retrouver sa prédominance sur le virtuel dans les préférences des investisseurs, une fois les prix ajustés – ce qui, il est vrai, pourrait être long. Le pur virtuel restera incontrôlable tant qu’il sera dénué de valeur fondamentale. Sauf à compter comme « fondamental(e) » le plaisir de la spéculation, l’utilité d’une monnaie pour le commerce illégal, ou surtout la défiance à l’égard des monnaies d’Etat. Si ces trois facteurs comptent comme fondamentaux, alors il y a peu de chance en effet que le Bitcoin vaille un jour zéro. De ce fait, actifs réels comme virtuels ont chacun leur place – à condition de bien discriminer leur (dé)mérites respectifs.
Olivier de Berranger
La Financière de l’Echiquier
Olivier de Berranger est le directeur général et le CIO de La Financière de l’Echiquier. Il a occupé depuis 1990 des postes de trader, ainsi que de responsable de desk de trading sur les produits de taux d’intérêt, cash et dérivés au Crédit Lyonnais puis chez Calyon. Il a ensuite été responsable du pôle Capital Markets chez First Finance. Olivier de Berranger rejoint La Financière de l’Échiquier en mars 2007 en qualité de gérant obligataire. Après être devenu directeur de la gestion taux, crédit et diversifié, il est nommé en 2017 directeur de la gestion d’actifs et entre au comité de direction. En décembre 2023, il en devient directeur général de LFDE. Olivier de Berranger est diplômé d’HEC.
2023 a été marquée par une forte augmentation d’allégations de greenwashing, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la finance. Dans de nombreux cas, ces allégations ont donné lieu à des procédures judiciaires formelles et, dans certains cas, à des amendes. Pour Jon Duncan, lutter contre le greenwashing de cette manière est un signe encourageant d’un marché qui fonctionne bien.
Notre compréhension globale actuelle des questions de durabilité bénéficie de l’appui d’un ensemble diversifié d’institutions universitaires internationales qui se concentrent sur une science des systèmes complexes. La croissance rapide de la surveillance géospatiale en temps réel des indicateurs d’eau, d’air, des sols, de la pollution et de la biodiversité ainsi que les avancées phénoménales en termes de puissance de calcul et de traitement, contribuent au développement de cette compréhension collective. Cet essor rapide des technologies de surveillance en temps réel par satellite fournit une perspective solide et pragmatique des risques émergents auxquels la planète est confrontée. Bien qu’il existe un consensus croissant parmi les organismes scientifiques mondiaux sur l’importance des risques de durabilité, les solutions donnent lieu à un différend politique grandissant.
Aux États-Unis, plusieurs hommes politiques ont adopté un discours « anti-ESG » et, dans l’Union européenne, nous assistons à une « marche arrière » politique sur l’économie verte et les plans de décarbonisation. La politisation de plus en plus forte du thème global de la durabilité fait apparaître plus clairement que le greenwashing est simplement une « preuve » de la tendance persistante du marché à vendre les produits à mauvais escient. Sur ce point, la « finance verte » ne fait pas exception.
Gestion des attentes : impact « direct » contre impact « indirect »
Une autre preuve de la maturation du monde de la finance durable est la prise de conscience croissante de la différence entre impact direct et impact indirect. En d’autres termes, les titres liquides cotés en bourse ont pour la plupart un impact direct, obtenu grâce à une exposition à des entreprises présentant des niveaux de risques ESG opérationnels plus faibles et/ou une exposition accrue à des « revenus verts ». En revanche, il est possible d’optimiser l’impact direct par le biais d’une exposition à des actifs sur les marchés privés, par exemple au moyen d’un investissement direct dans le capital privé d’une entreprise de protéines alternatives ou par le biais d’une allocation de dette privée à des infrastructures renouvelables ou à des logements abordables. À l’heure actuelle, seules les « obligations vertes/durables » et certaines stratégies actions de niche permettent d’avoir un impact direct via les marchés publics liquides.
La taille des tickets d’entrées et les problèmes de liquidité se traduisent généralement par une sous-représentation des marchés privés dans les portefeuilles de gestion privée. L’exposition moyenne des portefeuilles sur les différents marchés mondiaux varie de 8 % à 12 %, l’immobilier étant l’alternative privilégiée des marchés privés. À titre de comparaison, l’étude 2023 BlackRock Global Private Markets Survey indique que les investisseurs institutionnels mondiaux ont une allocation moyenne de 24 % aux marchés privés. Le fonds de dotation de l’Université de Harvard (Harvard Endowment) est connu pour avoir été l’un des premiers à attribuer une allocation à grande échelle et à long terme aux marchés privés, avec une allocation actuelle de 39 % exclusivement dédiée au capital investissement. Au sein de la communauté des family offices et des investisseurs fortunés, il existe désormais un intérêt croissant pour les actifs des marchés privés, qui s’explique par les avantages qu’ils offrent en termes de diversification, ainsi que par la reconnaissance grandissante du fait que cette classe d’actifs offre un accès direct aux opportunités de l’économie verte émergente.
La demande accrue stimule l’innovation pour l’accès aux marchés privés
En réponse à cette demande croissante émanant de la gestion de patrimoine, plusieurs plateformes, telles que Moonfare et I-Capital, ont vu le jour et offrent un accès digitalisé aux actifs des marchés privés. Du point de vue de l’impact, il est encourageant de constater que ces plateformes digitales reflètent naturellement les opportunités commerciales émergentes associées à différentes initiatives. Il en va ainsi de la réduction des émissions de carbone, de l’utilisation efficiente des ressources et de la promotion de l’inclusion sociale, à savoir la génération automatisée de rapport sur le bilan carbone des sols, le recyclage des déchets plastiques et les micro-entreprises d’énergie hors réseaux. Cet alignement technologique entre les capitaux privés à long terme, les actifs des marchés privés et les opportunités de croissance économique verte est une tendance positive pour le monde de la finance durable en général et pour les investisseurs fortunés en particulier.
Jon Duncan
Reyl Intesa Sanpaolo
Avant de rejoindre Reyl Intesa Sanpaolo, Jon Duncan a dirigé le pôle Investissement responsable de la compagnie d’assurance internationale Old Mutual, basée en Afrique du Sud. Il a été pendant onze ans responsable de de la conception et du déploiement d’un programme d’investissement responsable à l’échelle mondiale. Auparavant, il a été associé chez Environmental Resource Management, où il a participé à la mise en place de pratiques respectueuses envers le climat et le développement durable. Jon est titulaire d’un bachelor en génie civil de l’Université du Cap et d’un master en sciences de l’environnement de l’Université de Natal.
Alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme, et le premier anniversaire de Women in Web 3 Romandie, nous nous tenons à l’avant-garde d’une métamorphose technologique. L’émergence du WEB3 en tant que bastion d’un avenir numérique décentralisé et équitable est indéniable, comme le souligne Elodie Jallet et Geraldine Monchau de Women in WEB3 Romandie
La première édition de Women in WEB3 Global Summit a pris place dans la grandeur hivernale de Davos et en parallèle du prestigieux WEF et est devenu bien plus qu’une rencontre. Elle s’est transformé en un puissant témoignage de l’ascension des femmes dans la technologie. Ici, des innovatrices et pionnières venues du monde entier et issues de divers milieux se sont réunies pour tracer la voie d’un avenir où la promesse d’inclusivité, de transparence et d’autonomisation du WEB3 s’est réalisée. La ferveur du sommet a consacré un appel à l’action. Alors que le domaine du Web3 continue d’évoluer, la promotion d’un environnement qui valorise la diversité et l’inclusion reste primordiale pour façonner un avenir équilibré et équitable pour tous les innovateurs.
L’ ascension des femmes dans la hiérarchie des entreprises
Selon le dernier rapport de Mc Kinsey, au cours des neuf dernières années, les femmes sont restées sous-représentées dans les entreprises. Cependant, leur nombre a augmenté dans les cercles dirigeants: depuis 2015, le nombre de femmes C-Level est passé de 17 à 28 % en 2023.
Un récent rapport de Deloitte détaille les progrès importants réalisés par les femmes dans les postes de direction technologique. Il prévoyait que près d’une femme sur quatre occuperait des postes de direction dans de grandes entreprises technologiques mondiales. Ce n’est toujours pas le cas! Même si une augmentation notable signale un changement de paradigme, les chiffres confirme le besoin d’un appel à l’industrie pour favoriser une culture qui promeut la diversité et l’innovation.
En Amérique du Nord, les femmes occupent désormais 25% des effectifs dans le secteur TMT, un chiffre renforcé par le soutien législatif dans les régions concentrées sur la technologie. Cette montée en puissance est un récit convaincant sur la manière de briser les plafonds de verre et de remodeler les conseils d’administration de la finance et des projets blockchain.
WIW3CH ou l’envie de façonner un monde numérique égalitaire
L’ascension des femmes dans le domaine technologique signifie un changement important. Alors que nous nous engageons dans la révolution du WEB3, le leadership des femmes doit construire des ponts – mettant en lumière un spectre d’idées, de talents et de perspectives. Cette révolution est enracinée dans la reconnaissance que les femmes, en tant que citoyennes du monde, sont essentielles à la gouvernance d’un avenir numérique résilient, équitable et englobant.
Alors que nous célébrons les réalisations et le potentiel des femmes à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, le WEB3 émerge comme le domaine numérique où les femmes sont des architectes clés. L’éthique qui définit le WEB3 – décentralisation, innovation pilotée par la communauté et autonomisation économique – s’aligne parfaitement avec la promotion de l’inclusion et de la diversité. C’est un avenir façonné non pas en isolation mais grâce à la volonté collective et à la collaboration de femmes visionnaires. Cette année, les Nations Unis ont par ailleurs choisit le thème “Invest in Women: Accelerate progress” pour cette journée particulière.
Cette célébration est un moment qui doit permettre de réfléchir aux progrès réalisés et au chemin qui reste à parcourir. Le WEB3 est plus qu’une révolution technologique ; c’est la toile sur laquelle les femmes peignent un futur vibrant, diversifié et transformateur.
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La popularité des AMC augmente en Suisse. D’une part, ils n’ont plus à prouver leur utilité et, d’autre part, pour les émetteurs, ils sont plus facile à mettre en place qu’un fonds traditionnel. Pour Roman Przibylla, il est clair que ces véhicules financiers intéressent les gestionnaires de fortune au premier chef. Ils peuvent y « empaqueter » leur propre stratégie, et convaincre ainsi de nouveaux clients.
Les Actively Managed Certificates sont devenus très populaires ces dernières années, en particulier chez les gestionnaires de fortune. Quelles en sont les raisons ?
Roman Przibylla. D’abord leur efficacité. Un gestionnaire de fortune a en effet la possibilité de gérer les fonds de ses clients de manière très efficace grâce aux AMC. Il peut « empaqueter » sa stratégie de placement dans ces véhicules, qu’il a ensuite la possibilité de gérer et d’adapter de la manière identique pour tous les clients. Il n’aura plus à modifier plusieurs fois la même stratégie pour différents clients et à multiplier l’exécution des ordres. Avec un AMC, il lui suffit d’adapter sa stratégie une seule fois. Cela rend la gestion des actifs très simple et peu coûteuse, aussi bien pour une stratégie de base que pour des thématiques très ciblées. Il y a plusieurs années, il était déjà clair pour moi que ces véhicules avaient un grand potentiel de croissance et qu’ils allaient jouir d’une grande popularité en Suisse. C’est effectivement ce qui s’est passé.
Pourquoi cette classe d’actifs se développe-t-elle aussi vite en Suisse ?
Regardez autour de vous. La place financière suisse est un « melting-pot » de talents avec un fort potentiel d’innovation. Elle reste par ailleurs une place d’importance mondiale en ce qui concerne la gestion de fortune. Ces deux atouts donnent à la Suisse un caractère unique, différenciant. Les gestionnaires de fortune et les asset managers ont développé une multitude de stratégies d’investissement allant de l’intelligence artificielle aux options en passant par les nouvelles sources d’énergie comme l’hydrogène. Ils disposent de connaissances de pointe et d’une véritable expertise dans des marchés de niche et des pays comme l’Inde, Taïwan ou le Japon, pour n’en citer que quelques-uns. Il s’agit ensuite de rendre ces stratégies investissables et pour cela, les AMC sont les moyens le plus efficace, le moins cher et le plus simple. Ils n’ont plus rien à envier à un fonds classique. Au contraire, ils présentent même plusieurs avantages, comme une mise en œuvre rapide et un volume minimal moins élevé.
Dans votre offre AMC, où mettez-vous l’accent ?
Nous accompagnons nos clients tout du long, de l’idée initiale jusqu’à sa réalisation. Ensuite, nous en assurons le suivi. Mettre en place un AMC est une chose, mais tout ce qui entoure cette mise en place en est une autre. Les gestionnaires de fortune peuvent gérer eux-mêmes leur AMC sur notre plateforme Cuglos et ils reçoivent un rapport détaillé chaque jour. Si nos clients le souhaitent, nous les soutenons également dans leur distribution.
Nous voyons chez les gestionnaires de fortune un intérêt croissant à présenter leurs stratégies devant un public plus large.
Mais pour cela, l’AMC doit remplir certains critères, comme par exemple l’autorisation de distribution au public. Une cotation en bourse du certificat est également possible. Nous sommes d’ailleurs l’un des rares fournisseurs à permettre à nos clients d’introduire en bourse un AMC en tant qu’ETP coté en bourse. Ce sont précisément ces possibilités que nous discutons en amont avec nos clients, afin de leur présenter toutes les options possibles, et leur impact futur. Ce qui permet, au final, aux gestionnaires de fortune de se concentrer en premier lieu sur leur stratégie et sa mise en œuvre.
Les AMC sont des véhicules relativement nouveaux, comment anticipez-vous leur évolution ?
La transparence est un thème important. Dans ce domaine, les AMC présentent un grand avantage pour les investisseurs. Pour de nombreux fonds classiques, on apprend après coup, dans un rapport trimestriel long de plusieurs pages, ce qui a changé dans la stratégie ou dans les positions. En revanche, avec un AMC, on peut savoir chaque jour dans quoi et comment on investit. Nous allons même plus loin, en informant régulièrement les investisseurs sur les ajustements de nos AMC, via différents formats de podcast ou même avec des Live Streams sur YouTube. Les investisseurs peuvent d’ailleurs y poser des questions à un conseiller. À une époque où tout le monde peut trouver immédiatement toutes les informations sur Internet, c’est une évolution nécessaire pour notre secteur. Il est indispensable d’être transparent. C’est ainsi que l’on gagne la confiance des investisseurs. Et de nouveaux clients.
Roman Przibylla
CAT Financial Products
Roman Przibylla est associé chez CAT Financial Products depuis mars 2022. Diplômé en gestion, il a fondé une startup dans le domaine de la finance après ses études à Cologne et a occupé, après sa vente, différents postes de direction dans le domaine des produits structurés, notamment pour HSBC, la Deutsche Bank et la Commerzbank. Avant de rejoindre CAT, Roman Przibylla a dirigé l’équipe de vente des produits structurés, des AMC et de la plateforme deritrade chez Vontobel à Zurich.
Au lancement de Telomere, en 2015, ses fondateurs ont voulu de suite mettre en place un environnement de travail très performant pour accroitre la qualité de service et gérer leur croissance dans des conditions optimales. Neuf ans plus tard, la structure qu’ils ont mise en place est un modèle du genre.
Lorsque vous avez lancé Telomere en 2015, quelles opportunités aviez-vous alors identifiées ?
A l’époque, nous avions perçu chez nos clients une demande très claire pour une personnalisation plus poussée de la gestion de leur fortune. Nous sentions qu’il y avait là un manque à combler. Nous avons donc voulu combiner l’expertise que vous avions acquise dans le private banking avec la flexibilité et les prestations sur mesure que seuls un gérant indépendant ou un family office peuvent offrir. Ces éléments nous semblaient essentiels pour établir avec chacun de nos clients une relation privilégiée, et fonder ainsi le développement de Telomere.
En créant Telomere, quel type de structure vouliez-vous mettre en place ?
Il fallait pour nous que la structure soit souple et réactive, capable de vite s’adapter aux fluctuations du marché et aux exigences particulières de nos clients. Il nous a paru aussi très important de créer un environnement de travail caractérisé par un fort esprit d’équipe, des objectifs atteignables, de la rigueur sur le plan intellectuel et une vraie place accordée à l’épanouissement personnel. La force de notre équipe prend sa source dans cette culture d’entreprise où la hiérarchie a été posée à plat pour faciliter les échanges et l’engagement.
Quels outils, quels processus vous ont paru indispensables ?
Il était primordial que nous puissions disposer d’outils d’analyse de marché avancés, de systèmes de gestion des risques robustes et de processus de conformité très rigoureux. Nos outils évoluent constamment. Aujourd’hui, nous opérons avec une fonction de gestion de portefeuilles intégrée dans Bloomberg, un PMS, celui de Wize, pour la consolidation des données et des portefeuilles, et nous réalisons nos rapports détaillés via Power BI. Nous utilisons aussi le logiciel ASANA, qui coordonne nos processus, nos échanges, nos délais et nos projets. A cela s’ajoute la partie CRM pour gérer les relations avec nos clients. Elle est essentielle. Mais, encore une fois, les outils technologiques, aussi importants soient-ils, ne suffisent pas. Pour assurer une maîtrise complète de nos processus, il est essentiel de compter sur des individus hautement qualifiés, dotés d’une excellente capacité d’analyse.
Comment vous y êtes-vous pris pour leur mise en place ?
Nous avons collaboré étroitement avec différents experts pour développer des solutions sur mesure tant sur le plan de la technologie que sur celui de la conformité. En parallèle, nous avons investi dans la formation et le développement de l’équipe afin d’assurer une mise en œuvre efficace et conforme aux normes établies. Dans la pratique, nous avons commencé par mettre en place le strict nécessaire, comme les serveurs et les backups.
Nous avons aussi su gérer notre croissance. Au fur et à mesure que nous avancions, nous avons pu renforcer notre dispositif. Nous nous sommes tournés vers KeyIT, société informatique, pour monter en régime et déployer une plateforme très aboutie. Grâce à eux, nous sommes passés par exemple sur Microsoft 365. Ils ont optimisé la redondance de nos systèmes de même que leur sécurisation. En fait, nous avons audité toutes nos installations, à la suite de quoi nous avons même encrypté tous nos PC. Il ne peut y avoir de compromis dans le traitement des données clients ! Et pour boucler la boucle, nous avons procédé à de nombreux tests de restauration. Nous ne voulons rien laisser au hasard.
Comment vous y prenez-vous pour la partie CRM ?
Nous finalisons en ce moment le paramétrage du logiciel Dynamics de Microsoft, ce qui ouvre pour nous des perspectives très intéressantes dans le domaine de la Relation Clients. Aujourd’hui, compte tenu des nombreuses solutions que nous avons déployées, nous envisageons sérieusement l’embauche d’un CTO pour assurer une maîtrise interne complète de toutes nos infrastructures.
A votre avis, quels encours sont requis au minimum pour mettre en place une plateforme comme la vôtre ?
Je pense que c’est envisageable dès le moment où vous passez les 300 millions d’actifs sous gestion. D’autant que les coûts IT tendent à se réduire, en même temps que la courbe d’apprentissage !
Où concentrez-vous désormais vos priorités sur le plan opérationnel ?
Nous continuons à nous concentrer sur l’innovation que nous pouvons apporter à nos stratégies d’investissement, et sur la manière dont nous pouvons encore renforcement les relations que nous avons avec nos clients. Il est clair que nous restons aussi très attentifs aux évolutions réglementaires et à l’impact qu’elles peuvent avoir sur la structure.
Petra Kordosova
Telomere Capital
Petra Kordosova est directrice financière et responsable de la gestion des risques chez Telomere Capital, société de gestion indépendante avec une forte dimension family office. Elle en est d’ailleurs la co-fondatrice. La création de Telomere Capital remonte en 2015. Avant de se lancer dans ce projet d’entreprise, Petra a travaillé pendant près de dix ans pour UBS Wealth Management à Genève, dans un rôle de conseillère à la clientèle, dédiée au marché suisse. Elle est diplômée de l’Institut Supérieur de Gestion et de Communication de Genève et a suivi par ailleurs de nombreuses formations dans des domaines comme la compliance, la gestion financière et le management bancaire.
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
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