Stratégie

« La dette privée : incontournable dans un portefeuille diversifié »

  • Interview de Marcel Etter
  • Vicenda

Pour Marcel Etter, beaucoup d’arguments plaident actuellement en faveur de la dette privée. Ces dernières années, Vicenda s’est fait un nom en investissant de manière ciblée dans des entreprises de taille moyenne et des promoteurs immobiliers dans la région DACH. Un segment dont les banques tendent à s’éloigner en raison des exigences réglementaires.

Le marché du crédit dans la région DACH est en pleine évolution. De nombreux investisseurs privés prennent le relais des banques. Quel est le contexte ?

Nous constatons que la réglementation des banques conduit beaucoup d’entre elles à renoncer à leurs activités traditionnelles et à réduire leurs promesses de crédit. C’est moins vrai en Suisse, mais plus flagrant en Allemagne par exemple. Nous vivons donc une situation similaire à celle que nous avons déjà observée aux États-Unis, à savoir que les investisseurs privés viennent maintenant en renfort. Pour des boutiques comme Vicenda, cela nous permet de saisir de nouvelles opportunités, en particulier dans le segment des 10 à 50 millions de francs suisses, qui est trop petit pour le marché des capitaux et qui n’est pas couvert par les grands fonds de dette privée ou les banques d’investissement.

Vous vous attendez donc à une augmentation de la demande de crédits privés…

Cette tendance est déjà clairement observable aujourd’hui. Elle est favorisée par le fait que les investisseurs ont eu de bonnes expériences avec le private equity. Le passage du private equity à la dette privée est évident et logique. L’endettement privé vient alors combler le manque de possibilités de financement traditionnelles. Notez bien que nous sommes encore loin du niveau américain. Aux Etats-Unis, les banques ne couvrent que 20% du financement des entreprises, alors qu’en Europe, et notamment en Suisse, le financement bancaire domine toujours.

Du point de vue de l’investisseur, quels avantages procurent ce segment du crédit privé ?

Nous proposons des investissements directs sous forme de crédits individuels titrisés ainsi que des solutions de fonds diversifiés. Ces dernières sont particulièrement intéressantes pour les investisseurs institutionnels, tandis que les investissements directs dans des crédits individuels – par exemple dans le cadre d’un club deal – conviennent plutôt aux investisseurs privés ou aux family offices. Tout dépend alors des profils de risque. Nous nous concentrons sur l’octroi de crédits à un segment clairement défini, celui des PME. Ce type d’investissement se caractérise par des évaluations stables, ainsi que par des revenus réguliers et prévisibles. Une prime d’illiquidité et/ou de complexité de plusieurs pour cent par an améliore encore le rendement global et la corrélation avec d’autres classes d’actifs est très faible, précisément en raison de l’illiquidité. Autre point intéressant : de nombreux grands fonds de dette privée basés dans l’espace anglo-saxon sont sous-représentés dans l’espace DACH, notamment pour des raisons linguistiques. Ce qui nous aide beaucoup. Grâce à cette situation concurrentielle avantageuse, nous pouvons négocier des conditions favorables avec les emprunteurs, ce qui se traduit par un meilleur profil risque/rendement pour les investisseurs. C’est pourquoi nous avons lancé notre nouveau fonds Vicenda Debt Opportunities en novembre 2022, avec lequel nous visons un volume de 250 millions de francs suisses.

Nous nous trouvons à présent dans un contexte de hausse tendancielle des taux d’intérêt et d’incertitudes économiques. La dette privée a-t-elle vraiment un sens dans ce contexte ?

Oui, nous pensons que la dette privée est un élément indispensable dans un portefeuille diversifié. Nous accordons des crédits à des taux d’intérêt variables. Cela signifie que les investisseurs dans nos produits participent à la hausse des taux d’intérêt. Il faut savoir que nous effectuons une due diligence très approfondie avant d’octroyer un crédit. Nous accordons généralement des prêts senior garantis d’une durée d’environ 2 à 5 ans et nous garantissons une surveillance continue de la convention de crédit. En cas d’éventuels défauts de paiement, nous intervenons pour réaliser les garanties et faire valoir tous nos droits.

Par ce biais, nous avons accordé et traité un volume de transactions de près d’un milliard d’euros au cours des cinq dernières années. En incluant les actifs de nos fonds, cela représente plus de 1,2 milliard d’euros.

Regardons du côté des fonds real estate. Là aussi, vous avez découvert une niche dans la région DACH….

Oui, nous voyons là aussi des opportunités en raison de l’environnement de marché des banques européennes. Le Daneo Real Estate Mezzanine Fund, que nous avons lancé en partenariat avec IFS Independent Financial Services, octroie des prêts subordonnés à court terme à des promoteurs immobiliers résidentiels dans la région DACH. La taille cible de ce fonds lancé en mars 2020 est d’environ 250 millions de francs et le rendement de 10% net en euro a déjà été presque atteint pendant la phase de lancement. Les fonds de prévoyance suisses représentent également une bonne part des 105 millions de francs investis.

Le Daneo Swiss Residential Property Debt Fund, quant à lui, finance des hypothèques de second rang sur des biens immobiliers résidentiels loués en Suisse et a été lancé en octobre 2022.

 

Marcel Etter

Vicenda

Marcel Etter est Senior Sales Consultant chez Vicenda. Cette boutique d’investissement spécialisée dans la dette privée a été fondée en 2013 . Son siège se trouve à Baar (Zoug). Le conseil d’administration est présidé par Walter Berchtold, ancien CEO Private Banking du Credit Suisse Group. Le parcours professionnel de Marcel Etter scourt sur une trentaine d’années. Il a notamment travaillé au Credit Suisse, à l’UBS, à la Zurich Insurance et à BNP Paribas, où il était responsable de l’analyse de crédit, de la gestion des risques pays, des autorisations de crédit ainsi que de l’acquisition et de la structuration de transactions dans un contexte international. Au cours de sa carrière, il a notamment travaillé à Genève, Madrid, New York et a fait de brefs séjours à Singapour et Hong Kong.

 

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«Il faut devenir le sparring partner des GFI dans plusieurs domaines. »

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Vintage

« Nous voulons capitaliser sur nos bonnes performances »

  • Interview de Jérôme Trottignon
  • Iteram Capital

La boutique genevoise, concentrée sur les fonds de fonds alternatifs, la dette privée, et le capital-risque, vient de lancer le deuxième vintage de son Global Venture Capital Opportuinities. Pour profiter entre autres de la bonne dynamique dans laquelle elle s’est inscrite en 2022.

Sur quelles activités se concentre aujourd’hui Iteram ?

Nous avons développé trois principaux pôles d’expertises. Ce sont les hedge funds, à travers une gamme de fonds et des mandats de conseil, la dette privée, avec un fonds ouvert et opportuniste à travers le spectre de la classe d’actifs ainsi que des co-investissements, et enfin le venture capital. Là, nous offrons un accès facilité sous forme d’un portefeuille de gérants VC dans un univers où la dispersion des performances est particulièrement importante.

D’où vous vient votre expertise dans les fonds de fonds alternatifs ?

Une grande partie de l’équipe présente chez Iteram aujourd’hui possède une histoire professionnelle commune dans le département des fonds de placement chez Edmond de Rothschild, que ce soit dans des activités d’investissements, de gestion des risques ou du middle office. Le track record sur notre fonds de fonds flagship Nova Absolute Return dépasse les 15 années, et il dépasse les 20 ans dans la sélection de gérants. Nous avons aussi su nous appuyer sur notre longue expérience dans une grande institution pour développer un cadre opérationnel rigoureux et offrir une plateforme de choix aux investisseurs sur les placements alternatifs.

Quels sont les projets sur lesquels vous vous concentrez en ce moment ?

Nous voulons offrir à nos clients un service de qualité ainsi que des produits performants sur toutes nos stratégies. Nous avons la chance d’avoir un track record plutôt à notre avantage et 2022 a été une très bonne année puisque nous avons pu délivrer des performances positives sur notre fonds de fonds alternatifs Multi-stratégies de même que sur notre fonds de dette privée. Nous voulons aussi capitaliser sur ces bonnes performances et sur le retour en force de ces stratégies dans les portefeuilles des investisseurs. Aussi, nous développons notre offre en venture capital et nous sommes actuellement en pleine levée sur notre second vintage, Global Venture Capital Opportunities II.

Quelles raisons ont motivé le lancement du fonds Global VC Opportunities en 2020 ?

Nous souhaitions développer notre offre dans les marchés privés, après le lancement de la dette privée en 2017, avec une stratégie de long terme permettant d’être exposé de manière sélective dans des sociétés possédant des produits ou des services technologiquement disruptifs. Dans le même temps, nous avons rencontré Oren Pinsky, aujourd’hui responsable de la stratégie, et nous avons été convaincus par les valeurs et l’approche d’Oren, qui cumule plus de 25 années d’expérience en tant qu’entrepreneur et investisseur. Notre premier vintage a été accueilli avec un certain succès. Il a été investi à hauteur de 60 millions de dollars. Le second vintage s’inscrit dans la continuité et la volonté d’offrir aux investisseurs un programme d’investissement récurent.

De quelle manière approchez-vous le segment du Venture Capital avec Global VC Opportunities ?

A travers un portefeuille multi-gérants, opportuniste et global. Nous nous focalisons sur des sociétés innovantes en early stage qui ont de grandes chances de profiter de leur avantage technologique pour tirer leur épingle du jeu. Sur certains thèmes spécifiques dans lesquels nous croyons et qui requiert des compétences particulières, nous nous orientons vers des gérants spécialisés, par exemple la cybersécurité, le gaming ou la santé. Une autre particularité est que nous cherchons à composer un portefeuille diversifié avec des gérants expérimentés, mais également des gérants plus récemment établis. Pour nous, un rendement dans le premier quartile passe par une sélection rigoureuse et un travail important de due diligence et d’allocation. Pour notre premier vintage, sur 14 gérants et 455 sociétés sous-jacentes, seules neuf sociétés sont communes à deux gérants. L’approche est la même pour notre second vintage. L’objectif est de délivrer une performance équivalente à celle d’un fonds top quartile, avec une meilleure gestion du risque.

Jérôme Trottignon

Iteram Capital

Jérôme est spécialiste produits et responsable des relations investisseurs chez Iteram Capital. Il a précédemment occupé différents postes à responsabilité chez Edmond de Rothschild en tant que gestionnaire de portefeuille senior et analyste cogérant des portefeuilles alternatifs et traditionnels. Avant de rejoindre Iteram, il a fondé Geocom Capital, une société de conseil spécialisée dans les marchés privés. Jérôme a débuté sa carrière en 2006 en tant qu’analyste en investissement chez Segetia Wealth Management à Genève, avant de fonder Bloogistics, une startup spécialisée dans la logistique. Il est titulaire d’un master en gestion internationale de HEC à Genève.

 

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Wealthtech

 

« Aisot est l’une des solutions wealthtech les plus avancées sur le marché »

  • Interview Thibault Leroy Bürki
  • Fondateur & CEO
  • Haute Capital Partners

Fidèle à sa stratégie, qui se concentre sur des solutions d’investissement novatrices, Haute Capital, basée à Bienne, vient de s’engager dans Aisot, une wealthtech issue de l’ETH Zurich qui exploite l’intelligence artificielle pour optimiser la gestion de portefeuille.

Quelles sont vos orientations actuelles en termes d’investissement ?

Elles sont très liquides, ce qui nous permet de saisir les opportunités du marché au moment opportun. Nous avons opté pour des investissements qui génèrent du yield afin de maximiser notre flux de trésorerie passif. Nous avons également investi dans diverses solutions de produits financiers qui seront lancées plus tard dans l’année et diverses startups opérant dans des secteurs très diversifiés tels que les bio-sciences, les biotechnologies et l’intelligence artificielle. Nous avons également plusieurs projets immobiliers exclusifs en cours de due diligence actuellement.

Aisot, dans laquelle vous venez d’investir, entre-t-elle dans la catégorie Wealthtech ?

Oui, Aisot Technologies, une spin-off de l’ETH Zurich, propose l’une des solutions wealthtech les plus avancées sur le marché. Les produits de l’entreprise permettent aux gestionnaires d’actifs et de patrimoine d’ajuster automatiquement des stratégies et des portefeuilles personnalisés aux marchés en constante évolution.

Qu’apporte-t-elle aux wealth managers ainsi qu’aux asset managers ?

En exploitant l’intelligence artificielle, Aisot étend la portée, la vitesse et l’échelle des solutions proposées aux investisseurs. Le moteur IA d’Aisot transforme véritablement les deux industries en permettant de générer des stratégies personnalisées créant de l’alpha en temps réel tout en contrôlant les niveaux de volatilité.

De quelle manière exploit-t-elle l’intelligence artificielle pour développer ses outils ?

Aisot maximise l’alpha tout en optimisant les portefeuilles en fonction des préférences d’investissement, des convictions éthiques et des profils de risque. Grâce à une combinaison stratégique de technologies IA et Quant, Aisot rend la gestion d’actifs et de patrimoine entièrement personnalisable. Il est important de mentionner que l’IA ne remplacera pas les gestionnaires d’investissement mais qu’elle leur permettra d’améliorer leurs rendements.

Lorsque vous considérez des deals comme Aisot, envisagez-vous la participation d’autres investisseurs ?

En tant qu’investisseur principal sur ce dossier, notre objectif est d’intégrer la technologie d’Aisot en interne. Toutefois, pour d’autres projets, notre préférence est généralement accordée au financement exclusif. Nous sommes également en mesure de faciliter la liaison entre des investisseurs stratégiques potentiels et les startups ou projets dans lesquels nous avons investi en vue de leur développement ultérieur.

Où en êtes-vous de vos propres développements, avec Haute Capital ?
 
Notre entreprise est actuellement en pleine expansion, témoignant de notre détermination à tirer parti des défis actuels pour devenir plus forte et plus grande. Nous sommes sur le point de lancer plusieurs produits financiers novateurs. En exploitant la situation difficile du secteur bancaire, nous sommes perçus comme une alternative moins risquée aux placements bancaires traditionnels.
Nous prévoyons aussi de collaborer avec d’autres leaders du marché de l’investissement pour proposer des solutions optimisées à nos clients. Cette approche collaborative renforce notre capacité à offrir des solutions diversifiées et performantes sur le marché.
En raison de notre taille relativement petite, nous sommes également en mesure de prendre des décisions et d’exécuter plus rapidement, ce qui constitue un avantage compétitif supplémentaire. Nous avons également développé des solutions internes automatisées telles que des algorithmes d’arbitrage pour améliorer notre efficacité. Dans l’ensemble, nous sommes clairement bien préparés et probablement en avance sur le plan technologique par rapport aux concurrents dans notre secteur.

 

Thibault Leroy Bürki

Haute Capital

Après avoir étudié dans le secteur des médias et de la communication à Genève, Thibault Leroy Bürki travaille pour diverses sociétés spécialisées dans le capital-risque de la région zurichoise. Au fil des années il acquiert une solide expérience dans le secteur des marchés financiers et boursiers, private equity et autres. Il travaille par la suite à Londres pour Capital Grey Partners, où il finance plusieurs startups et projets référencés. Quelques mentors de la finance ont jalonné son parcours professionnel en lui permettant d’acquérir les connaissances nécessaires pour créer sa propre société financière en 2017 : Haute Capital Partners. Thibault Leroy Bürki est également président du conseil d’administration de Winhomes Immobilien, une société active dans l’achat/vente de biens immobiliers en Suisse.

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    Dépannage

      • Pascal Hügli
      • Insight DeFi

    Le bitcoin est-il désormais le nouveau compte bancaire suisse ?

    Les ondes de choc provoquées par le sauvetage de Credit Suisse n’ont pas fini de se résorber. Dans ce contexte fragile, les crypto-monnaies et la finance décentralisée ont certains arguments à faire valoir.

    La crise bancaire tient le monde en haleine. Aux Etats-Unis, la banque centrale américaine est confrontée à un dilemme : pour inspirer confiance, elle doit continuer à lutter contre l’inflation. Mais en préservant un taux d’intérêt élevé, elle risque d’aggraver la situation précaire des banques régionales en difficulté.

    En Suisse, le Crédit Suisse a dû fusionner de force avec l’UBS, le tout avec le soutien actif de la Banque nationale suisse. Les deux banques bénéficient d’un accès illimité aux ressources de la BNS. Le rachat par l’UBS n’en réalité rien d’autre qu’une opération de sauvetage sponsorisée par la Banque centrale suisse.

    Tour de Babel – made in Switzerland

    Cette molochisation – le rapprochement de deux institutions d’importance systémique – crée un complexe encore plus énorme, qui finira par dépasser le pouvoir de grands argentiers qui jouent aujourd’hui les divinités. Dans la mesure où les problèmes n’ont été que refoulés – et non résolus – un nouveau sauvetage se profile, mais il n’est pas certain qu’il sera possible cette fois de l’assumer.

    Pour beaucoup, une telle problématique relève de la musique d’avenir. Après nous, le déluge. Voici ce que la situation nous montre ici et maintenant : de plus en plus de gens prennent conscience qu’un dépôt bancaire est un crédit non garanti, lié à une contrepartie. D’un jour à l’autre, de nouvelles alternatives doivent être recherchées – comme au début de la crise financière de 2008.

    Mais à l’époque, le bitcoin n’existait pas encore. Aujourd’hui, il a quelques avantages à faire valoir : il n’a pas de risque de contrepartie et peut être détenu de manière autonome. Cette crypto-valeur a en effet été créé pour répondre – en partie – aux dérèglements de la dernière crise financière. Comme le montrent les développements de ces derniers jours, le récit du bitcoin en tant comme alternative a une certaine justification.

    La crise bancaire fait grimper le bitcoin

    Ainsi, depuis les premiers tumultes autour de Silicon Valley Bank, la valeur du cryptoactif a augmenté de plus de 30% par rapport au dollar américain. Sur une période similaire, le prix de l’or a augmenté d’environ 6%, tandis que le franc suisse a baissé par rapport au dollar américain. Le bitcoin, se veut-il alors une monnaie refuge ?

    La véritable raison devrait toutefois se trouver ailleurs à l’heure actuelle. On peut ainsi supposer que la forte hausse du bitcoin s’explique surtout par le fait que ses investisseurs anticipent la fin du cycle actuel de hausse des taux d’intérêt en raison des dysfonctionnements du système financier. Cependant, à moyen et long terme, il est tout aussi clair que les événements actuels légitimeront de plus en plus l’investissement en bitcoins. Les gens voudront des alternatives et, dans un monde numérique, le bitcoin n’aura pas trop de mal à devenir incontournable.

     

    Pascal Hügli

    Insight DeFi

    Après avoir travaillé plusieurs années dans le journalisme financier, Pascal Hügli est aujourd’hui propriétaire d’Insight DeFi, une agence de contenus et de conseil spécialisée dans les crypto-actifs. En tant que spécialiste du bitcoin, il enseigne ces sujets à la HWZ. Il informe le grand public sur les événements, les opportunités et les risques du nouveau monde décentralisé propre au bitcoin et à ses pairs. Outre un premier livre de vulgarisation, il a également publié en 2022 un manuel d’enseignement sur le thème de la cryptographie intitulé « Bitcoin verständlich erklärt ».

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      « Proposer aux GFI des modèles de coopération originaux »

      • David Garcia
      • Fondateur et membre du conseil d’administration
      • Fundamenta Group

      « Proposer aux GFI des modèles de coopération originaux »

      Le groupe Fundamenta a fait forte impression ces derniers mois, avec l’acquisition de Belvédère Asset Management puis avec la nomination de Martin Scholl, ancien CEO de la ZKB, à son conseil d’administration. David Garcia, le fondateur du groupe, revient sur ces développements marquants et sur la façon dont ils impactent la stratégie globale de Fundamenta.

      Par Andreas Schaffner

      Cet hiver, vous avez plutôt surpris le secteur en annonçant le rachat de Belvédère Asset Management. Quelles raisons ont motivé cette décision ?

      David Garcia. Oui, le rachat a certainement surpris le marché. Les innombrables lettres de félicitations et les réactions positives des clients, des partenaires du réseau et des médias nous ont d’autant plus réjouis. L’affaire fait sens pour toutes les parties prenantes dans la mesure où elle crée des plus-values intéressantes. Il s’agit de la première transaction historique sur le marché suisse où un gestionnaire d’actifs immobiliers spécialisé a repris un gestionnaire de fortune classique. Comme les deux sociétés se connaissaient bien grâce à ma longue fonction au sein du conseil d’administration de Belvédère Asset Management, la transaction a pu être structurée de manière très ciblée, amicale et durable.  

      En tant que gestionnaire d’actifs spécialisé, nous couvrons depuis 17 ans la classe Real Estate. Avec 16 véhicules d’investissement, nous avons constitué des portefeuilles immobiliers d’une valeur totale de quatre milliards de francs. Nous les gérons pour le compte de propriétaires et d’investisseurs. Le groupe Fundamenta compte désormais parmi ses clients plus de 350 institutions de prévoyance et clients institutionnels, ainsi qu’une centaine de familles fortunées. Avec l’acquisition de Belvédère Asset management, le nombre de familles fortunées a dépassé les 600, ce qui augmente considérablement notre force de frappe sur ce marché. De plus, cette opération nous permet d’étendre nos prestations, de sorte que tous les clients et partenaires du réseau en profiteront.

      Avec cette fusion, vous modifiez donc aussi le modèle commercial de Fundamenta.

      Oui, nous avons donné à notre stratégie un cadre plus large. D’une part, nous restons fidèles à la classe Real Estate où nous allons continuer à faire ce que nous faisons bien depuis 17 ans. D’autre part, Belvédère apporte au groupe de nouvelles expertises dans d’autres classes d’actifs qui nous permettront de conseiller et de servir nos clients de manière plus globale. Grâce à cette extension de l’offre, les clients Fundamenta bénéficient eux-aussi du savoir-faire de BAM. Inversement, les 500 familles fortunées de BAM bénéficient d’un accès illimité aux compétences immobilières, de premier ordre, du groupe Fundamenta. La grande majorité des clients possèdent parfois des patrimoines immobiliers considérables. Ils peuvent désormais s’attendre à des plus-values directes et ciblées grâce à cette offre de services élargie. Nous sommes vraiment heureux d’avoir franchi ce pas. 

      Quelles possibilités de coopération envisagez-vous à terme entre les acteurs de l’immobilier et ceux du wealth management ?

      Prenez un exemple : les gestionnaires de patrimoine classiques souhaitent par exemple pouvoir couvrir et gérer de manière idéale la part des biens immobiliers dans le portefeuille de leurs clients. Elle se situe en moyenne entre 20 et 40 pour cent. Alors que les placements immobiliers indirects sont bien couverts, et de manière efficace, ce sont surtout les biens immobiliers et les parcelles détenus directement par les clients qui leur posent de plus grandes difficultés. De tels investissements ne peuvent être gérés qu’avec des équipes spécialisées. Dans ce cas, nous proposons aux gestionnaires de fortune suisses des modèles de coopération intéressants car ils créent une véritable valeur ajoutée pour leurs clients.

      Mais les possibilités de coopération existent aussi si l’on se place de l’autre côté de notre activité. Prenons l’exemple des promoteurs immobiliers, qualifiés, en Suisse et en Allemagne. Ils nous proposent chaque année plus de 3’000 opportunités, sur tous les segments, pour un volume d’environ 30 à 35 milliards d’euros. Ils sont proches des vendeurs de biens immobiliers, Ils traitent chaque année des volumes de transactions de plusieurs milliards et, à partir de maintenant, ils peuvent aussi faire connaître à leurs clients l’offre de prestations de Belvédère. Bien mis en œuvre, nous pouvons tous profiter de ces modèles de coopération !

      Martin Scholl, l’ancien CEO de la Banque cantonale de Zurich, vient d’être nommé  au conseil d’administration de BAM. Quel rôle est-il appelé à jouer dans l’évolution de BAM mais aussi de Fundamenta ?

      Avec Martin Scholl, je tiens d’abord à signaler que nous obtenons un renfort de poids pour la structure existante. Avec sa personnalité intègre et pragmatique, et l’intransigeance avec laquelle il se concentre sur la qualité, il se fond parfaitement dans notre culture d’entreprise. Je suis fermement convaincu qu’il pourra, grâce à son expérience, contribuer de manière significative au développement stratégique de Belvédère. Nous sommes très heureux et fiers de pouvoir attirer des personnalités et des managers aussi expérimentés. Cela valide notre démarche, axée sur la durabilité et la qualité.

       

      David Garcia

      Fundamenta Group

      David Garcia a fondé Fundamenta Group en 2007, avec son frère Javier Garcia. Après l’acquisition de Belvédère Asset Management l’année dernière, le groupe figure désormais parmi les plus grands gérants indépendants de Suisse. Il rassemble plus de 100 collaborateurs, et gère des actifs pour un montant d’environ 7 milliards de francs. David Garcia s’est retiré des fonctions opérationnelles de Fundamenta en 2022, mais il reste actif au sein du groupe en tant qu’administrateur. Diplômé en gestion d’entreprise BVS et titulaire d’un International Executive MBA de la ZfU Zurich/Boston, il siège entre autres au conseil de la Fondation Laureus et de l’Aide sportive suisse.

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