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Thomas Tietz
Corum
« Nous participons activement à la vague de consolidation dans le secteur des GFI »
Ces dernières années, Vontobel a fortement développé ses activités auprès des gérants indépendants en Suisse. C’est maintenant un nouveau responsable, Andri Bösch, qui reprend la couverture de ce segment avec la volonté clairement exprimée de ne pas dévier de la trajectoire de croissance existante.
Vous avez commencé en mai chez Vontobel. Quelles sont vos premières impressions sur le pôle en charge des GFI ?
Il s’agit d’un segment substantiel pour Vontobel, et je suis enthousiasmé par sa dynamique. L’offre ne comprend pas seulement le domaine de la conservation et de l’exécution : elle s’étend bien au-delà, jusque dans les produits structurés. Je ne suis pas du tout surpris de voir Vontobel en tête des sondages indépendants réalisés auprès des gérants de fortune. Vontobel est considéré comme un véritable partenaire et, grâce à ses sites dans toute la Suisse, la proximité proposée est également très appréciée.
Vous connaissez aussi les services aux tiers-gérants dans d’autres banques et d’autres régions. D’où une question générale : est-il possible de faire cohabiter au sein d’un même établissement une ligne private banking en direct avec les clients et une ligne plus B2B dédiée aux GFI ?
Je suis d’avis que cela fonctionne très bien. Nous le voyons chez Vontobel : nous ne nous considérons pas comme des concurrents internes, mais plutôt comme un ensemble complémentaire. Chez Vontobel, les deux domaines ont d’ailleurs été délibérément réunis sous un même toit. Nous ne fermons pas non plus notre offre de produits aux gestionnaires de fortune externes et nous n’imposons pas de directives en matière de stratégie de placement. Nous nous considérons comme une société d’investissement et souhaitons que beaucoup puissent participer à cette idée. Il est certain que Vontobel différemment par rapport à d’autres banques dépositaires. De plus, grâce aux GFI, nous pouvons apprendre énormément de choses, de la numérisation aux approches de placement. En contrepartie, nous apportons la contribution de nos spécialistes comme par exemple dans le cas des questions de succession.
Où mettez-vous la limite ?
Nous traitons les gestionnaires de fortune d’égal à égal. Cela signifie aussi que nous n’intervenons volontairement pas dans les questions de gouvernance. La stratégie de placement et la politique en matière de compliance sont du seul ressort des GFI. Voici les limites très claires que nous fixons.
Mots clés : conformité et réglementation. Dans ce domaine, beaucoup de choses ont changé depuis le début de l’année pour les gestionnaires de fortune en Suisse. Comment percevez-vous la situation ?
Effectivement, avec la LSFin et la LEFin, ainsi que l’assujettissement des gérants de fortune au nouveau régime de surveillance de la Finma, beaucoup de paramètres ont changé dans le secteur. Nous entendons bien sûr aussi les plaintes concernant l’augmentation des coûts. Mais nous continuons à voir des entreprises très intéressantes qui voient le jour et qui continuent à exister. La consolidation dont on parle tant n’a pas encore commencé à grande échelle.
Qu’en est-il de la contrainte de la taille ? Compte tenu des réglementations et des coûts qui en découlent, les grands gérants de fortune ne sont-ils pas mieux lotis ?
Non, à mon avis, il n’y a pas de contrainte de taille. Nous voyons aussi de petits gérants de fortune qui s’occupent de clients très intéressants et qui font preuve d’un grand professionnalisme. De manière réaliste, les choses vont certainement encore bouger dans les années à venir. Dans ce sens, vous avez raison de parler de consolidation. Cela s’explique par le fait qu’une génération de gérants, qui s’était mise à son compte il y a 30 ans, pense à arrêter. La transition vers une nouvelle génération de clients constituera certainement un défi, et pas seulement pour les gestionnaires de fortune.
Comment la gestion de fortune va-t-elle évoluer, en particulier pour les GFI ?
Ce qui est sûr, c’est que l’approche holistique proposée par les gestionnaires de fortune répondra toujours à une réelle demande. Il y a des clients qui veulent exactement ce modèle de conseil adapté à leurs besoins. Ce sera très vraisemblablement encore le cas pour la prochaine génération de clients.
Andri Bösch
Vontobel
Andri Bösch dirige depuis mai le pôle GFI chez Vontobel. Auparavant, il était co-responsable des Global Financial Intermediaries APAC pour l’UBS à Hong Kong. Diplômé en éducation physique, détenteur de la certification CWMA, il a commencé en 2005 en tant qu’interne chez UBS à Zurich. Il est ensuite devenu responsable des services aux tiers-gérants en Suisse, après avoir occupé différents postes dans le domaine du private banking. Parallèlement, Andri Bösch a mené une brillante carrière sur les terrains de floorball. Il a notamment été quatre fois champion suisse et vice-champion du monde avec l’équipe nationale.
Fanny Eyraud
Jema
« Nous voulions pouvoir travailler sur la diversité des patrimoines contemporains. »
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Performance Watcher, la plateforme qui sert aux gérants à évaluer et comparer la gestion de leurs portefeuilles, a dépassé les 50 milliards d’actifs sous supervision. Une forte croissance qui s’inscrit dans l’air du temps, avec des utilisateurs qui font aujourd’hui un usage plus étendu de la plateforme.
Vous avez franchi plus tôt cette année le seuil des 50 milliards de francs sous supervision. Quels principaux facteurs expliquent la belle croissance de Performance watcher ?
Tout d’abord, le principe de communauté favorise la croissance endogène. Plus il y a de membres, plus ils en attirent d’autres. D’autant que l’adhésion est simple. La seule condition est de bien vouloir contribuer à la communauté, de manière anonyme, en y versant les données de son ou de ses portefeuilles.
Nous ne pouvons occulter LSFin et la professionnalisation qu’elle implique chez les gérants indépendants. Elle joue clairement en faveur de l’objectivisation de la performance et de la transparence, notions fondamentales pour nous. Nous voyons ces facteurs accélérer cette croissance, sachant qu’un programme d’amélioration de nos outils la rendra encore plus attractive et pertinente.
Quel est aujourd’hui le profil de vos utilisateurs ?
La majorité de nos utilisateurs sont des professionnels de l’investissement, essentiellement gérants indépendants, banquiers privés et family officers. Ils utilisent la plateforme afin de comparer et superviser leurs performances. Au sein de ces organisations, par ordre d’importance, les gestionnaires, les responsables clientèle et les superviseurs – CIO, Risk Manager, CCO – sont les plus actifs. Et j’y ajouterai les trustees qui supervisent les flux, les performances et les niveaux de risque dans le cadre d’une gestion déléguée.
Combien en réunissez-vous ? Et combien de portefeuilles sont répertoriés sur la plateforme ?
Nous avons près de 1’300 utilisateurs, pour 32’000 portefeuilles réunis dans notre base. Au total, cela représente 54 milliards de francs d’actifs sous supervision.
Quels sont les principaux services qu’ils utilisent sur la plateforme ?
La première utilisation est la comparaison de la performance. Notre méthode « Perfomètre » permet de comparer des portefeuilles privés en utilisant leur niveau de risque ex ante, tel que défini avec le client, et la devise de référence. En comparant les performances ajustées du risque à travers ces milliers de portefeuilles nous sommes à même de montrer le chemin de la performance et donc de voir le comportement relatif de la gestion.
Ceci permet au client final et à son gérant de discuter de manière objective de la performance, ce qui est souvent délicat sans référentiel. De plus en plus, la supervision devient un facteur essentiel d’utilisation. Objectiver la performance grâce au risque permet d’identifier très vite les déviations relatives de performance, bien avant les rapports de compliance qui sont typiquement orientés sur des déviations d’allocations. Celles-ci peuvent cacher des prises de risque importantes, que la volatilité relative capture efficacement. Ainsi dans les processus de supervision de risque, devenu obligatoire pour tout gérant, le premier niveau de suivi est assuré par Performance Watcher qui a l’avantage d’être automatisé et indépendant des gestionnaires, une obligation régulatoire. De plus, ces solutions peuvent se mettre en place à un tarif très compétitif qui commence à 200 francs par mois.
Quels axes de développement privilégiez-vous pour ces prochaines années ?
Pour rappel notre mission est de donner à tous la transparence sur la qualité des performances des portefeuilles gérés, de manière sécurisée, simple et pertinente, en totale indépendance. Nos développements sont donc cohérents avec cette vision. À court terme, nous avons des processus d’amélioration continue qui se concentrent en ce moment sur la présentation et la méthode de calcul de notre outil de comparaison de base, le Perfomètre.
À moyen terme nous travaillons sur application BtoB afin de faciliter encore l’agrégation, la comparaison, le reporting et l’analyse de la performance. En effet le retour de nos clients professionnels est que nos données et notre méthode de comparaison sont puissantes et pertinentes, mais la capacité d’analyse sur de longues périodes et des échantillons larges est plus limitée. De mêmes un jeu de statistiques allant au-delà de la performance et du risque sont nécessaires, comme la volatilité à la baisse, les drawdowns et les ratios afférents doivent être intégrés. De fait nous développons une application en ligne plus moderne et dynamique, qui sera testée par nos clients d’ici à la fin de l’année avec une mise en production au premier trimestre.
Eric Bissonnier
Performance Watcher
Eric Bissonnier est CEO de Performance Watcher depuis l’an passé. Il a commencé sa carrière en 1992 pour Chase Manhattan Private Bank à Genève et New York. En 1998, il s’est joint à la société de multi-gestion alternative EIM dont il est devenu CIO en 2002. Il est resté en poste chez Gottex et LumX Asset Management, sociétés qui ont succédé à EIM, jusqu’en 2019. Il a joué un rôle déterminant dans le développement de la fintech LumRisk, une spinoff d’EIM spécialisée dans la gestion des risques. Eric possède la certification CFA et il est titulaire d’un Mastère en économie obtenu à l’Université de Genève.
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Depuis cette année, les gérants de fortune indépendants en Suisse doivent exercer leurs activités sous le couvert de la licence délivrée par la FINMA. Les questions stratégiques et opérationnelles sont revenues ainsi au premier plan. Elles déterminent d’ailleurs le rôle que doit jouer désormais la technologie dans l’arsenal des GFI, comme l’explique Dimitri Petruschenko.
Dans quelle mesure les exigences technologiques pèsent-elles sur les prestataires de services financiers ?
En principe, je considère la technologie comme un outil qui permet d’encourager l’innovation, d’agir plus rapidement sur le marché, de gagner des clients, de les fidéliser, d’améliorer la qualité et de gérer efficacement les risques. Le secteur des gérants indépendants n’échappera donc pas à la transformation numérique de la société. Les grandes banques, les petites banques, les grandes entreprises et les PME investissent toutes dans la technologie pour se transformer. Dans ce contexte, il est important d’avoir une perspective et une stratégie à long terme.
Quelles sont les questions prioritaires ?
Chaque gestionnaire de fortune indépendant devra, à son propre rythme, se livrer aux réflexions fondamentales suivantes : quelles sont les fonctions différenciantes qui doivent être prises en charge en interne par des collaborateurs dédiés afin de garantir le positionnement et la fidélité des clients ? Quels processus faut-il standardiser et automatiser afin de diminuer les tâches répétitives, réduire les risques et améliorer l’efficacité ainsi que la qualité des données ?
Quelles sont les exigences en matière de technologie que la nouvelle génération de clients impose aux gestionnaires de fortune ?
La nouvelle génération de clients attend une intégration transparente de la technologie dans le processus de conseil, ce qui inclut des plateformes et des applications numériques qui permettent d’accéder facilement aux informations et aux services réclamés. Ils souhaitent obtenir à tout moment et sur différents terminaux à un reporting complet afin de mieux suivre leurs placements et l’évolution de leur portefeuille. Et ils attendent des offres et des services personnalisés, basés sur leurs besoins et préférences individuels…
Quand vous regardez les prestataires IT, comment voyez-vous le marché évoluer?
Il présente à la fois un côté stable et un côté dynamique. Dans le domaine des applications de base telles que les systèmes de gestion de portefeuille, les leaders du marché ont une position forte et devraient rester en tête, ce qui garantit une certaine stabilité. Pour ces éditeurs de PMS, l’accent est plutôt mis sur le développement et l’ouverture de leurs solutions établies. Les gestionnaires de fortune exigent à juste titre de leurs fournisseurs une expérience client individuelle et la possibilité de connecter d’autres outils figurant dans l’écosystème. En revanche, le marché des outils offrant des fonctionnalités complémentaires spécifiques telles que KYC, CRM, reporting, messagerie, facturation & gestion des frais, gestion des dépenses, se développe en ce moment de manière plus dynamique.
Quels processus peuvent être numérisés et éventuellement même externalisés dans le domaine de la gestion de fortune ?
De nombreux processus peuvent être de plus en plus numérisés, voire externalisés. Il existe un grand potentiel de numérisation dans le domaine de la gestion des données bancaires et des justificatifs ainsi que dans celui de la productivité des bureaux, où de nombreuses tâches répétitives sont encore effectuées manuellement. Mais il n’y a pas d’approche « one-size-fits-all ». Un GFI devrait donc évaluer ce qui correspond le mieux à sa stratégie et à sa culture d’entreprise. La décision dépend également de l’ADN propre à chaque société de gestion.
Dimitri Petruschenko
EAM.Technology
Dimitri Petruschenko est co-fondateur et associé gérant de EAM.Technology. Il a 15 ans d’expérience dans l’environnement technologique du secteur financier, en particulier dans les domaines des banques privées, des gestionnaires de fortune indépendants et des family offices. Avant de fonder EAM.Technology, il a occupé des postes de direction chez des fournisseurs suisses de solutions logicielles destinées aux secteurs du wealth management et de l’asset management.
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Le rapport de transparence assemblée par Zwei Wealth met en évidence les tendances qui se dégagent aujourd’hui dans la gestion de fortune. Il en ressort que les clients fortunés sont de plus en plus enclins à se tourner vers des gérants indépendants ou des family offices. Patrick Müller en donne les raisons et revient par ailleurs sur le label de qualité qu’il souhaite introduire dans le monde du wealth management.
Quelles tendances voyez-vous se dessiner en ce moment dans le wealth management ?
Nous assistons clairement à un déplacement des modèles. Celui du private banking domine encore. Mais pour les moyennes et très grandes fortunes, celui de la banque privée perd en importance. On assiste en fait à un glissement du modèle de banquier privée vers celui de gestionnaires de fortune indépendants et de family/wealth offices.
Quelles en sont les raisons ?
Elles sont multiples. Tout d’abord, nous remarquons que le client veut disposer davantage d’éléments de comparaison dans ses choix de prestataires. Nous le soutenons en ce sens. Ensuite, les exigences des clients évoluent forcément et nécessitent des solutions fortement individualisées. Il suffit de penser aux structures des entreprises et à la taille des familles qui se cachent derrière les fortunes concernées. Enfin, nous constatons aussi que de nombreux clients sont de plus en plus insatisfaits de l’encadrement. J’appelle un chat un chat : La situation dans les banques privées est souvent décrite comme chaotique. Je pense par exemple aux changements fréquents de conseillers et à la surabondance de formulaires.
Qu’en est-il dans le domaine des placements ?
Nous venons d’un environnement de taux bas qui a permis pendant des années de très bons rendements dans le domaine des actions. Le retournement des taux d’intérêt a d’abord provoqué une certaine incertitude. Dans les modèles, la répartition classique entre les classes d’actifs cash, obligations et actions prédomine. On remarque par ailleurs qu’il est possible d’obtenir des rendements satisfaisants sans avoir à investir dans des sous-classes alternatives, ou plus exotiques.
Vous lancez un nouveau label, le Provider Rating. Pour quelles raisons ?
Il n’existe aujourd’hui aucun label de qualité indépendant pour la gestion de portefeuille, qu’il s’agisse de banques ou de gestionnaires de fortune. Avec le Provider Rating, nous introduisons cette dimension. Ce label est également un critère d’admission pour que nous puissions intégrer un gestionnaire de fortune dans notre base de données. Le rating se base sur une méthodologie développée au cours des huit dernières années. Nous évaluons, entre autres, la qualité du service, le nombre de collaborateurs, la taille, mais aussi des questions clés telles que les stratégies de placement.
Parlons encore des coûts. Voyez-vous là-aussi se dégager une évolution marquante vers la transparence?
Il semble que ce soit le cas à première vue. De nombreux prestataires utilisent effectivement ce que l’on appelle des « all-in fees » ou des « flat fees ». Mais on constate aussi, assez régulièrement, que de nombreux modèles comportent des frais cachés presque aussi élevés que les « flat fees ». Il peut s’agir de frais liés aux produits. Les clients ont donc tout intérêt à vouloir faire des comparaisons.
Patrick Müller
Zwei Wealth
Patrick Müller est directeur et membre du conseil d’administration de Zwei Wealth, une entreprise fondée en 2014 avec Klaus Wellershoff. Aujourd’hui, Zwei Wealth se présente comme un écosystème dédié à la gestion de fortune, qui agit de manière indépendante par rapport aux banques et aux gérants. Patrick Müller a occupé auparavant différentes fonctions dirigeantes dans le secteur financier, notamment chez Credit Suisse et UBS. Il est titulaire d’un master de l’université de Saint-Gall.
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Le début d’année 2023 a valu aux gérants de hedge funds des conditions de marché relativement compliquées, après un exercice 2022 qui a remis au goût du jour les stratégies décorrélées. Tout d’abord, bon nombre de stratégies ont sous-performé en raison de leur positions short du fait d’une amélioration soudaine du sentiment des investisseurs. Ensuite, certains événements, notamment les faillites de banques régionales américaines depuis le mois de mars, ont provoqué une nouvelle vague de volatilité et d’incertitude sur certains marchés.
Les hedge funds se positionnent ainsi comme l’une des rares alternatives à pouvoir apporter des rendements décorrélés face aux incertitudes macroéconomiques croissantes. A moyen terme, l’évolution de l’inflation, des tensions dans le secteur bancaire et de la croissance économique mondiale pourraient recréer une pression baissière sur les actifs traditionnels.
RV Arbitrage/Multi-Strategy – Positif
– Ces stratégies maintiennent une exposition directionnelle faible, ce qui leur permet d’être plus résistantes aux retournements de marchés.
-L’accroissement de la dispersion entre les actifs permet aux stratégies relative value d’identifier d’avantage d’opportunités.
-Néanmoins, la volatilité des actions a été étonnement faible en 2023 malgré un certain nombre d’événements macroéconomiques importants.
Commodities – Positif
-Des déséquilibres structurels entre l’offre et la demande continuent d’exister sur plusieurs marchés, permettant également de bénéficier de tendances pluriannuelles favorables soutenues par les initiatives environnementales d’acteurs publics et privées.
-Les prix des matières premières répondent avant tout à des facteurs fondamentaux ce qui offre des opportunités uniques à des spécialistes aguerris. Par ailleurs, leur corrélation aux marchés traditionnels reste plus faible.
-Les stratégies relative value devraient mieux se comporter, minimisant les renversements liés aux changements de perspectives économiques mondiales, surtout en Chine.
Global Macro – Positif
-Une évolution plus claire des politiques monétaires devrait apporter de nouvelles opportunités sur les marchés des taux et de devises.
-Les rotations de marchés successives depuis novembre 2022 ont été couteuses, notamment sur les positions short taux courts et long dollar.
-La divergence croissante de vues entre les marchés et les banques centrales crée un risque binaire à court terme.
Fixed Income/Credit Arbitrage – Neutre
-Une majorité de stratégies crédit reste directionnelle et éprouve des difficultés à naviguer dans des marchés volatils.
-Le risque accru de récession et des conditions financières plus restrictives pourraient mettre à l’épreuve les marchés obligataires à moyen terme. Les stratégies low-net semblent mieux équipés pour ce type d’environnement.
-Les opportunités en distressed devraient augmenter avec la hausse des taux de défaut, mais il encore tôt pour se positionner.
CTA/Managed Futures – Neutre
-Ces stratégies ont souffert de retournements rapides des marchés depuis le quatrième trimestre 2022, elles continuent d’être vulnérables à ce type d’instabilité.
-La normalisation des politiques monétaires pourrait apporter des opportunités lucratives pour les stratégies de trend following.
-Avec la hausse des taux d’intérêts, le carry sur l’excès de cash est susceptible de devenir une composante importante des rendements
Event Driven – Négatif
-Des taux plus élevés et un ralentissement économique mondial devraient réduire l’activité globale de financement (fusion-acquisition, émissions primaires, spin-off, IPO …).
-La hausse des risques réglementaires et géopolitiques constitue un réel obstacle pour les stratégies de merger arbitrage. Cependant, les primes de risque augmentent avec une volatilité plus élevée.
-Le bruit macroéconomique peut avoir une plus grande influence sur l’évolution des prix que les facteurs idiosyncratiques.
Equity Long/Short – Neutre
-Le bêta structurel de ces stratégies pourrait souffrir si les marchés actions venaient à corriger après la forte hausse de ce début d’année.
-Après une décennie de marchés haussiers, le constat est à une pénurie de véritables compétences de short selling parmi les gérants ELS.
-Les opportunités alpha sont toujours présentes, mais les prix des actions sont plus sensibles aux développements macroéconomiques.
-Une plus grande dispersion des résultats devrait améliorer les perspectives des stratégies à exposition nette faible /neutre.
Marouane Daho
Iteram Capital
Marouane est analyste/gérant chez Iteram Capital et membre du comité d’investissement. Ses principales responsabilités consistent en la recherche de gérants et la gestion de portefeuilles de hedge funds. Avant de rejoindre Iteram, il était en charge des hedge funds et des investissements sur les marchés privés au sein d’un single-family office à Genève. Il a débuté sa carrière chez Lyxor Asset Management à Paris en tant qu’analyste hedge funds. Marouane est diplômé de l’école de commerce NEOMA avec un MSc en finance.