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  • Interview Vivien Jain
  • Chief Executive Officer
  • Aquila

« Un processus de succession bien mené peut demander trois à cinq ans »

Plusieurs options s’offrent aujourd’hui aux gérants indépendants qui cherchent un repreneur. Ils sont nombreux dans cette situation aujourd’hui.  Vivien Jain examine ici les différents scénarios à envisager, avec leurs avantages et leurs inconvénients. Quel que soit le schéma retenu, le facteur temps joue un rôle crucial dans le processus.

Par Jérôme Sicard

Pourquoi le thème de la planification de la succession est-il particulièrement pertinent pour vous en ce moment ?

Notre expérience, appuyée par les données du marché, montrent qu’au cours des prochaines années, environ 20 à 30 % des gestionnaires de fortune atteindront l’âge de la retraite fixé à 65 ans. Pour bon nombre d’experts, un processus de succession bien mené peut demander trois à cinq ans. Il est donc crucial, en tant qu’entrepreneur, de se pencher sur le sujet suffisamment tôt et d’avoir un plan directeur en tête. Il ne s’agit pas seulement de l’entreprise elle-même, mais aussi des clients qui souhaitent une solution durable. Sans clients, la société ne vaudrait – en forçant un peu le trait – presque rien. Dans la mesure où nous opérons dans un secteur hautement personnel et difficilement interchangeable, ce processus doit être mené avec le plus grand soin.

Quelles options les gérants  indépendants  devraient-ils envisager aujourd’hui lorsqu’il s’agit de leur succession ?

Il y a deux questions clés qui se posent : puis-je régler la succession en interne, avec peut-être des partenaires plus jeunes voire avec mes propres enfants, ou dois-je plutôt chercher une solution externe ? Une solution de succession interne peut être préparée par des remplacements anticipés au sein du service clientèle. Pour une solution externe, il faut d’abord trouver le repreneur adéquat, ce qui est souvent plus compliqué et prend plus de temps qu’on ne le pense.

Une autre voie est la consolidation – si l’on ne trouve pas de successeur adéquat, il reste la possibilité de s’associer à une autre société. Toutefois, cela nécessite d’abandonner sa propre entreprise et de s’intégrer dans une autre culture d’entreprise, ce qui ne peut fonctionner que si les valeurs et les méthodes de travail sont les mêmes. En outre, la volonté de lâcher prise est déterminante pour la réussite d’une succession.

Quelle serait, selon vous, la meilleure solution?

Il n’existe pas de « meilleure » solution, ou de solution universelle. Tout dépend toujours de la situation individuelle de l’entreprise : sa structure ? les attentes des propriétaires ? l’état d’esprit et l’appétit pour le risque des personnes concernées ? Et le temps pendant lequel le propriétaire souhaite rester actif ? Dans de nombreux cas, la situation actuelle se résume à une consolidation, ne serait-ce que pour des raisons de réglementation et de coûts. Le combattant solitaire a aujourd’hui la vie plus dure, raison pour laquelle les partenariats avec des entreprises partageant les mêmes idées sont souvent le meilleur choix. À la fin de la journée, la meilleure solution est toujours celle qui satisfait les clients.

Quelles sont les principales différences entre les asset deals et les share deals ?

Pour le vendeur, un share deal est souvent plus intéressant, car il y a des avantages fiscaux et il n’est pas nécessaire de liquider l’entreprise. L’acheteur reprend toutefois l’ensemble de la société, y compris toutes ses obligations, d’où la nécessité d’une due diligence approfondie. Les spécialistes du marché pensent que les coûts d’une bonne due diligence ne sont réellement rentables qu’à partir d’un volume d’actifs d’environ 1 milliard de francs. Pour des actifs plus petits, les dépenses peuvent être disproportionnées.

En revanche, un asset deal implique un nouveau transfert de la relation client. L’avantage pour l’acheteur est de pouvoir reprendre seulement les clients qui lui conviennent. Au sein du groupe Aquila, nous avons déjà expérimenté les deux variantes, ce qui nous donne une certaine flexibilité dans la gestion des solutions de succession.

Quel serait, selon vous, le pire scénario dans un processus de succession ?

Le pire des scénarios serait que la répartition des rôles entre le repreneur et le cédant ne soit pas clairement définie. De gros problèmes peuvent également survenir si les stratégies d’investissement diffèrent trop ou si des problèmes de santé doivent accélérer le processus. Le pire des cas est toutefois celui où le cédant n’arrive pas à lâcher prise. Il est crucial de fixer les règles du jeu suffisamment tôt afin d’éviter ce type de malentendus.

Comment Aquila soutient les sociétés de gestion qui s’engagent dans la phase de succession ?

Nous accompagnons nos partenaires dans toutes les phases de développement de leur entreprise, de la création à la planification de la succession. Notre réseau et notre longue expérience nous permettent de trouver le bon match pour une succession.

Nous avons déjà pu mettre en œuvre avec succès plusieurs solutions de succession, que ce soit par des transferts internes, des fusions ou l’intégration de partenaires externes. Par ailleurs, nous ne travaillons pas uniquement pour les sociétés Aquila, nous proposons notre expertise à l’ensemble du marché.

Quelles étapes préliminaires les gérants indépendants doivent-ils suivre pour réussir leur succession ?

L’étape la plus importante est de développer très tôt un plan directeur et de le revoir régulièrement. La famille ou le partenaire devraient être impliqués dans le processus, tout comme les clients, car leurs attentes jouent un rôle important.

Combien de temps faut-il prévoir pour une succession réussie ?

Si tout se déroule sans problème, le processus dure en général deux à trois ans. Mais si l’on doit encore chercher le successeur adéquat, cela peut prendre jusqu’à cinq ans. Plus on prend le temps de planifier, plus les options se multiplient.

Comment les clients doivent-ils être impliqués dans le processus de succession ?

Les clients devraient être informés à temps et complètement intégrés dans ce processus. En effectuant par exemple des visites en compagnie du successeur afin de renforcer la confiance. Une phase de transition d’environ deux ans me semble idéale pour que client puisse percevoir la continuité et s’en satisfaire.

Qu’est-ce qui est souvent négligé dans le processus de succession ?

Les facteurs humains sont souvent négligés dans la transmission. Beaucoup ne prennent pas le temps de réfléchir suffisamment tôt à la façon dont leur rôle évoluera après la passation, ni à la manière dont ils utiliseront le temps ainsi libéré. L’aspect émotionnel du détachement est fréquemment sous-estimé, tandis que l’attention se porte parfois de façon excessive sur les aspects financiers.

Vivien Jain

Aquila

Vivien Jain dirige la société Aquila en tant que CEO depuis 2021, succédant alors au fondateur de l’entreprise, Max Cotting, qui a pris de son côté la présidence du conseil d’administration. Âgée de 39 ans, elle fait partie de la famille Aquila depuis 2014 et a pris en 2016 la responsabilité des domaines juridiques, de la conformité et des risques. Avec sa double nationalité canadienne et suisse ainsi que ses racines indiennes, elle apporte une perspective aux multiples facettes. Vivien Jain a suivi des études de droit avant d’exercer différents postes dans des cabinets d’avocats en Suisse et à l’étranger, notamment au sein de la société d’audit et de conseil PwC à Zurich.

 

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CdR Capital
« Les marchés privés permettent de réduire le risque global dans les portefeuilles »

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Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Homework

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  • Interview Taulant Avdija
  • Responsable Regulatory & Compliance
  • BDO Suisse

« Une formation voulue comme une initiative de praticiens destinée à des praticiens »

BDO Suisse et le Geneva Compliance Group ont joint leur force pour proposer aux gestionnaires de fortune une formation certifiante sur les aspects liés aux autorisations, à la surveillance, à la compliance et à la gestion des risques. Taulant Avdija en présente ici les contours.

Par Levi-Sergio Mutemba

Quels sont les axes principaux de la réglementation entourant la formation des gestionnaires de fortune en Suisse ?

La FINMA met l’accent sur la nécessité pour les établissements financiers d’adapter leurs plans de formation à leurs besoins spécifiques, conformément à l’esprit de la LSFin et de la LEFin. Cependant, elle a également précisé que les organismes de surveillance ne disposent pas de la compétence légale pour fixer des standards de formation obligatoires. Au final, le consensus préexistant entre les OS sur les exigences minimales de formation a été abandonné, ce qui a créé une situation complexe.

Dans l’intervalle, nous avons décidé de continuer à appliquer les standards et pratiques issus de ce consensus initial afin d’éviter toute lacune dans l’approche réglementaire. Toutefois, une clarification de la part de la FINMA serait bienvenue pour uniformiser les attentes. Le phénomène de « OS shopping », où certains acteurs pourraient privilégier des OS aux standards moins exigeants, est problématique, car la loi et son application devraient rester les mêmes pour tous.

En quoi votre cursus peut combler cette incertitude réglementaire ? Qu’est-ce que les gestionnaires de fortune y apprendront ?

Notre objectif est de proposer une formation pragmatique, orientée sur les résultats, basée sur notre expérience en audit ainsi que sur notre expertise des pratiques de compliance et de contrôle des risques. Grâce à notre couverture du marché, nous disposons d’un benchmark qui nous permet d’identifier les problématiques concrètes rencontrées par les gestionnaires de fortune et les trustees. Nous pouvons donc leur suggérer des solutions directement applicables.

La formation traite des aspects réglementaires essentiels tels que la LBA, la LSFin et la LEFin, tout en mettant l’accent sur des thématiques connexes, qui s’inscrivent dans l’actualité, comme les sanctions ou la protection des données. Nous explorons également des questions clés, telles que le rôle stratégique de la fonction compliance et les meilleures pratiques pour identifier, évaluer et gérer efficacement les risques. Nous répondons de cette façon aux attentes des régulateurs et aux besoins opérationnels des participants. En proposant des sessions en présentiel, nous favorisons des échanges directs et constructifs avec les participants. Cette interaction renforce la pertinence du programme et permet de tirer parti des retours d’expérience de chacun. Il se crée ainsi une dynamique d’apprentissage ancrée dans la pratique.

Comment avez-vous élaboré ce cursus ?

L’élaboration de ce cursus s’appuie directement sur notre expérience et notre pratique quotidienne dans le secteur financier. Proposer une solution totalement maîtrisée, alignée sur notre connaissance approfondie du marché, était un développement naturel pour nous.

Nous avons conçu cette formation comme une initiative de praticiens destinée à des praticiens. Elle se concentre sur des problématiques concrètes et actuelles, avec un contenu qui détaille les points clés à maîtriser pour garantir une conformité effective et une gestion optimale des risques. En collaboration avec Geneva Compliance Group, qui partage cette approche pragmatique, nous avons veillé à offrir une solution orientée vers des besoins spécifiques et directement applicables.

En quoi un auditeur tel que BDO est-il légitime pour dispenser cette formation ?

Nous avons toujours cultivé une proximité forte avec le secteur et ses professionnels, nous sommes actifs au sein des organisations professionnelles, et nous entretenons des relations étroites avec les autorités. Cette double proximité – avec le marché d’un côté, et les autorités de l’autre – nous permet de proposer une formation qui soiot ancrée dans la réalité quotidienne des acteurs du marché, et qui intégre en même temps les attentes des régulateurs.

Comment les OS ont-elles réagi à votre initiative commune avec le Geneva Compliance Group ?

Certains OS se sont montrés préoccupés, craignant que nous n’allions dans le sens d’un nivellement vers le bas en matière de standards de formation. Nous avons clairement réfuté cette approche en maintenant les anciens consensus qui garantissent un niveau de qualité élevé. Nous avons également précisé que notre formation se concentre uniquement sur le respect des exigences réglementaires. Les participants doivent continuer à se former sur les aspects métiers auprès des associations professionnelles ou d’autres organismes spécialisés.

Dès le départ, nous avons été transparents sur nos intentions : notre initiative ne vise pas à concurrencer les associations professionnelles existantes, mais à proposer une solution complémentaire, ancrée dans la pratique. Elle permet aux gestionnaires de fortune et trustees de rester en phase avec les attentes réglementaires tout en se dotant d’outils avec lesquels ils pourront gérer leurs responsabilités de manière efficace.

Taulant Avdija
BDO

Taulant Avdija occupe le poste de Responsable Regulatory & Compliance pour la Suisse chez l’auditeur BDO, à Genève, où il a occupé diverses positions depuis près de neuf ans, dont celui de Manager – Legal Counsel, Regulatory & Compliance entre 2016 et 2019. En 2023, il en est devenu Associé. En possession d’un brevet d’avocat, Taulant Avdija est diplômé de l’Université de Lausanne, où il a obtenu un master en droit des affaires, ainsi que de l’Université de Genève, où il s’est spécialisé dans le droit numérique et la régulation financière.

 

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Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Mode d’emploi

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  • Interview Pierre Dupont
  • Managing partner
  • WIZE by Teamwork

« Les gérants se contentent d’utiliser leur PMS à 10-20% de ses capacités »

Les PMS Next Gen promettent des avancées majeures dans les années à venir, notamment grâce à l’IA. Cependant, selon Pierre Dupont, des changements plus profonds sont à prévoir dans la manière dont les gérants indépendants utilisent cet outil, qu’ils exploitent aujourd’hui bien en deçà de son potentiel.

Par Jérôme Sicard

En quoi les PMS de demain vont-ils radicalement changer par rapport à ce qu’ils proposent aujourd’hui ?

Je ne crois pas à un changement radical, mais plutôt à une évolution mesurée. Après bientôt deux ans d’existence, la LSFin a généré plus de coûts que de revenus supplémentaires pour les gérants indépendants. La gestion de ces coûts devient pour eux une priorité et, dans ce contexte, il va leur permettre d’assumer plus facilement un nombre grandissant de tâches et de besoins.

De mon point de vue, le PMS devra couvrir 90% des besoins des gérants. Le changement radical, ce sera plutôt dans la façon dont ils exploitent leur PMS. Aujourd’hui, ils sont souvent loin d’en utiliser la profondeur fonctionnelle.

Qu’est-ce que les gérants pourront faire demain avec un PMS qu’ils ne peuvent pas faire aujourd’hui?

En fait, ils pourraient déjà s’en servir beaucoup plus aujourd’hui. Très souvent, ils se contentent de l’utiliser comme un iPhone, à 10-20% de ses capacités maximales. Les gérants assument encore beaucoup de tâches manuellement, alors qu’ils devraient les déléguer au PMS. Je prends un exemple. Je gère un compte à l’étranger dans une banque qui n’est pas la filiale d’une banque suisse, et je dois facturer le timbre. Aujourd’hui, les gérants le calculent manuellement alors que le PMS s’en charge automatiquement. Des exemples de ce genre, j’en ai malheureusement plein d’autres…

J’insiste également sur cette règle des 90-10. Il est crucial aujourd’hui pour les éditeurs PMS de se positionner en sachant définir ce qui est leur cœur de métier. Ce qui ne l’est pas, les clients devront l’intégrer dans leur PMS de la manière la plus fluide possible sous forme d’API.

Quel type d’APIs les gérants indépendants peuvent-ils – ou doivent-ils – justement être amenés à utiliser pour optimiser leur gestion de portefeuille ?

Les API concernent toutes sortes de données, entrantes et sortantes. La qualité de la donnée entrante va énormément s’améliorer. En guise de rappel, sur nos cinquante collaborateurs, nous en avons dix qui travaillent à plein temps sur la réconciliation des données reçues des banques. Etonnamment, c’est encore une réalité en 2024. Dans les APIs qui portent sur les données entrantes, nous allons voir également d’énormes progrès grâce à l’IA sur certains actifs listés et non listés, aujourd’hui encore traités manuellement.

Mais pour moi, les évolutions majeures des APIs seront liées aux données sortantes. La LSFin oblige désormais les gérants à effectuer des pre trade checks, en rentrant leurs ordres dans le PMS pour différents contrôles avant exécution. Or, je doute que le gérant ait envie de rentrer ses ordres une seconde fois dans une autre plateforme.

Enfin, le PMS de demain devra être en mesure d’organiser et de distribuer les données Customer Lifecycle Management. Il faudra qu’il adresse aux banques dans un nombre d’itérations le plus petit possible, les informations nécessaires aux efforts de due diligence sur tout type de compte. Ce sera une nouvelle dimension fondamentale dans les PMS de la prochaine génération.

Comment les PMS doivent-ils être repensés, reconfigurés pour intégrer ces APIs ?

On revient à la question initiale. Le PMS de demain aura forcément une approche all-in pour couvrir 90% des besoins des gérants. Il aura aussi une approche en architecture ouverte pour intégrer toutes les API imaginables qui assureront les 10% restants, comme par exemple des systèmes spécifiques de reporting ou de stress tests.

Sans API, un PMS va vite devenir obsolète car, au final, la vocation d’un PMS est de couvrir 100% des besoins du gérant, d’une manière ou d’une autre, avec beaucoup de flexibilité pour tout ce qui n’est pas propre au cœur de métier du PMS. Les logiciels de name checking illustrent parfaitement ce point. Il n’y a aucun intérêt pour un éditeur PMS à développer ce type d’application alors qu’il est tellement plus facile de se tourner vers des fintechs spécialisées.

Quelle place va prendre l’IA dans les PMS NextGen ?

Elle va d’abord permettre d’optimiser la qualité de la donnée, principalement entrante, de la part des banques dépositaires. Sur un plan plus général, l’IA va venir enrichir un ensemble de données entrantes et sortantes qui, au bout du compte, diminuera le travail manuel associé à la réconciliation de données.

L’IA pourra aussi jouer un rôle très important dans le narratif qui accompagnera le reporting, selon les évènements macroéconomiques qui se sont déroulés lors de la période d’investigation.

Et demain, grâce à l’IA, il sera possible de parler à son PMS comme on parle aujourd’hui à Siri avec son iPhone…

Pierre Dupont

WIZE by Teamwork

Pierre est managing partner chez Wize by TeamWork, une solution « all-in-one » axée Wealth & Asset Management. Son expertise porte autant sur les plateformes IT que sur les opérations bancaires. Avant de rejoindre Wize, il a en effet dirigé le développement commercial des services de Global Custody et Reporting de la banque Lombard Odier et il a occupé pendant 10 ans les fonctions de Private Banking Client Executive chez IBM Genève. Son rôle tout au long de sa carrière a été de comprendre les difficultés opérationnelles des clients, de les traduire aux experts capables de les résoudre et de définir le bon niveau d’attentes des deux côtés.

 

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Portfolio management

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  • Interview Christian Luchsinger
  • Responsable de la gestion de portefeuille
  • Sound Capital

Par Jérôme Sicard

« Nous avons considérablement accru notre efficacité opérationnelle»

Responsable de la gestion de portefeuille chez Sound Capital, Christian Luchsinger s’est concentré en grande partie sur l’optimisation des processus au cours de ces dernières années. Avec l’objectif d’accroître l’efficacité opérationnelle, une figure imposée pour que les clients disposent au final de solutions d’investissement de tout premier ordre.

Dans le domaine du portfolio management que vous dirigez chez Sound Capital, où avez-vous réalisé les transformations les plus importantes ces dernières années ?

L’une de nos avancées les plus significatives a été la mise en place d’un nouveau PMS, avec lequel nous avons pu rationaliser les opérations, améliorer la précision de nos données et accroître notre efficacité. Nous pouvons aujourd’hui gérer les portefeuilles des clients avec une plus grande finesse. Grâce au rééquilibrage automatisé, nous maintenons les portefeuilles alignés sur les allocations cibles, nous minimisons les interventions manuelles et réduisons les risques opérationnels. Cette automatisation nous permet de réagir rapidement aux évolutions du marché, de maintenir les profils risque/rendement souhaités et de proposer des solutions sur mesure aux clients.

De plus, nous avons développé des portefeuilles modèles standardisés pour toutes les stratégies. C’est pour nous la garantie d’une approche d’investissement cohérente, d’un historique et un d’alignement des performances sur les objectifs des clients, tout en conservant la flexibilité nécessaire à la personnalisation des portefeuilles individuels.

Nos intégrations bidirectionnelles avec les banques dépositaires facilitent l’exécution transparente des ordres, l’échange efficace de données et l’amélioration de la communication avec les dépositaires. De cette façon, nous avons considérablement accru l’efficacité opérationnelle avec à la clé un meilleur niveau de service à nos clients.

Dans quelles directions souhaitez-vous faire évoluer vos process ?

Notre priorité est d’améliorer l’efficacité et de nous concentrer davantage sur les priorités des clients ainsi que sur la prise de décision. Grâce au logiciel PMS que nous avons implémenté, nous voulons automatiser la génération et l’exécution des ordres, rationaliser les opérations, et assurer la cohérence des transactions dans tous les domaines.

Quels outils ou solutions technologiques avez-vous intégrés pour optimiser vos processus ?

Nous utilisons Assetmax comme PMS, pour rationaliser les tâches clés telles que le reporting, la conformité et l’analyse de portefeuille, et optimiser ainsi nos travaux d’exécution. L’intégration par Assetmax de solutions telles que Performance Watcher rend pour nous le PMS encore plus utile, en réduisant les interventions manuelles et le risque opérationnel. En outre, le terminal Bloomberg nous donne accès à des données de marché en temps réel, à des outils d’analyse et de négociation, avec lesquels notre équipe dispose des informations nécessaires pour prendre des décisions d’investissement éclairées et apporter une valeur ajoutée au comité d’investissement. En intégrant ces technologies, nous avons optimisé les opérations et libéré des ressources, ce qui nous permet de nous concentrer sur la prise de décisions stratégiques et la mise en œuvre d’un service client exemplaire.

En matière de gestion de portefeuille, quels sont les éléments que vous considérez comme essentiels aujourd’hui ?

Offrir des rendements attrayants ajustés au risque, tirer parti de l’intégration technologique pour plus d’efficacité, assurer une conformité réglementaire stricte, maintenir une approche centrée sur le client avec des solutions personnalisées, et s’adapter en apprenant continuellement.

Quelles évolutions majeures anticipez-vous dans les années à venir ?

L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique joueront un rôle plus important dans l’amélioration des décisions d’investissement et de l’évaluation des risques. Les avancées technologiques aboutiront à des solutions d’investissement encore plus personnalisées, ce qui nous permettra d’adapter les portefeuilles au plus près des besoins de chaque client. En parallèle, nous prévoyons des changements continus dans le paysage réglementaire, ce qui nécessitera une capacité d’adaptation aux nouvelles normes de conformité et de transparence.

Dans quelle mesure l’optimisation de vos process influence-t-elle le développement de vos stratégies d’investissement ?

L’intégration de solutions technologiques et l’automatisation libèrent bien évidemment du temps et des ressources, que nous mettons à profit pour nous concentrer sur les clients, identifier les meilleures opportunités de marché et affiner nos stratégies d’investissement. En fin de compte, l’optimisation des processus nous permet non seulement d’accroître notre efficacité opérationnelle, mais aussi d’aller vers plus de sophistication dans nos stratégies d’investissement.

Christian Luchsinger

Sound Capital

Christian Luchsinger est responsable de la gestion de portefeuille chez Sound Capital où il officie depuis maintenant cinq ans. Il est responsable du développement de l’offre d’investissement et membre du comité exécutif. Avant de rejoindre Sound Capital en 2019, Christian a travaillé pour Credit Suisse, Julius Baer puis Falcon Private Bank. Au cours de sa carrière, il s’est principalement concentré sur les services aux tiers gérants, l’advisory et la gestion de portefeuille. Christian Luchsinger est diplômé de la Haute école des sciences appliquées de Zurich où il a obtenu un Bachelor in Business Administration – Banque et Services Financiers. Il détient également la certification CFA.

 

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Recrutement

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  • Interview Julie Guittard
  • Senior manager
  • Michael Page

Par Jérôme Sicard

 «Il faut qu’il y ait une compréhension réciproque des leviers de motivation»

Pour soutenir leur dynamique de croissance, les sociétés de gestion cherchent de plus en plus à recruter de nouveaux relationship managers, à débaucher des banquiers privés, voire à récupérer des desks complets. Un exercice plus complexe qu’il n’y parait, où un projet d’entreprise solide, un business plan réaliste et une compréhension claire des attentes de chacun sont essentiels pour réussir.

A quoi doit ressembler le pitch des sociétés de gestion qui veulent recruter de nouveaux relationship managers, voire intégrer de nouvelles équipes, dans une logique de croissance externe?

Pour attirer les talents les plus qualifiés, il est essentiel de clarifier précisément la proposition de valeur. Aujourd’hui, avec près de 1’400 autorisa­tions délivrées par la FINMA à des gestion­naires de fortune, autant de propositions de valeur distinctes existent sur le marché. Il est donc crucial de donner du poids au pitch, sans toutefois se méprendre : la rémunération, et éventuellement la possi­bilité d’entrer au capital, resteront des fac­teurs décisifs dans le choix des candidats.

Qu’entendez-vous par proposition de valeur?

La société de gestion doit justifier son recrutement en le replaçant dans un plan stratégique. Attirer un relationship manager ou un banquier privé aujourd’hui nécessite avant tout de présenter un projet d’entre­prise solide, soutenu par une vision à long terme. Il est crucial de stimuler son esprit entrepreneurial, de lui donner envie de construire et de grandir ensemble. Valoriser son apport en le plaçant dans un contexte précis, où il pourra s’épanouir et servir ses clients de manière optimale, est primordial.

La mise en place d’une culture collabora­tive, fondée sur la confiance, l’assurance d’avoir un équilibre entre vie profession­nelle et vie personnelle, notamment par des options telles que le télétravail, sera déter­minante pour convaincre un candidat.

Il est également essentiel d’insister sur les outils à disposition. À l’ère du digital, disposer de technologies avancées est indispensable pour améliorer l’efficacité des RMs, qu’il s’agisse de la gestion de portefeuilles, de l’analyse de données ou des plateformes de communication avec les clients.

A quel type de packages s’attendent les relationship managers ou les banquiers éventuellement prêts à bouger?

Il y a jusqu’à cinq variables, qui rentrent aujourd’hui dans un package. Ça com­mence avec le salaire de base qui se situe la plupart du temps entre 150 et 250’’000 francs. A cette rémunération initiale s’ajou­tent les bonus, qui peuvent représenter jusqu’à 100% du salaire de base. Viennent ensuite les participations aux bénéfices, les avantages sociaux – assez souvent négligés dans les offres – et enfin les primes à l’an­cienneté ou bonus de rétention. Il peut s’agir entre autres de participations aux bénéfices qui augmentent au fil des années.

Quels points vous semblent décisifs dans un recrutement?

Des risques sont pris de part et d’autre. Chacun doit en être pleinement conscient. Pour les minimiser, il faut qu’il y ait une compréhension réciproque des leviers de motivations. Dans les dossiers que nous traitons, nous voyons passer beaucoup de banquiers qui saturent de leur environne­ment bancaire. Il ne ressemble plus à celui qu’ils ont connu à leurs débuts. Ils ne se sen­tent plus alignés à la politique d’organisa­tion. Le généraliste disparaît en effet pour laisser la place à des profils nettement plus spécialisés, dans la gestion de portefeuille, la fiscalité ou le wealth planning. Ces seniors ont bien évidemment envie de bouger pour retrouver leurs repères mais ils savent qu’ils prennent des risques en sortant du système et ils s’attendent en retour à une compensation financière ou à une pleine autonomie.

D’après les retours que vous obtenez, dans quelle mesure chacune des parties doit-elle modérer ses attentes?

Pour chaque recrutement, il y a toujours un business plan qui sert de base de réflexion. Or, il vaut mieux se montrer pru­dent sur ce qu’il contient et savoir le pon­dérer car la réalité s’écarte assez vite du postulat de départ. La question clé repose bien évidemment sur le temps nécessaire au transfert du portefeuille Clients. Cer­tains gérants se donnent trois à six mois, au grand maximum pour voir le book arriver. D’autres, qui ont les reins un peu plus soli­des, peuvent patienter davantage, de douze à dix-huit mois. Reste à voir égale­ment quelle proportion du book sera récu­pérée au final, autrement dit ce que la ban­que réussira à conserver ou non. Voilà ce en quoi chacun doit modérer ses attentes. Mais je pense que les acteurs concernés sont moins naïfs aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a encore quelques années.

Quels sont les grands pièges à éviter pour les uns et les autres?

Il ne faut pas sous-estimer l’adéquation culturelle qui doit s’établir entre les deux parties. En rejoignant un gérant indépen­dant, un banquier privé change d’univers. Il se retrouve du jour au lendemain dans des structures plus légères qui n’ont pas forcé­ment les mêmes ressources, que ce soit en termes de personnel, de prestataires ou d’outils. Beaucoup se voient obligés de sor­tir de leur zone de confort. Côté sociétés de gestion, des relationship managers peuvent avoir de jolis portefeuilles clients mais se trouver dans l’incapacité de les développer, par manque de compétences commercia­les pures. Il est donc indispensable que tous fassent preuve de réalisme en fonction des possibilités et des moyens financiers qu’offre ou non la structure.

Où-recrutez-vous, pour les banques privées ou les sociétés de gestion qui vous le demandent?

Essentiellement dans les banques. C’est le vivier le plus important en ce moment, là où nous voyons le plus de mouvements. La disparition de Credit Suisse a eu un certain impact, de même que la reprise en cours de Société Générale Private Banking Suisse par UBP, mais nous constatons aussi un réel mécontentement chez les ban­quiers les plus expérimentés, âgés de plus de cinquante ans. Ce sont donc des cibles prioritaires. Dans une moindre mesure, nous nous intéressons aussi aux candidats au départ chez les gérants indépendants. Aux lendemains de la mise en application de la LSFin/LEfin plusieurs structures mon­trent en effet des signes de vieillissement, ou d’essoufflement. Je comprends que des relationship managers aient alors la volonté de poursuivre leur carrière dans des struc­tures plus pérennes.

En règle générale, nous ne recrutons que très peu à l’étranger. Que ce soit à Genève ou à Zurich, nous opérons sur un marché très local.

Quelles mesures doivent prendre les banques pour limiter la fuite des talents?

De fait d’une sophistication de plus en plus importante des clients et d’un besoin croissant des banques de les retenir, ces dernières n’ont d’autre choix que de forcer une collaboration entre banquiers et experts métiers, notamment pour la partie investissements. C’est une tendance iné­luctable. Il est donc difficile de retenir des banquiers privés qui ont longtemps opéré en solo et qui sont tenus désormais de se fondre dans un collectif.

Je crois que les banques aujourd’hui ont plutôt intérêt à se concentrer sur les colla­borateurs plus jeunes, à les former, à leur financer des troisièmes cycles et à les engager sur le long terme avec des plans de carrière qu’ils ne trouveront pas forcé­ment chez un gérant indépendant. En soi, les banques ont déjà beaucoup à gagner en s’assurant la fidélité de plus jeunes colla­borateurs, qui présentent un fort potentiel.

Sur quel type d’opérations travaillez-vous en ce moment?

Nos clients, principalement des banques ou des sociétés de gestion, nous sollicitent de plus en plus pour acquérir des desks complets, avec relationship managers, hunters, farmers, assistantes et advisors. Pouvoir récupérer des desks complets sécurise le client. Ensuite, à un autre éche­lon ce sont toujours les fonctions risque et compliance qui nous occupent beaucoup, avec des demandes pour des profils très spécialisés selon les zones géographiques ou les typologies de risque.

Julie Guittard

Michael Page

Spécialisée dans le recrutement au sein du secteur bancaire et des services financiers en Suisse romande, Julie Guittard est senior manager chez Michael Page. Elle a plus de 14 ans d’expérience dans la gestion de talents. Au cours de sa carrière, elle a dirigé des équipes et couvert un large éventail de postes dans les domaines du risque, de la conformité, de la finance, des investissements, des opérations et du front office pour des banques privées, des asset managers et des gestionnaires de fortune ainsi que pour des family offices.

 

SOLUTIONS EAM
ADN

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Steve Smith
CdR Capital
« Les marchés privés permettent de réduire le risque global dans les portefeuilles »

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Sphere

The Swiss Financial Arena

Depuis sa création en 2016, SPHERE anime la communauté des pairs de la finance suisse. Elle leur propose en français et en allemand différents espaces d’échange avec un magazine, des hors-série réservés aux Institutionnels, un site web et des évènements organisés tout au long de l’année pour aborder de nombreuses thématiques. Toutes les parties prenantes de la finance, l’un des plus importants secteurs économiques de Suisse, ont ainsi à leur disposition une plateforme où il leur est possible d’échanger, de s’informer et de progresser.

Outsourcing

Solutions EAM

  • Interview Cédric Cazes
  • Responsable EAM & Multi-Family Offices
  • CMB Monaco

Par Jérôme Sicard

« Il existe un certain nombre de limites à l’externalisation »

Lors du EAM Day organisé par Sphere à Genève, Cédric Cazes a dirigé le panel consacré aux risques d’externalisation, aux côtés de Jenny Hennessy, Marc Lemaire et Henri Corboz. Il livre ici les points clés d’une discussion qui n’est pas près de se clore.

Quels sont donc les points clés à retenir de la discussion de ce panel sur les risques d’externalisation que vous avez animé, lors de notre EAM Day à Genève ?

L’externalisation offre très certainement des avantages aux gérants indépendants, mais elle comporte aussi des risques. En choisissant des prestataires fiables, en établissant des contrats clairs et en maintenant une surveillance régulière, les gérants peuvent maximiser les bénéfices tout en réduisant les risques. Une approche proactive et une supervision adéquate sont essentielles pour ceux qui externalisent des services critiques. Voilà ce qui m’a semblé essentiel.

Quels sont les risques les plus significatifs rencontrés par les gérants dans l’externalisation de certains services ?

Les principaux risques liés à l’externalisation de ces services comprennent la perte de contrôle, les problèmes de confidentialité des données, les risques de non-conformité réglementaire et les interruptions de service. En externalisant la compliance, pour prendre cet exemple, un gérant de fortune dépend de la compétence et de la diligence de son prestataire pour respecter des réglementations complexes, en constante évolution. De même, externaliser imprudemment les services IT peut exposer l’entreprise à des cybermenaces et des interruptions techniques.

De quels moyens disposent les gérants pour atténuer ces risques ?

Il existe plusieurs stratégies pour les atténuer. Premièrement, il est crucial de sélectionner des prestataires dignes de confiance, qui se présentent avec une solide expérience et des références vérifiables. Ensuite, il faut établir des contrats clairs et détaillés qui définissent les attentes, les normes de performance et les responsabilités de chaque partie. Par ailleurs, il est essentiel de mettre en place des mécanismes de surveillance et d’audit pour s’assurer que le prestataire respecte ses obligations. Enfin, les gérants de fortune doivent s’assurer que les prestataires disposent de mesures de sécurité robustes pour protéger les données sensibles.

Vous attendez-vous à une surveillance accrue du régulateur sur les fonctions externalisées ?

Il est à prévoir que le régulateur renforce sa vigilance et n’autorise l’externalisation qu’en lui associant des exigences strictes en matière de responsabilité, de contrôle et de transparence. Cependant, des contradictions apparaissent souvent en pratique. Bien que bénéfique sur les plans opérationnels et financiers, l’externalisation créée des risques supplémentaires, nécessitant des mesures qui augmentent la complexité et la charge administrative. Les gérants de fortune doivent donc bien veiller à équilibrer les avantages de l’externalisation et les exigences réglementaires croissantes.

Pour les gérants indépendants, quelles sont aujourd’hui les limites à l’externalisation ?

Il en existe un certain nombre. Je vais citer les principales.  L’intégration technologique : les solutions externes peuvent ne pas bien s’intégrer, entraînant inefficacités et surcoûts. Le manque de flexibilité : les contrats à long terme limitent la capacité d’adaptation rapide aux changements. Les coûts cachés : l’externalisation peut entraîner des frais supplémentaires imprévus. La perte de compétences en interne : l’externalisation peut en effet réduire les compétences internes, et affecter la réactivité. Et l’impact sur la relation client : la dépersonnalisation des services peut diminuer la qualité de l’accompagnement.

L’externalisation est-elle un frein à la création de valeur ?

Dans les sociétés de gestion, l’externalisation vise à améliorer l’efficacité et à réduire les coûts, mais il est vrai que son impact sur la création de valeur est un sujet qui fait débat. Les avantages se trouvent dans la réduction des coûts, l’accès à des spécialistes et la flexibilité opérationnelle. Les gérants sont alors en mesure de se recentrer sur leur cœur de métier tout en s’adaptant rapidement aux évolutions du marché.

Cependant, l’externalisation comporte des risques, comme la perte de contrôle et une dépendance excessive aux prestataires, pouvant freiner le développement de certains domaines d’expertise et limiter l’innovation en interne. Pour maximiser la création de valeur, une gestion équilibrée et une évaluation précise des fonctions à externaliser sont essentielles Tout est question d’équilibre, le gérant doit rester maitre de son modèle d’affaire et opérationnel afin de pouvoir s’adapter aux challenges qu’il rencontre dans le secteur financier.

Cédric Cazes

CMB Monaco

Cédric Cazes présente un parcours éclectique. Au cours des vingt dernières années, il a exercé au sein d’un groupe britannique, ainsi que dans une banque privée, à Monaco et en Suisse. Par la suite, il a rejoint une fintech suisso-monégasque en tant que Partner, où il a consacré trois ans à l’édition de logiciels destinés aux gérants et aux multi family offices. Plus récemment, il a pris les rênes du département des gérants de fortune et des MFO pour CMB Monaco, dans le cadre de son développement international. Diplômé en finance, ressources humaines et audit interne, il a également obtenu un master en stratégie.

 

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