Principes
Patrick Humbert-Verri
Probus Pleion
« La technologie est un allié formidable. Elle facilite la vie d’une clientèle ultra-mobile. »
Cet automne, le gérant lausannois Finstoy s’est amarré au groupe Pleion, qui compte désormais sept bureaux en Suisse. Finstoy a cette particularité d’être l’un des rares GFI en Suisse à exploiter le robo-advisor de Swissquote. Florian Schefer en explique ici le comment et le pourquoi.
Où en sommes-nous avec ces robo-advisors qui étaient censés bouleverser le monde de la gestion de fortune voilà quelques années ?
Pour rappel, un robo-advisor est un système de gestion de fortune automatisé qui fonctionne sur la base d’algorithmes avec une stratégie donnée. Ce n’est pas une baguette magique. Les robo-advisors investissent dans les marchés comme tous les autres investisseurs et ils en subissent les mêmes imprévus. En revanche, ils suivent à la lettre la stratégie définie, analysent des données en un temps record, transmettent des ordres tout aussi rapidement, et gèrent le risque inhérent à la stratégie choisie de façon optimale.
Les robo-advisors deviennent ainsi des outils de soutien importants pour les gérants. Je suis toutefois convaincu que la relation humaine restera toujours l’élément central de la gestion de fortune. Les clients aiment toujours s’entretenir avec des vraies personnes, surtout dans les périodes d’incertitude.
L’usage de plus en plus répandu de IA ouvre-t-il de nouvelles perspectives pour ces robo-advisors ?
Oui c’est évident ! L’IA – et plus précisément le « machine learning » – va rendre les robo-advisors plus performants. Ils pourront garder en mémoire les décisions d’investissements qui n’ont pas été bénéfiques à un temps « T » dans des conditions de marchés bien déterminées, afin de ne pas les répéter à l’avenir. C’est une optimisation par l’expérience. Dans nos discussions avec Swissquote sur l’évolution du robo-advisor, le développement est principalement axé sur l’IA.
Quel est le potentiel des robo-advisors en tant qu’assistants de gestion pour les GFI ?
Ils permettent déjà aujourd’hui d’établir des sélections d’investissement extrêmement rapides, de gérer les risques du portefeuille, de fournir des rapports et des données très précises. Ils soulagent ainsi le travail des gérants, qui peuvent dès lors consacrer davantage de temps à la relation avec leurs clients et prospects. Je suis néanmoins convaincu qu’ils resteront des outils et ne reprendront pas le rôle du gérant, car ils ne pourront jamais comprendre les sentiments et la psychologie des clients.
Dans quels domaines les robo-advisors montrent-ils le plus de potentiel ?
Les robo-advisors fonctionnant avec des algorithmes et les algorithmes ayant besoin de données pour fonctionner, c’est sur le marché des actions qu’ils sont les plus pertinents. Grâce aux bourses, il est possible d’accéder à une quantité importante de données historiques sur les marchés des actions. Ceci est nettement plus difficile avec les obligations, qui se traitent souvent en OTC. Plus vous avez de données, plus votre algorithme fonctionne avec précision.
De quelle manière les intégrer dans une offre de gestion ?
Chez Finstoy, nous avons deux manières d’utiliser le robo-advisor de Swissquote pour la gestion de clients privés. Dans le premier cas de figure, nous l’exploitons pour la gestion de l’intégralité du portefeuille client. Dans le second cas de figure, nous concentrons l’intervention du robo-advisor sur un certain segment de l’allocation, principalement les actions. Nous le consolidons ensuite avec le reste du portefeuille. Ces deux possibilités seront dorénavant également offertes aux clients de Pleion qui le désirent.
Florian Schefer
Finstoy
Florian Schefer est le fondateur et le directeur général de Finstoy depuis novembre 2010. Il est aussi membre du conseil d’administration de plusieurs sociétés en Suisse. De 1998 à 2010 il a travaillé pour Credit Suisse principalement à Genève au Private Banking en tant que gestionnaire de fortune dans différents marchés.
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« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
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Après le rapprochement de Zest et de LFG, une véritable powerhouse est en train de voir le jour à Lugano, proposant sous un même toit la gestion de fortune et la gestion d’actifs. Le CEO de LFG, Massimo Borghesi, explique ici la logique qui sous-tend ce rapprochement.
Quelle est la raison des récents mouvements de Zest et de LFG ?
Zest et LFG ont décidé de poursuivre leur route ensemble. Les raisons en sont évidentes. Le monde des gestionnaires de fortune indépendants traverse une phase de bouleversement. Le scénario ressemble de plus en plus à celui qu’ont connu les banques. Les autorités veulent une structure juridique et réglementaire de référence, qui suive les tendances internationales. En dehors du système financier, d’autres types d’interventions législatives, comme le nouveau DPA, impliquent des investissements et des changements considérables, du moins pour ceux qui s’y intéressent sérieusement. La technologie, qui n’a pas visé le secteur financier au cours des deux dernières décennies, entraîne désormais des changements importants dans les processus internes et les services aux clients.
Tout cela entraîne des coûts pour l’entreprise et une pression sur les employés. Nous avons dû choisir entre rester petits et accepter une forte baisse des bénéfices, ou maintenir un environnement de travail soumis à un stress constant, atténuer cet impact sur une structure plus grande et saisir plutôt les opportunités de l’autre côté. Au cours des douze derniers mois, nous avons décidé de fournir des efforts et d’emprunter la deuxième voie. Nos collègues ont joué un rôle fondamental dans cette décision. L’engagement mis en place nous fait entrer dans une nouvelle phase après la période de transition.
Quelle est la logique industrielle de cette démarche ?
Nous voulons faire partie des entreprises leaders de notre branche en Suisse et contribuer au succès de l’ensemble du secteur; nous voulons être un partenaire de référence fiable pour nos clients et nos fournisseurs. Nous prenons soin de nos collaborateurs, qui doivent travailler dans un environnement agréable, serein et motivant. Ce n’est qu’avec des processus efficaces et des collaborateurs satisfaits que nous pourrons satisfaire nos clients actuels et futurs.
Nous parlons d’un processus de consolidation qui a lieu actuellement dans le secteur : Quels sont vos projets dans ce domaine ?
Oui, absolument, mais pas à n’importe quel prix. Devenir plus grand pour devenir plus grand serait suicidaire. Les processus d’agrégation, s’ils ont vraiment lieu et ne relèvent pas seulement du principe de plateforme, sont complexes, longs et coûteux. Ils exercent une pression sur l’ensemble de la structure. La décision de savoir « quand, à quelles conditions et avec qui » doit donc être mûrement réfléchie. Nous sommes toutefois ouverts à l’idée d’examiner chaque possibilité et d’étudier les conditions d’une voie commune avec d’autres compagnons de route. Notre concept de base est que toute personne souhaitant nous parler sera traitée comme un entrepreneur. Nous connaissons les sacrifices et les risques que les propriétaires d’entreprises, même petites, ont dû assumer, et c’est une richesse de compétences et d’expériences que nous voulons mettre en valeur dans une structure comme la nôtre.
Si vous regardez la place financière tessinoise, quelle est la raison de son remarquable succès ?
Le succès est rarement le fruit du hasard. Cette place d’affaires est peuplée de personnes capables, qui ont acquis une expérience intense et consacré leur vie au service des clients. Ils peuvent se mesurer à des acteurs qui opèrent dans de plus grands centres, y compris sur la plan international. Deux facteurs ont été fondamentaux : la succession interminable de difficultés que nos entrepreneurs ont dû surmonter : avantages fiscaux, rapatriements, crises financières mondiales, crises bancaires, modifications des réglementations nationales et internationales. A cela s’ajoutent les crises géopolitiques, le manque de réciprocité dans les relations avec les autres pays, en particulier avec l’Italie, ce qui les a toujours obligés à travailler avec un handicap, une monnaie éternellement forte qui a imposé un processus permanent de gestion des coûts. La place financière tessinoise n’a jamais eu la vie facile au cours des 25 dernières années. Mais cela a permis l’émergence d’une classe d’entrepreneurs de très haut niveau. Librement, selon la devise : ce qui ne te tue pas te rend plus fort.
Et le deuxième facteur ?
Le deuxième facteur, qui peut sembler négatif à première vue, est la centralisation des compétences clés. Cela a entraîné le départ de presque toutes les banques de Lugano, à l’exception de celles dont les bureaux principaux se trouvaient au Tessin. Cette mesure a été une grande erreur de la part des banques. L’intention de réduire les coûts n’a pas été atteinte. En réalité, les coûts n’ont pas baissé. Les relations – désormais décentralisées – se sont retrouvées moins bien servies que par le passé. En outre, les banques ont souvent pensé à remplacer les relations personnelles et personnalisées par des outils technologiques. Les clients se sentaient moins considérés. Les gestionnaires de fortune indépendants ont comblé ce vide avec professionnalisme et excellence, prouvant que la centralisation ne fonctionne pas dans notre secteur.
Biographie
Massimo Borghesi
Massimo Borghesi a plus de vingt ans d’expérience dans la gestion de fortune. Il a commencé comme gestionnaire de fonds dans l’une des plus grandes banques italiennes et s’est spécialisé dans les actions américaines. En Suisse, il a travaillé chez UBS et Julius Baer à Lugano en tant que responsable de l’analyse des actions, directeur du conseil et de la gestion de portefeuille. Il est ensuite devenu CIO dans une entreprise financière de premier plan à Lugano. Il a effectué des études dans le domaine bancaire et financier puis il a suivi une formation de CFA et de Financial Risk Manager.
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La Coopérative suisse des gérants de fortune – la SGVV – est un nouvel acteur sur le marché des GFI qui, selon ses propres termes, souhaite promouvoir « l’entraide commune de ses coopérateurs autour de leurs intérêts économiques ». Son cofondateur, Marco A. Bassi, explique les raisons qui ont conduit à la création de cette nouvelle organisation.
La SGVV veut donc promouvoir les intérêts économiques de ses membres par le biais d’une entraide commune. Qu’est-ce que cela signifie ?
Nous proposons à nos membres des services dans les domaines de la conformité et de la gestion des risques. Cela comprend la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Nous proposons ces services contre rémunération. Ils comprennent également des prestations en termes de formation continue pour ses membres dans le domaine du droit des marchés financiers. Cette formation est d’ailleurs exigée par le législateur si l’on s’en réfère à l’article 15 de l’OEFIN en relation avec l’article 20 inclus dans la LFIN. La coopérative fournit cette formation soit par elle-même, soit de façon coordonnée en collaboration avec différents partenaires. Le premier module est déjà programmé pour le 13 novembre à Zurich
Qui se cache derrière l’équipe fondatrice ?
Il s’agit de professionnels confirmés et d’experts dans le domaine de la gestion de fortune. Le président de l’administration, Michel Tröhler, était auparavant membre de la direction de l’Association suisse des gérants de fortune. Bertrand Jakob et moi-même avons également travaillé à l’ASG. Daniel Lehmann était auparavant CEO de la société de gestion de fortune Ehinger & Cie à Bâle et Stefan Bouclainville, un expert dans le domaine de la fiscalité, travaillait auparavant, entre autres, chez BDO.
A qui vous adressez-vous avec la SGVV?
Nous sommes très clairement ciblés : nos services profitent en principe à tous les gérants de indépendants, ainsi qu’aux prestataires de services qui les servent.
En parlant de réglementation : comment se porte le secteur en cette « première année » de réglementation de la Finma ?
Le secteur reste robuste, même si le nombre de participants a fortement diminué après l’expiration des délais de transition pour les demandes d’autorisation LSFin/LEFin. Nous partons du principe que la vague de consolidation commencera avec un décalage d’environ un an, dès que les gérants de fortune autorisés auront fait leurs premières expériences avec la révision du droit des marchés financiers. Nous voulons toutefois contribuer, avec la SGVV, à ce qu’il soit encore possible, même pour les petits établissements, de poursuivre leurs activités de la manière la plus stable possible, en leur proposant nos services dans les domaines de la conformité et de la gestion des risques à des prix acceptables.
Biographie
Marco Bassi
SGVV
Marco A. Bassi travaille depuis mars 1989 dans le domaine des gérants de fortune indépendants et a exercé la plupart du temps des fonctions de direction ou de suppléance auprès de différentes banques privées et universelles suisses et étrangères. Outre son très grand environnement relationnel et son réseau, il dispose en outre de précieuses connaissances et expériences dans les domaines de la cryptographie, du marketing, du crédit, des risques et de la conformité. Ces dernières années, il s’est spécialisé dans le conseil aux gestionnaires de fortune en tant que conseiller d’entreprise et a également participé à plusieurs start-up FinTech.
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SwissComply a été impliquée, et l’est toujours, dans quelques 150 processus d’autorisation. Certains de ses clients sont déjà engagés dans les premières révisions prudentielles. Stefan Baumann en profite pour revenir sur quelques-unes des surprises que réserve le nouveau régime ainsi que sur la tendance accrue à l’externalisation du contrôle des risques et de la compliance.
Comment avez-vous vécu cette « première année » placée sous le nouveau régime de la FINMA?
Très difficile. SwissComply a été et est toujours impliquée dans environ 150 demandes d’autorisation. C’est un défi de taille pour une entreprise d’à peine 30 collaborateurs. De plus, 200 gestionnaires suisses externalisent la conformité et la gestion des risques auprès de SwissComply. Une cinquantaine de ces gestionnaires sont encore en cours de procédure d’autorisation et n’ont pas encore commencé à externaliser la fonction de conformité et de gestion des risques. Sur ce point également, notre entreprise attend encore beaucoup de travail dans les prochains mois.
Où voyez-vous les plus grands challenges ?
Pour les nombreux gérants de fortune déjà autorisés selon l’art. 17 LFIN, que nous pouvons compter parmi nos clients externalisés, les premières révisions prudentielles ont certainement constitué un vrai défi. Les clients de SwissComply travaillent avec une vingtaine d’organes de révision différents et avec les cinq organisations de surveillance – bien que la FINMA prescrive le programme de contrôle, les différentes organisations de surveillance et les réviseurs mettent l’accent sur des points différents. Le travail de préparation s’avère donc difficile. Bien sûr, nous essayons d’utiliser au mieux nos économies d’échelle lors de la préparation de la révision et nous sommes également prêts à défendre les intérêts de nos clients auprès des organes de surveillance si nous estimons que ces intérêts sont justifiés.
Quelle a été, selon vous, la grande surprise que ce nouveau régime a pu réserver?
Alors que l’on a régulièrement prédit la disparition du marché des gestionnaires de fortune au cours des dix dernières années, je suis agréablement surpris et heureux de voir à quel point ce marché est toujours aussi diversifié et vivant. En 2024, nous pouvons déjà accompagner plusieurs startups sur la voie de l’indépendance. Le marché des EAM est très animé! Beaucoup de gérants déjà autorisés ont une taille assez réduite – la médiane en termes d’encours est de 60 millions de francs. Ce qui est devenu clair après l’étude de la LSFin/LEFIn, du moins en théorie, se vérifie : la nouvelle réglementation n’est pas un obstacle pour les micro-entreprises avec un bon modèle d’affaires et des risques gérables. J’ai en outre été agréablement surpris de voir à quel point le processus d’autorisation est bien rodé: les gestionnaires de fortune disposant d’un modèle d’affaires ciblé et d’une substance suffisante parviennent en général à passer le processus d’autorisation en deux étapes, de manière efficace et pragmatique.
Pour de nombreux gérants de fortune, l’importance accordée à la gestion des risques dans le processus d’autorisation et dans le cadre de l’audit réglementaire devrait être inhabituelle. Est-ce aussi votre avis ?
Oui, le régulateur exige des gestionnaires de fortune qu’ils mettent en place un système de contrôle interne dit efficace. Efficace signifie que les contrôles ont un effet modérateur sur les domaines à risque d’une entreprise, qui sont gérés par la fonction de gestion des risques. En outre, l’accent sera mis à l’avenir sur la gestion des risques de marché, de crédit et de liquidité, notamment dans le cadre de la gestion de fonds d’investissement propres. Dans ce contexte, le marché de la gestion de fortune devra attirer davantage de risk managers expérimentés.
La séparation des fonctions, c’est-à-dire le renforcement du contrôle des risques et de la compliance à partir d’une certaine taille, est un grand sujet pour de nombreux gestionnaires de fortune. Comment envisagez-vous cette gageure ? Où l’externalisation de ces fonctions est-elle judicieuse ?
Une grande majorité des quelques 1000 gestionnaires de fortune autorisés jusqu’à présent ont dû, en raison de la taille de l’entreprise ou des risques liés au modèle d’affaires, séparer sur le plan organisationnel la fonction de contrôle des risques et de compliance des fonctions orientées vers le rendement. Environ la moitié de ces gestionnaires de fortune ont entre-temps externalisé ces fonctions de gestion des risques et de compliance. Je pense que cette tendance à l’externalisation va encore se renforcer. En effet, les exigences posées à la fonction de contrôle des risques et de compliance sont très élevées et de nombreux gérants de fortune ont du mal à nommer une personne adéquate en interne. En outre, la décision d’externaliser est souvent liée à des considérations économiques – une externalisation est souvent nettement plus avantageuse qu’une personne dédiée en interne. Mais il y a bien sûr aussi des raisons d’internaliser la conformité et le contrôle des risques – c’est en général le cas pour les très grands gestionnaires de fortune.
Biographie
Stefan Baumann
Stefan Baumann est CEO chez SwissComply, une entreprise de conseil et de services pour les gestionnaires de fortune indépendants. Auparavant, il a travaillé pour la société de conseil suisse Geissbühler Weber & Partner, où il était responsable du business development ainsi que du secteur d’activité « Gestionnaires de fortune externes ». Il a passé également douze ans au Credit Suisse, principalement dans le domaine des gérants de fortune indépendants. Stefan Baumann est titulaire d’une licence en sciences économiques de l’Université de Zurich et il a obtenu la certification Chartered Alternative Investment Analyst (CAIA).
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Le 9 novembre, une édition de l’événement SPHERE « Solutions GFI » aura lieu pour la première fois à Lugano. Souad Dous, cofondatrice de SPHERE, explique les raisons de cette démarche.
Les événements « Journées Solutions GFI » à Genève et à Zurich sont devenus l’un des rendez-vous les plus importants de la branche pour les gérants de fortune indépendants de Suisse. Quelles sont les raisons qui poussent SPHERE à organiser également un tel événement à Lugano ?
Oui, en effet, notre manifestation est devenue, dans un certain sens la réunion de la profession. Cette année, nous avons accueilli près de 700 visiteurs à Zurich et à Genève en septembre. Ce succès nous donne des ailes pour faire ce pas vers Lugano. Le Tessin compte un nombre considérable de gestionnaires de fortune indépendants et de family offices, qui se sont développés avec succès ces dernières années. C’est la première manifestation que nous allons organiser à Lugano et je m’en réjouis beaucoup.
Quel est le concept de l’événement et en quoi se distingue-t-il de Genève ou de Zurich ?
Les sept événements organisés jusqu’à présent à Genève et les cinq événements organisés à Zurich, ont montré qu’il existe une forte demande pour des contenus et des discussions pertinents. Nous venons donc avec un concept qui a fait ses preuves : nous présentons un contenu de qualité et, avec nos partenaires et nos panélistes, nous proposons des solutions aux questions les plus urgentes.
Quelles sont ces questions qui préoccupent actuellement le secteur ?
Eh bien, sur ce point, les gestionnaires de fortune de Lugano ne sont guère différents de ceux de Genève ou de Zurich. Il s’agit de trouver des opportunités de croissance. Nous sommes actuellement dans une année de transformation. De nombreux EAM ont une autorisation de la Finma jusqu’à fin 2023 et peuvent s’occuper des questions stratégiques et opérationnelles.
Où mettez-vous l’accent dans les discussions ?
Nous nous posons les questions suivantes : à quoi ressemblera l’EAM du futur et quels sont les défis actuels. La question de la surveillance de la Finma en fait partie : il s’agit ici de regarder le processus des audits. Ensuite, il y a une nouvelle génération de gestionnaires de fortune, avec de nouvelles exigences organisationnelles. Elle rencontre une nouvelle génération de clients, avec de nouveaux profils, un nouveau style de vie et un nouveau rapport à la finance. Nous nous penchons également sur le nouveau rôle central des COO lorsqu’il s’agit de questions opérationnelles et nous nous concentrons sur le thème des cyber-risques. Nous nous intéressons également à l’allocation d’actifs et aux stratégies d’investissement : Nous montrons le rôle que peuvent jouer les marchés privés et nous osons un regard sur le domaine des cryptos.
Comment le Tessin vous a-t-il accueilli jusqu’à présent lors de la préparation ?
L’accueil des personnes que j’ai rencontrées sur place pour la préparation a été formidable. Ce sont de vrais entrepreneurs que j’ai rencontrés, très engagés dans le développement de leurs entreprises. Lugano est un exemple des atouts que la Suisse peut faire valoir : la beauté du paysage, le calme, et en même temps cette énorme concentration de savoir-faire et de talents – et, cerise sur le gâteau, la bonne humeur des Tessinois.
Quels sont les détails ? Qui peut participer, quels sont les partenaires que vous avez pu convaincre ?
L’événement aura lieu le matin du 9 novembre 2023 à Lugano LAC Arte e Cultura, et nous invitons tous les gestionnaires de fortune de la région à y participer. La participation est gratuite pour les gestionnaires de fortune. Nous sommes soutenus à cette occasion par les principales banques dépositaires locales : UBS Bank, EFG Bank, Reyl Intesa Sanpaolo, CIC, Credinvest, One Swiss Bank, Aquila.
Souad Dous
Biographie
Souad Dous est co-fondatrice de SPHERE avec Jérôme Sicard. Depuis sa création en 2016, SPHERE soutient et met en réseau la communauté du secteur financier suisse. Elle leur offre, en français et en allemand, différentes possibilités d’échanges : un magazine pour les gestionnaires de fortune et un autre pour les investisseurs institutionnels, un site internet et des événements organisés tout au long de l’année. La première manifestation organisée par SPHERE au Tessin aura lieu le 9 novembre 2023.
Vous trouverez des détails sur le programme et l’inscription en cliquant sur ce lien :
https://sphere.swiss/solutions-gfi-lugano-2023/
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Cédric Roland-Gosselin a quitté le costume de banquier, qu’il portait chez Degroof Petercam, pour endosser celui de gérant indépendant. Avec ses associés, Carine Arieh et Jasper de Raadt, il a choisi cette voie pour mieux répondre aux attentes de ses clients.
Que regrettez-vous de vos années de banquier ?
Je ne suis pas nostalgique de caractère. « C’était mieux avant » n’est pas le genre d’appréciation qui me correspond. Je dirais juste qu’il fut un temps où les choses étaient différentes, moins normées, moins pointues. Aujourd’hui, les éléments – régulatoires, concurrentiels, technologiques – nous obligent à répondre de manière plus agile à des demandes toujours plus exigeantes.
Si vous ne vous y adaptez, vous allez regarder passer le train. Mais ce n’est pas nécessairement propre à notre métier. Les clients s’engagent dans des interactions plus rapides, ils sont mieux informés et ils comparent davantage. Ils attendent de nous des échanges plus conséquents, des performances plus élevées et de la transparence. Nous sommes-là pour répondre à leurs attentes tout en maintenant le fond au-delà de la forme. Il faut que nous conservions l’humain et la confiance sur la durée. C’est l’essence même de notre métier.
Quelles étaient vos priorités au lancement d’Arode ?
Nous voulions mettre en place une organisation conforme aux besoins exprimés par certains de nos clients. Eux comme nous ont pu profiter de l’équipe formée au lancement d’Arode. Carine Arieh, Jasper de Raadt et moi-même avons travaillé ensemble chez Degroof Petercam en Suisse. Nous nous connaissons très bien et nos complémentarités sont pour Arode une vraie force. J’ai deux passions sportives : la voile et le rugby. Ce sont deux sports où réunir des athlètes de bon niveau est moins important que de faire travailler ensemble des profils très différents, des avants et des trois-quarts ou des skippers et des winchers.
Il y a aussi le temps, la durée, le long terme sur lesquels nous voulons nous inscrire pour grandir harmonieusement. Le mot harmonie inclut pour moi les notions de cohérence, de confiance et d’esprit d’équipe. Je vous donne un exemple. Nous avons regardé plusieurs dossiers pour d’éventuelles acquisitions ou associations parce que le marché se consolide, mais nous n’avons pas donné suite, car nous n’avons pas vocation à devenir une plateforme de gérants.
Arode est formée aujourd’hui par une équipe qui se connait bien et qui sait travailler ensemble. Nous avons une gestion cohérente et une ligne directrice claire.
Du temps de Degroof Petercam, quel regard portiez-vous sur le métier de GFI ?
Je ne voyais pas forcément leur utilité en raison de la manière dont nous servions déjà nos clients à l’époque. Je ne pensais pas que ce métier allait durer. C’est d’ailleurs ce qui était annoncé depuis dix ans, avec la consolidation ou la disparition des indépendants.
En quoi ce regard a-t-il changé aujourd’hui ?
Nous avons vu les choses évoluer du côté des gérants comme du côté des banques. Les GFI sont désormais régulés par la FINMA et l’offre bancaire a changé. Ces deux développements se sont produits en même temps et ils ont modifié l’offre pour les clients.
Pour des raisons que je comprends, même si je le regrette, les banques se concentrent davantage sur leurs Produits que sur leurs services. Elles ont la pression du résultat trimestre après trimestre, de la simplification à outrance et du soin attentif à éviter toute dérogation au cadre général.
Ces transformations ont eu lieu aussi en France et en Belgique, deux marchés où les gérants indépendants se sont fait leur place.
Finalement, notre rôle est de donner du sens à la relation entre le client et son patrimoine, de les guider dans sa gestion, de l’orienter dans les relais de génération, de le conseiller dans la cession de leur entreprise. Ce sont des tâches que les banquiers assumaient par le passé. C’est moins facile pour eux aujourd’hui dans la mesure où leur activité est devenue plus compartimentée et limitée.
En revanche, en tant que gérant, nous pouvons trouver des solutions parce que nous fonctionnons en architecture ouverte avec un plus grand nombre de prestataires.
Où avez-vous porté plus particulièrement votre attention lorsque vous avez lancé Arode ?
Le lancement d’Arode en 2020, au moment du covid, qui plus est après 25 ans de parcours dans de groupes internationaux, était tout sauf simple. Mais les évènements nous sont parfois imposés et nous avons su gérer. Nous avons pu mettre en place une organisation solide pour nos clients, avec des partenaires fiables et réactifs, « aussi vite que possible et aussi lentement que nécessaire », comme l’a dit un jour Alain Berset !
Cédric Roland-Gosselin
Arode
Cédric Roland-Gosselin a été le CEO de Banque Degroof Petercam Suisse de 2011 à 2020, ainsi que membre du conseil d’administration de Banque Degroof Petercam France et Banque Degroof Petercam Espagne. Il a acquis une expertise bancaire complète au sein du groupe ING en France, Belgique et Luxembourg de 1998 à 2010. Il détient le diplôme d’ingénieur commercial de l’Université Catholique de Louvain.
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