Crypto

Solutions d’investissement

    • Géraldine Monchau
    • Digital developer
    • Sphere

Trump pourrait-il déclencher le “Golden Age” de la crypto ?

L’élection de Donald Trump, bien décidé à faire des Etats-Unis, une « superpuissance mondiale du Bitcoin, » a cristallisé la demande sur le marché des cryptomonnaies. Sa volonté d’ancrer le bitcoin dans le modèle économique américain pourrait d’ailleurs initier des changements structurels plus profonds.

.La capitalisation boursière du Bitcoin a dépassé les 1’700 milliards de dollars. Les volumes d’échanges pour les ETFs Bitcoin atteignent des niveaux records. Celui de BlackRock, l’IBIT lancé en début d’année, a dépassé en termes d’actifs nets l’ETF Gold, l’IAU, lancé en 2005. Avec un cours du bitcoin  avoisinant les 89’000 dollars, les actifs d’IBIT atteigne désormais les 34,3 milliards de dollars, contre 32,4 milliards pour l’IAU. Une telle demande sur le bitcoin et les cryptos mérite quelques explications.

Ce rallye est en partie dû à quelques promesses subtiles mais révolutionnaires formulées par Donald Trump. Ces engagements, couplés aux changements politiques attendus, ont créé un sentiment haussier sur les marchés de la crypto, positionnant le Bitcoin pour un possible rallye de fin d’année. Trump a une vision  : élever les États-Unis au rang de « superpuissance mondiale du Bitcoin ». Ses propositions pourraient avoir un impact profond sur la valeur du Bitcoin, avec des analystes qui estiment son potentiel à 150’000 dollars, voire plus, d’ici 2025. Mais est-ce réaliste ?

Une phrase résume les ambitions de Trump : « Crypto Made in America. » Son objectif est de s’assurer que les États-Unis deviennent un leader incontesté dans le domaine de la technologie financière, avec le Bitcoin au centre de toutes les attentions. Il affirme que ce projet pourrait non seulement propulser le bitcoin à de nouveaux sommets, mais aussi ouvrir la voie à des entreprises émergentes basées sur la technologie blockchain et valorisées à des milliards de dollars.

De plus, en créant une “Strategic Bitcoin Reserve”, Trump envisage un système de réserve avec le Bitcoin, offrant une alternative radicale au modèle de réserve basé sur la monnaie fiat. La sénatrice Cynthia Lummis a proposé un projet de loi pour que le gouvernement américain achète 200’000 Bitcoins par an sur une période de cinq ans, soit un million de BTC au total. Bien qu’une telle réserve nécessite une législation particulière et pourrait ne pas voir le jour avant 2025, comme le souligne  Gautam Chhugani, analyste senior en actifs numériques chez Bernstein « la direction vers laquelle nous nous dirigeons, avec le bitcoin devenant un actif de trésorerie détenu par des entreprises, des gouvernements et des institutions, nous semble évidente ».

Cette approche introduirait un changement de paradigme dans le système monétaire américain, caractérisé par une dette en perpétuelle hausse et des dépenses publiques toujours plus lourdes.

L’élection présidentielle a bien eu un effectif cristallisateur sur les marchés. En effet, le rallye des cryptomonnaies et des actions associées appartient à ce que l’on nomme maintenant le « Trump Trade » post-élection. Parmi les actions individuelles, Tesla a connu un redressement spectaculaire, en grande partie grâce à l’amitié qui s’est forgée récemment entre Elon Musk et Donald Trump. Tesla a augmenté de plus de 40 % depuis le début de l’année. Le cours de MicroStrategy, étroitement lié aux performances du bitcoin, atteint à nouveau des sommets record.

Depuis la victoire électorale de Trump, la capitalisation du marché crypto a retrouvé ses plus hauts. Le Dogecoin se démarque avec un bond impressionnant de 109 % sur la dernière semaine. Sur la même période, l’Ether a augmenté de près de 40 %, même s’il reste loin de ses plus hauts historiques. Pour sa part, Solana, également en hausse de 40 %, se rapproche rapidement de son pic de 2021 et rejoint le club des valorisations à plus de 100 milliards de dollars

Alors que les États-Unis se trouvent dans une situation financière précaire, avec une dette nationale qui gonfle et des paiements d’intérêts annuels dépassant les 1’000 milliards de dollars, Trump voit dans le Bitcoin une issue possible. Il soutient que le Bitcoin pourrait servir de couverture contre l’inflation, d’actif de réserve alternatif, et d’instrument pour redresser la trajectoire de la dette américaine. En cela, il s’accorde avec ces titans de Wall Street que sont Larry Fink CEO de BlackRock, le mythique Stanley Druckenmiller ou le renommé Paul Tudor Jones pour n ‘en citer que quelque-uns. Tous voient dans le Bitcoin comme un substitut moderne à l’or, avec un véritable potentiel pour protéger les portefeuilles contre l’inflation.

Les promesses de Trump, bien qu’audacieuses, traduisent une reconnaissance croissante du potentiel du Bitcoin pour remodeler les dynamiques financières mondiales. Le monde observe. Alors que l’Amérique envisage ses prochaines étapes sur ce chemin, la valeur du Bitcoin pourrait bientôt refléter non seulement le sentiment du marché, mais aussi un changement plus profond dans notre perception de la monnaie, du pouvoir et de la richesse. Si les plans de Trump se réalisent, nous pourrions être à l’aube d’un moment historique où l’ascension du Bitcoin redéfinit non seulement le marché des cryptomonnaies, mais aussi l’avenir de la finance mondiale.

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    Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

    Diversification

    Solutions d’investissement

      • Interview Marwan Haddad
      • Directeur général et responsable de la stratégie actions MENA
      • Azimut Group

    MENA : le potentiel dévoilé d’un marché en pleine mutation

    Le Moyen-Orient, notamment les pays du Conseil de coopération du Golfe, se démarque par sa résilience et ses efforts soutenus de diversification. Marwan Haddad en analyse les dynamiques économiques et explore les enjeux clés pour l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, en s’attardant sur les réformes déployées pour attirer talents et investissements.

    Par Géraldine Monchau

    Comment décririez-vous la situation économique du Moyen-Orient par rapport aux autres économies mondiales, à la lumière des récentes baisses de taux et des fluctuations des prix du pétrole ?

    Les pays du GCC à hauts revenus comme les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite représentent actuellement 95 % de l’indice S&P Pan Arab. Ils utilisent leur richesse pétrolière pour diversifier leur économie et réduire leur dépendance à l’égard de cette industrie. Dubaï, qui se positionne comme une plaque tournante mondiale du commerce et du tourisme, illustre parfaitement cette réussite.

    La région est aujourd’hui à l’aube de nouvelles transformations. L’Arabie saoudite, son fer de lance de la région, investit massivement dans des secteurs tels que le transport maritime, la logistique, le divertissement, ainsi que dans des mégaprojets d’infrastructure. Elle dispose pour cela d’importantes réserves fiscales, des actifs étrangers d’une valeur de 467 milliards de dollars, près de la moitié de son PIB) et elle présente par ailleurs un faible ratio dette/PIB de 28 %. Elle dispose donc de la solidité financière nécessaire pour mener à bien ces projets. Le financement peut provenir de sources diverses comme la privatisation d’actifs – l’introduction en bourse d’Aramco a permis de lever 42 milliards de dollars ! -, ou l’augmentation de la dette publique qui reste relativement faible.

    La plupart des pays du GCC ayant leur monnaie arrimée ou étroitement liée à au dollar ont dû s’aligner sur les politiques monétaires américaines, ce qui s’est traduit par des taux d’intérêt plus élevés en dépit d’une faible inflation. Néanmoins, les secteurs bancaires de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis ont enregistré une croissance des prêts, de plus de 10 % et 7 %, respectivement.

    En ce qui concerne les fluctuations des prix du pétrole, la région s’en est bien sortie en constituant des réserves budgétaires substantielles pendant les périodes où les prix du pétrole étaient élevés. Aux Émirats, le pétrole ne représente plus que 30 % du PIB. Depuis le choc pétrolier de 2014, l’Arabie saoudite comme les EAU ont considérablement réduit les subventions et introduit de nouvelles taxes, pour diversifier davantage leurs sources de revenus et garantir des budgets plus équilibrés.

    Quelles mesures importantes les autorités ont-elles prises pour stimuler l’économie ?

    Les Émirats arabes unis, avec leur « Golden Visa » de dix ans pour les professionnels et les investisseurs, ont su attirer de nouveaux talents. Parallèlement, l’Arabie saoudite, via des réformes sociales audacieuses – notamment l’octroi de visas touristiques et l’autorisation de la conduite pour les femmes – s’est créé un plus large réservoir de capital humain.

    L’Arabie saoudite a progressé aussi dans les domaines du divertissement, du tourisme intérieur et du développement technique. Autrefois absente de l’indice MSCI Emerging Markets, elle en représente aujourd’hui environ 3,7 % de l’indice, sur les 7% que compte l’ensemble du Moyen-Orient. Il s’en est suivi de solides apports de capitaux, passifs et actifs, sur le marché boursier.

    Au cours de la prochaine décennie, la région devrait allouer plus de 1’000 milliards de dollars à la diversification de ses économies

    Quel est le principal défi auquel la région est confrontée aujourd’hui, en particulier pour l’Arabie saoudite ?

    Le gouvernement doit rester engagé dans ses réformes. Contrairement aux Émirats arabes unis, le pays reste fortement tributaire des dépenses publiques pour construire ses infrastructures dans divers secteurs, au moins pour les dix prochaines années.

    Quelles sont vos perspectives pour les marchés du Moyen-Orient dans les années à venir ? Quels thèmes vous semblent prometteurs?

    Nous nous concentrons sur des thèmes séculaires tels que les biens de consommation de base, puisque l’Arabie saoudite veut voir passer sa population de 33 millions aujourd’hui à 40 millions d’ici 2040. Nous nous alignons aussi sur des thèmes liés aux réformes en cours tels que l’éducation de qualité, le logement et les soins de santé, trois piliers qui doivent être améliorés pour attirer des expatriés de haute volée. Le marché va continuer à s’élargir avec l’introduction en bourse de nouvelles sociétés, ce qui permettra aux investisseurs d’être exposés à des thèmes qui n’existaient pas auparavant. Nous nous attendons enfin à ce que la prime de risque globale sur le marché diminue en raison de l’amélioration de la transparence et de la communication des entreprises.

    Les marchés MENA offrent-ils un avantage en termes de diversification et dans quelle mesure sont-ils affectés par les prix du pétrole ?

    Ces trois dernières années, l’indice S&P Pan Arab affiche une corrélation décroissante avec les marchés émergents Il faut bien sûr attribuer cette diminution au développement majeur des moteurs de croissance intérieure et à la diversification par rapport au pétrole.

    Marwan Haddad

    Azimut Group

    Marwan a rejoint Azimut en 2023 pour diriger les stratégies Actions MENA et l’expansion du groupe en Arabie Saoudite. Marwan était auparavant directeur général des investissements chez Capital Investments. Avant cela, il a travaillé pour Emirates NBD Asset Management où il était responsable des actions de la région MENA, tout en développant l’offre de la banque en matière de dette privée et de stratégies multi-actifs. Il a également géré des stratégies d’actions de la région MENA chez AL MAL Capital et Rasmala Investment Bank. Marwan Haddad est titulaire d’un Executive MBA de la London Business School et d’un Master of Business in Finance de l’Université de Sydney. Il détient également la certification CFA.

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      Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

      Fairtrade

      Solutions d’investissement

        • Interview Christoph Gosdenoz
        • Fondateur et président du conseil d’administration
        • FairCapital

      « L’un de nos projets se fonde sur une solution blockchain »

      Fondée en 2019, FairCapital est devenue en quelques années un acteur clé du financement des petits producteurs Fairtrade en Amérique latine et en Afrique, avec la volonté de proposer des solutions très innovantes dans le domaine de l’impact, comme l’explique Christoph Gosdenoz, à l’origine du projet.

      Comment est né FairCapital ?

      Marie-Noëlle Jerschke, Arthur Crespo et moi-même sommes trois professionnels passionnés par l’investissement à impact. En septembre 2019, nous nous sommes lancés dans cette aventure avec l’objectif clair de soutenir le système Fairtrade Max Havelaar. Tous les trois, nous avons donc fondé FairCapital en Suisse avec comme mission principale d’offrir des solutions de financement adaptées aux petits agriculteurs certifiés Fairtrade. Nous avons investi nos propres fonds et nous bénéficions de l’aide de la Zürcher Kantonalbank, notre premier prêteur.

      En quoi consiste plus exactement le soutien apporté aux producteurs certifiés Fairtrade ?

      FairCapital intervient de plusieurs façons. Tout d’abord, les agriculteurs certifiés Fairtrade peuvent accéder au prix minimum Fairtrade, garantissant un filet de sécurité en cas de volatilité des prix du marché. Ils bénéficient aussi d’une prime Fairtrade, des fonds supplémentaires utilisés pour des projets de développement durable dans leurs communautés.

      Ce qui distingue FairCapital, c’est sa capacité à offrir des solutions de financement sur-mesure, comme des lignes de crédit pour préfinancer les récoltes ou des prêts à long terme pour renouveler les plantations. Depuis nos débuts, nous avons constitué un portefeuille diversifié qui regroupe plus de 50 organisations de producteurs, et qui génèrent un impact direct sur leurs conditions de vie.

      Parmi les différents projets que vous menez, lesquels se distinguent par leur caractère innovant ?

      L’un des projets phares lancés en 2024 est le FairCapital Coffee Certificate. Il s’adresse aux investisseurs qualifiés, et leur permet de préfinancer les récoltes de café des producteurs certifiés Fairtrade. Nous explorons aussi des solutions innovantes en matière de certificats de CO2.

      Dans ce cadre, nous développons actuellement un produit en agroforesterie pour que nos bénéficiaires améliorent leur résilience face au changement climatique. FairCapital fournira des prêts à long terme pour le renouvellement des plantations et la transformation vers une production biologique. Après la mise en œuvre de systèmes agroforestiers, les agriculteurs pourraient alors générer des certificats de CO2, ce qui représenterait à la fois une source de revenus supplémentaire et pourrait être utilisé comme garantie pour les prêts de FairCapital afin de réduire le risque de crédit.

      Un autre projet novateur est le Fair Trade Token, développé en collaboration avec Fairtrade Max Havelaar Suisse et la Zurich University of Applied Sciences. Grâce à une solution blockchain, les consommateurs pourront préfinancer les récoltes directement via l’achat de produits Fairtrade. Cela faciliterait la mobilisation de capitaux privés à grande échelle.

      Comment FairCapital évolue-t-elle dans des régions comme l’Afrique ?

      Nous avons renforcé notre présence en Afrique, en commençant par la Côte d’Ivoire et en nous concentrant sur ses industries du cacao et de la noix de cajou. Nous avons même ouvert un bureau à Kigali, au Rwanda, pour nous rapprocher de nos bénéficiaires et mieux comprendre leurs besoins locaux. Bien que l’Afrique pose aux investisseurs quelques défis en termes de rendements pour les investisseurs, notre modèle flexible nous permet d’adapter nos solutions aux réalités du terrain.

      Comment vous situez-vous avec FairCapital par rapport aux Objectifs de Développement Durable?

      Notre travail porte concrètement sur cinq Objectifs : l’élimination de la pauvreté, la lutte contre la faim, l’égalité entre les sexes, le travail décent et la croissance économique, ainsi que des modes de consommation et de production responsables. Chaque prêt que nous accordons à une organisation certifiée Fairtrade contribue à améliorer la vie des petits agriculteurs et à bâtir des chaînes d’approvisionnement plus durables.

      Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?

      Nous voulons continuer à croître en Amérique latine et en Afrique avec un portefeuille de produits élargi et des solutions d’investissement vraiment innovantes. Notre mission ne va pas changer. Nous allons nous assurer que les petits producteurs profitent pleinement des avantages du commerce équitable, et que la pauvreté dans le Sud global s’en voit réduite d’autant.

      Christoph Gosdenoz

      FairCapital

      Christoph Gosdenoz est fondateur et président du conseil d’administration de FairCapital. Il a plus de 20 ans d’expérience dans l’impact investing, la finance entrepreneuriale, les fusions-acquisitions et l’analyse des investissements. Ancien consultant indépendant et investisseur à impact, il a travaillé pour UBS à Zurich et au Mexique, ainsi que pour BNP Paribas à Genève et à Singapour. Christoph est titulaire d’un Master en administration des affaires de l’Université de Genève et d’un doctorat en administration des affaires obtenu à l’Edinburgh Business School. Il détient également la certification CFA.

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        Insight

        Solutions d’investissement

          • Fadi Barakat
          • Chief Investment Officer
          • Reyl Finance MEA

        Une nouvelle ère de politique monétaire

        L’année 2022 a vu une corrélation très forte des actions et obligations, liée à une hausse rapide des taux d’intérêt pour contrer l’inflation. La détente de la politique monétaire que privilégient en ce moment les banques centrales pourrait bien évidemment modifier la donne.

        L’année 2022 restera dans les mémoires comme celle au cours de laquelle aucune classe d’actifs n’a été épargnée. La corrélation entre les titres obligataires et les actions a atteint son niveau le plus élevé, le S&P 500 ayant chuté de 19,44% et l’indice global du crédit ayant perdu 16,96%. Cette corrélation positive a été inhabituelle, car elle a défié les manuels d’économie et la théorie des portefeuilles. 

        La raison de ce comportement du marché a été bien sûr le cycle de hausse rapide des taux d’intérêt visant à contenir l’inflation, qui a déclenché l’effondrement du marché, alors même que l’économie était en croissance. Dès lors que nous entrons dans le cycle de réduction des taux en Europe et aux États-Unis, les banques centrales pourraient-elles inverser ce processus ? Que pouvons-nous attendre des marchés dans un avenir proche ?

        Cycles passés

        Lorsque la bulle « Dot.com » a éclaté entre mars 2000 et juillet 2002, les actions ont perdu 50% de leur valeur, tandis que les obligations ont augmenté de 29,7%. Au cours de cette période, la Fed a réduit le taux d’intérêt du jour au lendemain de près de 500 points de base afin de soutenir une économie ébranlée par la récession. En réalité, les obligations ont compensé la plupart des pertes subies par les actions et les portefeuilles équilibrés ont relativement bien résisté. Contrairement à 2022, les taux ont joué un rôle de tampon pour les actions.

        Lors de la crise financière mondiale de 2008, entre septembre 2007 et mars 2009, les actions ont chuté de 57%, tandis que les obligations ont également perdu 10% en raison de la hausse du crédit et des défauts de paiement. Les obligations américaines non risquées à 10 ans ont toutefois progressé de 4,3%. La corrélation négative est évidente : en 2000 et 2008, les marchés ont fortement chuté, l’économie est entrée en récession, entraînant un assouplissement de la politique monétaire, contrairement aux marchés de 2022. Les obligations ont joué le rôle d’actifs défensifs face à l’effondrement du marché des actions.  Tout ceci nous conduit à aujourd’hui, alors que nous tirons les leçons du passé et essayons de savoir ce que nous réserve le futur.

        Des baisses anticipées

        C’est dans les années 2000 que la Fed réduit, pour la première fois, ses taux de 50 points de base sans qu’il y ait de récession en vue, et pour la seconde fois dans son histoire. Nous pouvons y voir à la fois une mesure préventive contre le ralentissement du marché de l’emploi et un réajustement des rendements réels puisque les objectifs d’inflation ont été atteints. Il n’y a guère de raison de maintenir une politique monétaire restrictive avec une inflation stable et bien inférieure à 3%. Aujourd’hui, la Fed a pris la décision de réduire fortement ses taux d’intérêt, ce qui lui laisse une marge de manœuvre supplémentaire. Compte tenu du décalage monétaire, l’effet de cette réduction ne se fera sentir que dans six à douze mois et il pourrait être trop tard pour stimuler l’économie en cas de besoin.

        Jusqu’à présent, les marchés ont réagi positivement à cette décision « audacieuse ». À l’heure où nous écrivons ces lignes, les actions américaines et européennes flirtent avec des records, les marchés obligataires sont stables et les écarts de taux à haut rendement sont à des niveaux historiquement bas. Tant que les dépenses de consommation resteront fortes et que la croissance du PIB sera au rendez-vous, il n’y a aucune raison de croire que nous assisterons à une répétition des crises précédentes. Au contraire, les obligations et actions pourraient enregistrer de bonnes performances. 

        Les petites et moyennes entreprises sont celles qui bénéficieront le plus des baisses de taux, car elles auront un impact direct sur leur accès à des capitaux moins chers. Nous pourrions donc assister à une rotation des entreprises disposant d’importantes liquidités et des grandes capitalisations, qui réaliseront moins de bénéfices que le marché dans son ensemble, au fil des ans, à cause de leur trésorerie importante. Les actions à dividendes élevés deviennent également plus attrayantes en raison de l’amélioration de leur valeur relative par rapport au taux sans risque. 

        La récente inversion de la courbe des taux indique toutefois que les gains issus des investissements obligataires seront limités aux flux de trésorerie générés par la détention de la dette. L’appréciation du capital causée par une nouvelle compression des taux d’intérêt est peu probable et les réductions sont réduites. Les risques d’inflation ne se sont pas complètement dissipés, car d’éventuelles nouvelles guerres commerciales et une politique budgétaire expansionniste font peser des risques sur les prix. 

        Un chemin semé d’embûches

        Les douze mois à venir s’annoncent très intéressants, les marchés s’attendant à des réductions de 175 points de base pour atteindre 3%, le taux neutre. Cependant, le chemin est semé d’embûches et rarement linéaire. Les temps à venir sont difficiles, les risques géopolitiques augmentent, mais ne sont pas nécessairement intégrés. Nous attendons également les élections américaines et leurs implications sur la politique fiscale et le marché de l’emploi. En attendant, tant que la musique joue, la fête continue.  

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          Tendances

          Solutions d’investissement

            • Interview Emmanuel Petit
            • Responsable de la gestion obligataire, gérant de R-co Conviction Credit Euro
            • Rothschild & Co Asset Management

          Des baisses de taux synonymes d’opportunités ?

          Alors que la BCE et la Fed viennent toutes deux d’entamer la normalisation de leurs politiques monétaires, le rythme et l’ampleur de ce mouvement restent encore incertains au regard des fondamentaux économiques. Emmanuel Petit livre ici son analyse sur ce nouvel environnement.

          Comment interpréter les dernières baisses de taux directeurs ?

          Les décisions prisent dernièrement par les banques centrales marquent clairement l’enclenchement d’un cycle de baisse de taux. La BCE a déjà opéré deux baisses de 25 points de base, en juin, puis en septembre, alors que la Fed vient d’entériner une première baisse de 50 points de base, une première depuis 2020. Ces décisions s’appuient sur des chiffres d’inflation globale bien orientés, à 2,2 % en Europe et 2,5 % aux États-Unis, proches de la cible des 2 %. L’inflation structurelle, dite « core », hors alimentation et énergie, reste toutefois stable, autour de 2,8 % en Europe et 3,2 % aux États-Unis. Elle reste soutenue par un secteur des services particulièrement exposé aux pressions salariales.

          Cette décision marque-t-elle un changement d’appréciation de la part des banques centrales ?

          En dépit de ce changement de cap, les banques centrales continuent de marteler qu’elles sont et resteront « data dependent ». Jusqu’à présent, l’inflation leur servait de boussole mais, désormais, ce sont les données d’emploi qui sont observées avec la plus grande attention. La décision d’assouplir leurs politiques monétaires indiquent néanmoins qu’elles misent toutes deux sur une hausse du taux de chômage dans les mois à venir.

          Comment se comporte le marché de l’emploi dans ces deux zones ?

          En Europe, le taux de chômage est au plus bas et la croissance des salaires reste vigoureuse, à près de 4 %, sans gain de productivité. Les entreprises pourraient, dès lors, être tentées d’augmenter leurs prix pour maintenir leurs marges. Du côté des États-Unis, le taux de chômage à, certes, augmenté de 0,8 % depuis son point bas du mois de mai 2023 mais, comme l’indiquaient les dernières publications, les inscriptions au chômage tendent également à la baisse. Avec des ventes au détail qui restent résilientes, ces chiffres nous indiquent que nous sommes encore loin d’un environnement récessionniste.

          À quoi peut-on s’attendre dans les mois à venir ?

          Pour l’instant, on peut estimer que les banques centrales réduisent leur politique monétaire restrictive au rythme de la perte de vitesse des économies. Il faudrait que ces dernières chutent brutalement au cours des prochains mois pour que les banques centrales se sentent véritablement à l’aise avec l’idée de continuer à baisser leurs taux. Lorsque l’on regarde les indicateurs avancés, ils signalent d’ores et déjà un ralentissement économique. Néanmoins, la valorisation des actifs risqués n’intègre absolument pas l’éventualité d’une récession. Un scénario alternatif à la récession et au « soft landing » repose sur l’idée que les banques centrales commencent trop tôt à desserrer l’étau monétaire, avant que l’inflation ne soit revenue à la cible. En reboostant l’économie par des baisses de taux, le risque serait faire repartir l’inflation, et donc de remonter les taux plus tard avec, pour le coup, un impact très négatif sur l’économie. Les banques centrales prennent donc actuellement un vrai pari concernant la maitrise de l’inflation.

          Où se situent actuellement les niveaux de taux ?

          Les courbes de taux se sont repentifiés durant l’été. La pente de la courbe américaine s’est même réinstallée en territoire positif entre le 2 et le 10 ans, après avoir atteint un plus bas, à -110 points de base, en Juillet 2023. Nous pensons néanmoins qu’il convient de prendre un peu de perspective. Le point haut atteint par les taux européens date d’octobre 2023 et s’établissait à près de 3 %. Son niveau se situe désormais à 2,15 % alors que la repentification des courbes a débuté en juillet 2023.

          Quelle approche privilégier dans cet environnement ?

          Actuellement, la difficulté tient au positionnement à prendre vis-à-vis des anticipations de taux à un an. Nous considérons qu’il convient de se montrer plus prudent sur la duration pour deux raisons, avec un biais pour la pentification de la courbe. La première concerne la valorisation des courbes de taux qui intègre déjà un scénario de récession, notamment via des anticipations d’inflation à 1,60 % sur la courbe allemande, alors que la cible des banques centrales est de 2 %.

          Par ailleurs, si les marchés se montrent trop optimistes quant au rythme et à l’ampleur des baisses de taux, dans le cas où l’économie reste résiliente, on peut s’attendre à une hausse de la volatilité qu’il faudra être en mesure de capter. Cette volatilité se matérialisera certainement sur les taux, mais également sur le crédit, où les spreads se sont beaucoup resserrés. Par ailleurs, cette classe d’actifs réagirait particulièrement mal si les investisseurs venaient à être pris à contrepied sur les taux. Une situation qui, pour le coup, précédera un retournement cyclique plus dur. Compte tenu de ces éléments, cette stratégie nous paraît actuellement être la plus convexe.

          Emmanuel Petit

          Rothschild & Co Asset Management

          Emmanuel Petit a débuté sa carrière en 1998 chez HSBC Asset Management comme analyste dans le domaine de l’attribution de performances AIMR-GIPS puis il est devenu analyste crédit en 2001. En 2006, il rejoint Rothschild & Co Asset Management en tant que gérant obligataire sur les obligations privées. Il en est responsable de la gestion obligataire depuis 2011. Emmanuel est diplômé d’un mastère spécialisé en Finance d’entreprise et membre de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers).

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              • Swiss Life Asset Managers

            « La biodiversité est la nouvelle priorité des investisseurs engagés »

            La préservation de la biodiversité est devenue un élément fondamental dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle s’impose d’ailleurs comme l’une des thématiques clés pour les investisseurs engagés dans une approche à impact, notamment pour les réponses qu’elle apporte à trois des dix-sept des objectifs de développement durable des Nations Unies.

            Comment définir la biodiversité, en se référant par exemple aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unies ?

            La biodiversité représente la richesse et la variété de la vie sur Terre, depuis les plus simples structures génétiques jusqu’aux organismes complexes tels que les humains. On associe le plus souvent la biodiversité à la Nature. Elle englobe non seulement les différentes espèces animales et végétales, mais aussi les micro-organismes, ainsi que les écosystèmes qui les soutiennent. Les contours de cette définition ont notamment été fixés par la Convention de la Diversité Biologique en 1992. Cette définition est souvent utilisée en référence aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unis. Elle en concerne trois plus particulièrement. Le 14 – conserver et exploiter durablement les océans – le 15 – protéger et restaurer l’utilisation durable des écosystèmes terrestres- et je rajouterais aussi le 12, qui vise à établir des modes de consommation et de production durables.

            Quels sont pour vous les grands enjeux liés à la biodiversité ?

            Après la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité représente aujourd’hui un immense défi. De multiples facteurs sont responsables de la dégradation de nos écosystèmes : les changements d’utilisation des terres et des mers, l’exploitation directe des espèces, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives, pour citer les principaux. Par ailleurs, la perte de la biodiversité s’est accélérée – et ce à l’échelle globale. De nombreuses espèces animales et végétales disparaissent à un rythme alarmant. Or, les crises de la biodiversité et du climat sont liées dans la mesure où nos écosystèmes jouent un rôle central dans l’absorption du carbone. La dégradation de la nature induit des répercussions sanitaires, sociales mais également économiques. Heureusement, le cadre réglementaire progresse. Il encourage les investisseurs à agir. 196 pays se sont réunis lors de la COP15 sur le thème de la biodiversité et sont parvenus à un accord historique, avec un cap clair et des objectifs quantifiés pour réduire significativement sa perte.

            En termes d’investissements, comment se caractérise ce thème?

            Selon le World Economic Forum, les investissements relatifs à la biodiversité représentent un marché potentiel valorisé à 10’000 milliards de dollars par an, auquel s’ajoutent 395 millions d’emplois à horizon 2030. Il forme donc un important vivier d’opportunités où émergent entre autres de nouvelles solutions et de nouvelles technologies.

            Pourquoi cette thématique vous semble si importante que vous décidiez de lui consacrer un fonds ?

            Chez Swiss Life Asset Managers, nous sommes convaincus que le respect de la biodiversité est la nouvelle thématique prioritaire pour les investisseurs engagés. Nous avons donc été un des premiers acteurs du marché à lui consacrer un fonds. Il est possible de saisir ainsi des opportunités de croissance durable à travers des entreprises qui œuvrent contre la perte de biodiversité.

            Quelle est la taille de l’univers d’investissement sur lequel vous opérez ?

            Pour être prise en compte dans notre univers d’investissement, une entreprise doit démontrer une intentionnalité matérielle. Cela implique une vision claire de la part du management ainsi qu’un stade de développement avancé post Recherche et Développement. De fait, c’est un univers dynamique qui reflète le réservoir d’opportunités où nous voyons émerger les nouvelles solutions et les nouvelles technologies dont je vous parlais plus tôt. Il comprend, à date d’aujourd’hui près de 350 valeurs.

            Quel est le profil des entreprises sur lesquelles vous vous concentrez ?

            Le fonds présente des biais marqués sur des secteurs, des facteurs et des zones géographiques. Nos valeurs sont orientées petites et moyennes capitalisations. Elles démontrent une matérialité impact significative ainsi qu’un fort potentiel de croissance et d’innovation. Nous avons une préférence marquée pour les marchés japonais et européens, et nous avons tendance à privilégier certains secteurs clés tels que les cleantechs, les matériaux durables et la consommation de base. L’approche factorielle est stratégiquement orientée vers la croissance future, en maintenant une légère surpondération sur les valeurs dites « value ». Cette orientation reflète notre engagement en faveur de solutions innovantes et durables qui contribuent à la préservation de la biodiversité. Nous ajustons régulièrement ces biais pour nous adapter aux évolutions du marché. C’est une stratégie qui s’est avérée efficace dans le contexte des fluctuations de marché et des fluctuations environnementales que nous avons rencontrées des dernières années.

            Quels sont les critères, voire les indicateurs clés utilisés dans vos analyses et vos évaluations ?

            Ils reposent sur des indicateurs scientifiques et académiques. Notre rôle est d’évaluer entreprise par entreprise comment ces critères de respect de la biodiversité sont réellement intégrés. Cela passe, tout d’abord, par l’exclusion des entreprises à impact négatif, dont l’activité contribue directement à dégrader nos écosystèmes. Je rappelle que nous investissons dans des sociétés qui proposent des solutions pour protéger et/ou restaurer nos écosystèmes. Nous basons également notre analyse sur le cadre des Objectifs de Développement Durable des Nations Unis – les ODD 14 et 15, que j’ai déjà mentionnés, ainsi que l’ODD 12, davantage lié à l’économie circulaire.  Pour ce qui relève de la gestion à proprement parler, elle est de type « quantamental ». Elle repose sur des inputs combinant top-down et bottom-up. Le prisme quantitatif permet de construire une structure de portefeuille solide, en maîtrisant à la fois les contraintes liées à la réglementation et au risque. Quant à l’approche fondamentale, elle est essentielle dans la sélection des entreprises en tenant compte de leurs activités et de leurs sensibilités envers la biodiversité.

            Où identifiez-vous aujourd’hui les opportunités les plus évidentes ?

            Nous voyons beaucoup d’opportunités dans des domaines assez diversifiés. Parmi elles, je mettrais en avant les sociétés spécialisées dans le traitement de l’eau, des déchets ou dans le recyclage des métaux pour encourager l’émergence d’une économie circulaire. On peut également retrouver bon nombre de technologies, comme des appareils de cartographie de fonds sous-marins ou encore le segment de l’agri-tech de même que celui des activités régénératrices.

            Sur un plan plus géographique, le Japon, tourné vers l’océan, compte plusieurs sociétés spécialisées dans la protection de l’écosystème marin que nous trouvons très intéressantes. L’Australie, où la faune et la flore sont menacées, se distingue aussi avec ses acteurs dédiés à l’économie circulaire. En Europe et aux Etats-Unis, on trouve davantage de sociétés qui se concentrent sur la lutte contre la pollution à travers par exemple la préservation des écosystèmes, sur terre ou en eau douce.

            Emmanuelle Sée

            Swiss Life Asset Managers

            Emmanuelle Sée est responsable du pôle Actions et de l’Impact Investing chez Swiss Life Asset Managers France depuis 2022.  Elle a débuté sa carrière en banque d’investissement auprès de ICBC et Bank of China comme analyste, puis elle a rejoint le groupe Amundi, à Tokyo et à Paris. Elle y a évolué dans différents postes de gestion dédiés aux solutions ESG/Impact, de 2014 à 2021. Gérante Multi-Asset à ses débuts, Emmanuelle s’est spécialisée ensuite comme gérante Actions Globales sur la thématique Impact liée plus spécifiquement aux solutions climatiques, environnementales et sociales. Pour Swiss Life Asset Managers, elle gère notamment le fonds Equity Environment & Biodiversity Impact. Emmanuelle Sée est diplômée d’un Master en Finance de l’Institut National des Langues Orientales. Elle est également titulaire de trois licences en chinois, en japonais et en commerce international.

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