Innovation

  • Solutions GFI
  • Adina Krausz
  • Chief Executive Officer
  •  InnoSource Ventures

« Donner à nos clients l’accés à des startups soigneusement sélectionnées »

InnoSource Ventures est le laboratoire d’innovation créé par le multi family-office Toledo Capital, avec l’ambition d’acquérir de l’expérience dans une classe d’actifs encore jeune, tout en s’adressant à une nouvelle génération de clients. Adina Krausz, sa fondatrice, s’en explique.

Quels objectifs poursuivez-vous avec la création d’InnoSource Ventures, filiale de Toledo Capital ?

InnoSource Ventures est pour ainsi dire le pôle Innovation de Toledo Capital. Il permet désormais à nos clients d’accéder à des startups soigneusement sélectionnées. En travaillant en étroite collaboration avec elles sur une longue période, nous pouvons en évaluer non seulement les aspects financiers, mais aussi l’adéquation au marché, l’équipe et la scalabilité du modèle d’entreprise. Nous offrons ainsi à nos clients des possibilités d’investissement attrayantes avec un potentiel de croissance, qui complètent leurs objectifs d’investissement individuels. De plus, ils peuvent également diversifier leurs investissements lors de cycles d’investissement ultérieurs avec des tickets plus petits.

 

Dans quels secteurs d’activité sont réalisés vos investissements?

Notre activité chez InnoSource Ventures se concentre principalement sur les secteurs de la santé, de la technologie, de l’impact et de la durabilité, avec un accent particulier sur les entreprises israéliennes qui génèrent déjà des revenus. Nous soutenons activement ces startups dans la conquête de nouveaux marchés par le biais de coopérations et de partenariats ciblés avec des entreprises et des programmes d’accélération. Si la collaboration s’avère fructueuse, nous offrons aux clients du family office la possibilité d’investir dans la startup.

À quoi ressemble l’équipe placée sous votre direction?

Elle se compose se compose de plus de 20 collaborateurs, avec des compétences variées. En outre, elle reçoit le soutien de Friedrich von Bohlen, un investisseur expérimenté dans le secteur de la santé, en tant qu’associé et président du conseil d’administration.

Le thème de la « Next Generation » préoccupe actuellement de nombreux gestionnaires de fortune et banquiers privés. Quelles sont vos expériences dans ce domaine ?

Nous allons en effet assister dans les années à venir au plus grand transfert de fortune de tous les temps, ce qui rend le thème de la Next Generation extrêmement pertinent pour les gestionnaires de fortune et les banquiers privés. Cela vaut bien sûr aussi pour Toledo Capital, car nous suivons souvent nos clients depuis déjà 20 ans et nous connaissons bien leurs enfants. Alors que la première génération a souvent constitué le patrimoine, il est essentiel pour la deuxième génération de le préserver tout en y intégrant leurs propres objectifs d’investissement.

Un exemple intéressant à cet égard est l’intérêt marqué de la première génération pour l’immobilier, que nous servons grâce à notre partenariat étroit avec le Bluerock Group. L’immobilier a constitué une première diversification naturelle dans un portefeuille d’investissement classique et a généré des revenus attrayants et stables au cours des dix dernières années.

La génération suivante a en revanche pu assister à l’essor du capital-risque et des participations dans les entreprises. Alors que la première génération reste parfois sceptique face à cette évolution, la deuxième génération fait preuve d’une bien plus grande ouverture d’esprit à ce sujet. De plus, la nouvelle génération est particulièrement soucieuse d’associer les revenus financiers aux thèmes de l’impact et de la durabilité.

En quoi cette nouvelle génération est-elle sensible à l’impact ou à la durabilité ?

Elle recherche des investissements qui génèrent un changement positif et encouragent les pratiques durables, comme la protection des écosystèmes, la réduction des émissions de carbone et la promotion des énergies renouvelables. Le rendement reste important, mais la durabilité et les questions sociétales jouent un rôle de plus en plus fort dans les décisions d’investissement.

Adina Krausz

InnoSource Ventures

Adina Krausz a travaillé dans les grands centres financiers, de l’Allemagne au Moyen-Orient en passant par New York. Elle a occupé des postes de banquière dans le secteur de la banque privée à la Deutsche Bank et à la First International Bank of Israel avant de rejoindre Toledo Capital en 2015, où elle a créé InnoSource Ventures.

Avec plus de vingt ans de relations d’affaires en Israël, elle a développé un large réseau de startups high-tech israéliennes, de sociétés de capital-risque internationales et d’entreprises de la région DACH.

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Antoine Blouin
Banque Heritage
«Il faut devenir le sparring partner des GFI dans plusieurs domaines. »

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Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

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Mode d’emploi

  • Solutions GFI
  • Eliane Gmünder
  • Associée, LCR Services
  •  Cofondatrice, IFINITY

« La compliance reste toujours de la responsabilité du gestionnaire de fortune »

Suite aux nouvelles réglementations imposées aux GFI, les exigences en matière d’organisation et de gestion des risques se sont renforcées. Pour l’experte qu’est Eliane Gmünder, des modèles de compliance hybrides vont s’imposer de plus en plus, la responsabilité du respect des règles ne pouvant pas être externalisée.

La nouvelle réglementation est entrée en vigueur et les gestionnaires de fortune sont désormais surveillés par les organisations de surveillance. Quelles expérience en avez-vous retiré au cours de ces derniers mois?

La surveillance des GFI s’est clairement durcie. Non seulement le rythme des contrôles a été raccourci, mais les exigences que ce soit en matière d’organisation  – qualitative et financière – ou de compétences des garants et des collaborateurs ont été massivement renforcées. Dans l’ensemble, le régulateur veut une gouvernance robuste et une gestion des risques qui fonctionne – et cela fait l’objet d’un contrôle.

Vous avez accompagné quelques gestionnaires de fortune lors de leur premier contrôle/audit prudentiel. Comment s’en sont-ils sortis ?

Les programmes d’audit prudentiel des OS sont très complets-  et coûteux. Selon l’auditeur et l’organisme auxquels le gérant est rattaché, la profondeur de l’audit peut varier, ce qui a également des conséquences sur les coûts. Il faut espérer que des cycles de contrôle pluriannuels seront bientôt accordés aux gestionnaires de fortune qui ne sont pas considérés comme présentant un risque élevé.

Quels sont les défis organisationnels – en particulier dans le domaine de la conformité et de la gestion des risques – qui doivent être résolus en raison de la nouvelle réglementation ?

La FINMA exige de plus en plus une fonction de gestion des risques et de la conformité indépendante des unités en charge des affaires. La taille de la société peut constituer un critère à cet égard ; mais aussi le type de clients, les produits utilisés ainsi que les activités du gestionnaire de fortune. Cela représente un défi de taille, en particulier pour les petites organisations, car en règle générale, tous les collaborateurs sont chargés soit de la gestion de portefeuille, soit du conseil à la clientèle et sont donc responsables des affaires. En outre, les exigences en matière de formation et d’expérience professionnelle des responsables des risques et de la compliance ont nettement augmenté et les preuves correspondantes doivent être apportées.

De nombreux gestionnaires de fortune hésitent à engager leur propre « compliance officer », notamment pour des raisons de coûts. L’externalisation est l’autre possibilité. Comment faut-il arbitrer ?

Je tiens tout d’abord à préciser qu’une « externalisation de la compliance », comme cela est souvent proclamé dans le secteur, n’est absolument pas possible. La compliance est forcément du ressort du chef d’entreprise. elle reste donc toujours sous la responsabilité du gestionnaire de fortune en personne. Cela ne signifie pas pourtant que certaines activités dans les domaines de la conformité et de la gestion des risques ne peuvent être externalisées. Toutes les activités qui requièrent des connaissances spécialisées et qui n’ont pas directement à voir avec les clients finaux, et donc avec les affaires courantes, se prêtent à une externalisation, voire à une internalisation. Il s’agit par exemple de l’élaboration et de l’actualisation de directives, du conseil sur les clients et les cas à haut risque, de la formation régulière des collaborateurs ainsi que de la gestion du système de contrôle interne.

L’externalisation de certaines activités n’est pas seulement intéressante pour le gérant de fortune du point de vue budgétaire, mais elle permet également de garantir la réglementation exigée en matière de suppléance. Chez les grands gérants de fortune, un COO fort devrait regrouper les fonctions Opérations et Risques. L’avenir nous réservera sans doute davantage de modèles hybrides de ce type, où des connaissances spécifiques associées à une gestion numérique des connaissances seront intégrées de manière transparente dans les processus de conformité existants.

La question de la responsabilité du conseil d’administration devient de plus en plus centrale. Quels éclaircissements pouvez-vous apporter sur ce sujet?

Les conseils d’administration, en particulier les conseils externes, sont très conscients de leur responsabilité. Ces derniers temps, les médias ont également beaucoup écrit sur les conséquences dramatiques auxquelles se sont exposées certaines sociétés de gestion, celles par exemple qui s’étaient exposées dans le cadre des sanctions contre la Russie. De tels incidents concerne directement le conseil d’administration et peut notamment porter atteinte à sa réputation. C’est pourquoi chaque mandat d’administrateur devrait être mûrement réfléchi, y compris le nombre d’engagements et de mandats.

Eliane Gmünder

LCR Services, IFINITY

Eliane Gmünder a 15 ans d’expérience professionnelle au croisement de la réglementation des marchés financiers, de la gouvernance, de la conformité et de la gestion des risques. Juriste de formation, elle accompagne les entreprises du secteur financier en tant que conseillère depuis 2011. Auparavant, elle a travaillé plusieurs années en tant que compliance officer et responsable du monitoring AML chez UBS. En tant qu’entrepreneure, cofondatrice de LCR Services et IFINITY, elle travaille avec son équipe à la mise à l’échelle numérique du savoir-faire et des processus de compliance.

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Stratégie

  • Interview Richard Albrecht
  • Responsable Wealth Management
  • Reyl Intesa Sanpaolo

La force du modèle : notre approche boutique, flexible et intégrée

Richard Albrecht a pris cette année chez Reyl Intesa Sanpaolo la direction du pôle Wealth Management, cœur de métier historique du groupe, dont il entend perpétuer l’approche boutique et l’esprit entrepreneurial.

Comment vos expériences vous ont-elles préparé à remplir vos nouvelles fonctions ?

Mon expérience professionnelle s’articule autour de deux axes. Le premier est celui des grands groupes internationaux, comme UBS et Deutsche Bank, le second celui des banques privées, comme Lombard Odier. Ces deux axes m’ont préparé à mon poste actuel chez Reyl Intesa Sanpaolo, qui se situe à la frontière de ces deux mondes, entre l’entreprise familiale et l’acteur international.

J’ai toujours aimé être au cœur du changement, car comme le disait Roosevelt : « une mer calme n’a jamais fait un bon marin ». Juste avant de rejoindre la banque, j’ai eu la chance de passer six mois à l’IMD et à la Harvard Business School, deux endroits où j’ai beaucoup appris grâce à l’étude de cas pratiques poussés, souvent en dehors de mon domaine d’expertise.

Quels sont les éléments avec lesquels Reyl Intesa Sanpaolo se différencie aujourd’hui dans le monde du wealth management ?

Il y a tout d’abord la culture entrepreneuriale très marquée, avec des partenariats traduisant une forte ambition de développement, mais aussi, un service avec une approche à 360 degrés.

Ce qui différencie Reyl sont nos cinq lignes de métier fortement intégrées dans notre offre. Nous avons la ligne Entrepreneur et Family Office Services – un accès à l’ensemble des expertises du groupe –, le Corporate Finance, l’Asset Services, l’Asset Management, et finalement, le Wealth Management, dont j’ai repris la responsabilité début janvier.

La force du modèle est donc de continuer à appliquer cette approche boutique flexible et intégrée qui est l’ADN du groupe, tout en disposant de toutes les fonctionnalités que seule une grande banque comme Intesa Sanpaolo pourrait offrir.

Vous parlez de partenariats traduisant une ambition forte de développement: quels types de partenariats envisagez-vous plus précisément?

Le premier partenariat stratégique est celui que nous avons formé avec Fideuram – Intesa Sanpaolo, qui nous donne une assise financière et réglementaire de très haut niveau. Ce partenariat nous ouvre également une dimension internationale, nous permettant d’atteindre des clients partout dans le monde, et de nous positionner comme numéro deux dans l’espace bancaire européen.

Un autre partenariat important est celui que nous avons formé avec 1875 Finance, un multi-family office. Cela nous permet de jouer un rôle actif dans le processus de consolidation du secteur.

Nous comptons aussi sur Alpian, une banque privée entièrement numérique ciblant le segment « mass affluent ».

Quels grands changements voyez-vous se dessiner dans la gestion de patrimoine au cours des prochaines années ?

L’innovation au sens large a toujours été un des moteurs de croissance du métier bancaire. Deux sujets de réflexion majeurs sont la digitalisation et l’intelligence artificielle. En ce sens, Alpian est un des projets qui mobilise une grande partie de notre attention. L’ambition d’Alpian est d’offrir tous les avantages d’un service bancaire haut de gamme à partir de votre smartphone.

En ce qui concerne la gestion de fortune, j’estime que l’on se reconcentrera sur les bases du métier, c’est-à-dire l’intensité de la relation, la confiance, l’efficacité, la valeur ajoutée au-delà des seuls gains financiers, et surtout cette ressource clé que personne ne peut acheter : le temps. La rapidité de décision et d’exécution prendra ainsi toujours plus d’importance.

Finalement, j’estime que la stabilité reste un élément clef du wealth management. Nos partenariats et la structure de notre groupe nous permettent de penser notre avenir avec ambition.

 

Richard Albrecht

Reyl Intesa Sanpaolo

Richard Albrecht a débuté sa carrière en 1997 chez UBS Warburg Dillon Read à Zurich, puis chez Lombard Odier à Genève en tant que banquier privé, spécialisé sur le marché suisse et européen. Il a rejoint Deutsche Bank en 2012, pour diriger le marché Suisse de l’Ouest en tant que membre du Wealth Management European Committee, supervisant le développement Suisse et international des clients UHNWI, Family Offices, EAM et institutionnels. En 2020, il est nommé membre de la direction et responsable Wealth Management pour la Suisse Romande chez BNP Paribas. Il est arrivé chez Reyl Intesa Sanpaolo en 2023 pour y prendre en charge l’activité Wealth Management, ligne de métier placée sous la supervision de Lorenzo Rocco di Torrepadula, Associé.

 

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    Hybrides Corporate

    Solutions Investissement

    • Gaëlle Boucher
    • Head of Research
    • bridport & cie

    Hybrides corporate : un couple rendement risque attractif sur des crédits solides

    Dans un environnement empreint d’incertitude, la recherche de rendement reste d’actualité. L’inversion des courbes de taux est un élément de support aux maturités courtes. Bien que la volatilité du marché reste élevée, les investisseurs avec une vision à long terme peuvent aujourd’hui obtenir des rendements attrayants sur des émetteurs non financiers solides au travers de la dette dite hybride, à mi-chemin des actions et des obligations.

     

    Francesco Mandalà

    Les hybrides corporate sont des titres subordonnés émis par des entreprises non-financières. Leur structure combine des caractéristiques propres aux obligations – le coupon – et aux actions – maturité très longue voire perpétuelle, et coupon discrétionnaire. Point de comparaisons avec le récent épisode de Crédit Suisse, ce ne sont pas des instruments règlementaires: elles n’ont pas de rôle d’absorption des pertes. Il s’agit avant tout d’un instrument de gestion du bilan: les agences de notation les considèrent à 50% comme de la dette, l’autre moitié étant des fonds propres. C’est la notion d’equity content, ou EC. Une perpétuité qui n’en est pas une puisque des options de remboursement anticipée (call) sont prévues, dont la première en moyenne 5 ans après la date d’émission est, dans les faits, presque toujours exercées. Dans le cas contraire, l’investisseur reçoit une rémunération supplémentaire pour conserver l’instrument plus longtemps (step-up).

    Comprendre leur risque pour mieux les maitriser

    Elles présentent une valorisation similaire à celui des crédits à haut rendement les mieux notés, mais avec une composition du risque différente. En effet, au-delà du risque crédit et du risque de taux, cet instrument a un taux de recouvrement faible en cas de défaut. Cependant, le risque de défaut est plus faible car l’exposition sous-jacente est un crédit de notation investment grade dans la majorité des cas. Son risque d’extension en cas de non-paiement à la première date de remboursement créera un choc important sur la valorisation, sans compter un risque de non-paiement du coupon, et le risque de remboursement anticipé en cas de changement de méthodologie de la part des agences ou d’évènements spécifiques.

    Les hybrides comportent des clauses sur les coupons leur permettant d’en reporter le versement si l’émetteur n’est pas en mesure de verser son dividende. Ce risque est néanmoins très faible pour les émetteurs de qualité et l’impact en termes de réputation serait très important. A noter que le coupon est en général cumulatif.

    Le risque d’extension est le plus important car souvent le moins bien compris. Il s’agit du risque de non remboursement à la première date de call. En période de stress économique ou en cas de renchérissement des couts de financement, l’inquiétude des investisseurs augmente ce qui les conduit à appliquer une prime de risque additionnelle, les obligations traitant avec une décote.

    La méthode S&P assure la certitude du call

    Au-delà de la première date de call, l’agence de rating S&P ne prend plus en compte ces obligations hybrides dans le calcul de fonds propres, ce qui en réduit l’intérêt pour l’émetteur. Dès lors, une notation S&P réduit de facto le risque d’extension. A ce titre il est donc primordial de comprendre comment les agences de notation traitent ce type d’instrument.

    Une base d’investisseur plus stable

    La majorité du marché est représenté par des émetteurs de notation Investment Grade avec un profil financier solide et un rating peu volatile, à l’exception du secteur immobilier, lourdement affecté par la hausse des taux (risque idiosyncratique). Leur présence dans les indices crédit (à l’inverse des AT1) implique une base de clientèle différente et plus stable, ce qui les rend de facto moins volatiles que les subordonnées bancaires AT1s.

    Une alternative à l’augmentation de capital

    La grande majorité des émetteurs provient de secteurs très lourds en dépenses d’investissement (Utilities, énergie, télécoms), qui utilisent l’instrument pour améliorer leurs ratios de crédit et éviter une baisse de leur rating tout en évitant de diluer les actionnaires. Plus de 90% des émetteurs sont de qualité Investment Grade et affichent des profils financiers solides avec une visibilité sur les flux de trésorerie. C’est une différence notable avec des émetteurs notés dans la catégorie High Yield.

    Des valorisations attrayantes pour des émetteurs de qualité

    Leur caractère subordonné conduit les agences de notation à leur assigner un rating inférieur à leur dette Senior. Bien que le taux de recouvrement soit faible pour les porteurs de dettes subordonnées, le risque de défaut est très limité chez les émetteurs Investment Grade. La majorité des émetteurs non actifs dans le secteur immobilier continueront de refinancer leurs obligations et la notation S&P garantit l’exercice du call. Ces investissements offrent un rendement supérieur à ceux du segment Investment grade sans pour autant avoir le même risque de défaut que le segment High Yield, aux prix certes d’une plus grande volatilité. A noter que la remontée des taux de défaut favorise le risque de subordination au détriment du High Yield. Il existe aujourd’hui des dettes hybrides «vertes» dont le développement devrait se poursuivre.

    Croissance du PIB réel en Chine et indice de confiance des consommateurs.

    Gaëlle Boucher
    bridport & cie
    Gaëlle Boucher dirige la recherche chez bridport depuis 2020. Elle a occupé auparavant différents postes de gérant obligataire chez CCBP, CCR Gestion, AXA et Pictet Asset Management. Elle a été également responsable du Fixed Income Advisory chez Lombard Odier. Gaëlle est titulaire d’un Master II en Finance de l’Université Paris-Dauphine, de la certification Wealth Management Advisor CWMA, du certificat du CFA Institute en investissement ESG et de deux Certificats Executive en Corporate Finance d’HEC Paris.

    Macro

    PubliSphere

    • Stefan Kipar
    • Chef de groupe Macro & Economie
    • Union Investment

    Le pic de l’inflation a maintenant été franchi

    Les banques centrales ont réagi à la hausse de l’inflation par de fortes augmentations des taux directeurs. Entre-temps, l’inflation a sensiblement baissé, mais le chemin pour revenir sur les niveaux d’avant la crise du Corona est encore long. Des opportunités de placement intéressantes s’ouvrent dans l’intervalle. 

    La baisse des taux d’inflation devrait se poursuivre dans les mois à venir, mais à un rythme modéré. L’inflation sous-jacente se maintient assez fermement. Trois facteurs assurent actuellement une baisse continue de la pression sur les prix. Premièrement, l’offre macroéconomique se normalise, car les goulets d’étranglement au niveau des intrants, de la logistique et de la production se résorbent progressivement. Deuxièmement, la poussée de la demande de biens et de services depuis la fin de la pandémie Corona touche à sa fin. Et troisièmement, la pression dans le pipeline diminue également, car les hausses de prix des biens intermédiaires ont déjà été en grande partie répercutées sur les biens de consommation et donc sur les consommateurs.

    Le pouvoir de fixation des prix diminue

    Dans ce contexte, les différents groupes de biens et de services sont touchés à des degrés divers par les moteurs susmentionnés. Les prix de l’énergie ont d’abord connu une très forte hausse avant de retomber. Actuellement, ils ne comptent plus que pour une part minime dans l’inflation. Ils ont d’ailleurs parfois un effet désinflationniste. Viennent ensuite les prix des denrées alimentaires, des biens de base et des loyers, qui ont déjà dépassé les sommets.

    Du côté des coûts, c’est le pouvoir de fixation des prix des entreprises qui joue le rôle le plus important dans les anticipations inflationnistes. Entre 2021 et 2022, une hausse exceptionnellement forte des marges bénéficiaires a tiré l’inflation vers le haut. En comparaison historique, les marges ont augmenté encore plus fortement que les coûts salariaux. Les goulots d’étranglement de l’offre combinés à une forte demande ont profité aux entreprises. Toutefois, avec le ralentissement actuel de la dynamique de la demande et la diminution des pénuries d’offre, le pouvoir de fixation des prix des entreprises devrait s’affaiblir davantage que la possibilité pour les travailleurs de faire valoir leurs revendications salariales. C’est déjà le cas dans la plupart des pays.

    Politique monétaire : le sommet des taux d’intérêt est proche

    La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) sont proches de la fin de leur cycle de resserrement monétaire, qui a été de loin le plus agressif qu’elles aient mené depuis plusieurs décennies. Les derniers pas vers le sommet sont laborieux, révélant le risque lié à un resserrement monétaire d’une telle ampleur.

    En juillet, la Fed devrait donner un dernier tour de vis et relever son taux directeur de 25 points de base pour atteindre une fourchette de 5,25 % à 5,5 % pour le taux des fonds fédéraux. La BCE devrait encore procéder à deux autres hausses de taux de 25 points de base en juillet et en septembre, ainsi qu’à un pic du taux de dépôt à 4,0 %.

    Une baisse prochaine des taux est loin

    La durée pendant laquelle les taux d’intérêt resteront à ce niveau sera déterminante pour les marchés des capitaux. Il faut s’attendre à ce que la Fed et la BCE ne baissent les taux d’intérêt que lorsque l’inflation se sera non seulement détendue durablement, mais que l’écart par rapport à l’objectif de stabilité des prix aura nettement diminué – ou lorsque l’environnement fondamental se dégradera de manière si massive qu’une intervention de soutien des banques centrales sera nécessaire. Dans ce scénario, les pressions inflationnistes diminueraient de toute façon de manière significative.

    Dans ce contexte, une baisse prochaine des taux d’intérêt par les deux banques centrales est quasiment exclue. Une première baisse des taux de la Fed est attendue au plus tôt fin 2023. Quant à la BCE, les premières baisses de taux ne devraient intervenir que plus tard dans le courant de l’année 2024.

    Les obligations en profitent

    Dans un contexte de ralentissement de l’inflation combiné à une faible croissance, les placements en obligations d’État sont particulièrement intéressants. Les obligations d’entreprises peuvent également en profiter, tandis que nous déconseillons plutôt les placements en matières premières à court terme. La baisse des taux d’inflation entraîne une baisse du niveau des taux d’intérêt et des rendements obligataires. La baisse des rendements entraîne des gains de cours sur les marchés obligataires. Les obligations d’entreprise profitent en outre d’un éventuel resserrement des spreads en période de légère croissance.

    Après les nombreuses hausses de taux d’intérêt des banques centrales, les rendements obligataires ont retrouvé un niveau attractif, l’intérêt est de retour. En conséquence, les investisseurs qui achètent des obligations aux niveaux de rendement actuels peuvent, en cas de nouvelle baisse des taux d’intérêt, réaliser des gains de cours supplémentaires à moyen terme, en plus d’un coupon suffisant. En revanche, si le niveau des taux d’intérêt se stabilise au niveau actuel, les obligations méritent en tout cas le rendement offert au moment de l’achat.

     Stefan Kipar

    Union Investment

    Stefan Kipar a rejoint Union Investment en 2021 en tant que Head of Macro & Economics. Auparavant, il était responsable depuis 2012 de l’analyse de l’économie en Allemagne au sein du département de recherche de la BayernLB. De 2008 à 2012, il a travaillé comme collaborateur scientifique à l’Institut de recherche économique ifo. Il a obtenu son doctorat en 2012 à l’université Ludwig-Maximilian de Munich sur le thème de l’économie de l’innovation et a auparavant étudié l’économie politique à Paderborn, Amsterdam et Munich.

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