« Développer un portefeuille de 8 à 10 marques dans le luxe »

  • Interview Philippe Camperio
  • CEO
  • ChimHaeres

« Développer un portefeuille de 8 à 10 marques dans le luxe »

Le genevois Philippe Camperio a finalisé la création de ChimHaeres, une joint-venture réunissant sa société, Haeres Capital, à Chimera, fonds d’investissement basé à Abu Dhabi. Ce véhicule utilisera son capital pour l’acquisition et le développement de marques de luxe et d’art de vivre en Europe.

De combien de fonds disposez-vous aujourd’hui avec ChimHaeres ?

Aujourd’hui, la totalité des investissements que nous avons réalisés se chiffrent aux alentours des 75 millions de dollars pour quatre participations en portefeuille. C’est notre camp de base. Nos ambitions désormais sont de monter à 350 millions d’actifs d’ici 2027. Je rappelle que ChimHaeres n’est pas un fonds d’investissement mais une holding privée de participations.Cela étant, nous réfléchissons à l’éventuelle création d’un fonds de private equity à côté de ChimHaeres pour nous accompagner sur de plus grosses transactions.

Dans cette holding, comment se répartissent les rôles entre Chimera Abu Dhabi et Haeres Capital ?

Nous sommes les deux actionnaires de référence et nous partageons le capital à cinquante-cinquante. Il en va de même pour le conseil d’administration. La gestion des activités opérationelles a été déléguée aux équipes de Haeres Capital et j’officie en tant que Chief Executive Officer.

Quels actifs figurent aujourd’hui dans le portefeuille de ChimHaeres ?

ChimHaeres vient de finaliser l’acquisition d’une participation majoritaire dans Zagato, entreprise italienne spécialisée dans la conception et la réalisation de carrosseries. Zagato, fondée en 1919, est l’un des designers les plus connus dans le monde de l’automobile de prestige. ChimHaeres a repris aussi la totalité des actifs de Vionnet, maison française de haute couture fondée en 1912 par la légendaire couturière Madeleine Vionnet, et a finalisé une augmentation de capital pour une participation majoritaire dans Fogal, la marque suisse de collants, fondée en 1921. Finalement, Haeres a contribué à ChimHaeres sa participation majoritaire dans Borsalino, le célèbre fabricant italien de chapeaux que j’avais repris et relancé voilà quelques années.

La holding est-elle ouverte à de nouveaux partenaires ?

L’objectif de ChimHaeres est de détenir environ une dizaine de participations. Nous travaillons déjà sur trois nouvelles cibles : il est donc prévu d’ouvrir le capital de la holding à de nouveaux investisseurs pour augmenter notre force de frappe. Si nous mettons en place le fonds, il soutiendra de plus grosses acquisitions, dans lesquelles ChimHaeres agira en tant que « Lead ». Les montants visés dans la holding et le fonds sont de $75M et $ 500M respectivement.

Quel type de partenaires voudriez-vous attirer ?

Vu le modèle que nous déployons, je pense que nous allons plutôt nous tourner vers des family offices, single et multi, ainsi que des Ultra High Net Worth Individuals ou des entrepreneurs ayant déjà une certaine voilure. Nous regardons en Suisse,en Europe et au Moyen-Orient.

Du travail que vous avez mené précédemment avec Borsalino et Fogal, quelles leçons avez-vous retenues ?

La première leçon, apprise avec Borsalino, est la difficulté à se fixer des horizons de temps quand on veut évoluer dans le luxe. C’est la raison pour laquelle nous sommes d’abord partis sur le principe de la holding et pas du fonds d’investissement qui implique forcément une maturité. Lorsque vous achetez une marque de luxe, il faut vous assurer avant tout du poids de la marque, ce qu’on appelle le brand equity dans le jargon. Lorsque je m’intéresse à une marque dans le secteur du luxe, je la traite exactement comme un bien immobilier. Sa valeur résiduelle doit être très importante. Comme je l’avais fait avec Borsalino, nous cherchons donc des marques qui conservent un énorme potentiel bien qu’elles soient sous-exploitées.

Quelle stratégie entendez-vous déployer au cours de ces prochaines années ?

D’ici cinq ans, nous voulons développer un portefeuille qui comprendra entre 8 et 10 marques, avec une philosophie centrée sur la détention d’actifs et la création de valeur. Nous avons vraiment envie de construire un groupe et d’aller chercher des liquidités dans un deuxième temps avec une cotation en bourse d’ici 2028.

Sur quels secteurs du luxe vous concentrez-vous plus particulièrement?

La joaillerie, la mode et les arts de la table, pour l’essentiel. Les cibles qui nous intéressent tournent autour des 20 à 30 millions en prise de participations. Dans la plupart des cas, nous regardons des Special Situations. Ce sont des marques qui portent des noms incroyables, mais elles ont l’inconvénient d’être trop petites pour des grands groupes ou pour des fonds de private equity. En revanche, elles se fondent parfaitement dans notre modèle. Pour l’ensemble de nos marques, nous cherchons aussi à mutualiser les fonctions régaliennes.

Quels sont les grands enjeux aujourd’hui dans le monde du luxe ?

Tout ce qui est über-luxe est appelé à s’affermir. A l’opposé, je pense que le  lux populis et les marques de mode un peu fast fashion sont aussi promis à un bel essor. Les acteurs qui se retrouvent perdus entre ces deux pôles, sans communauté forte, sans positionnement clair, vont certainement souffrir. Le sustainable devient aussi un enjeu. Le luxe doit s’y résoudre, sous la pression de ses consommateurs et de ses parties prenantes, dont ChimHaeres en fait partie dans son portefeuille.

Je m’attends par ailleurs à une certaine forme de consolidation dans l’industrie, mais je vois mal les grandes enseignes, les Kering, LVMH et consorts, perdre leur temps sur de petites marques. Du coup, notre modèle de mutualisation en termes de coûts et de compétences s’avère très attrayant pour des maisons installées sur des niches qui peinent à se développer en raison de leurs ressources limitées. Nous avons là une belle carte à jouer.

 

Philippe Camperio

ChimHaeres

Philippe Camperio est le CEO de ChimHaeres, la joint-venture créé avec Chimera. Il dirige  par ailleurs Haeres Capital, une société d’investissement privé qui possède et gère divers actifs dans les domaines du luxe et de l’immobilier. Philippe est également l’associé fondateur de Quest Partners, une boutique investment banking, créée en 2000, qui se concentre sur le private equity et le real estate.  Philippe Camperio est titulaire d’une licence en droit du King’s College de Londres et d’un master en finance de la Cass Business School, à Londres.

 

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Décryptage

  • Olivier de Berranger
  • La Financière de l’Echiquier

Il faut savoir entendre ce que nous dit l’or, ce grand bavard

Ce printemps, l’or flirte allègrement avec la barre des 2’000 dollars l’once. Au-delà de ces valorisations records, il est intéressant d’élargir le cadre et d’analyser ces mouvements de façon à pouvoir anticiper sur les orientations des politiques monétaires.

 

 

L’or se rapproche de ses sommets historiques : passé au-dessus des 2’040 dollars le 13 avril dernier, il frôle son niveau historique du 6 août 2020, lorsqu’il a atteint 2063 dollars, un niveau approché également en mars 2022. Certes, en prix « réels », ajustés de l’inflation, le record est encore éloigné, car sur trois ans l’inflation cumulée est considérable. Il n’empêche : la tendance récente à l’appréciation est nette, surtout lorsqu’on le compare à son niveau de début 2019, sous les 1300 dollars. Soit plus de 50% de hausse.

Or le métal jaune est intelligent ; il réagit – par l’intermédiaire des prises de positions tactiques ou spéculatives des financiers – aux conditions monétaires, avec finesse et anticipation. On s’aperçoit souvent, rétrospectivement, qu’il était annonciateur de crises ou de mouvements importants de politique monétaire. En 2008 par exemple, l’or avait nettement progressé juste avant la grande crise financière, alors que les banques centrales montaient leurs taux. En 2011, lors de ses précédents records à plus de 1’800 dollars, soit beaucoup plus en dollars actuels, il avait joué un rôle de couverture efficace contre la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis et la crise de la monnaie unique.

Qu’annonce donc son envolée actuelle ? Tentons de le faire parler.

« Je vois les taux réels baisser ». L’or réagit favorablement aux taux réels négatifs, c’est-à-dire lorsque l’inflation dépasse le niveau des taux. Certes, le message est imprécis, car il y a plusieurs mesures d’inflation, dans des pays différents, et de nombreuses références sur les taux (courts, longs, actuels, anticipés…). Mais considérés dans leur ensemble, les facteurs en cause sont clairs : le niveau général d’inflation attendu à quelques mois aux Etats-Unis, si l’or a raison, creuserait son écart positif avec la moyenne des taux. Ce qui peut signifier soit que l’inflation resterait élevée, voire remonterait, à niveau de taux égal, soit que les taux d’intérêts rebaisseraient nettement, et surtout plus vite que l’inflation. La dernière hypothèse est aujourd’hui favorisée par le marché. Depuis la faillite de quelques banques en mars aux Etats-Unis, le marché anticipe de fortes baisses de taux directeurs de la part de la Réserve fédérale dès la seconde moitié de 2023. Ce qui implique, en creux, des craintes élevées de récession, confirmées d’ailleurs par le dernier compte rendu de la réunion de la Fed où cette hypothèse fut considérée comme centrale.

Autre message possible de l’or : « Je vois le dollar baisser ». Exprimé en dollars, le prix de l’or peut avoir tendance à monter afin de conserver sa valeur réelle si le dollar baisse. C’est ce qui se passe actuellement : face à un panier de devises mondiales, le dollar perd du terrain depuis le dernier trimestre 2022. La raison de cette faiblesse tient à l’hypothèse du marché sur le niveau des taux directeurs, qu’il voit baisser plus tôt et plus fortement aux Etats-Unis que dans la plupart des autres régions. Par exemple, le consensus n’entrevoit aucune baisse de taux en zone euro en 2023, contre plusieurs aux Etats-Unis. Idem pour le Royaume-Uni ou le Japon – où le marché incline même en faveur d’une hausse de taux. Quant à la Chine, il est peu probable qu’elle baisse ses taux alors que l’activité décolle.

Dernier message concevable : « Je vois une crise de la dette américaine ». Que ce soit en raison des fragilités des banques régionales ou de l’immobilier commercial, tous deux sous la pression des hausses des taux, ou, plus grave encore, du blocage politique sur le plafond de la dette américaine, il n’est pas impossible que la note de crédit américaine soit questionnée. On se souvient de la dégradation de la note américaine le 5 août 2011 : coup de tonnerre dans le ciel d’été, elle avait correspondu au sommet de la précédente vague haussière de l’or. Or, on constate justement depuis 2022 une hausse ininterrompue du coût de la couverture contre un défaut des Etats-Unis. Même si un réel défaut paraît inimaginable, car suicidaire économiquement, les tensions autour du vote sur le relèvement du plafond de la dette pourraient encore augmenter dans les prochains mois. En 2011, l’agence S&P avait justifié sa dégradation par la déclaration suivante : « la dégradation de la note reflète notre vue que l’effectivité, la stabilité et la prédictibilité de la politique et des institutions politiques ont été affaiblies ». Des ressemblances avec la situation actuelle ?

 

Olivier de Berranger

La Financière de l’Echiquier

Depuis 1990, Olivier de Berranger a successivement occupé des postes de trader puis de responsable de desk de trading sur les produits de taux d’intérêt cash et dérivés au Crédit Lyonnais puis chez Calyon. Il a été ensuite responsable du pôle Capital Markets chez First Finance, société de conseil et de formation. Il rejoint La Financière de l’Échiquier en mars 2007 comme gérant obligataire. Il est notamment en charge de la poche investie en produits de taux du fonds Echiquier Patrimoine et gère Echiquier Arty ainsi que Echiquier Credit Europe. En 2017, il est nommé directeur de la gestion d’actifs et entre au comité de direction. En avril 2019, il devient également directeur général délégué. Olivier de Berranger est diplômé d’HEC.

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    Journée de la Terre

    • Pascal Dudle & Matthias Fawer
    • Head of Listed Impact and Analyste senior, ESG & Impact
    • Vontobel Asset management

    Transition écologique : le coût trop élevé de l’inaction

    A l’occasion de la Journée Internationale de la Terre, célébrée pour la première fois en 1970, Pascal Dudle et Matthias Fawer reviennent sur l’importance cruciale d’investir en force dans une économie capable de composer avec les grands enjeux environnementaux du moment.

    A l’occasion de la Journée Internationale de la Terre, célébrée pour la première fois en 1970, Pascal Dudle et Matthias Fawer reviennent sur l’importance cruciale d’investir en force dans une économie capable de composer avec les grands enjeux environnementaux du moment.

    Le monde est confronté à une crise environnementale d’une ampleur sans précédent. Le changement climatique, la déforestation, le stress hydrique de plus en plus présent et la pollution entraînent des modifications de la biodiversité ayant un impact à tous les niveaux. Elles vont des sécheresses et inondations jusqu’à la santé humaine, en passant par la production industrielle.

    Indépendamment de la volonté des différents gouvernements de réguler les effets, des investissements importants sont nécessaires dans les décennies à venir pour éviter que les températures ne dépassent pas de plus de 1,5 °C les températures de l’ère préindustrielle. Pour empêcher cette hausse, il est nécessaire d’investir massivement dans la transition vers une économie à faible teneur en carbone et dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Selon le GIEC, pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, les émissions mondiales de CO2 devraient diminuer d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030 et atteindre un niveau net nul vers 2050.

    Les investissements nécessaires pour permettre la transition de l’économie réelle sont considérables. Selon les estimations, d’ici la fin de la décennie, il faudra investir 1’000 milliards de dollars supplémentaires par an dans les énergies propres afin de pouvoir atteindre le niveau zéro d’ici à 2050. Cela représente une multiplication par sept des niveaux actuels.

    Ne pas agir pour empêcher une hausse des températures supérieure à 1,5 °C coûterait encore plus cher. Le secteur privé a un rôle important à jouer pour relever les défis environnementaux mondiaux. En prenant des mesures pour réduire son empreinte écologique et en soutenant les initiatives en faveur du développement durable, le secteur privé peut contribuer à un avenir plus durable et plus résilient pour tous. Toutefois, cela nécessite une collaboration entre les gouvernements, le secteur privé et les institutions financières.

    La Commission européenne a répondu à la loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA) par une loi sur l’industrie nette zéro et une loi européenne sur les matières premières essentielles. Elles visent à développer la production nationale et à diversifier les chaînes d’approvisionnement. Les objectifs sont similaires à ceux de l’IRA : favoriser les entreprises locales et la sécurité de l’approvisionnement. L’objectif est de créer de meilleures conditions pour la fabrication de technologies propres, qui devraient représenter 40 % des besoins d’ici à 2030. Mettant l’accent sur la compétitivité mondiale et l’indépendance énergétique, elles visent également à ramener en Europe les emplois verts, la formation, les talents et la fabrication nécessaire à la transition énergétique. En outre, ils devraient accélérer les procédures d’autorisation – l’obstacle le plus souvent mentionné en Europe.

    En annonçant ces deux lois, la Commission européenne a fait un pas audacieux vers la réalisation d’émissions nettes zéro. Elle entend renforcer la capacité industrielle des technologies propres et garantir une chaîne de valeur durable pour les matières premières. La proposition comprend des objectifs et des mesures audacieux, probablement pour dépasser les États-Unis et la Chine – ce qui ne sera pas une mince affaire.

     

    Pascal Dudle

    Vontobel Asset management

    Pascal Dudle a rejoint Vontobel Asset Management en 2007 et supervise les stratégies d’impact à visée sociale et environnementale. En tant que Head of Listed Impact, il est le gérant attitré des portefeuilles Clean Technology. Avant de rejoindre Vontobel, il a travaillé 10 ans chez Swiss Re. Dans le cadre de ses dernières fonctions, de 2001 à 2007, il investissait en tant que gérant de portefeuilles dans les titres cotés et dans ceux de private equity, ciblant en particulier les domaines environnementaux tels que les énergies alternatives, l’efficacité énergétique et la gestion durable des forêts. Pascal est titulaire d’un master en Gestion d’entreprise de l’Université de Zurich et également d’une certification CEFA.

     

    Matthias Fawer

    Vontobel Asset management

    Matthias Fawer a rejoint Vontobel Asset Management à l’automne 2016, en tant qu’analyste ESG et Impact Avant de rallier Vontobel, il a occupé des fonctions similaires chez Vescore AG et Notenstein Privatbank, racheté par Vontobel en 2016. Entre 2000 et 2013, il a officié en tant qu’analyste durabilité chez Bank J. Safra Sarasin. Depuis 2002, il est l’auteur d’études sur l’énergie solaire et les énergies renouvelables et donne des conférences à l’occasion de différentes conventions. Matthias est titulaire d’un diplôme en Sciences naturelles et d’un PhD de l’Institut de biotechnologie de l’Ecole polytechnique fédérale (ETH) de Zurich.

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      Main line

        • Jérôme Marie
        • Managing Director, Private Equity
        • Oddo BHF Asset Management

        « Le Secondaire, une classe d’actifs de premier choix »

        Le marché secondaire du private equity s’est imposé ces dernières années dans le monde du capital-investissement comme une classe d’actifs à part entière. Spécialiste de ce segment de marché, Jérôme Marie revient ici sur son évolution, sur ses déclinaisons er et sur le rôle qu’il peut jouer dans les portefeuilles des investisseurs.

        Au cours des deux dernières décennies, le marché secondaire du capital-investissement s’est transformé. Il est passé du statut de voie de sortie d’urgence confidentielle pour des vendeurs en difficulté – les LPs – à celui de marché établi offrant une option supplémentaire de gestion active de leur bilan, et ce quelles que soient les conditions de marché.

        De leur côté, les gérants – les GPs – ont trouvé plus récemment, dans les transactions qu’ils initient eux-mêmes, la possibilité de continuer à gérer leurs actifs phares dont ils souhaitent encore maximiser la valeur, tout en fournissant une option de sortie aux LPs existants.

        Le marché secondaire du capital investissement a ainsi connu une croissance exponentielle au cours des quinze dernières années avec des volumes de transactions multipliés par onze et une croissance moyenne annuelle de 30% selon l’étude Jefferies 2022. Par ailleurs, la croissance continue des marchés primaires du capital-investissement devrait pleinement soutenir son développement selon nous.

        Contexte favorable sur le marché du secondaire

        Dans un contexte récent de forte volatilité des marchés financiers cotés qui pèse sur les bilans des LPs et d’une activité M&A moins soutenue, les investisseurs sur le marché du secondaire ont incontestablement repris la main. Ils peuvent à la fois constituer des portefeuilles répartis sur de nombreux sous-jacents en ayant recours aux transactions initiées par les LPs ou les GPs, mais aussi bénéficier potentiellement d’une décote d’illiquidité plus significative. Celle-ci pourrait atteindre des niveaux attractifs sur le marché secondaire selon nous, en particulier celui du capital risque pour autant que l’on accepte une durée de détention souvent longue et un risque de perte en capital, inhérents à ce type d’investissement.

        Il est toutefois essentiel de rester très sélectifs en étudiant de manière très approfondie les entreprises potentiellement rachetées tout en identifiant les secteurs qui nous apparaissent comme les plus résilients, comme ceux liés à l’environnement, la digitalisation et la santé.

        Quelle approche d’investissement privilégier ?

        Sur le marché du secondaire, il est intéressant de rechercher les transactions de petite et moyenne taille avec des engagements allant de 10 à 100 millions d’euros, et d’adopter une approche géographique globale. Il s’agit selon nous d’un segment de marché sur lequel la compétition est plus limitée et qui offre des rendements ajustés du risque parmi les plus attractifs, pour s’en tenir aux données compilées par Preqin en 2021. On peut aussi combiner de manière complémentaire des investissements en fonds primaires, secondaires et co-investissements. Enfin, ces stratégies diversifiées peuvent se décliner sur des fonds ayant une approche plus spécifique comme le Venture Capital ou sur des stratégies ciblées sur la thématique environnementale.

        La recherche académique a démontré que l’introduction d’investissements non cotés dans un portefeuille améliore les rendements globaux pour un même niveau de risque. C’est ce qui ressort d’une étude INSEAD produite en 2020. Dans cette optique, nous considérons que la stratégie d’investissement dans les fonds secondaires de private equity est appropriée à toute allocation stratégique. Il en va ainsi non seulement pour les investisseurs expérimentés mais aussi pour ceux qui initient leur exposition tout en prenant en compte la durée de détention et le risque de perte en capital.

         

        Jérôme Marie

        Oddo BHF AM

        Depuis 2014, Jérôme Marie est Managing director, chez ODDO BHF Private Equity, et depuis fin 2022 chez ODDO BHF AM. Il a intégré ARCIS Capital en 2004 pour y devenir de 2005 jusqu’à 2012, Secondary fund Investment Director. Jérôme est titulaire d’un MBA de l’INSEAD et a obtenu un Master en Finance de l’ESSEC.

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          Bâtisseurs

           

          « Infrastructure : la percée de nouvelles tendances »

          • Jonathan Aiach
          • Directeur
          • CapMan

          Aux lendemains du sommet annuel qui vient de se tenir à Berlin, il apparaît clairement que les investissements en infrastructure bénéficient d’une dynamique toujours plus favorable. De nouveaux horizons s’ouvrent et de plus en plus de stratégies justifient de leur capacité à générer de la valeur.

          Le sommet annuel pour l’infrastructure qui s’est tenu la semaine dernière à Berlin et qui a réuni une bonne partie des acteurs mondiaux de l’investissement dans ce secteur, a permis d’échanger sur les principaux thèmes qui vont intéresser les professionnels ces prochaines années. Les investissements en infrastructures ont connu une croissance accélérée durant la dernière décennie avec un pic pendant la pandémie qui a renforcé leur résilience et leur rôle central dans l’économie. De nouvelles tendances émergent qui vont étendre la définition de l’infrastructure et créer de nouvelles opportunités.

          • Les investisseurs envisagent de plus en plus stratégies et actifs-cibles selon des thèmes transversaux plutôt que des secteurs. Les thèmes tels que la décarbonation des transports, la transition énergétique, l’économie circulaire, le traitement des déchets, ont étendu le champ d’action des fonds d’infrastructures et favorisent la collaboration avec des experts dans ces domaines. Par exemple, les infrastructures de charge pour les voitures électriques sont devenues des actifs très recherchés par les fonds au cours des cinq dernières années. Ces thèmes sont aussi une clef d’évaluation pour les actifs traditionnels. Un parking sera ainsi évalué sur sa capacite à héberger des chargeurs pour véhicules électriques, un actif de transport sur son potentiel d’électrification, une société de chauffage sur sa capacite à délivrer une énergie propre.
          • Les tendances de fond telles que la digitalisation de l’économie et la décarbonation vont continuer à porter l’investissement dans ces secteurs. En revanche, le changement des conditions de crédit va conduire les fonds d’investissement à devenir plus sélectifs pour chercher une valeur ajoutée attractive aux yeux de leurs clients. On assiste au lancement de stratégies plus ciblées, sur un secteur, un thème, une géographie, où une équipe peut développer une expertise et une thèse d’investissement originales
          • Le rythme des levées de fonds sur les marchés privés a quelque peu ralenti au cours des derniers dix-huit mois. Si on assiste à des allocations restant stables chez la majorité des investisseurs institutionnels, avec un impact pour l’instant faible du fameux « effet dénominateur », on observe le lancement de produits d’exposition aux infrastructures dédies à la clientèle privée sous la forme de fonds de fonds, ou de fonds avec des tickets minimum adaptés aux investisseurs individuels ou aux gérants de fortune. Les banques privées et les family offices commencent à se manifester sur ce secteur traditionnellement dominé par les caisses de pension et les assureurs.

          Les équipes qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui ont une thèse d’investissement solide fixée en amont du processus d’investissement, et un bon réseau d’origination pour identifier les pépites qui délivreront de la valeur pour leurs clients. Ce sera également le cas pour celles qui auront la capacite de dé-risquer les actifs de leur portefeuille tout en diversifiant les sources de revenus. Elles seront alors les plus a-même de cueillir les fruits de ces larges mouvements macroéconomiques appelés à transformer la classe d’actifs.

           

          Jonathan Aiach

          CapMan

          Jonathan Aiach est directeur du développement chez CapMan, l’un des principaux gérants d’actifs nordiques spécialisé dans les marchés privés. CapMan est actif dans le domaine du private equity, de l’infrastructure et de l’immobilier. Jonathan était auparavant en charge du développement de la plateforme Infrastructure de DWS en Europe. Il a commencé sa carrière en banque d’affaires à Londres, puis en asset management, notamment chez Blackrock ou il a développé la gamme de portefeuilles alternatifs auprès de clients institutionnels et privés depuis Genève. Jonathan est diplômé de Sciences Po Paris et de l’université Bocconi de Milan en Economie et Finance.

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