Marine
Marco Fiorini
Bonafide Wealth Management
"Aquaculture et pisciculture : un environnement extrêmement dynamique".
Chez IVO Capital Partners, Paul de Servigny développe l’activité litigation finance, un secteur niche en pleine croissance. Son rôle : financer les budgets liés à des procédures de contentieux et d’arbitrage.
Dans les grandes lignes, en quoi consiste ce secteur du « litigation finance » que vous couvrez pour IVO Capital Partners?
Notre approche du litigation finance est relativement classique. Nous finançons les budgets liés à des procédures de contentieux et d’arbitrage en cours pour des personnes morales devant tous types de juridictions. A ce jour, nous avons déjà financé une cinquantaine d’opérations différentes pour un total investi de plus de 110 millions de dollars.
Nous concentrons notre activité en Europe continentale, France, Pays Bas, Espagne et dans les pays de common law, tels que l’Angleterre et les Etats-Unis. Le nouveau fonds que nous levons actuellement a pour objectif d’investir plus de 50% de ses encours en Europe continentale. Contrairement à d’autres financeurs, nous ne faisons pas de rachat de créance et investissons peu dans les financements de portefeuilles.
Avez-vous une idée sur la taille du secteur ?
Deminor Litigation Funding a publié une analyse en décembre 2022 où ils ont compilé les résultats de leur recherche sur cette question. Le montant total investi chaque année est estimé à plus de 11 milliards de dollars, certaines sources vont jusqu’à 17 milliards par an. La difficulté avec ces estimations est de faire la distinction entre montants engagés et montants réellement déployés. Le montant déployé est en effet souvent estimé à environ 25% du montant engagé.
Le marché d’Europe continentale représente une part limitée de cet ensemble. Entre 800 millions et 1 miliard de dollars ont été engagés par des financeurs de contentieux en 2020.
Quelles formes peuvent prendre les investissements qui s’y rattachent ?
Les investissements que nous effectuons sont des financements, via une convention, entre le fonds, la partie financée qui est la plaignante ou demanderesse dans le dossier, et les avocats représentant le plaignant.
Cette convention prévoit les termes et conditions applicables à notre financement et les obligations de chacune des parties impliquées et financées. L’important dans cette relation est de bien respecter la relation entre l’avocat et son client, tout en s’assurant qu’en tant que partie intéressée au résultat du contentieux, le financeur bénéficie d’un niveau important d’information et de suivi du budget et de la stratégie.
D’autres acteurs du marché opèrent différemment. Les uns proposent aux plaignants de leur racheter leurs créances puis de les gérer intégralement. Les autres financent exclusivement des cabinets d’avocat et regardent moins au cas par cas.
Quels types de rendements génèrent-ils en moyenne ?
Dans l’industrie du litigation finance, les rendements présentés par les acteurs cotés varient entre 15% et 35% de TRI en fonction des vintages et des années, sur la base des présentations publiques disponibles notamment chez Burford et LCM.
Ces rendements très élevés s’expliquent par le format de rémunération des financements qui bénéficient en général d’une formule : « le maximum entre » un multiple de l’argent financé, ou un pourcentage du montant final récupéré.
Comment voyez-vous évoluer ce marché ?
Le marché s’est beaucoup tourné vers l’Europe continentale, le développement des actions collectives dans certaines juridictions – Pays Bas, Espagne notamment – ainsi que l’acceptation du financement comme une bonne option pour les clients des cabinets d’avocats.
Dans le monde de la common law, les financeurs se tournent également plus vers le financement de cabinets d’avocats. Ces financements présentent des taux d’intérêts élevés, supérieurs à 12%, selon les transactions que nous avons pu observer, et une diversification importante du risque réparti entre des centaines de dossiers en contrepartie d’une rémunération nettement moins asymétrique que le financement au cas par cas.
Comment sourcez-vous les différentes opportunités sur lesquelles vous vous positionnez ?
Les cabinets d’avocats sont notre principale source. Cela passe par un travail de familiarisation de notre activité, de ses avantages pour leurs clients et pour eux-mêmes afin qu’ils proposent le financement à leurs clients.
Nous travaillons avec tous types de cabinets, de grands généralistes ou de plus petites structures très spécialisées dans certains domaines du droit.
Notre autre source de cas est le co-financement. Nous entretenons de très bonnes relations avec les autres financeurs du marché. Le co-financement prend plusieurs formes. Le partage intégral du dossier, une approche qui permet de diversifier nos sources d’origination et de fournir des montants d’investissement plus élevés. Ou le co-financement et nous sommes alors un financeur « silencieux ». Nous bénéficions du travail d’analyse et de suivi du financeur et participons dans un budget souvent largement supérieur à notre ticket moyen, situé entre 1 et 5 millions d’euros.
Paul de Servigny
IVO Capital Partners
Après plusieurs stages dans les équipes de cabinets d’avocats, notamment chez Ayache Salama à Paris en Corporate et M&A, puis en Volontariat international à la Société Générale CIB, Paul a rejoint IVO Capital Partners en octobre 2018 en tant qu’analyste juridique. Paul se concentre principalement sur l’analyse et le suivi des transactions de financement de contentieux.
Paul est titulaire d’un master en droit des affaires français et anglais et d’un master de droit comparé des affaires de l’université Paris X. Il est également titulaire d’un Master LLM de l’université de Berkeley en Californie et est admis au barreau de New York depuis juillet 2018.
Vous aimerez aussi
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
RÉDACTION
redaction[at]sphere.swiss
PUBLICITÉ
advertise[at]sphere.swiss
ABONNEMENT
contact[at]sphere.swiss
ÉVÉNEMENTS
events[at]sphere.swiss
Rue Barton 7
Case postale 1806
CH-1211 Genève 1
© 2023 Sphere Magazine
Site réalisé par Swiss House of Brands
La banque LGT Suisse a développé à Zurich ses services pour les gestionnaires de fortune et les gestionnaires de fonds, avec la mise en place d’une nouvelle équipe. Une activité d’une importance stratégique pour la banque. La responsable de cette équipe, Carin Rosenberger, nous explique ses objectifs, les défis qu’elle va devoir surmonter et le potentiel du secteur.
Depuis juin 2022, vous êtes responsable d’une équipe nouvellement créée pour les intermédiaires financiers. Quels sont vos objectifs ?
Carin Rosenberger. Nous avons des objectifs de croissance ambitieux dans ce domaine. Outre les gestionnaires de fortune, nous voulons également attirer des gestionnaires de fonds et des multi family offices. Dans le domaine des gestionnaires de fonds en particulier, notre objectif principal est faire savoir que le Liechtenstein est un bon endroit pour héberger leurs produits. Grâce à notre équipe dynamique et à l’excellente offre de LGT, je suis persuadé que nous y parviendrons.
Jusqu’à la fin de l’année 2022, les questions de réglementation ont été au cœur des préoccupations de nombreux gestionnaires de fortune indépendants. Comment percevez-vous aujourd’hui le secteur en Suisse ?
Avec la FINIG, le nombre de gérants de fortune a diminué, mais pas les actifs gérés. Grâce à la fidélité de sa clientèle, le secteur possède toujours un grand potentiel et il continuera à croître de manière importante malgré les nouvelles contraintes réglementaires. Mais aussi, en partie, grâce à elles. En effet, l’autorisation délivrée par la FINMA est devenue un label de qualité. L’évolution future dépend désormais, entre autres, de la compétence des gérants à maîtriser efficacement l’évolution des coûts résultant de ces obligations réglementaires. Par ailleurs, de plus en plus de spécialistes viennent enrichir l’offre dans le secteur, par exemple dans les domaines des private markets, de la durabilité ou des cryptos. Notre activité est donc aujourd’hui plus diversifiée et plus passionnante que jamais.
Avec quelles offres pensez-vous convaincre les gestionnaires de fortune ?
La LGT, banque privée familiale d’envergure internationale, est un partenaire stable et fiable. Nous pouvons nous prévaloir d’une histoire plus que centenaire et nous sommes actifs depuis 30 ans, avec beaucoup de succès, dans le domaine de l’intermédiation. Nos clients apprécient cette stabilité tout autant que le suivi personnalisé de la clientèle sur place, au Liechtenstein ou en Suisse.
Notre portefeuille de prestations couvre un large éventail de services : fonds Private Label, solutions de placement sur les private markets via notre asset manager LGT Capital Partners, impact investing, une offre ESG propre pour les intermédiaires, des hypothèques internationales et un conseil global en philanthropie.
Qu’en est-il du digital ?
Nous profitons de toutes les opportunités offertes par la numérisation, pour rendre la collaboration entre les gestionnaires de fortune et LGT encore plus efficace. Grâce à nos systèmes actuels et à nos interfaces, toutes les classes d’actifs, y compris le FX, les traded-options, et quelques autres encore peuvent être traitées facilement en ligne. Notre solution électronique d’onboarding pour les intermédiaires et leurs clients finaux permet également d’améliorer l’efficacité des processus. En fin de compte, tous nos efforts doivent servir à ce que nos partenaires disposent de plus de temps pour pouvoir offrir une expérience sans cesse meilleure à leurs clients.
La prochaine génération de clients est un thème important pour l’ensemble du secteur. Comment se positionne votre banque ?
Cela a en fait toujours été un défi central dans le secteur financier, mais ce sont aussi, à mon avis, de grandes opportunités. Nous avons pris différentes mesures pour mieux comprendre la nouvelle génération. En plus des enquêtes régulières auprès des clients, nous avons créé dès 2008 la LGT Next Generation Academy. Dans ce contexte, plusieurs thèmes nous semblent particulièrement importants. Pour la jeune génération, le digital va de soi et constitue un facilitateur important, notamment dans le domaine financier. Ils sont habitués à décider et à faire les choses par eux-mêmes, indépendamment du moment et du lieu. Avec notre stratégie de numérisation, qui touche toute la banque, nous voulons convaincre cette jeune génération. La durabilité revêt également une grande importance pour elle, car elle est fermement ancrée dans les valeurs de notre entreprise. Les clientes et les clients en tirent des avantages concrets, par exemple grâce à notre monitoring ESG indépendant et à l’accès à l’offre « Impact Investing » de notre société sœur Lightrock.
Carin Rosenberger
LGT (Suisse)
Carin Rosenberger dirige chez LGT Bank (Suisse) l’équipe en charge des gérants de fortune externes. Avec cette équipe, elle est responsable du suivi et de l’acquisition de gérants de fortune externes, de multi family offices et de gestionnaires de fonds en Suisse alémanique. Auparavant, cette économiste de formation a travaillé pendant plus de 12 ans pour Credit Suisse (Suisse), où elle a occupé les postes de Senior Relationship Manager et de Sales & Business Development dans les domaines External Asset Managers et Institutional Asset Managers. La LGT Bank (Suisse) fait partie du groupe LGT, qui appartient à 100% à la famille princière du Liechtenstein. Elle emploie plus de 4’500 personnes dans le monde entier. En 2022, le groupe LGT gérait des actifs d’une valeur de 287,2 milliards de francs.
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
RÉDACTION
redaction[at]sphere.swiss
PUBLICITÉ
advertise[at]sphere.swiss
ABONNEMENT
contact[at]sphere.swiss
ÉVÉNEMENTS
events[at]sphere.swiss
Rue Barton 7
Case postale 1806
CH-1211 Genève 1
© 2023 Sphere Magazine
Site réalisé par Swiss House of Brands
Dans le déploiement des solutions digitales, qu’elles soient développées en interne ou externalisées, l’expérience client devient déterminante pour les gestionnaires de patrimoine. Alexis de Bernis en précise ici les contours.
La transformation numérique, son application, la mesure de son succès dans le contexte de la gestion de fortune, demande d’avoir recours à des informations concrètes et pertinentes. Et c’est plus particulièrement le cas aujourd’hui pour ce vaste domaine qu’est l’expérience utilisateur – la fameuse UX – concept clé au cœur de la révolution numérique.
Pour aller à l’essentiel, l’UX est l’équivalent en mode digital de l’attention que vous portez aux détails et à votre présentation dans le monde réel. Le principe même de l’UX est de donner la priorité aux utilisateurs réels de vos solutions et à leurs besoins. Le principal objectif se situe là, et c’est ainsi qu’il définit la réussite de votre transformation numérique.
Combien de fois avez-vous rencontré un nouveau système informatique ou entamé un projet et fini par penser : « C’est tellement compliqué, si technique ! Est-ce que la personne qui l’a construit l’a déjà réellement utilisé ? Ils ne comprennent vraiment pas ce que nous faisons ! » C’est exactement ce que produit une mauvaise expérience utilisateur… La digitalisation sans prise en compte de l’expérience utilisateur, ce n’est que de l’informatique.
Permettez-moi donc de vous fournir quelques outils pour vous assurer que vos initiatives de transformation numérique atteignent l’objectif que nous venons d’aborder: offrir à vos clients une meilleure expérience utilisateur.
Persona
Pour offrir une expérience exceptionnelle à vos utilisateurs, vous devez les imaginer et vous poser les questions suivantes : Qui sont-ils ? Dans quelle industrie travaillent-ils ? Quel âge ont-ils ? Quel est leur niveau d’éducation et de revenu ? Qu’est-ce qui compte pour eux ? A quels problèmes font-ils face ?
Les persona sont des « personnages fictifs » que vous imaginez – en leur donnant un nom, un âge, un style de vie, et toute autre caractéristique permettant de les définir – afin d’adopter leur point de vue sur votre solution : « Est-ce que Lucas aimerait cette solution ? L’utiliserait-il ? Comment puis-je résoudre le principal problème d’Alain ? ».
Prototypes
Construire/implémenter une solution numérique est coûteux et – une fois livrée – difficile à modifier. C’est pourquoi il est toujours préférable de penser à l’expérience utilisateur en se basant sur des prototypes : cela peut être un dessin fictif sur PowerPoint, jusqu’à des outils de maquettage professionnels comme Figma. L’important avec les prototypes, c’est qu’ils vous aident à itérer rapidement.
Test
Ce que vous pensez être important pour vos utilisateurs et ce qui est réellement important pour eux sont souvent deux choses différentes, c’est pourquoi les tests sont au cœur de la réflexion sur l’expérience utilisateur. Montrez vos prototypes à vos utilisateurs cibles et assurez-vous d’écouter leurs commentaires. Recherchez les mots clés : simple, clair, beau, facile à utiliser – pour les bons retours ; peu clair, compliqué, flou, lent, trop technique – pour les mauvais retours.
Mesures
Une bonne expérience utilisateur a un impact réel sur l’engagement des utilisateurs avec vos solutions. Une fois que vous avez défini les problèmes que vous cherchez à résoudre dans le cadre de votre démarche de transformation numérique, définissez les indicateurs clés de performance (KPI) que vous cherchez à améliorer. Il peut s’agir par exemple du nombre d’interactions avec vos clients, du temps moyen qu’un client met pour répondre à une proposition d’investissement, etc.
Les experts utilisent le concept de test A/B – en proposant deux variations possibles appelées A et B, laquelle améliore le plus les KPI mesurés ?
Anecdote amusante : saviez-vous que Google a testé 41 nuances de bleu différentes pour les liens sur sa page de résultats de recherche ? La bonne couleur aurait apparemment généré une augmentation de 200 millions de dollars de revenus publicitaires.
L’expérience utilisateur fait partie d’un cadre plus large appelé Design Thinking. Cette technique est utilisée depuis des années par des entreprises technologiques pionnières à grand succès. Il repose sur le puissant concept d’itérations : la bonne conception n’est jamais inventée du jour au lendemain, elle est réalisée grâce à une série d’itérations, chacune suivant les mêmes étapes :
Armé de ces nouvelles informations, itérez à nouveau jusqu’à ce que vous atteigniez une solution satisfaisante – et maintenant vous pouvez envisager de la construire !
Alexis de Bernis
Silex
Après une formation initiale d’ingénieur Supélec à Paris, Alexis a décidé de mener son parcours professionnel en alliant technologie et finance de marché. Il a d’abord travaillé à la Société Générale, puis chez Sophis (maintenant Finastra), un fournisseur de logiciels sell-side et buy-side. Il est arrivé en Suisse en 2012 pour rejoindre les rangs de Leonteq à Zurich puis il a été recruté par Silex à Genève, en 2020, en tant que Chief Technology Officer.
Vous aimerez aussi
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
RÉDACTION
redaction[at]sphere.swiss
PUBLICITÉ
advertise[at]sphere.swiss
ABONNEMENT
contact[at]sphere.swiss
ÉVÉNEMENTS
events[at]sphere.swiss
Rue Barton 7
Case postale 1806
CH-1211 Genève 1
© 2023 Sphere Magazine
Site réalisé par Swiss House of Brands
Après trois ans de restrictions dues à la crise du Covid, la Chine a finalement rouvert ses portes aux voyageurs étrangers et son économie affiche un dynamisme étonnant.
Lorsque l’on visite aujourd’hui la Chine, on est surpris par le manque d’intérêt pour les sujets géopolitiques qui agitent nos médias occidentaux. De fait, la population – et le gouvernement – se concentrent sur la forte reprise économique qui anime le pays après deux ans de confinement sévère.
L’économie domestique a en effet redémarré sur les chapeaux de roue. A titre d’exemple, les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration interrogés déclarent avoir récupéré trois mois de pertes en quelques jours, à l’occasion de la frénésie qu’a suscité le Nouvel An chinois dans le pays finalement réouvert. A Shanghai, la ville la plus touchée par les lockdowns, ce ne sont pas moins de 20 nouveaux centres commerciaux qui vont ouvrir prochainement dans la ville. Quelques mois seulement après la réouverture, les investissements bourgeonnent de toutes parts – l’opportunisme et l’optimisme chinois en matière de profits sont de retour.
Pour les investisseurs étrangers, les confinements de l’année dernière ont peut-être été l’équivalent de Tienanmen, mais avec le retour de l’excitation, de la normalité et des voyages, ces fermetures ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir pour les Chinois.
La Chine de l’après-COVID
Cette croissance ne touche pas que les villes principales. De fait, même les villes plus petites ont beaucoup évolué au cours des trois dernières années. Dans tout le pays, de nouveaux centres commerciaux ont vu le jour, construits pour ressembler aux rues et aux palais chinois traditionnels. Ils apparaissent comme des oasis au milieu des gratte-ciel imposants. Dans ces centres, on aperçoit parfois une jeune femme chic ou un élégant jeune homme vêtu non pas en Versace ou en Gucci, mais du hanfu traditionnel, qui passe gracieusement avec un parapluie. Même dans les villes bien plus petites, celles de catégorie 5, les gouvernements ont consacré des budgets pour développer les jardins traditionnels chinois afin d’améliorer la qualité de vie, tout en modernisant l’infrastructure locale pour améliorer l’efficacité – car même avec 1 million d’habitants, les « petites » villes chinoises peuvent considérablement augmenter leur productivité et réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce à des investissements dans les transports publics peu émetteurs comme le métro. L’urbanisation rapide de la Chine au cours des dix dernières années a en effet créé de nouvelles opportunités pour les investissements dans les infrastructures.
Efficacité et amélioration des processus sont appliqués à tous les niveaux. A titre d’exemple, la chaîne Luckin Coffee, qui exploite désormais plus de magasins que Starbucks et se concentre exclusivement sur la livraison, a ramené le coût d’un café latte à moins de RMB 20 (environ 2,5 francs). A tel point que les entreprises préfèrent commander du Luckin Coffee plutôt que d’utiliser leurs propres machines à expresso.
En comparaison internationale, le contraste est saisissant : alors que dans la plupart des pays émergents, être moins que très riche, c’est vivre dans des conditions insalubres, avoir des horaires de travail abrutissants et vivre au jour le jour, en Chine, on assiste à l’émergence d’une vraie classe moyenne qui mène une vie sûre, propre, abordable et, pour l’heure, empreinte d’un optimisme naissant.
Un moteur : la croissance organique
Plus que le commerce international, c’est aujourd’hui la croissance organique de la consommation qui est devenue le moteur de la croissance chinoise, alors qu’elle n’a bénéficié d’aucune mesure de relance, d’aucun transfert direct de la part du gouvernement et qu’elle sort de la pire crise immobilière de l’histoire du pays. Le consommateur chinois semble enfin prêt à prendre les rênes, non seulement dans les villes de catégorie 1, mais dans l’ensemble du pays. Il ne faut donc pas s’attendre à de grands gestes politiques, car la reprise tirée par la consommation devrait conduire à une reprise de l’investissement privé (l’investissement dans l’immobilier commercial montre déjà une reprise significative).
Privés des revenus des transactions immobilières, les gouvernements locaux n’ont pas d’argent et ce sont les consommateurs qui doivent se débrouiller seuls. Les politiques n’interviendront que si c’est nécessaire.
La Chine se concentre sur l’économie et la prospérité à long terme du pays. Elle ne veut pas être poussée à la guerre par des pressions extérieures ou intérieures. Le calcul des autorités aujourd’hui est d’attendre, d’endurer. Parce que, selon leurs propres termes, le temps joue en leur faveur.
Alice Wang
Quaero Capital
Alice Wang gère le fonds Bamboo depuis 2015 et le fonds China depuis 2020 au sein de Quaero Capital LLP à Londres. Elle a commencé sa carrière professionnelle comme analyste, spécialiste de la Chine, Corée du Sud, Taïwan et Philippines, avec un focus sur la technologie, les soins de santé et la consommation. Alice a obtenu une licence en sciences humaines et en histoire chinoise à l’université de Yale. Elle détient la certification CFA. Née en Chine, sa langue maternelle est le mandarin.
Vous aimerez aussi
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
RÉDACTION
redaction[at]sphere.swiss
PUBLICITÉ
advertise[at]sphere.swiss
ABONNEMENT
contact[at]sphere.swiss
ÉVÉNEMENTS
events[at]sphere.swiss
Rue Barton 7
Case postale 1806
CH-1211 Genève 1
© 2023 Sphere Magazine
Site réalisé par Swiss House of Brands
Tareno, avec Eagle Invest, est l’un des lauréats du concours « Performance Watcher Best managers 2022 ». La gestion de fortune, dirigée, par Sybille Wyss s’est également classée première du classement établi par Bilanz firstfive. Ces succès à répétition méritent bien une explication.
Toutes nos félicitations. Vous ne pouvez pas échapper aux récompenses.
Sybille Wyss. Merci beaucoup ! Car l’année 2022 a été une année exigeante pour tous les investisseurs. Il en a été de même pour nous. Dans un environnement marqué par une inflation croissante, des taux d’intérêt en hausse et des tensions géopolitiques extrêmes, tous les portefeuilles ont été sous pression.
Vous avez de toute évidence remarqué relativement tôt que le marché se retournait ?
Eh bien, nous avons remporté les deux distinctions de Performance Watcher dans les secteurs à risque faible et moyen avec nos mandats dividendes et value. En effet, l’accent mis l’année dernière sur les dividendes et les valeurs « value », les secteurs défensifs, les placements en CHF et l’or a porté ses fruits. En revanche, les actions technologiques et les devises étrangères ont joué un rôle plutôt secondaire. Nous avons ainsi pu profiter très tôt de la rotation sectorielle.
Cette forte chute des actions technologiques a sans doute été la grande surprise de l’année dernière. Qui aurait cru que les actions dans le secteur du luxe connaîtraient un tel boom ?
Entre-temps, le vent a tourné. Des rotations sectorielles ont lieu en permanence – cela reflète certainement les incertitudes géopolitiques et les incertitudes économiques. Ici, l’accent reste mis sur la question de l’ampleur de la hausse des taux d’intérêt, tant aux États-Unis qu’en Europe et en particulier en Suisse.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Nous ne restons pas les bras croisés. Notre succès – et pas seulement l’année dernière – nous conforte dans les orientations que nous avons prises. Les titres technologiques ont déjà pris beaucoup de valeur. Pour ceux qui ont misé sur la croissance, il valait la peine de restent fidèles à leur stratégie d’investissement. Et oui, les actions de luxe sont également les plus performantes chez nous cette année, aux côtés de l’or et du bitcoin.
En Suisse, c’est surtout la chute de l’action CS qui a fait parler d’elle. Quel est votre avis à ce sujet ?
De mon point de vue, la disparition d’une grande banque est douloureuse pour l’ensemble de la place financière suisse. Au final, il reste probablement la question de la responsabilité et de la manière dont les choses vont désormais se dérouler. Les incertitudes demeurent tant que l’on ne sait pas comment UBS va s’y prendre avec l’unité suisse du CS. Comme la plupart des gestionnaires de fortune, nous avons également eu des relations d’affaires avec le Credit Suisse.
Comment vos clients ont-ils réagi ?
Il y a eu des demandes isolées. Elles ont concerné aussi leurs autres banques de dépôt. Nous avons toujours communiqué clairement et, si nécessaire, nous avons cherché une nouvelle solution à temps pour les clients.
Vous êtes également en contact étroit avec le secteur – un secteur soumis à des règles plus strictes depuis début 2023. Constatez-vous un changement ?
Nous sommes réglementés par la Finma depuis longtemps, nous connaissons donc très bien ce nouvel environnement. Je trouve bien que nous suivions cette voie. Même si les coûts élevés peuvent devenir un problème pour certains petits prestataires. A l’avenir, je m’attends à ce que certains candidats à la reprise soient confrontés à des exigences administratives trop élevées et trop coûteuses.
Sybille Wyss
Tareno
Sybille Wyss est devenue chief executive officer de Tareno en 2020. Elle figure parmi ses associés depuis 2022. Diplômée en économie d’entreprise, elle est ainsi l’une des rares femmes à la tête d’une grande société de gestion de fortune indépendante. De 2012 à 2020, Sybille Wyss a été Chief Investment Officer et a dirigé la politique d’investissement de Tareno. Auparavant, elle a développé le département Gestion de portefeuille et d’actifs. Elle est également en charge du Tareno Global Water Solutions Fund depuis son lancement en 2007, en tant que co-gérante et, depuis septembre 2018, en tant que gérante principale du fonds. Elle figure depuis 2020 dans le classement Top 100 Women in Business pour la Suisse.
Vous aimerez aussi
Adrian Cayarga
SPHERE LAB
« Les smart wallets ne constituent peut-être pas une rupture spectaculaire, mais une évolution structurelle. »
Orégane Chérel
SPHERE LAB
« J’ai envie de m’investir pleinement pour construire un SPHERE LAB dynamique, tourné vers l’avenir. »
Michael Welti
Banque Heritage
« À bien des égards, notre approche s’apparente à celle d’un family office ».
Yohann Palleau
NFG Partners
« La performance ne doit plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être auditée ».
RÉDACTION
redaction[at]sphere.swiss
PUBLICITÉ
advertise[at]sphere.swiss
ABONNEMENT
contact[at]sphere.swiss
ÉVÉNEMENTS
events[at]sphere.swiss
Rue Barton 7
Case postale 1806
CH-1211 Genève 1
© 2023 Sphere Magazine
Site réalisé par Swiss House of Brands